La notion de temps est bien élastique, selon l’âge qu’on a. À 5 ans, une semaine est une éternité. À 45, c’est aussi vite qu’un battement d’aile de colibri …
Une toute petite semaine aura suffit pour transformer mes filles. Bon, j’avoues que les rentrées scolaires sont en soi des passages déterminants. Mais jamais je n’imaginais qu’elles le seraient à ce point.
Merveilleuse merveille part chaque matin le sac au dos, boîte à lunch sous le bras, pour passer une journée pleine de découvertes et d’aventures. Elle adore l’école. Et cela semble avoir eu un effet lénifiant sur son caractère. Pas une seule « crisette » depuis le début, ni à l’école, ni ici. Elle a pris un coup de maturité extraordinaire. Je ne suis pas naive au point de croire que tout est réglé, mais disons que je doute de plus en plus du diagnostique de la neuro-psy en juin dernier. Je demeure vigilente, mais je sens la pression qui s’atténue un peu.
La grande aussi a changé. Une toute petite semaine de secondaire a suffit à calmer ses angoisses sur ce passage délicat. Notre pré-ado encore un peu « fillette » est devenue une ado full chill, avec un sens de l’humour qui me fait craquer. C’est une véritable beauté naturelle, qui fera des ravages sans s’en rendre compte. J’ai dit à Mammouth que le trouble venait de commencer. Il m’a regardée et m’a rappellé que le bazouka n’attendait qu’une occasion pour mettre au pas le premier garçon qui oserait s’aventurer trop près de sa fille… Des heures de plaisir en perspective!
Au risque d’avoir l’air sans coeur, j’ai l’impression que depuis hier, notre vie a repris. La parenthèse de la maladie puis du décès d’Oyé s’est refermée doucement. Je n’oublies pas, et je sais qu’il restera une fragilité pour quelque temps. Mais d’avoir pris le temps hier de cuisiner en gang, de renouer avec notre traditionnel souper du dimanche soir avec tonton Marc, c’est la preuve que la vie continue et qu’elle est encore bien douce.