Toi pareillement, grandes dents! *

À quelques heures de quitter la maison pour aller défoncer l’année avec des amis chers, permettez-moi de nous souhaiter, collectivement, une bien meilleure année 2011. À grands traits, biffons caviardons 2010, et laissons-nous la fenêtre grande ouverte à une année moins cynique, moins centrée sur nos nombrils, moins tweetesque. Laissons la porte ouverte à l’amitié chaleureuse, aux rencontres avec du « vrai » monde, à la joie pure, à la crainte sans fondement qui nous fait avancer, aux émotions qui nous font réfléchir et à la douceur de l’amour des nôtres.

Laissons-nous l’esprit ouvert à la découverte, au risque assumé, à la volonté triomphante du bien commun.

C’est ce que je nous souhaite. À chacun et chacune d’entre vous qui persistez malgré mon manque de régularité, merci de passer et de laisser vos commentaires. Merci de votre générosité. Et que du bon, que du meilleur, que du parfaitement parfait pour 2011!

* Merci à Mère Indigne pour l’inspiration du titre! :-)

J’ai vraiment souhaité que décembre arrive, moi?

Bon, c’est pas « annus horribilis », y’a quand même eu plus de bons moments que de mauvais, mais y’a des jours qui vous font douter de votre bonne étoile. Qui doit, ces jours-ci, être occupée ailleurs… *soupir*

Vous croyez que je me plains pour rien? Que nenni! Même que je me sous-plains, tiens! Que je me garde une tite gêne. Ah! vous voulez des exemples? Tiens, au hasard, deux petites choses, toutes petites, qui me sont arrivées cette semaine.

Picture this, comme disait Sofia. Mercredi matin, heure de pointe, métro Berri-UQAM. Sur la ligne orange, pas de ligne wi-fi, donc pas de blackberry. C’est à Berri que le tout se réactive. Et en se réactivant, la chose sonne. Comme très peu de gens ont mon numéro, je me dis que ça doit être important. Je sors la chose de ma bourse, mais la dame derrière moi doit être drôlement pressée, puisqu’elle essaie de me tasser. Résultat? Elle m’accroche le coude, celui qui est en droite ligne avec la main qui tient le blackberry. Et voilà ce dernier parti pour un vol plané, double salto arrière renversé. Incapable de le rattraper, j’ai vu mon blackberry enfiler entre le wagon de métro et le quai. Si si! Un espace d’à peine un pouce. J’aurais voulu réussir l’exploit que j’en aurais été incapable. C’est un peu embêtant. Mon blackberry n’a que 3 semaines d’utilisation, mon grand boss sera pas content… Par contre, je me vois mal descendre en bas et le chercher…

J’aperçois donc un gentil préposé, qui croule de rire quand je lui explique ce qui vient d’arriver.

-« Vous voulez quand même pas faire arrêter le métro sur l’heure de pointe pour récupérer votre bébélle? » qu’il me dit.

– « Heu… z’avez de la misère à arrêter pour les suicidés » que je me dis dans mon fort intérieur… « Mais non » que je réplique. « Je me demandais juste si, dans la journée, y’a un moment ou le métro arrête ».

– « Après l’heure de pointe, le métro ne passe qu’aux 10 minutes, j’aurai le temps d’aller voir. Laissez-moi vos coordonnées, je vous rappelle ».

J’avoues, j’ai douté. Ils doivent en voir de toutes les couleurs, et des choses plus importantes que mon blackberry. Vilaine moi! Sur l’heure du lunch, le gentil préposé me rappelait, pour m’informer qu’il n’avait rien trouvé, mais qu’il avait fait une demande spéciale à l’équipe de nuit qui, une fois le métro arrêté, ramasse les cochonneries sur les rails. Impressionnée. Vraiment. On pourra chialer tant qu’on veut contre les transports en commun à Montréal, mais y’a encore des gens qui ont le coeur à la bonne place.

Évidemment, z’ont rien retrouvé. Mais c’est pas grave. Et j’ai découvert qu’en vous présentant aux objets perdus, avec un peu de chance, vous pourriez repartir avec un IPhone presque neuf…:-) Meunon, je n’ai rien pris. Mais je me suis demandé, en fouillant dans la boîte qui contenait une trentaine de ces objets, si la dame me laisserait partir avec un d’entre eux, sans identification plus formelle.

Jeudi, je suis donc « incommunicado » entre mon départ de la maison et mon arrivée au bureau. Et quand je me pointe, les employés m’attendent avec un visage long de même. Des visages d’enterrement. Mais que s’est-il donc passé? On me tend un journal. Une photo d’un incendie. Hum… quelqu’un a passé au feu? Yup. Le resto ou nous avions une réservation pour le dîner de Noël. À 24 heures d’avis, impossible de trouver une autre réservation pour un groupe. Pas de dîner de Noël donc. On aura un dîner de la rentrée. C’est dit.

Je ne vous parlerai pas de mon vendredi. C’était guère mieux. Enfin, même que c’était pire. Je peux bien avoir envie de me rouler en boule et de dormir jusqu’en janvier. Parce que pensez-vous que mes achats de Noël sont faits? Pantoute. Et heureusement que cette année, je suis reçue, parce que je vois pas quand j’aurais été magasiner ma dinde…

Malgré tout, et parce que je suis foncièrement optimiste, je me dis que ça pourrait être pire. Nous sommes tous en santé, ma nouvelle porte-patio garde le froid dehors, et on arrivera à Noël en même temps que tout le monde. Juste un peu plus fatigués…

La vie, la vie

Funérailles émouvantes, ce midi, de ma collègue de travail. Des témoignages pleins d’amour de son conjoint des 50 dernières années, qui nous a raconté que dès qu’il a posé les yeux sur elle, alors qu’elle n’avait que 14 ans, il a su. De sa fille, qui a raconté qu?e même les derniers jours, sa mère insistait pour mettre sa crème hydratante et son soin anti-âge, comme pour défier le maudit cancer. D’une amie, qui a témoigné de la qualité de l’amitié, de l’attention, de la tendresse dont ma collègue a fait bénéficié tous ceux et celles qui l’ont rencontrée. De son fils, enfin, qui nous a laissé avec un très beau texte sur l’amour qui ne meurt jamais, qui débouche sur l’espérance.

En revenant, je me suis passé la remarque que la vie est bien injuste. Un couple qui s’aime, qui fait des projets pour la retraite, et qui se voit brisé de manière fulgurante. Une mère, une grand-mère, une amie qui laisse, bien malgré elle, ceux qu’elle aime.

J’ai pensé aussi à ce jeune homme dans la fleur de l’âge qui a choisi de partir, alors que le monde s’ouvrait à lui. Quel drame se cachait derrière ce désespoir? Comment peut-on survivre, comme parent, à un départ soudain et volontaire, de son enfant?

Parfois, je me questionne sur l’ordre des départs. Des abuseurs, des gens qui volontairement souffrir les autres, et qui semblent indestructibles, on en voit des exemples tous les jours.  Ce n’est jamais eux qui partent les premiers. Bien sûr, nul ne mérite de mourir, et là n’est pas mon propos. C’est la vie, dit-on. Les jours plus sombres, je me demande si tout ça a un sens. Je veux croire que oui.

Les funérailles ont ceci de bon: on y retrouve des gens qu’on ne voit pas souvent. Ma collègue était aimée, et la chapelle était pleine. On s’est fait l’accolade, on a échangé des souvenirs, on a souri et même franchement rigolé, puis on a versé des larmes et fouillé nos sacoches pour trouver des mouchoirs. Nous étions une grande famille, réunie  pour célébrer une dernière fois une vie qui nous a touchés.

Je me suis sentie vivante, et privilégiée. J’aime, je suis aimée. C’est la vie, ma vie. Le reste, c’est du vent. Que du vent. Et tout passe. Toujours.