Dieu merci, les amies existent. Pour vous calmer l’angoisse maternelle, ça prend une amie crédible, qui a préférablement traversé cette période dans un passé pas trop lointain, qui vous connaît suffisamment pour comprendre vos questionnements existantiels et qui a des réponses à vous faire crouler de rire. Bref, dédramatisons, dédramatisons, dédramatisons.
Exemple de conversation, dans lequel je n’identifierai pas les personnages, pour préserver ma la réputation de l’innocente de la mère angoissée.
Mère Angoissée: » Je ne survivrai pas à l’été ni au vélo »
Amie fidèle: « Mais si »
MA: « Je passe mon temps à lui crier de regarder devant »
AF: « Regardes toi aussi derrière, comme ça tu ne la verras pas faire »
MA: « Ouais, mais je ne verrai plus où je vais »
AF: « Rappelles-toi que ce n’est pas la destination qui compte, mais le voyage »…
MA: « Et le terrain de jeu? Toute seule? Et s’il y avait des maniaques? Si elle se blessait? Si elle s’égare en revenant à la maison? »
AF: » Combien d’enfants se sont égarés/blessés/fait enlever dans ce parc au cours des derniers 10 ans? Pourquoi il faudrait que ça arrive à la tienne??? »
MA: « Je sais, je sais. Mais bon, tsé, des fois, genre, comme, mettons… Au fond l’hiver c’est moins compliqué »
AF: « Heuhum… c’est pas toi qui avait peur des gratte-neige? Qui était sûre que sa fille se ferait bouffer par la grosse machine? Qui a angoissé sur le toit qui menaçait de s’effondrer? Vraiment, moins compliqué l’hiver? »
MA: « Bon ben, c’est bien joli tout ça, mais j’ai un souper à préparer moi! »
AF: « Surtout pas de poisson: elle pourrait s’étouffer avec les arêtes! Au fait, t’as rafraichi ta technique de la manoeuvre de Heimlich? On sait jamais, tsé. Un invité pourrait s’étouffer avec une olive à martini »…
MA: « …. »
Rendu à ce point de la conversation, j’abdique. Oui, dieu merci les amies existent. Ne serait-ce que pour vous rappeler que l’été, le martini aide à chasser l’angoisse. Pour le reste, y’a votre conjoint!