Est-ce que je suis sexuelle?

Cette question fort intéressante, je pourrais me la poser moi-même. Et bien oui la quarantaine, célibataire une semaine sur deux, ni trop grosse ni trop mince, bref dans la moyenne. Oui mais voilà est-ce que je peux encore plaire? En fait la question fondamentale est : « Est-ce que je crois encore assez en l’amour pour me rendre sexy au point de vouloir attirer un homme? »

Seule dans mon confort moderne, je ne suis pas sûre de vouloir me poser cette question trop souvent. Après tout, j’ai tout pour être heureuse. Deux enfants merveilleux, des amis que j’aime, un boulot intéressant… oui mais voilà, ce soir cette question que je me pose parfois, c’est ma fille de presque 8 ans qui se l’est posé. Ah! que vais-je répondre à cela et surtout qu’est-ce qu’elle veut dire par sexuelle? En 2 secondes, des visions d’horreur m’apparaissent, puis je me raisonne. Alors un sentiment de culpabilité m’envahit « comment suis-je en train d’élever ma fille? » et puis soudain, j’entrevois la lumière… « tu veux dire quoi ma chouette exactement? » « Et bien dis maman est-ce que je suis jolie ». Et bien croyez-moi, pour une fois, je ne suis pas entrée dans l’explication du mot juste pour lequel d’habitude je donne un véritable cours de français. Non, je me suis contentée d’un « oh oui, ma puce, tu es belle comme un coeur ».

Soulagée d’un côté et pourtant je m’inquiète. La semaine dernière, elle m’a demandée si elle avait de grosses cuisses. Faut-il que les soi-disant critères de beauté soient déjà dans la tête de ces si petites filles? Je ne trouve pas cela drôle du tout.

Le ciel est bleu, l’enfer est rouge…

Un vieil oncle à moi, unioniste bon teint, se plaisait à dire que les curés de l’époque de Duplessis apostrophaient leurs fidèles, du haut de leur chaire le dimanche, en leur disant de ne jamais oublier que le ciel était bleu, et l’enfer rouge. Belle image, non?

Et qui revient dans l’actualité. Avec la probable candidature du curé Gravel pour le Bloc québécois. J’admire l’homme. Pas pour ses prises de positions, quoique courageuses. Mais parce que pour ouvertement vivre sa foi, non pas dans le petit confort ouaté du presbytère, mais dans les bagarres quotidiennes, c’est admirable. Bien sûr, le Québec n’est pas l’Amérique latine, où les gens de Dieu font quotidiennement des miracles. Mais on a tendance à se boucher les yeux sur notre propre misère. Nos pauvres ne sont pas aussi « miséreux » qu’en Afrique, mais ils existent. Nos gais ne sont pas l’objet de répression policière, du moins pas « visible », mais ils ne sont toujours pas reconnus par notre sainte-mère l’Église. Ni par les conservateurs, mais ça, c’est une autre histoire…

Bref, le curé Gravel flirte avec l’action politique. Bravo! Ca nous changera, tiens, un curé en Chambre. Je me délecte déjà des échanges avec Vic Toews

Ceci étant dit, être Gilles Duceppe, je me garderais une p’tite méfiance. Quand on n’hésite pas à défier Benoît XVI et à encourir les foudres du Très Haut, c’est pas un chef de parti qui doit nous faire peur, hein…

Téka, ce midi, je me branche sur Bazzo.tv, où le curé Gravel est invité…