C’est comme ça que je me sens, depuis mon retour au boulot. Et laissez-moi vous dire que c’est pas agréable.
C’était pourtant ma décision. Je ne souhaitais pas retourner dans mon poste, l’ayant occupé près de 4 ans, et étant à bout de souffle. Je suis aussi parfaitement consciente que pour pouvoir l’occuper, j’ai demandé à Mammouth de mettre ses projets sur le « brûleur arrière », de manière à être totalement disponible pour merveilleuse merveille. Et dans les circonstances, c’était la meilleure décision.
Je savais aussi qu’il n’y avait pas de poste à mon niveau de gestionnaire, mais les besoins de bras sont grands dans le secteur ou on m’a affectée, et les gens qui me connaissent bien savent que je n’ai pas l’égo fragile, ne me faisant aucune gloire d’un titre ou d’un autre. En fait, en sortant de l’université, j’ai été secrétaire 4 ans, mais dans le milieu qui m’intéressait. Et puis, je sais que c’est temporaire. Je sais que les choses vont se tasser. Je sais que d’ici 3 semaines, je me plaindrai d’être débordée, d’avoir trop de travail. Je sais que je ne devrais pas chialer sur le fait que j’ai enfin des horaires raisonnables, que je suis à la maison pour souper en famille, que j’aurai le temps de luncher avec des amis parfois.
N’empêche, je me suis sentie comme une vieille chaussette toute la semaine. Et j’ai compris l’angoisse, profonde, des travailleurs âgés qui perdent leur emploi et qui ont l’impression d’être trop vieux pour être « utilisables ». À quel âge est-on vieux? Et puis, la température n’aide pas. Fait froid, fait sombre, et me lever aux aurores, même en partageant des moments plus qu’agréables avec René Homier-Roy et sa fabuleuse équipe, n’aide en rien mon moral d’acier.
Bah… bientôt, les petits fantômes envahiront les rues, puis ce sera la neige, le sapin, la foule des centres d’achats, les partys de bureau,…
Finalement, on est pas si mal, sur ma tablette!