Après l’âgisme, le gnagnanisme

Conversation intéressante avec un collègue ce midi. Sur la vie, le bonheur, le frette, l’amour et les enfants. Et sur la façon d’absorber les coups durs.

Je lui racontais qu’un jour, j’ai décidé de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Bien sûr, ça demande un effort, la nature humaine étant ce qu’elle est. Et la vie a le don de vous remettre, deux fois plutôt qu’une, le nez dans le caca, le vôtre ou celui des autres. Être reconnaissante, ce n’est pas nécessairement facile tous les soirs. Mais l’alternative, c’est d’être en maudit la moité du temps, et en dépression l’autre moitié. C’est toute la différence du monde entre être la victime des circonstances ou être en contrôle, pas sur les événements, mais sur comment on réagit. Il fût une époque ou je me complaisais dans mon malheur – réel, inventé ou appréhendé. Je rêvais d’être la Dame aux Camélias, mais hélas! plus personne ne meurt de consomption de nos jours!

Au fil de la conversation, j’ai eu un doute. « Qui essayes-tu de convaincre? Collègue ou toi-même? » me soufflait ma petite voix intérieure. À partir de quand l’optimisme cède-t-il la place au gnagnanisme? Suis-je en train de devenir gnagna à force de décider de ne voir que le verre à moitié plein? Serais-je en train de devenir jovialiste sans le vouloir? Vais-je entreprendre une seconde carrière comme « motivatrice, calvasse de calvasse »?

J’ai pas convaicu collègue, mais je reste profondément convaincue que la seule chose sur laquelle j’ai un certain contrôle, c’est la façon avec laquelle je fais face. La marge est mince, et je devrai demeurer vigilante pour ne pas devenir gnagna. Déjà que je suis sur le point d’être vieille…Une vieille gnagna, est-ce mieux qu’une vieille chiâleuse? Pas sûre…