Le capteur de rêve

Encore une fois, mon amie bibcocotte a eu une image très juste pour décrire le phénomène: Internet peut parfois agir comme un « capteur de rêve », cet objet amérindien paré de vertus qui aident à passer à travers les nuits peuplées de cauchemars.

Depuis quelques mois, enfin depuis que je vous raconte des trucs plus personnel (ma fille en juin, la maladie du conjoint de ma mère, etc…), je sens autour de ce blogue comme une grande toile de gens connus et inconnus qui partagent ma peine, et qui me permettent aussi d’exprimer mes joies, mes folies, parce que la vie ne peut pas être que drame 24 heures par jour.

Au début, je me disais que le seul fait d’écrire me suffisait à adoucir les chagrins, à ventiler, à relativiser. Comme disait Mario, mettre des mots et nommer la réalité aident à se comprendre, et à comprendre les autres. C’est vrai: écrire est un puissant outil thérapeutique pour moi. Mais au fil des jours, j’ai réalisé que c’était plus que cela. De se savoir lue, et de recevoir tous ces mots d’encouragements ou de partages d’expériences, est devenu tout aussi important. Vous êtes, muets ou non, mon capteur de mauvais rêves.

Mammouth et ma famille immédiate m’aident à rester saine et « groundée » sur ma réalité, et ils sont essentiels à ma survie mentale. C’est leur amour et leur support qui me portent. Et dieu sait qu’ils sont patients! Mais vous êtes également et largement partie du processus de guérison.

Et la vie est bien faite: alors que le 23 août était une date triste pour moi, elle est devenue une date à fêter, puisque la petite Judith est enfin venue au monde. Preuve que la vie est une roue qui tourne: dorénavant, j’aurai aussi des raisons de me réjouir le 23 août, et c’est très bien ainsi!