Et c’est pas fini, c’est rien qu’un début!

Ce qu’il y a de bien avec la convalescence, c’est qu’avant d’y avoir droit, on se dit : « Je vais faire telle et telle chose, m’occuper de moi, écouter mon corps, prendre soin de la ma personne, faire tout ce que j’ai envie de faire à condition bien sûr dans mon cas de ne pas bouger la tête ».

Et me voilà depuis 5 jours, la tête pleine donc avec des activités intellectuelles quelque peu réduites à un peu de lecture, un peu de TV et ô joie, un peu de musique dont je suis une fervente adepte. Moi qui travaille à plein temps et qui suis en l’occurence une mère de famille comblée, je n’ai guère le temps de m’adonner à l’écoute de la musique en dehors du fameux trajet aller-retour maison-boulot- maison.

Je m’étais donc préparée mentalement à tout ce bonheur qui allait m’inonder une fois la tête délicatement posée sur mon oreiller à longueur de journée. Et bien après 5 jours, disais-je, je suis au bord de la crise de nerfs. Pourquoi suis-je en convalescence un mois avant Nowel? J’en peux plus des chansons de Nowel. Que le nez rouge du petit renne s’envole une fois pour toutes et vive le vent qui renversera mon beau sapin. Je veux une sainte nuit silencieuse pendant que le petit papa Noël ira embrasser ailleurs toutes les manmans de ce monde. Ah mon dieu, ne pas oublier les enfants… et bien oui, je vais encore les chanter pendant un mois ces sacrées chansons là mais croyez-moi, mes CD sont tous sortis car la radio, c’est fini!

 (ndlr: je pense que je vais mieux, je râle!)

Québécois, Québécoises

Bon, j’vais faire une p’tite Boiclair de moi-même et vous sonder l’intérieur profond.

Vous sentez-vous mieux, ce matin, depuis que la Chambre des communes a adopté une motion nous reconnaissant comme nation? Avez-vous l’impression que fondamentalement, ça aura changé quelque chose dans votre quotidien? Parce que la vraie question elle est là? Kossé ça change?

En fait, est-ce encore une question qui intéresse les gens? Est-ce que ce genre de débat, à la limite du sémantique, n’écoeure pas plutôt le monde? A part les politiciens et les journalistes, plus quelques constitutionnalistes qui salivent, ça excite qui?

Y’a pas de neige, c’est dur de se mettre dans le « mood » de Nowel, on se demande quoi acheter comme cadeau pour être écolo/psycho/politico correct, on s’interroge sur notre motivation profonde à participer au party du bureau, on imagine déjà qu’on va reprendre tout le poids perdu juste à penser à la boustifaille du temps des fêtes, et on voudrait en plus nous forcer à nous réjouir d’être une nation reconnue? Pourquoi j’entends Elvis Gratton dans ma tête, là?

Et c’est pas parce que je ne suis pas politisée, au contraire. Mais j’ai la nausée. On repart un vieux débat qui ne résonne plus, je crois, chez le vrai monde. Quand je parle à mes voisins de train, on me parle d’impôts, d’hôpitaux, de transports en commun et de routes qui devraient être rafistolées, de bulletins scolaires incompréhensibles, de soldats tués en Afghanistan on ne sait trop pourquoi, mais jamais de nation ou de société distincte. Y aurait-il un décalage entre le bon peuple et les politiciens sensés les représenter? 

Bof, comme me disait mammouth, hier: « Arrêtes de te plaindre, t’es une nation, stie! »