Votez.

Avertissement: ce texte est 100% intelligence humaine, avec une forte tendance « à coeur ouvert » .

Vous me connaissez, je ne parle jamais politique. Ou si peu.

Bon, traitez-moi de menteuse: tout est politique. Même le choix de poster des vidéos de p’tits chatons tout mignons ou de vieilles dames indignes, c’est politique. Mais compte tenu de mon parcours professionnel, je me suis toujours gardé une petite gêne, sauf quand l’indignation m’étouffe. Et dieu sait que cette dernière campagne m’a donné bien des occasions de m’étouffer!

Je ne veux pas jouer dans le film intitulé « Moi dans mon temps ». Je suis une vieille dame, qui a commencé à s’intéresser à la politique en 1980. Je suis tellement vieille que moi, j’ai voté au premier référendum. J’ai voté OUI, avec enthousiasme. Je l’ai souvent raconté: dans ma perspective, on me demandait la permission d’aller négocier un meilleur arrangement avec le Canada, et on reviendrait me consulter sur la finalité des choses. On me demandait un mandat non pas de quitter le Canada, mais d’aller voir si on pouvait faire mieux, faute de quoi, on me demanderait si je souhaitait quitter le Canada. Et ce « on », qui me le demandait, c’était un de nos plus grands démocrates, un de nos plus grands premiers ministres, René Lévesque.

Je me souviens, à mon Cégep, d’un débat entre Robert Bourassa et Pierre Bourgault. Je me souviens de l’intelligence du propos, de la profondeur des arguments, mais surtout, de la courtoisie entre les deux hommes, entre le très cérébral Bourassa et le fougueux Bourgault. Ma véritable passion pour la politique, c’est de cette conférence qu’elle est née.

Bien sûr, le soir du référendum, j’étais déçue. Pas dévastée. Puis la vie a passé et à fait en sorte que j’ai travaillé pour les libéraux de Monsieur Bourassa. À l’époque, René Lévesque n’était plus que l’ombre de lui-même, mais le PQ demeurait un parti d’idées, ouvert sur le monde. À mes yeux, outre l’objectif de l’indépendance, les deux partis convergeaient vers un même objectif, noble: faire du Québec un endroit où chacun pouvait aspirer à mieux. Divergences sur les moyens, peut-être, mais pas sur l’objectif.

Je n’ai jamais été ultra partisane. Les gens qui me connaissent et qui m’ont connue lors de cette période professionnelle peuvent en témoigner. J’avais de très bons amis chez les péquistes, des amis avec qui je partageais des repas, et des discussions respectueuses. Même si j’étais une « maudite libérale ».

La vie m’a amenée ailleurs, à Ottawa. Là-bas aussi, j’étais une maudite libérale, mais j’avais de bons amis chez les bloquistes et au NPD. Moins, je l’avoues, chez les conservateurs qui, pour mémoire, n’avait plus grand chose de progressistes (c’était l’époque du Réforme Party, avant la fusion avec le PPC). Au deuxième référendum, j’ai voté NON. Encore là, la qualité des acteurs étaient remarquables: Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Jean Chrétien. Qu’on les aime ou non, ils étaient tous de remarquables bêtes politiques. J’ai voté NON parce que pour moi, les avantages de devenir un pays n’étaient plus grands que les désavantages. Traitez-moi de traitre à mon pays. Non, je ne vibre pas à regarder les Rocheuses. Non, je ne suis pas remuée quand j’entends le « Ô Canada », sauf aux Olympiques. Je vibre quand j’entends Michel Rivard, Lou-Ann Cassidy. Y’a rien de plus beau que l’Anse-St-Jean au petit matin. Mais déjà, j’aimais moins le discours du « Le Québec au Québécois ». Mais au moins, il y avait un projet derrière ça. Le Québec, par sa langue, sa culture, était distinct, certes, mais ce sont ses valeurs de coeur et d’ouverture qui, je le pensais, nous distinguait. Le soir du vote, j’étais plus dévastée qu’en 80. Je venais de voir la fracture entre deux visions de ma société.

J’ai ensuite cessé de faire de la politique active. Je n’ai pas pour autant arrêté de m’intéresser à la chose. J’ai aimé Jack Layton, tout comme QS est venu chercher quelque chose en moi, malgré un petit côté « c’est la faute des riches, faisons-les payer ». Bien malin qui pourrait dire où j’ai apposé mon X à chacune des élections fédérales ou provinciales. Ce n’est pas parce qu’on est une « maudite libérale » qu’on vote systèmatiquement pour. Ou qu’on les renie à chaque fois qu’on entend le mot « brownies »…

Les derniers mois ont été difficiles et nous avons pu observer de très proche la décrépitude du système de santé. Bien que les soins reçus soient excellents, il est évident que le personnel est à bout. Et si ce n’était de tous ces gens venus d’ailleurs, les étages auraient été bien vide de soignants. Et je ne parle pas uniquement des préposé.e.s aux bénéficiaires. Médecins, infirmières, agents de sécurité: plus de la moitié sont des gens qui ont choisi le Québec. C’est pourquoi le discours ambiant sur l’immigration me heurte profondément. Il fait fi d’une autre réalité, qu’on occulte, celle des gens qui tiennent à bout de bras un système qui risque de lâcher sous peu. Et ce n’est pas les promesses d’un médecin par habitant, d’une réduction de temps d’attente, de l’utilisation un-peu-beaucoup-profondément au privé qui va changer ça. La réalité, c’est que pour « torcher des culs » comme l’a si éloquemment évoquer Ruba Ghazal pendant un débat, c’est cette main-d’oeuvre là dont nous aurons besoin.

Entendre Duhaime qualifié de « fraudeurs » 37% des demandeurs d’asile, l’entendre patauger dans des explications vaseuses lorsque confronté aux vrais chiffres de 2.6% m’a sidérée. Je ne doute aucunement de l’intelligence de cet homme, mais ça me lève le coeur de voir qu’il met cette intelligence au service de la démagogie pour nourrir un sentiment anti-autre de son bassin d’électeurs potentiels. De voir PSPP franchir lui aussi allègrement la limite de la démagogie en mettant tous nos maux de société sur le dos des  immigrants et du fédéral qui s’en sert pour nous assimiler  – ce n’est pas une citation exacte- me sidère, parce qu’il le fait exactement pour les mêmes raisons. Le PQ n’est plus, à mes yeux, le parti ouvert sur le monde qu’il était, ni ce parti progressif qui nous a donné de grandes réalisations comme les CPE. Voir Milliard évacuer presque complètement le côté humanitaire de l’immigration pour en faire un argument purement économique me questionne profondément. Et je ne réécrirai pas tout le mal que je pense du virage identitaire de la CAQ. Roberge me fait hurler à chaque fois qu’il ouvre la bouche.

Demain, quand j’irai voter, ma question de l’urne sera la suivante: stratégique ou de coeur? Qui me propose une société dans laquelle j’ai envie de m’investir et que je souhaite laisser à ma fille? La réponse m’appartient, tout comme la votre vous appartient. L’important c’est de voter. Parce que le 6 octobre, c’est la première journée de la prochaine élection, qu’elle soit dans 12 mois ou dans 4 ans. Et que quelque soit le choix des québécois, ce sera un choix démocratique avec lequel nous devrons vivre.

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Presque. Presqu’un quart de siècle

Ma toute belle rebelle, la plus éclatante des Perséides, a 24 ans aujourd’hui. Presqu’un quart de siècle!

Vous m’auriez dit, il y a 25 ans, en voyant ma bédaine s’arrondir, que la maternité serait la plus fabuleuse des aventures, je ne sais pas si je vous aurais vraiment cru. La plus fabuleuse, mais aussi la plus terrifiante. Celle où on est jamais sûre du chemin à prendre, celle où tout le monde a un conseil, un avis, une critique sur votre manière d’élever votre progéniture. Jusqu’au moment où on décide d’écouter son instinct. Pour douter de plus belle 30 secondes après.

Et puis la culpabilité! Quel sentiment puissant hein! Particulièrement ces jours-ci, quand on regarde l’état du monde et qu’on se dit qu’il faut être bien égoïste pour vouloir des enfants, à qui on laisse des feux de forêts terrifiants, une météo complètement déglinguée, des dirigeants politiques tous plus fous et dangereux les uns des autres… On leur laisse un marché immobilier qui ne leur permettra pas de devenir propriétaire à court terme, de fonder une famille, de faire de vous des grands parents gâteaux ou gâteux, c’est selon.

Pourtant, ils ont l’avenir devant eux, à réinventer. Ils sont généreux, brillants, avides de connaissances. Ils choisissent leurs combats, les mènent à leur manière. C’est ma belle rebelle ça. Cette année, elle a étendu ses ailes, en partant d’abord pour le Maroc, et bientôt pour une autre semaine dans une autre destination, qu’elle a planifiée avec grand soin. Elle continue sur le chemin de la maitrise, dont le sujet me jette dans un abîme d’admiration. Elle fait notre fierté, même quand elle nous exaspère.

Bonne fête, ma toute belle rebelle, la plus belle des Perséides. Tu as tout ce qu’il faut: la beauté, l’intelligence, le coeur à la bonne place. Tu continueras à faire ton chemin, à découvrir le monde, à y laisser ta trace.

Et nous continuerons, ton père et moi, à te regarder aller avec tellement de fierté, presque étonnés d’avoir mis au monde une pareille merveille.

Bon, astheur, descends ta vaisselle et ramasse ta chambre!

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Le goût de la lecture

Dans ma banlieue loin loin, il y a de nombreux, très nombreux parcs. Et dans la plupart de ces parcs, un « croque-livres », ces boites où on peut déposer des livres pour que d’autres puissent profiter de nos lectures. Du plus loin que je me souvienne, même en plein hiver, les croque-livres sont pleins. Romans, essais, et surtout livres pour enfants y sont laissés, et il arrive même parfois que le croque-livre se vide en moins d’une journée.

En prenant ma marche quotidienne avec Virgule, j’ai vu une scène qui m’a mise en joie. Un jeune enfant, tout au plus 7 ans, seul au parc, a méticuleusement choisi deux livres et s’est installé dans la balançoire pour lire. Je me suis discrètement rapprochée, pour l’observer. Manifestement, c’est un enfant qui aime non seulement lire, mais l’objet que représente un livre. Il les a retournés, regardés, puis a choisi celui qu’il lirait en premier. Ça m’a émue. De voir que même si jeune, la lecture a cette importance.

J’ai l’imagination fertile. Peut-être n’a-t-il pas accès, chez-lui, à de tels trésors. Il y a fort longtemps, je donnais quelques heures par semaine à l’aide aux devoirs dans un quartier défavorisé. Tous les enfants de cette classe provenaient d’un milieu tough, et avait probablement vu des choses qu’aucun enfant ne devrait voir à cet âge. Un d’entre eux, petite frimousse malcommode, n’avait aucune patience avec les chiffres, mais aimait lire. Beaucoup. Dans ma grande naiveté, je m’imaginais qu’il devait avoir des livres à sa disposition. Quand je lui ai posé la question, il m’a répondu que sa mère ne voulait pas acheter des livres, parce que c’était de l’argent gaspillé. Chez-nous, la fréquentation du Salon du livre était un must, alors considérer qu’acheter un livre était du gaspillage ne faisait aucun sens pour moi. Après quelques semaines, j’ai obtenu l’autorisation de lui payer son abonnement à la bibliothèque municipale, où il pouvait aller seul. J’ignore ce qu’il est devenu, mais j’ose espérer qu’il a continué à trouver dans les livres un rempart contre la vie trop dure.

Peut-être que le petit garçon du parc a des parents qui limitent l’accès aux tablettes et téléphones, et qu’il a trouvé dans la lecture un substitut de choix. Qui sait? Mais une chose est sûre, pendant les 15 minutes où je l’ai observé discrètement, il était dans sa bulle. Il était magnifique.

Vous me connaissez, je ne parle jamais politique. Ou si peu. Et je ne me transformerai pas en critique de programmes politiques. Mais je trouve que l’idée d’offrir un livre québécois à chaque enfant à chaque fin d’année scolaire est une maudite bonne idée. Si on développe le goût de lire, mais surtout si on donne la possibilité à tous ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter des livres d’en posséder quelques uns, c’est leur donner un début de richesse. Personne ne devrait avoir à choisir entre un livre et de la nourriture, mais c’est notre réalité. Et pour parler le langage économique si en vogue maintenant, ce n’est pas une dépense, mais un investissement. Dans notre jeunesse, dans notre langue, dans notre culture.

Je n’ai plus de livres pour enfants. Merveilleuse merveille a grandi, on en a refilé quelques uns à Fabuleux filleul et à sa magnifique soeur, et le reste est allé dans un croque-livre. Le 12 août prochain, j’achèterai un livre jeunesse d’un auteur d’ici. Et j’irai le porter au parc.

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La fragilité des choses et de la vie

Dans l’effervescence des séries du hockey, de cette légère amertume de la défaite, de l’espoir vacillant de voir la Coupe revenir à Montréal, du printemps qui tarde à s’installer et de la grisaille qui chasse vite le soleil, une nouvelle comme un coup de massue. Le décès de Claude Lemieux, lui qui portait fièrement le flambeau il y a 3 jours.

60 ans, c’est jeune en bibitte pour mourir. Même si les joueurs de cette époque se sont usés prématurément, ç’est jeune. Cet automne, on a perdu Matoue, la cinquantaine tout juste assumée, d’un vilain cancer. Ça aussi, ça m’a donné un coup.

Claude Lemieux, c’est ma jeunesse. C’est le temps où écouter les séries n’était pas seulement un plaisir, mais un rendez-vous d’amis, de familles, d’ennemis presque jurés (toi pis tes maudits Bruins! Tes Nordique, sont même pas capables de compter, sauf dans leur but! Pis parlant de but, celui d’Alain Côté, y’était bon!) rassemblés autour d’une bière pis d’un gros sac de chips.

Ce coup de tonnerre, c’est comme un rappel, brutal, qui tout peut changer du jour au lendemain. Qu’on ne peut pas prendre pour acquis que demain sera pareil à aujourd’hui. J’ai toujours été reconnaissante de ce que j’ai, et je me considère privilégiée. J’ai une retraite enviable, pas de souci de santé majeur, un amoureux et une famille que j’aime et qui m’aiment. Assez de sous pour avoir une vie culturelle, un frigo plein et parfois, du bon vin. Mais je suis aussi consciente que ça peut – et qu’éventuellement – se terminer brutalement. D’où l’obligation d’être dans la gratitude et d’en profiter pleinement.

Bien sûr, j’aurais pu écrire sur cette semaine politique un brin erratique, où j’ai l’impression qu’on me prend pour une débile de première. J’aurais pu vous dire à quel point je suis impressionnée par Steven Guilbault, son discours zéro revanchard et sa foi inébranlable qu’on peut, si on veut, changer le cours des choses. J’aurais pu vous dire à quel point les points de presse de Martin St-Louis m’enchantent.

Ce ne sont pas les sujets qui manquent. Et le goût d’écrire revient, peu à peu.

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Du temps. Pour soi.

« Pis, t’ennuies-tu? Tu fais quoi de tes journées? As-tu hâte de recommencer à être active? »…..

Depuis janvier, je suis à la retraite. Officiellement, depuis fin février en fait. Et j’ai commencer à recevoir ma pension. Celle du travail, pas celles des personnes âgées…:-) Ce weekend, j’ai rencontré d’anciens collègues de DEC, tous retraités. Et tous ont la même opinion: on est bien à la retraite!

Bien sûr, les premiers mois, j’ai beaucoup dormi. Et probablement que le fait d’avoir commencé cette nouvelle période de ma vie en plein frette, de noirceur, a largement contribué à mon hibernation. Heureusement, les marches quotidiennes avec Virgule m’ont permis de prendre l’air et de me donner un semblant d’horaire.

J’ai recommencé à lire, aussi. Suis partie en vacances dans le sud avec trois amies avec qui je partage 40 ans d’amitié. Le fun qu’on a eu!

Et puis, le Mammouth et moi nous sommes remis en mode consommation culturelle. Tiens, juste cette semaine, on a vu 4 magnifiques pièces de théâtre. Le calendrier des prochains mois est aussi rempli de théâtre, de musique, et de soupers avec des amis. Parce que maintenant, y’a plus de temps à perdre.

Mais surtout, je réfléchis. À notre société. Avec la campagne électorale qui s’en vient, à l’électoralisme et aux promesses non tenues. Aux véritables grands besoins, et à notre égoïsme quand vient le temps de protéger nos acquis.

Vous me connaissez. Je ne parle jamais politique. Ou si peu. Mais j’aurai probablement envie de partager mes réflexions. Je le ferai ici, et non pas sur FB.

Pis comme dirait Martin St-Louis « m’a jouer ma game dans ma game, pas dans ta game. »

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Il fait chaud

Presqu’autant que cette journée d’août où tu es venue au monde. La veille, j’avais fait la baleine échouée dans la piscine d’amis, me levant à peine pour avaler quelques bouchées. Et dans les jours qui ont suivi ta naissance, nous avons été des réfugiées climatiques à l’hôpital, mon médecin jugeant qu’il était dangereux pour toi et pour moi de retourner dans la fournaise qu’était devenue la maison.
Et pourtant, je n’avais ni chaud, ni froid. J’étais totalement concentrée sur toi, ma merveilleuse merveille, ma toute belle rebelle. Je savais que je m’embarquais dans une histoire d’amour qui ne s’évaporerait pas. Je partageais avec ton père un désir inébranlable de te rendre la vie douce. Elle a connue sa part de bosses, on est resté pris quelques fois dans la garnotte, mais on y est arrivée.
Aujourd’hui, tu as 23 ans. Baccalauréat en main, tu commences avec aplomb ta maitrise et ton travail acharné, ton intelligence, ta volonté et ta personnalité ont fait que tu t’es mérité une bourse prestigieuse. Ton père et moi sommes plus que fiers: je pense même que nous sommes un peu intimidés, et vaguement jaloux.
Tu gères ta vie professionnelle et personnelle avec beaucoup d’humour, mais ma belle rebelle n’est jamais bien loin… Tu as appris, avec le temps, à contrôler ton tempérament bouillant, et parfois même, la plus cool des deux, c’est toi.
Je sais, je me répète, mais tu es ma plus belle réussite. Alors que je m’apprête à passer à une autre étape de ma vie professionnelle, ce ne sont pas mes réussites au travail qui me rendent fière. C’est de t’avoir, avec beaucoup beaucoup beaucoup d’aide de ton père, qui t’a donné la curiosité intellectuelle qui te caractérise et son amour de la lecture, offert les outils pour faire toi la femme que tu es. Une femme libre, assumée, déterminée, pleine de charme.
Bonne fête, ma belle Perséide! La vie t’appartient, vis là à plein! On sera là quand et si tu en as besoin.

Je sais. Je m’étais dit que j’arrêterais ce texte annuel quand tu aurais 20 ans. Mais bon, on le sait, les promesses c’est fait pour être rompues. J’arrête à 25. Max!

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Le privilège de vieillir

Et aimer ça!

Ce week-end, en pleine température moche, où Mère nature hésitait entre pluie, verglas, neige et le reste, j’ai célébré mon 63e anniversaire. Un chiffre plate, comme une mi-saison entre la soixantaine assumée et la RRQ.

Merveilleuse en fin de session, le Mammouth fort occupé par la campagne électorale, le temps de célébrer en grande n’y était pas. Pourtant, ce fût un bel anniversaire: un souper comme je les aime, concocté avec amour par le Mammouth, en compagnie de merveilleuse merveille et son amoureux, un bon verre de rouge et un gâteau cochon. Que demander de plus? Rien. Absolument rien.

Et puis des voeux, sur FB, en privé, au téléphone, par Messenger. Que tous ces gens prennent quelques minutes de leur vie pour me souhaiter une belle journée, ça m’émeut tout le temps. Sans fausse modestie, et pas parce que je me la joue « non, je ne le mérite pas ». Mais ça m’émeut et ça me réconforte dans la nature humaine et dans notre capacité de créer et de maintenir des liens.

Mais surtout, je mesure le privilège de vieillir. À chaque année, je pense à mon père mort trop jeune, qui n’a jamais pu célébrer sa soixantaine. Je réalise la chance que j’ai de pouvoir encore travailler, aimer, rire et pleurer. Que malgré les petits bobos, les articulations moins souples, la fatigue accumulée, chaque matin je peux planifier ou me laisser porter par le destin. Que malgré les chagrins, les doutes, les angoisses, les peurs et les coups durs, j’ai survécu sans trop mal m’en tirer. Que si tout arrêtait demain, je n’aurais aucun regret et à peine quelques remords.

Évidemment, je ne veux pas que ça s’arrête demain! Je veux prendre ma retraite, avoir de beaux projets avec le Mammouth, voir Merveilleuse merveille faire sa place au soleil et qui sait faire de moi une grand-mère gâteuse. Je veux voir grandir mon filleule et ma nièce. Je veux profiter de la vie, de ma vie.

Je n’ai formulé qu’un souhait: que tout ça continue. Et je donne deux ans à mes amours pour m’organiser le plus gros des surprises pour mon 65e!

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2025, un grand cru

Je ne sais plus quel philosophe disait que dans la vie, il n’y a pas de hasards, juste des rendez-vous, manqués ou pas.

2025 est une année de rendez-vous. Le 13 mars dernier, je fêtais le 30e anniversaire de mon arrivée dans la fonction publique fédérale, après un détour de 10 ans au provincial. Cette même journée, c’était l’anniversaire officiel du début de la pandémie, 5 ans plus tard. C’est le jour où, avec ma gang, nous avons fait un exercice avec mon amie Sophie, coach certifiée, pour se donner des outils pour faire face aux changements. Parce que 2025 sera aussi une grosse année de changements, personnels mais aussi collectifs.

Il est vrai que l’air du temps est déprimant. Au Sud, je me demande encore où s’arrêteront ces mensonges et ces folies. J’ai l’impression d’assister à l’auto-destruction d’une démocratie, à la « téléréalisation » de l’administration américaine. Je prends de grandes respirations avant chaque bulletin de nouvelles. Je me réfugie dans mes émissions de décoration, vide-coco par excellence. Je mets en pratique les conseils de Sophie : « contrôle ce qui est en ton pouvoir, lâche prise sur le reste ». Chaque matin, je me dis que ça ne pourra pas être pire. Chaque soir, je me couche, incrédule devant l’actualité.

Et puis on sera en élections bientôt. Vous me connaissez. Je ne parle jamais politique, ou si peu…

Mais ce sera à tout le moins une campagne différente. J’ai un peu peur qu’on ne s’américanise dans le ton et le propos, alors que de vrais enjeux économiques, sociaux et humains ont besoin d’être au coeur de programmes. Pas des slogans, pas des campagnes de pub léchées. Je veux savoir ce que les partis proposeront face aux tarifs, mais aussi pour lutter contre l’itinérance, ou se prémunir d’une prochaine pandémie. Je ne veux pas qu’on me promette un pays où les licornes dansent en rond en chantant Kumbaya.

Et puis 2025 marquera aussi une étape pour moi. Depuis la fin de la pandémie, comme gestionnaire, je suis dans la transmission auprès de jeunes femmes douées qui seront un jour assises dans des postes de direction. Après 40 ans sur le marché du travail, j’ai appris quelques trucs et je souhaite leur éviter quelques tâtonnements inutiles. Quoique… l’apprentissage, sur tout de la gestion, c’est une affaire d’essais-erreurs. Il faut définir sa propre zone de confort, en sortir parfois, trouver ses marges. Je leur dit souvent que ce qui est important, ce n’est pas ce qu’on gère, c’est comment on le gère. Et qu’au final, si pour atteindre le résultat on a écrasé des humains, on a rien atteint du tout. Bref, je contemple de plus en plus la possibilité de passer le flambeau…

Oui, 2025 sera un grand cru.

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On m’aurait dit, il y a 22 ans…

On m’aurait dit que la maternité serait ma plus belle réussite, j’aurais soulevé les épaules. Mais à te voir aller, à l’aube de tes 22 ans, je ne vois pas de quoi je pourrais être plus fière. Tu es toujours ma belle rebelle, la plus éclatante des Perséides, la plus belle chose qui soit arrivée dans nos vies. Je dis nos, parce que je sais bien que toute seule, sans ton papa, tu ne serais pas la femme que tu es maintenant. Vive, allumée, moqueuse, tu tiens de lui cette curiosité insatiable de connaissances, du dépassement du convenu. De moi, à part ma chevelure? Peut-être un peu cette empathie que tu camoufles si bien, ce sentiment qu’il faut combattre l’injustice? Mais peu importe de qui tu tiens quoi, tu es toi, unique, notre coco à nous.

Cette année, tu as encore étendu tes ailes. Tu sais la fierté dans le regard de ton père quand il relit tes travaux, quand il parle de toi. Toi, sa fille, à la chaire Raoul-Dandurand, préparant son sujet de maitrise! Je n’en suis pas moins fière… mais je suis aussi fière de la femme que tu deviens. Celle qui bâti une relation avec le beau et charmant E. , en te faisant respecter. Celle qui, généreuse, accepte de partager son temps. Celle qui un jour, peut-être, ramassera sa chambre et fera son ménage….

Nous avons passé à travers des moments difficiles, et avons essayé de te préserver au maximum. Tu as bien senti que c’était pas si simple. Maintenant que nous atteignons une étape de nos vies qui sera plus facile, même si on ne peut jamais jurer de rien, j’envisage ce prochain parcours avec non plus une enfant, mais une adulte que nous aurons mené à bon port.

Ceci dit, tu seras toujours mon enfant. Ma belle rebelle, ma plus brillante Perséide. Mon volcan en dormance, ma p’tite soie. Ma merveilleuse merveille. Je t’aime.

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Et pourtant

Je me suis sérieusement posée la question cette année. À 21 ans, a-t-elle encore besoin que je dépose mes mots pour lui souhaiter un joyeux anniversaire? Que je fasse le trajet dans ma tête – mais surtout dans mon coeur – de cette dernière année? Que je lui répète qu’elle est ma toute belle rebelle, la plus belle des perséides, ma merveilleuse merveille à moi? Qu’elle fait déborder le coeur de son père de fierté devant tant de beauté, de grâce, d’intelligence, d’humour?

Et la réponse s’est imposée, ce matin d’anniversaire ou tu n’es pas à la maison. Tu es entrée sur la pointe des pieds cette nuit, nous a chuchoté que tu reviendrais ce matin et de ne pas nous inquiéter. Je me suis rendormie, rassurée. Je sais que tu sais prendre soin de toi, tu l’as appris à la dure côté coeur, et que tu sais ce qui est bon pour toi. Je te souhaite, ma toute belle rebelle, que celui qui est entré dans ta vie et qui fait pétiller tes yeux t’accompagne dans cette fantastique période qui s’ouvre devant toi.

Cette année, tu as vraiment déployé tes ailes: l’université, que tu appréhendais un peu, est devenu un lieu d’épanouissement académique, mais également personnel. Nous t’avons vu studieuse, impliquée, passant tes fins de semaine le nez dans tes travaux. Nous avons eu des discussions sur le sens du monde, tu t’es indignée du sort des femmes massées aux frontières qui demandaient l’asile, tu as exploré les possibilités de travail à l’étranger. Et c’est avec tellement de fierté que nous t’avons accompagnée à la remise de la bourse que tu t’es méritée! Encore plus fiers de te voir aller, comme un poisson dans l’eau, au cocktail qui a suivi! Quel chemin parcouru depuis le secondaire.

Tu as aussi agrandi ton cercle d’amis et ton rayon d’action. Montréal n’a plus de secrets pour toi, mais tu as aussi découvert l’Europe et tu comptes bien y retourner. Ton amour des voyages ne s’estompera pas et tu rêves de partir, sac au dos, pour découvrir l’Asie. Je te le souhaite, ma belle rebelle: tu es à l’âge ou la seule personne qui peut te retenir, c’est toi. Ton père m’aidera à calmer mes angoisses de mère qui voudrait te garder sous une cloche jusqu’à tes 50 ans!

Angoissée un brin de te trouver un travail d’été (tsé, comme si, avec le bagage que tu as et les compétences que tu as acquises les employeurs bouderaient leur chance!) tu as fait le meilleur choix entre les offres devant toi, avec une grande maturité et un grand respect pour les employeurs. Ce travail t’a ouvert les yeux sur les réalités que vivent plusieurs personnes et tu t’es parfois indignée contre le système qui protègent parfois si mal les travailleurs et qui a si peu à leur offrir pour les sortir de leur malheur.

Même si les aspérités de l’adolescence et la fougue qui t’a toujours habitée semblent s’être adoucies, ne perd pas ta capacité d’indignation, ni ton désir d’aller plus loin. C’est ce qui te rend si unique.

C’est ma volonté de garder une trace du temps qui fait que je reviens, chaque année, t’écrire ce petit texte. Cet hommage à la femme que tu es devenue, qui a fait de nous de meilleurs personnes et de meilleurs parents. Parfois, ton père et moi, on se regarde, en se disant que si on nous avait dit, il y a 21 ans…

Bonne fête, ma belle toute belle rebelle. Tu as déployé tes ailes, l’horizon t’attend. Et nous serons toujours là, quand tu auras besoin de te poser pour refaire le plein.

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