Question de perception

Deux collègues quittent cette semaine. En discussion avec l’un d’eux, il me remercie de mon écoute, mais surtout de ma manière de gérer. « Tu as deux qualités précieuses: tu sais garder ton calme et surtout, tu poses les bonnes questions, sans remettre notre expertise en cause ». J’en suis restée bouche bée.

Dans ma semaine de formation, on m’avait fait un commentaire un peu semblable, en me disant lors d’un exercice, que ma présence calme et souriante avait modifié l’énergie un peu stressée du groupe auquel je venais de me joindre. Moi? Calme et souriante?

Me semble que je suis tout, sauf calme. Tout, sauf souriante. Deux personnes, qui ne se connaissent pas, et qui portent grosso modo le même jugement. Weird, non? Ou alors, j’ai vraiment un problème de perception. Je dis souvent, à la blague, que la maternité m’a adoucie. Ou alors c’est l’âge qui fait que je n’ai plus l’énergie des grandes colères. J’ai probablement aussi développé une plus grande tolérance à l’erreur humaine, et une plus grande empathie pour mes semblables. Et humblement, je reconnais que je n’ai pas toutes les réponses.

Je ne sais pas encore ce que je ferai quand je serai grande. Mais mon voyage d’introspection est tranquillement en train de me mettre sur des pistes intéressantes. Je sais mieux ce que je ne veux pas, c’est déjà un début, non? Et j’ai envie de me voir plus souvent à travers les yeux des autres, pas seulement à travers mon oeil critique.

Pour le reste? Merveilleuse merveille est excitée à l’idée de pouvoir ramasser des tonnes de bonbons encore cette année. Elle doit se déguiser en sorcière, mais une rencontre intempestive avec un poteau la fait plutôt ressembler à un raton-laveur. Le plus beau raton-laveur, évidemment!

Et puis, je songe sérieusement à écrire le guide du savoir-vivre dans le métro. Depuis la rentrée, il y a une augmentation notable de la fréquentation, ce qui se traduit par des frictions plus fréquentes. On devrait interdire le sac-à-dos, les méga full grosses sacoches, le parfum avant 9h00 le matin et la musique qui sort des écouteurs… Si moi, à 10 pieds, je l’entends, j’ose à peine imaginer comment ça sonne dans une oreille… Prendre les transports en commun à Mourial, ça vous pratique le zen. Ça doit être pour ça que je suis calme et souriante… En fait, je suis sourde et dépassée!

Chouette pub!

D’habitude, la pub sociétale me laisse plutôt froide. De Vazy , la version kébéco-cheapette du stroumph sportif, aux gens décapités de la CSST ou par la SAAQ, je n’ai jamais trouvé qu’elles étaient géniales. Efficaces, peut-être, mais pas géniales en terme de pub. Mais ce soir, celle-ci m’a accrochée. Peut-être parce que j’aime la chanson de Dubois. Peut-être parce que c’est le genre de bureau ou j’aimerais travailler. Peut-être parce que je suis de bonne humeur: je « dégère » depuis 2 semaines, mais dans un tout nouveau secteur pour moi, et la période de transition s’avère intéressante. Finalement, la semaine à Ottawa m’a fait un bien fou, surtout pour les liens que j’y ai créés.

Il fait beau, les enfants et Mammouth sont de bonne humeur, on a joué dans les feuilles, et demain on fait de la tarte à la citrouille… Bref, on pourrait faire nous aussi un pub de promotion de « bougez et mangez sainement »…

De retour à notre programmation régulière

Je reviens de loin. Physiquement et émotivement. Je n’ai pas encore le recul pour en parler, pis je vais me garder une tite gêne, mais la dernière semaine passée en formation sur le leadership a brassé des tonnes de choses, et pas juste professionnelles.

J’ai pas encore fini de décanter. J’ai besoin de laisser retomber la poussière. Je me contenterai de vous raconter ceci: au début, on nous a demandé de choisir, parmi des tonnes de photos, celle qui nous « parlait » le plus. D’instinct, j’ai choisi un papillon aux couleurs des feuilles d’automne. Pour expliquer mon choix, j’ai raconté que pour moi, le papillon était le symbole de la métamorphose, et que depuis quelques années, j’avais connu plusieurs d’entre elles. De célibataire endurcie à mère de famille recomposée, de « politique » à fonctionnaire, ma vie depuis 7 ans est en constante évolution, en perpétuel changement. J’ai toujours cru que ma capacité d’adaptation était relativement bonne. Au fond, je suis résiliente, c’est très différent. Je ne m’adapte pas, je ne complète jamais le processus de transition. Je « fais avec ». C’est pas nécessairement mauvais, et je ne suis pas malheureuse comme les pierres.

Hier, en clôture de session, nous avons repris nos photos et expliqué en quoi elles étaient toujours actuelles, ou pourquoi elles étaient devenues obsolètes. La mienne était actuelle: j’ai eu l’impression que depuis un an, je vis dans un « cocon » pour éviter de confronter mes émotions, et que la semaine m’a permis d’en sortir. Pour l’instant, je suis encore frileusement sur ma brindille, et je secoue avec précaution mes ailes neuves. Elles ne sont pas tout à fait sèches, et je choisirai peut-être de passer l’hiver au chaud plutôt que de les essayer par une froide journée d’automne. Chose certaine, j’en prendrai soin.

Je ne suis pas non plus en train de tout laisser tomber. J’ai pu valider que ma famille et mes amis sont toujours au centre de mes valeurs profondes. Au plan professionnel, j’ai retrouvé le goût de me battre. Pour moi cette fois-ci. Je ne suis pas mère Térèsa, je ne peux pas sauver le monde entier. Bon, c’est vrai que le linge à vaisselle me va plutôt bien, mais je refuse de devenir une « fashion victim »…

Mais j’ai envie d’explorer plus avant ce que cette semaine a brassé. J’ai des outils à ma disposition, et j’ai le guts d’aller voir au-delà de ce qui est confortable. Je ne serai pas toujours « arposante » comme disait ma voisine Thérèse, et vous n’aurez pas nécessairement tous les chapitres de mon carnet de voyage. Mais je promets de partager les découvertes que j’aurai faites sur mon compte. Qui sait? J’ai toujours pensé qu’au fond de moi se cache une grande blonde éthérée et vaporeuse, mais elle cohabite avec Marie-Quatre-Poches depuis longtemps. C’est plus que le temps de découvrir laquelle des deux a finalement émergé de sa chrysalide.

Et puis, comme je ne parle jamais politique, ou si peu, c’était pas la semaine pour bloguer…:-)