Le grand vide

Demain matin, levé tôt. Direction Berri-Uqam, pour l’autobus de 9h00, en route pour le Saguenay. Non, ce n’est pas moi qui part, mais Mammouth et ma merveilleuse merveille. Mammouth pour un séjour de 24 heures et merveilleuse merveille pour quelques jours, en visite qu’elle sera chez sa grand-mère, qui a promis de lui acheter « tout ce que je voudra, maman » « Voudrai, chérie, tout ce que je voudrai » soupirai-je. « C’est pas ce qu’elle a dit, grand-maman, réplique merveille. « Elle a dit je t’achète tout ce que tu voudras, qu’elle a dit grand-maman »… resoupir de ma part. On tentera d’expliquer les règles de conjugaison une autre fois.

N’empêche. Depuis sa naissance, c’est la première fois que je serai seule, sans mammouth, sans merveilleuse merveille. Que moi et la chienne. Je devrais me réjouir, non? Pas de panique pour rentrer du bureau demain, souper tard ou pas de souper, ou livraison, ou tiens, souper en ville, dodo dans mon grand lit. Je devrais me réjouir, moi qui suis fatiguée. Une petite vacance de maternité, doublé de quelques jours en couple.  Alors pourquoi j’ai juste envie de brailler? Demain, quand elle me fera bye bye, toute excitée à l’idée de voyager avec son papa d’amour pour aller voir grand-maman, Olivier, parrain et Violette la chatte-qui-lèche-les-mains, j’essayerai d’être brave. Déjà qu’elle m’a demandé si j’allais trop m’ennuyer… J’ai répondu que je m’ennuierais juste assez. J’ai menti.