Comment expliquer l’inexplicable?

Ici, il y a toujours une radio ouverte, et souvent également la télé. Depuis sa naissance, Merveilleuse merveille a donc baigné dans un univers d’informations et nous avons toujours répondu à ses questions.

Quand Cédrika Provencher a disparu, nous lui avons expliquer du mieux que nous pouvions ce qui arrivait. Pas facile, à 4 ans, de comprendre que c’est dangereux de suivre quelqu’un qui veut qu’on l’aide à retrouver son chien. Pas facile de comprendre la notion de « toujours/jamais ». Mais j’ai pris le pari de lui dire la vérité, dans des mots qu’elle peut comprendre, en espérant atteindre le délicat équilibre entre la prudence et la peur de tout et de tous.

Après Noêl, le drame de Saguenay a occupé une large place dans l’actualité. Mais prise dans le tourbillon des fêtes, Merveille n’a pas vraiment porté attention. Elle a lu une manchette dans la Presse, mais le seul lien qu’elle a fait, c’est que ça se passait chez grand-maman.

Depuis hier, elle pose des questions sur les enfants de Piedmont. « Pourquoi un papa peut cesser d’aimer ses enfants, au point de les tuer? » Pour Merveille, il faut nécessairement qu’on cesse d’aimer pour tuer. « Et pourquoi la maman ne les a pas protégés? Parce qu’une maman, c’est sensé protéger ses enfants, non? »

Elle a aussi compris que David s’est poussé parce qu’il n’était pas aimé assez de ses amis de l’école. Et que personne, personne ne l’a aidé.

Dur d’avoir 6 ans et d’essayer de comprendre le monde dans toute son horreur. Dur d’expliquer l’inexplicable.

Dur de réaliser que parfois, l’amour n’est pas suffisant.

J’ai résisté

Je vous le jure. J’ai résisté tant que j’ai pu. Depuis 3 ans, à chaque presque printemps, quand « the » document entre à la maison, j’hésite. Je pense, je cogite. Je soupèse le pour et le contre. Je m’informe, je lis, je discute avec mes collègues. Jusqu’à présente j’avais résisté. Fièrement, mais en silence. Rien ne sert d’en rajouter.

Ce soir, alors qu’une belle couche de nouvelle neige s’installe, à quelques jours de partir rejoindre Mickey, Minnie et Blanche-Neige, j’ai flanché. Je l’avoues. Je sais déjà que je le regretterai. Je me vois très bien, en août, croulant sous le découragement voire la honte, expliquer à Mammouth que oui, il avait raison, que non, j’aurais pas dû, que oui, avant de flancher l’an prochain, j’irai prendre une grande marche, que non, je ne recommencerai plus (idéalement, avec la même conviction que Jean Charest à TLMP).

Je sais tout ça. Alors pourquoi j’ai flanché? Pour faire plaisir à merveille? Parce que le défi 5/30 commence le premier mars? Parce que je n’ai aucune volonté?

Peu importe, au fond. La triste, la dure réalité, c’est que j’ai flanché. Cet été, je serai une « soccer mom ».

Y vendent encore des p’tits kits à la Olivia-Newton-John-époque-Physical?  A va n’acheter! *Je ne voudrais pas dépareiller ma banlieue, vous savez!

*Clin d’oeil à La Fêlée et à Charlotte Moderne :-)

Réflexions d’un dimanche comme les autres dimanches

Il est 9h45. J’ai 4 recettes de muffins au four, le veau mijote doucement et la sauce à spag dégage ses arômes.

Excitant, non? C’est tout ce que j’ai à raconter. Enfin, pas tout à fait, mais pour le reste, je me censure.  Pas parce que je vous fais pas confiance, non. Parce que mon petit quotidien, quoique passionnant à certains égards, n’est que mon quotidien. Rien pour écrire à sa mère, et encore moins rien pour prendre de l’espace public sur la toile.

J’en ai un peu marre. Le débat entre pseudo journalistes, pseudo blogueurs, pseudo spécialistes, le bitchage, les procès d’intentions, le « who’s who », la « in crowd », les autres. J’en ai marre. J’ai pas envie de commenter, j’ai plus envie de lire, encore moins de participer aux débats. Mon accrochage de novembre a laissé des traces plus profondes que je ne le croyais.

De la lâcheté? Non, je ne crois pas. Plutôt une prise de conscience que le net, facebook, twitter, etc. c’est n’est qu’une autre facette des relations humaines pas toujours jolies, pas toujours nettes. Je reconnais toutefois la puissance de ce « capteur de rêves » informel et virtuel. Dans mes peines récentes, vous étiez là, j’ai senti votre compassion. Ou ai-je voulu y voir de la compassion, parce que ça me faisait du bien? Vous voyez? Là, c’est moi qui tombe dans le procès d’intention…

De l’envie? Pas plus. Je n’ai jamais été la fille la plus populaire du groupe, je n’aurais pas été couronnée « prom queen », j’aime plutôt mon anonymat et je sais ce que je vaux, au risque d’avoir l’air prétentieuse.

Peut-être ai-je fait le tour de ce jardin qu’est la tenue d’un blogue. En même temps, le but premier est toujours le même: laisser en héritage à merveilleuse merveille mes réflexions, lui donner un aperçu de ce qu’étaient les premières années de sa vie, de l’impact qu’elle a eu sur la mienne.

Le soleil est magnifique. Une belle journée d’hiver, juste un peu froide. Dans quelques jours, nous partirons vers le sud, à la rencontre de Blanche-Neige, Cendrillon et Jack Sparrow…

La switch à bitch à on… turbo on

Star Académie.: Y’a tu kekun qui va dire à la styliste de Julie que ses robes sont affreuses?

TLMP: il prend de la place quand il y est, il prend de la place quand il n’y est pas, puisque son co-animateur se sent obligé de le défendre. La meilleure à son sujet était hier dans 3600 secondes d’extase. « L’homme qui a une opinion sur tout et de l’influence sur rien ». Dévastateur mais génial.

Ouf! Ça fait du bien.

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Polytechnique

Je ne sais pas si j’irai. J’aime en général ce que fait Denis Villeneuve. Je ne doute pas une seule seconde que le film a été fait avec toute la délicatesse nécessaire pour un sujet aussi lourd. Même si je me souviens parfaitement ce que je faisais ce soir là, des émotions contradictoires qui se sont bousculées dans ma tête, les jours d’après sont flous. Bien sûr, je me souviens du débat, je me souviens de l’horreur, de la culpabilité des gars qui soudain, étaient tous coupables. Mais je ne me souviens pas d’avoir eu peur pour moi.

Polytechnique, pour moi, c’était l’oeuvre d’un fou. Pas nécessairement d’un homme qui détestait les femmes. J’avais de la difficulté avec le discours sur les hommes, ces lâches, qui n’avaient pas défendu leurs compagnes étudiantes. Facile de juger après. Je me souviens d’avoir été vaguement agacée par la récupération de l’événement, dans un sens ou dans l’autre. D’avoir pensé qu’on voulait donner un sens à un événement qui n’en avait pas. Jamais je ne me suis sentie personnellement « menacée » parce que femme, parce que dans un milieu traditionnellement masculin. J’ai rencontré des machos, j’ai travaillé avec des machos, mais jamais dans un climat de violence.

Et d’autres drames, d’autres gestes insensés ont ponctué l’actualité. Avec, pourtant, chaque année le 6 décembre, un petit pincement au coeur à la pensée de ces filles injustement fauchées.

En voyant la bande annonce, j’ai eu peur. Pas pour moi. Pour ma fille. Ce que le drame n’avait pas réussi à écorcher de ma féminité, il vient de le faire dans ma maternité. Tout à coup, j’ai peur que merveilleuse merveille soit la victime d’un fou qui considérera qu’elle n’a pas sa place dans ses plates-bandes. Tout à coup, j’ai peur que notre façon d’élever nos garçons en fasse des frustrés qui ne verront qu’une seule issue, celle de la violence, de l’agressivité, de la mort, la leur ou celle des autres. Tout à coup, j’ai peur que merveilleuse merveille, qui a la vie devant elle, soit confrontée à des portes qui se ferment. Ou pire, qui s’ouvre sur un canon de fusil.

Je ne sais pas si j’irai voir Polytechnique. C’est sûrement un film nécessaire. Je ne suis juste pas sûre d’être capable d’avoir peur, capable de rajouter une angoisse de plus.

Thank God, janvier est over!

Mettons qu’on a déjà vu mieux comme mois. Rien de grave, juste une succession d’affaires plates, ben plates. Particulièrement pour Mammouth. Rien pour bloguer, rien pour écrire à sa mère. Juste pas d’humeur.Quelques bons moments tout de même: se faire dire par mon idole René Homier-Roy que la lettre envoyée pour souligner l’anniversaire de Mammouth est une jolie lettre, ça vous met un peu de beaume sur l’égo…

Dieu merci, janvier est fini. Passé.

Pour souligner l’arrivée de février, merveilleuse merveille et moi sommes allés à la Fête des neiges. Que du plaisir, de bon air frais et des rires. Sans parler de la queue de castor choco/noisettes… Et je ne suis pas peu fière de moi: j’ai pris la troisième place d’une course en « godasses », en poussant une chaise sur laquelle était assise merveille. Nous sommes revenues les joues rouges, brûlées, juste à temps pour la pizza et les « wings » du Superbowl. Le feu crépite dans la cheminée, le vin est délicieux.

Thank God, janvier est over. Février ne pourra être que meilleur: dans quelques semaines, merveilleuse merveille, ma mère et moi irons fréquenter les princesses sur leur bateau de croisière. Un vrai voyage de filles!