Dure, dure, la levée du corps

Quel beau weekend! Des amis – non, n’insistez pas, j’ai juré de respecter l’anonymat des vedettes que nous fréquentons…- des enfants qui s’amusent dans la piscine jusqu’à avoir les lèvres bleues, de la bonne bouffe, du vin, du soleil mais pas de canicule…

On peut rien demander de plus, hein? Sauf que ça dure… et que les maringouins se trouvent d’autres sources alimentaires que nous!

Et comme disait l’un de nos invités, le San Pellegrino, c’est rough sur le système! Ben quoi, à la mi-quarantaire, on vit dangeureusement; on mélange sans même se soucier des effets secondaires, rosé/vin blanc/porto et eau minérale (ou misérable???). Surtout quand nos amis/invités (non j’ai dit! Je ne trahirai pas l’identité de ces aimables personnes!!!! Quoique monnayant un versement pré-autorisé de 5 easy payments… Nah! JamaisNever!) ont un bon 10 ans de moins que nous, faut faire semblant d’être capable de tenir la route.

Ca doit être pour cela que depuis mon arrivée au bureau, je tourne en rond, incapable de me concentrer sur quoi que ce soit. Et puis zut! Pour une fois, le contribuable en aura moins pour son fric, et moi je me remets tranquillement de ce dur weekend de plaisirs.

 

Le grand départ

Les valises sont bouclées, l’aspirateur est passé (tellement essentiel de faire le ménage avant de partir… pour que seul le silence de la maison en profite!), et je suis là sur mon canapé à regarder s’égréner le temps qui n’en finit plus de ne pas vouloir passer. Avec pour seule pensée la question qui vous torture : « Qu’ai-je pu oublier? ».

Quel moment privilégié que celui qui précède la montée en voiture pour le grand départ en vacances? Pendant quelques jours, la maisonnée a ressemblé à un souk après le passage d’un typhon. Des fringues partout, des jouets par-dessus, des lessives car il est indispensable d’emmener la dernière jupe qu’on s’est achetée et que l’on a mise la dernière journée au bureau pour bien montrer qu’on était prêt à partir. Et puis sur la liste, l’indispensable … qui fait 4 pages.

Et puis tout doucement, la maison est rentrée dans l’ordre, les fringues dans les valises, les jouets rangés, la vaisselle propre (on se sait jamais qu’on ne revienne pas, que penseraient les voisins, c’est un peu le même non-dit que la culotte trouée qu’il ne faut jamais porter car on ne sait jamais ce qu’il peut arriver!) et enfin, je suis là sur ce canapé.

Dans quelques heures, je serai arrivée sur le vieux continent en train d’embrasser papa et maman que je n’ai pas vu depuis 2 ans. Je suis fébrile. Je les aime tant. Je nous revois avant et j’imagine nos retrouvailles. Une larme au coin de l’oeil, un sourire au coin des lèvres lorsque tout à coup, mon petit homme me tire par la manche : « Dis maman quand est-ce qu’on s’en va? » avant le sempiternel « Dis, quand est-ce qu’on arrive? ».

Le temps s’accélère soudain. Vite une dernière vérification : les passeports, les billets d’avion, le maillot de bain, l’appareil photo et puis les valises dans l’auto, la route, l’aéroport, la douane, l’embarquement, les enfants qui crient d’excitation, moi presque indigne qui pense « pourvu qu’ils dorment » lorsque soudain un étau sur le coeur, je panique : « Mais qu’est ce que j’ai donc pu oublier? »