Prendre un enfant par la main

La première rencontre avec son enfant, tout aussi magique soit-elle, comporte sa large part d’angoisse. Serai-je une bonne mère? Aurai-je ce qu’il faut pour lui donner tout ce dont elle a besoin pour devenir une adulte sûre d’elle, confiante en ses moyens, sans être arrogante? Et puis, ce petit être qui dépend de vous 24 heures sur 24, c’est la plus grande responsabilité que vous assumerez de toute votre vie. Vous restez calme, mais la panique n’est jamais loin. Cet enfant, que vous aimez plus que vous-même, sans vous, elle ne peut rien faire, du moins pendant les premières semaines, voire les premiers mois.

A chaque fois qu’elle gagne en autonomie, vous vous réjouissez. Et c’est fou: elle  est à peine née que vous avez hâte qu’elle tienne sa tête bien droite. Puis vous espérez qu’elle rampera et cela fait, vous rêvez des premiers pas. Puis des premiers mots. Après quelques mois, vous vous demandez pourquoi, au fur et à mesure que votre bébé devient cascadeur, grimpeur et un puits sans fond de questions. Parfois, sans l’avouez, vous voudriez revenir à ses premières semaines, forte de votre expérience de maman qui saurait maintenant reconnaître le pleur de la faim du pleur d’ennui, au temps béni ou vous pouviez déposer votre chérubine sans vous inquiéter du chat ou de votre étagère à CD.

Un jour, votre bébé sans défense entre à l’école. Elle développe de nouvelles habiletés, fait de nouvelles connaissances et se développe un réseau social. Vous réalisez que le vôtre a bien diminué depuis 5 ans,  contrairement à celui de votre enfant qui semble en phase exponentielle.

Fête de l’une ici, fête de l’autre là, journée chez les voisins, soirée cinéma, votre poupon a presque 6 ans et une vie en dehors de vous. Vous aviez rêvé à ce moment quand elle vous demandait votre attention constante. Un peu d’air, de temps à vous, sans toujours à vous inquiéter.

Vous ressentez alors un drôle de sentiment: bien sûr, vous pourrez dorénavant prévoir des choses pour vous le samedi après-midi, mais pourquoi ce vide? Et votre angoisse originelle revient: l’ai-je assez bien préparée pour affronter le vaste monde, surtout si ce vaste monde est la ville voisine?

Personne ne vous a promis que la maternité serait facile. Mais personne ne vous a dit non plus à quel point vous aurez l’impression d’être dans des montagnes russes d’émotions…