M’écouter, j’appelerais demain au bureau pour leur dire que je rentrerai après la prochaine élection…
Dans une ancienne vie, j’ai fait beaucoup d’heures au bureau. Trop peut-être, mais j’étais célibataire, sans enfants, ambitieuse mais pas carriériste, et j’adorais ma job. Et, pour être honnête, il y avait des compensations. Non, n’appelez pas le juge Gomery, pas des compensations de cette nature! Mais ma job m’a donné l’occasion de voyager, de rencontrer des gens fascinants et d’avoir un tout petit pouvoir d’influence sur différents dossiers qui m’étaient précieux, tout ça sans avoir à me mettre la face sur un poteau pendant 6 semaines et sans me taper les soupers spaghettis du club de l’âge d’or dans le temps des fêtes.
Ce que je faisais, je le faisais avec le sentiment de redonner ce que j’avais reçu en abondance: des valeurs solides d’équité et de justice sociale, l’amour du travail bien fait et le don de soi. Jusqu’à vendredi dernier, j’avais réussi à transposer le tout dans mon nouveau boulot. Vendredi, ça a basculé. Et c’est comme si toutes les heures données depuis l’élection du nouveau gouvernement (y’a tu kekun qui va dire à Harper que dans moins d’un mois, ça fera un an, et que le mot nouveau commence à faire vieux!) venaient de me tomber dessus, avec toute la fatigue qui va avec.
Je ne ferai pas un burnout (quoique magasiner les cadeaux, c’est un motif suffisant!), mais j’aurai définitivement moins de coeur au ventre… et je trouve ça dommage. Pour moi. Travailler alors que ça nous fait chier, je n’avais jamais connu, et découvrir ça maintenant, je suis pas sûre d’aimer…