Le goût de la lecture

Dans ma banlieue loin loin, il y a de nombreux, très nombreux parcs. Et dans la plupart de ces parcs, un « croque-livres », ces boites où on peut déposer des livres pour que d’autres puissent profiter de nos lectures. Du plus loin que je me souvienne, même en plein hiver, les croque-livres sont pleins. Romans, essais, et surtout livres pour enfants y sont laissés, et il arrive même parfois que le croque-livre se vide en moins d’une journée.

En prenant ma marche quotidienne avec Virgule, j’ai vu une scène qui m’a mise en joie. Un jeune enfant, tout au plus 7 ans, seul au parc, a méticuleusement choisi deux livres et s’est installé dans la balançoire pour lire. Je me suis discrètement rapprochée, pour l’observer. Manifestement, c’est un enfant qui aime non seulement lire, mais l’objet que représente un livre. Il les a retournés, regardés, puis a choisi celui qu’il lirait en premier. Ça m’a émue. De voir que même si jeune, la lecture a cette importance.

J’ai l’imagination fertile. Peut-être n’a-t-il pas accès, chez-lui, à de tels trésors. Il y a fort longtemps, je donnais quelques heures par semaine à l’aide aux devoirs dans un quartier défavorisé. Tous les enfants de cette classe provenaient d’un milieu tough, et avait probablement vu des choses qu’aucun enfant ne devrait voir à cet âge. Un d’entre eux, petite frimousse malcommode, n’avait aucune patience avec les chiffres, mais aimait lire. Beaucoup. Dans ma grande naiveté, je m’imaginais qu’il devait avoir des livres à sa disposition. Quand je lui ai posé la question, il m’a répondu que sa mère ne voulait pas acheter des livres, parce que c’était de l’argent gaspillé. Chez-nous, la fréquentation du Salon du livre était un must, alors considérer qu’acheter un livre était du gaspillage ne faisait aucun sens pour moi. Après quelques semaines, j’ai obtenu l’autorisation de lui payer son abonnement à la bibliothèque municipale, où il pouvait aller seul. J’ignore ce qu’il est devenu, mais j’ose espérer qu’il a continué à trouver dans les livres un rempart contre la vie trop dure.

Peut-être que le petit garçon du parc a des parents qui limitent l’accès aux tablettes et téléphones, et qu’il a trouvé dans la lecture un substitut de choix. Qui sait? Mais une chose est sûre, pendant les 15 minutes où je l’ai observé discrètement, il était dans sa bulle. Il était magnifique.

Vous me connaissez, je ne parle jamais politique. Ou si peu. Et je ne me transformerai pas en critique de programmes politiques. Mais je trouve que l’idée d’offrir un livre québécois à chaque enfant à chaque fin d’année scolaire est une maudite bonne idée. Si on développe le goût de lire, mais surtout si on donne la possibilité à tous ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter des livres d’en posséder quelques uns, c’est leur donner un début de richesse. Personne ne devrait avoir à choisir entre un livre et de la nourriture, mais c’est notre réalité. Et pour parler le langage économique si en vogue maintenant, ce n’est pas une dépense, mais un investissement. Dans notre jeunesse, dans notre langue, dans notre culture.

Je n’ai plus de livres pour enfants. Merveilleuse merveille a grandi, on en a refilé quelques uns à Fabuleux filleul et à sa magnifique soeur, et le reste est allé dans un croque-livre. Le 12 août prochain, j’achèterai un livre jeunesse d’un auteur d’ici. Et j’irai le porter au parc.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

La fragilité des choses et de la vie

Dans l’effervescence des séries du hockey, de cette légère amertume de la défaite, de l’espoir vacillant de voir la Coupe revenir à Montréal, du printemps qui tarde à s’installer et de la grisaille qui chasse vite le soleil, une nouvelle comme un coup de massue. Le décès de Claude Lemieux, lui qui portait fièrement le flambeau il y a 3 jours.

60 ans, c’est jeune en bibitte pour mourir. Même si les joueurs de cette époque se sont usés prématurément, ç’est jeune. Cet automne, on a perdu Matoue, la cinquantaine tout juste assumée, d’un vilain cancer. Ça aussi, ça m’a donné un coup.

Claude Lemieux, c’est ma jeunesse. C’est le temps où écouter les séries n’était pas seulement un plaisir, mais un rendez-vous d’amis, de familles, d’ennemis presque jurés (toi pis tes maudits Bruins! Tes Nordique, sont même pas capables de compter, sauf dans leur but! Pis parlant de but, celui d’Alain Côté, y’était bon!) rassemblés autour d’une bière pis d’un gros sac de chips.

Ce coup de tonnerre, c’est comme un rappel, brutal, qui tout peut changer du jour au lendemain. Qu’on ne peut pas prendre pour acquis que demain sera pareil à aujourd’hui. J’ai toujours été reconnaissante de ce que j’ai, et je me considère privilégiée. J’ai une retraite enviable, pas de souci de santé majeur, un amoureux et une famille que j’aime et qui m’aiment. Assez de sous pour avoir une vie culturelle, un frigo plein et parfois, du bon vin. Mais je suis aussi consciente que ça peut – et qu’éventuellement – se terminer brutalement. D’où l’obligation d’être dans la gratitude et d’en profiter pleinement.

Bien sûr, j’aurais pu écrire sur cette semaine politique un brin erratique, où j’ai l’impression qu’on me prend pour une débile de première. J’aurais pu vous dire à quel point je suis impressionnée par Steven Guilbault, son discours zéro revanchard et sa foi inébranlable qu’on peut, si on veut, changer le cours des choses. J’aurais pu vous dire à quel point les points de presse de Martin St-Louis m’enchantent.

Ce ne sont pas les sujets qui manquent. Et le goût d’écrire revient, peu à peu.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Du temps. Pour soi.

« Pis, t’ennuies-tu? Tu fais quoi de tes journées? As-tu hâte de recommencer à être active? »…..

Depuis janvier, je suis à la retraite. Officiellement, depuis fin février en fait. Et j’ai commencer à recevoir ma pension. Celle du travail, pas celles des personnes âgées…:-) Ce weekend, j’ai rencontré d’anciens collègues de DEC, tous retraités. Et tous ont la même opinion: on est bien à la retraite!

Bien sûr, les premiers mois, j’ai beaucoup dormi. Et probablement que le fait d’avoir commencé cette nouvelle période de ma vie en plein frette, de noirceur, a largement contribué à mon hibernation. Heureusement, les marches quotidiennes avec Virgule m’ont permis de prendre l’air et de me donner un semblant d’horaire.

J’ai recommencé à lire, aussi. Suis partie en vacances dans le sud avec trois amies avec qui je partage 40 ans d’amitié. Le fun qu’on a eu!

Et puis, le Mammouth et moi nous sommes remis en mode consommation culturelle. Tiens, juste cette semaine, on a vu 4 magnifiques pièces de théâtre. Le calendrier des prochains mois est aussi rempli de théâtre, de musique, et de soupers avec des amis. Parce que maintenant, y’a plus de temps à perdre.

Mais surtout, je réfléchis. À notre société. Avec la campagne électorale qui s’en vient, à l’électoralisme et aux promesses non tenues. Aux véritables grands besoins, et à notre égoïsme quand vient le temps de protéger nos acquis.

Vous me connaissez. Je ne parle jamais politique. Ou si peu. Mais j’aurai probablement envie de partager mes réflexions. Je le ferai ici, et non pas sur FB.

Pis comme dirait Martin St-Louis « m’a jouer ma game dans ma game, pas dans ta game. »

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Il fait chaud

Presqu’autant que cette journée d’août où tu es venue au monde. La veille, j’avais fait la baleine échouée dans la piscine d’amis, me levant à peine pour avaler quelques bouchées. Et dans les jours qui ont suivi ta naissance, nous avons été des réfugiées climatiques à l’hôpital, mon médecin jugeant qu’il était dangereux pour toi et pour moi de retourner dans la fournaise qu’était devenue la maison.
Et pourtant, je n’avais ni chaud, ni froid. J’étais totalement concentrée sur toi, ma merveilleuse merveille, ma toute belle rebelle. Je savais que je m’embarquais dans une histoire d’amour qui ne s’évaporerait pas. Je partageais avec ton père un désir inébranlable de te rendre la vie douce. Elle a connue sa part de bosses, on est resté pris quelques fois dans la garnotte, mais on y est arrivée.
Aujourd’hui, tu as 23 ans. Baccalauréat en main, tu commences avec aplomb ta maitrise et ton travail acharné, ton intelligence, ta volonté et ta personnalité ont fait que tu t’es mérité une bourse prestigieuse. Ton père et moi sommes plus que fiers: je pense même que nous sommes un peu intimidés, et vaguement jaloux.
Tu gères ta vie professionnelle et personnelle avec beaucoup d’humour, mais ma belle rebelle n’est jamais bien loin… Tu as appris, avec le temps, à contrôler ton tempérament bouillant, et parfois même, la plus cool des deux, c’est toi.
Je sais, je me répète, mais tu es ma plus belle réussite. Alors que je m’apprête à passer à une autre étape de ma vie professionnelle, ce ne sont pas mes réussites au travail qui me rendent fière. C’est de t’avoir, avec beaucoup beaucoup beaucoup d’aide de ton père, qui t’a donné la curiosité intellectuelle qui te caractérise et son amour de la lecture, offert les outils pour faire toi la femme que tu es. Une femme libre, assumée, déterminée, pleine de charme.
Bonne fête, ma belle Perséide! La vie t’appartient, vis là à plein! On sera là quand et si tu en as besoin.

Je sais. Je m’étais dit que j’arrêterais ce texte annuel quand tu aurais 20 ans. Mais bon, on le sait, les promesses c’est fait pour être rompues. J’arrête à 25. Max!

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Le privilège de vieillir

Et aimer ça!

Ce week-end, en pleine température moche, où Mère nature hésitait entre pluie, verglas, neige et le reste, j’ai célébré mon 63e anniversaire. Un chiffre plate, comme une mi-saison entre la soixantaine assumée et la RRQ.

Merveilleuse en fin de session, le Mammouth fort occupé par la campagne électorale, le temps de célébrer en grande n’y était pas. Pourtant, ce fût un bel anniversaire: un souper comme je les aime, concocté avec amour par le Mammouth, en compagnie de merveilleuse merveille et son amoureux, un bon verre de rouge et un gâteau cochon. Que demander de plus? Rien. Absolument rien.

Et puis des voeux, sur FB, en privé, au téléphone, par Messenger. Que tous ces gens prennent quelques minutes de leur vie pour me souhaiter une belle journée, ça m’émeut tout le temps. Sans fausse modestie, et pas parce que je me la joue « non, je ne le mérite pas ». Mais ça m’émeut et ça me réconforte dans la nature humaine et dans notre capacité de créer et de maintenir des liens.

Mais surtout, je mesure le privilège de vieillir. À chaque année, je pense à mon père mort trop jeune, qui n’a jamais pu célébrer sa soixantaine. Je réalise la chance que j’ai de pouvoir encore travailler, aimer, rire et pleurer. Que malgré les petits bobos, les articulations moins souples, la fatigue accumulée, chaque matin je peux planifier ou me laisser porter par le destin. Que malgré les chagrins, les doutes, les angoisses, les peurs et les coups durs, j’ai survécu sans trop mal m’en tirer. Que si tout arrêtait demain, je n’aurais aucun regret et à peine quelques remords.

Évidemment, je ne veux pas que ça s’arrête demain! Je veux prendre ma retraite, avoir de beaux projets avec le Mammouth, voir Merveilleuse merveille faire sa place au soleil et qui sait faire de moi une grand-mère gâteuse. Je veux voir grandir mon filleule et ma nièce. Je veux profiter de la vie, de ma vie.

Je n’ai formulé qu’un souhait: que tout ça continue. Et je donne deux ans à mes amours pour m’organiser le plus gros des surprises pour mon 65e!

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

2025, un grand cru

Je ne sais plus quel philosophe disait que dans la vie, il n’y a pas de hasards, juste des rendez-vous, manqués ou pas.

2025 est une année de rendez-vous. Le 13 mars dernier, je fêtais le 30e anniversaire de mon arrivée dans la fonction publique fédérale, après un détour de 10 ans au provincial. Cette même journée, c’était l’anniversaire officiel du début de la pandémie, 5 ans plus tard. C’est le jour où, avec ma gang, nous avons fait un exercice avec mon amie Sophie, coach certifiée, pour se donner des outils pour faire face aux changements. Parce que 2025 sera aussi une grosse année de changements, personnels mais aussi collectifs.

Il est vrai que l’air du temps est déprimant. Au Sud, je me demande encore où s’arrêteront ces mensonges et ces folies. J’ai l’impression d’assister à l’auto-destruction d’une démocratie, à la « téléréalisation » de l’administration américaine. Je prends de grandes respirations avant chaque bulletin de nouvelles. Je me réfugie dans mes émissions de décoration, vide-coco par excellence. Je mets en pratique les conseils de Sophie : « contrôle ce qui est en ton pouvoir, lâche prise sur le reste ». Chaque matin, je me dis que ça ne pourra pas être pire. Chaque soir, je me couche, incrédule devant l’actualité.

Et puis on sera en élections bientôt. Vous me connaissez. Je ne parle jamais politique, ou si peu…

Mais ce sera à tout le moins une campagne différente. J’ai un peu peur qu’on ne s’américanise dans le ton et le propos, alors que de vrais enjeux économiques, sociaux et humains ont besoin d’être au coeur de programmes. Pas des slogans, pas des campagnes de pub léchées. Je veux savoir ce que les partis proposeront face aux tarifs, mais aussi pour lutter contre l’itinérance, ou se prémunir d’une prochaine pandémie. Je ne veux pas qu’on me promette un pays où les licornes dansent en rond en chantant Kumbaya.

Et puis 2025 marquera aussi une étape pour moi. Depuis la fin de la pandémie, comme gestionnaire, je suis dans la transmission auprès de jeunes femmes douées qui seront un jour assises dans des postes de direction. Après 40 ans sur le marché du travail, j’ai appris quelques trucs et je souhaite leur éviter quelques tâtonnements inutiles. Quoique… l’apprentissage, sur tout de la gestion, c’est une affaire d’essais-erreurs. Il faut définir sa propre zone de confort, en sortir parfois, trouver ses marges. Je leur dit souvent que ce qui est important, ce n’est pas ce qu’on gère, c’est comment on le gère. Et qu’au final, si pour atteindre le résultat on a écrasé des humains, on a rien atteint du tout. Bref, je contemple de plus en plus la possibilité de passer le flambeau…

Oui, 2025 sera un grand cru.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

On m’aurait dit, il y a 22 ans…

On m’aurait dit que la maternité serait ma plus belle réussite, j’aurais soulevé les épaules. Mais à te voir aller, à l’aube de tes 22 ans, je ne vois pas de quoi je pourrais être plus fière. Tu es toujours ma belle rebelle, la plus éclatante des Perséides, la plus belle chose qui soit arrivée dans nos vies. Je dis nos, parce que je sais bien que toute seule, sans ton papa, tu ne serais pas la femme que tu es maintenant. Vive, allumée, moqueuse, tu tiens de lui cette curiosité insatiable de connaissances, du dépassement du convenu. De moi, à part ma chevelure? Peut-être un peu cette empathie que tu camoufles si bien, ce sentiment qu’il faut combattre l’injustice? Mais peu importe de qui tu tiens quoi, tu es toi, unique, notre coco à nous.

Cette année, tu as encore étendu tes ailes. Tu sais la fierté dans le regard de ton père quand il relit tes travaux, quand il parle de toi. Toi, sa fille, à la chaire Raoul-Dandurand, préparant son sujet de maitrise! Je n’en suis pas moins fière… mais je suis aussi fière de la femme que tu deviens. Celle qui bâti une relation avec le beau et charmant E. , en te faisant respecter. Celle qui, généreuse, accepte de partager son temps. Celle qui un jour, peut-être, ramassera sa chambre et fera son ménage….

Nous avons passé à travers des moments difficiles, et avons essayé de te préserver au maximum. Tu as bien senti que c’était pas si simple. Maintenant que nous atteignons une étape de nos vies qui sera plus facile, même si on ne peut jamais jurer de rien, j’envisage ce prochain parcours avec non plus une enfant, mais une adulte que nous aurons mené à bon port.

Ceci dit, tu seras toujours mon enfant. Ma belle rebelle, ma plus brillante Perséide. Mon volcan en dormance, ma p’tite soie. Ma merveilleuse merveille. Je t’aime.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Et pourtant

Je me suis sérieusement posée la question cette année. À 21 ans, a-t-elle encore besoin que je dépose mes mots pour lui souhaiter un joyeux anniversaire? Que je fasse le trajet dans ma tête – mais surtout dans mon coeur – de cette dernière année? Que je lui répète qu’elle est ma toute belle rebelle, la plus belle des perséides, ma merveilleuse merveille à moi? Qu’elle fait déborder le coeur de son père de fierté devant tant de beauté, de grâce, d’intelligence, d’humour?

Et la réponse s’est imposée, ce matin d’anniversaire ou tu n’es pas à la maison. Tu es entrée sur la pointe des pieds cette nuit, nous a chuchoté que tu reviendrais ce matin et de ne pas nous inquiéter. Je me suis rendormie, rassurée. Je sais que tu sais prendre soin de toi, tu l’as appris à la dure côté coeur, et que tu sais ce qui est bon pour toi. Je te souhaite, ma toute belle rebelle, que celui qui est entré dans ta vie et qui fait pétiller tes yeux t’accompagne dans cette fantastique période qui s’ouvre devant toi.

Cette année, tu as vraiment déployé tes ailes: l’université, que tu appréhendais un peu, est devenu un lieu d’épanouissement académique, mais également personnel. Nous t’avons vu studieuse, impliquée, passant tes fins de semaine le nez dans tes travaux. Nous avons eu des discussions sur le sens du monde, tu t’es indignée du sort des femmes massées aux frontières qui demandaient l’asile, tu as exploré les possibilités de travail à l’étranger. Et c’est avec tellement de fierté que nous t’avons accompagnée à la remise de la bourse que tu t’es méritée! Encore plus fiers de te voir aller, comme un poisson dans l’eau, au cocktail qui a suivi! Quel chemin parcouru depuis le secondaire.

Tu as aussi agrandi ton cercle d’amis et ton rayon d’action. Montréal n’a plus de secrets pour toi, mais tu as aussi découvert l’Europe et tu comptes bien y retourner. Ton amour des voyages ne s’estompera pas et tu rêves de partir, sac au dos, pour découvrir l’Asie. Je te le souhaite, ma belle rebelle: tu es à l’âge ou la seule personne qui peut te retenir, c’est toi. Ton père m’aidera à calmer mes angoisses de mère qui voudrait te garder sous une cloche jusqu’à tes 50 ans!

Angoissée un brin de te trouver un travail d’été (tsé, comme si, avec le bagage que tu as et les compétences que tu as acquises les employeurs bouderaient leur chance!) tu as fait le meilleur choix entre les offres devant toi, avec une grande maturité et un grand respect pour les employeurs. Ce travail t’a ouvert les yeux sur les réalités que vivent plusieurs personnes et tu t’es parfois indignée contre le système qui protègent parfois si mal les travailleurs et qui a si peu à leur offrir pour les sortir de leur malheur.

Même si les aspérités de l’adolescence et la fougue qui t’a toujours habitée semblent s’être adoucies, ne perd pas ta capacité d’indignation, ni ton désir d’aller plus loin. C’est ce qui te rend si unique.

C’est ma volonté de garder une trace du temps qui fait que je reviens, chaque année, t’écrire ce petit texte. Cet hommage à la femme que tu es devenue, qui a fait de nous de meilleurs personnes et de meilleurs parents. Parfois, ton père et moi, on se regarde, en se disant que si on nous avait dit, il y a 21 ans…

Bonne fête, ma belle toute belle rebelle. Tu as déployé tes ailes, l’horizon t’attend. Et nous serons toujours là, quand tu auras besoin de te poser pour refaire le plein.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Cette fois, c’est vrai

Votre fille a 20 ans, que le temps passe vite, madame hier encore, elle était si petite…

Dans quelques heures, tu auras 20 ans. Loin de nous, en camping avec ta meilleure amie, cette C qui fait partie de ta et de nos vies depuis 15 ans maintenant. Et tu t’apprêtes à commencer cette nouvelle décennie par un voyage « dans les Europe » avant d’aller passer quelques jours avec ta grand-mère au Saguenay. Puis, tu prendras le chemin de l’université.

On a pas arrêté, ton père et moi, de te dire à quel point nous sommes fiers de toi. De la femme que tu es devenue. De tes choix, que tu assumes parfaitement. Bien sûr, tu doutes encore parfois, mais ces doutes ne te paralysent plus. Tu fonces, en toute connaissance de cause. Tu apprends de tes erreurs.

J’écoutais l’autre jour un propriétaire d’entreprise qui se plaignait, à la radio, des jeunes qui quittent leur emploi sans un mot d’explication, qui sont des no shows alors qu’ils ont été embauchés, qui n’ont aucun respect ni pour l’employeur, ni pour les clients. Pas toi : à chaque fois que tu as quitté un emploi, tu as remis une lettre de démission expliquant tes raisons et tu as offert à ton employeur plus que le pré-avis habituel afin de former ton remplaçant. Même quand les clients te manquaient de respect, tu as gardé ton calme – bon, le masque a aidé dans les dernières années à cacher tes dents! – même si tu devais te mordre pour ne pas hurler. Quand je t’ai raconté cela, tu m’as dit que tu étais peut-être épaisse d’avoir cette attitude. Et pourtant, et tu le sais, tu fais la bonne chose, et ce respect te servira toujours.

J’aime ton humour, ta façon de rire de nous, mais aussi ta manière de t’assurer que nous allons bien. J’apprécie que tu fasses attention, sachant notre vulnérabilité devant la COVID, et je sais que tu as peut-être dit non à certaines sorties pour ne pas nous mettre à risque. Je t’en suis reconnaissante.

J’aime ces  « je t’aime » que tu nous cries de ta chambre, ou quand tu refermes la porte en quittant. Tu as adouci ton caractère bouillant, quoique… mais tu reconnais rapidement quand tu franchis la ligne et tu t’excuses facilement. Le feu est toujours là, tu es encore et toujours ma belle rebelle, mais tu le contrôle de mieux en mieux.

Les prochains mois seront peut-être difficiles. Fréquenter l’université, t’habituer à prendre les transports en commun, les longues heures, les exigences académiques… beaucoup de nouveautés à gérer. Nous serons là, ma toute belle, pour t’épauler.

On la disait jolie, et voilà qu’elle est belle, pour un individu presqu’aussi jeune qu’elle..

Dors bien ma belle perséide. Je t’aime.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Sexy Sixty

Ça y est. J’ai 60 ans.

Je devrais être catastrophée d’être si vieille. D’avoir les petits bobos associés au vieillissement: les jointures qui craquent, le pas moins assuré, le cheveu plus sel que poivre, le bye bye de dessous de bras mous, etc… De réaliser qu’il y a en plus derrière que devant, que je ne serai plus jamais une jeune poulette du printemps – mais l’ai-je déjà été? D’avoir de plus en plus souvent la larme à l’oeil parce que des gens qu’on connait personnellement nous ont quitté, que nos idoles de jeunesse partent aussi. D’avoir de plus en plus besoin d’expliquer qui était un tel, ce qu’était les années 70 ou d’utiliser l’expression  « dans mon temps ».

Je devrais être en maudit de ne pas pouvoir, encore une fois, fêter ça dignement, comme on a souligné mes 50 ans. De ne pas pouvoir réunir famille et amis, badiner, se féliciter de se connaitre, se raconter pour la zillionème fois nos faits d’armes, nos niaiseries, nos bons coups comme nos mauvais. Et rire, rire. Savourer le bonheur d’une assiette bien garnie, d’un verre de blanc, rose ou rouge, d’un gâteau au chocolat cochon de chez cochon. Et se faire de nouveaux souvenirs qu’on se racontera dans 5 ou 10 ans.

Pourtant, non. Je suis fière d’avoir 60 ans, fière de ce que j’ai accompli, fière d’être encore debout malgré les tempêtes. Fière d’avoir traversé tout ça et d’avoir encore le goût de donner, mais en ayant appris à ménager un peu ma monture. Fière d’avoir à mes côtés un Mammouth qui voit toujours la fille de 40 ans de qui il est tombé amoureux, une fille qui m’émerveille, une famille qui m’aime, des cousins/cousines que j’ai hâte de revoir et avec qui j’entretiens les liens de la tribu des descendants d’Alcide et Annie et d’Hélène et Ovila. Fière d’avoir tissé des liens avec des gens que j’ai connu à travers la politique, la fonction publique, les zinternets ou autrement. Fière, mais surtout reconnaissante de voir qu’aujourd’hui, ils m’ont inondée d’amitié et d’amour, virtuellement, au téléphone ou en privé.

Peut-être que je vis dans le déni. Dans ma tête, mon 60 sonne encore comme 30. Ou 15. Même si certains matins, ça sonne, en toute franchise, comme 90. C’est un chiffre. Rien d’autre. Je trouve ça même cool d’avoir 60 ans.

J’ai comme modèle des femmes d’exceptions, chacune à leur manière: ma mère, Lise Bacon, Lucienne Robillard. J’aspire à leur ressembler, quand je serai grande. J’admire aussi Helen Mirren, Audrey Hepburn et plus près de moi, Louise Latraverse et Béatrice Picard, pour qui l’âge ne semble pas avoir de prise. Des femmes dont le charme et le sex-appeal vont beaucoup plus loin que le botox et la couleur des cheveux. Des femmes qui s’affirment et ça, c’est drôlement sexy je pense.

60? Ben c’est ça. Sexy Sixty. Pis tant pis pour ceux qui trouvent ça vieux!

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire