À cette heure-ci, je roupillais. Bien engourdie par l’épidurale, je reprenais le sommeil perdu du matin. J’ignorais le tsunami d’émotion qui allait m’envahir à 21h01, quand mon regard croiserait finalement le sien. J’ignorais à quel point cette petite chose poilue allait me faire passer par une tonne d’émotions inconnues. Je dormais. De ma dernière vraie sieste sans soucis.
Mise à jour: Ce soir, comme à tous ses anniversaires, je lui ai raconté sa naissance. Comment son papa l’a déposée sur mon ventre, comment nous nous sommes regardées, comment Mammouth l’a suivie jusqu’à la table de soin avec son air de grand fauve protecteur, comment on me l’a remise toute emmitoufflée, comment elle s’est endormie sur mon sein, le poing sur la joue. Elle m’a demandée de la bercer, comme quand elle était petite. Je l’ai fait, en lui chantant « l’eau vive »… C’est possible, aimer autant?