Pourquoi?

Ça va faire couler beaucoup d’encre. Elle était jeune, jolie, impliquée dans sa communauté. Elle a été victime d’un crime sordide, et aucun détail ne nous sera épargnée au nom du droit du public à l’information.   Son meurtrier laisse derrière lui une famille dévastée, une communauté atterrée.  Une communauté qui aura peur, aussi. Peur parce que quand un des nôtres dérape à ce point, y’a plus rien qui tient. Ce meurtre, c’est une confirmation que nous avons toutes raison d’avoir peur la nuit, seule à la maison.

J’ai habité très longtemps seule. Quelques années dans un quartier qu’on disait dur. Je me suis fait voler mes bottes d’hiver sur mon palier, j’ai trébuché sur un sans abri endormi sur mon perron un matin de printemps. Des nuits à surveiller le moindre bruit suspect, j’en ai eu quelques unes. Vous savez, ces nuits ou on ose à peine respirer, recroquevillée au fond de ses couvertes, le ventre tordu? J’ai aussi vécu en couple. Vous croyez que ces nuits-là disparaissent quand on est deux sous les draps? Que nenni! On ose pas réveiller l’autre, de peur de passer pour une moumoune finie, mais on respire mal.

Quand Mammouth s’absente pour la nuit, je dors mal. Je me relève 3 fois pour faire le tour des portes et des fenêtres. Une chance, j’ai le meilleur système d’alarme qui soit: une grosse chienne un peu idiote, mais qui aboie assez fort pour faire fuir quiconque oserait s’aventurer trop près de la maison. Je garde à proximité une grosse poêle de fonte. N’empêche, je dors mal.

Je ne comprends pas comment on peut en arriver à vouloir tuer un autre être humain. Mais hier, il y a une petite partie de moi qui s’est passée la réflexion sur la peine de mort… Pas fort, je sais, mais dans un cas comme celui-là, je ne saurais pas pardonner, je ne pourrais pas croire à la réhabilitation du tueur. Parce qu’à chaque fois, je me sens en terrain moins solide pour dire à Merveilleuse merveille que tout va bien dans ce monde. Parce que je ne trouve pas les mots pour lui expliquer , parce qu’encore une fois, j’ai l’impression que depuis hier, y’a encore moins d’innocence  sur cette planète…

Une réflexion au sujet de « Pourquoi? »

  1. Ouep. J’ai fait beaucoup de nuits à ne pas dormir, angoissée à l’idée que ma fenêtre donnait un accès beaucoup trop facile à la maison. Pire, que la fenêtre de Puce, derrière la maison, était comme une invitation à entrer…pendant que Puce dort et que je pourrais ne même pas en avoir connaissance. Tu connais le feeling.
    Ça arrive encore, tien la semaine dernière, mais oui, on le dit pas hein, ça a l’air moumoune pas mal, on garde ça et on a hâte au matin.
    J’ai peur aussi, tiens comme tu me le disais, on apprends la peur avec la maternité.
    Cette histoire ce week end, c’est à vomir. Une vie, des enfants qui trop tôt apprennent la peur, le manque, l’injustice, la terreur…pour une poignée de dollars. J’ai honte d’une société comme ça, où ce crime fait vendre de la copie, satisfait le voyeurisme du peuple et ne servira pas d’exemple, on voit venir le plaidoyer de folie passagère…sinon comment expliquer une telle absurdité.

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