En ’67 tout était beau…

… c’était l’année d’l’amour, c’était l’année de l’Expo, chantait Beau Dommage. *j’aime mieux cette chanson-souvenir que celle chantée par Michèle Richard, mais c’est une question de goût tout à fait perso*.

J’avais tout juste 5 ans, et je me souviens du long voyage depuis le Saguenay – la belle époque ou les sièges d’auto pour enfants n’existaient pas, quand les ceintures de sécurité n’étaient pas obligatoires, que les mononcles conduisaient avec une p’tite bière frette entre les deux jambes et que les matantes avaient leur « permanente-rouleaux » fraîche faite pour l’occasion.

Mes souvenirs sont diffus, mais ma fille joue avec la poupée esquimaude que mes parents avaient acheté au pavillon du Canada – c’était ben en masse ethnique ça! Je me souviens d’odeurs, et de la fatigue immense à la fin de la journée. Ma mère ayant décidé de faire faire mon portrait par un artiste peintre, j’ai passé une heure assise sur une chaise. Je m’endormais tellement que sur le portrait, j’ai l’air d’avoir un cou 4 fois plus large que ma tête. C’est mon souvernir de l’Expo… *soupir*.

Avec l’ouverture du métro de Laval, et le 40e de l’Expo, on fait beaucoup dans la nostalgie du Québec des années 60 ces jours-ci. Était-ce mieux? L’époque devait être stimulante, cette ouverture sur le monde, ce brassage d’idées, ce grand ménage des structures et des institutions devaient être passionnants. Depuis, on s’est encroûté. En fait, non. On a perdu le sens de la liberté collective pour se concentrer sur notre liberté individuelle.

Ma génération est celle qui a grandi avec la Charte des droits et libertés. On a juste oublié de nous rappeler qu’avec les droits, venaient des responsabilités. On est vite sur le gun pour faire valoir nos droits, mais curieusement, c’est toujours la faute de l’autre (L’Autre ultime étant le gouvernement) et rarement la sienne propre. On s’est ouvert sur le monde, mais on commence à trouver que le monde n’est pas assez en « visite » chez-nous et qu’il commence trop à prendre ses aises. On veut le beurre, l’argent du beurre et la vache dans la cour pour être sûr de ne pas manquer de lait à barater. On veut la ceinture, les bretelles et tant qu’à y être, les coussins gonflables pour être « padés » tout le tour.

On ne pourrait plus, en 2007, vivre une grande aventure comme Expo ’67. Imaginez les audiences publiques du BAPE juste à l’idée de créer une île à partir de « remplissage » comme on l’a fait pour l’île Notre-Dame. Imaginez les files d’attentes pour obtenir des visas de visiteurs, terrorisés que nous sommes à imaginer que tous les musulmans sont des terroristes potentiels. Imaginez l’Agence d’inspection des aliments visitant les pavillons des autres pays et distribuant des avis d’allergie alimentaire à qui mieux mieux. Et puis, depuis 67, on peut même plus faire l’amour sans avoir peur d’attraper toutes les MTS du monde.
Je ne porte pas de jugements. Ma génération, et celle avant moi avons peut-être mis en péril l’avenir de mes enfants. Moi, je crois surtout qu’on a presque tuer le rêve. Mais j’ai espoir: quand je vois ma merveilleuse merveille, quand je vois sa grande soeur et son grand frère, je me dis qu’ils sauront bien s’inventer des rêves qui seront les leurs, pas ceux que je voudrais avoir pour eux.

En 67, tout était beau…

Des fois, je m’ennuie…

« Ca ne me fatigue pas beaucoup qu’une femme ait un voile sur la tête. Votre mère allait à la messe avec un chapeau » J.Chrétien.

On dira ce qu’on voudra de lui, mais jamais un politicien n’aura eu moins la langue de bois… À écouter les explications pas très claires ces derniers jours sur les prisonniers afghans, torturés ou non, et sur ce que le gouvernement savait ou non, me semble que ça me manque, ce genre de déclarations…

Acte manqué*

Message sur mon blackberry dans le train ce matin: « Heu… le fromage suisse dans le tiroir à ustensiles, c’est voulu? »…

Sûrement pas! Moi qui suis un modèle d’ordre et d’organisation domestique, jamais je n’aurais foutu le fromage dans le tiroir à ustensiles, non? Soudain prise d’un doute immense, je me demande si j’ai mis le lait dans le garde-manger et le pain à la poubelle… Et puis, où est le beurre d’arachides??? Ai-je besoin de m’infliger moi-même une dose de stress supplémentaire?

Ou alors (ici, vous insérez la musique de Jaws, savez le wahwanwahwan fatiguant…)… non! Impossible. Pas un acte manqué*? Mon subconscient essayerait-il de m’envoyer un message? En passant par le fromage suisse? D’ailleurs, pourquoi suisse? Pourquoi pas une tranche de mozza, hein?

Plus sérieusement, je sens poindre le début d’une remise en question. Je n’ai pas vécu la crise de la quarantaine, occupée que j’étais à me comporter comme une jeune poulette du printemps qui vient de pondre son premier oeuf. Que Mammouth se rassure: ma remise en question n’a rien de personnel. Elle est professionnelle.

Je suis d’une génération qui a été plus souvent qu’à son tour contractuelle. Ce qui n’est pas nécessairement mauvais: ne pas avoir de permanence me forçait à toujours donner le meilleur de moi-même, à m’auto-challenger continuellement. C’est ce qui a toujours fait ma force et ma réputation de fille qui « livrait la marchandise ». Or, depuis que j’ai obtenu ma permanence, j’ai l’impression que je m’encroûte. On ne peut pas vivre la totalité de sa vie professionnelle sur la corde raide, ne sachant pas si un emploi nous attend le lendemain, et trouver que le travail « normal » est stimulant.

Je sais: je devrais m’estimer chanceuse d’avoir un travail malgré tout stimulant, avec une patronne exigente mais très humaine, avec des collègues qui m’ont acceptée « malgré mon passé », et un salaire à la limite de la décence. Je sais, cette impression de s’encroûter, c’est entre les deux oreilles et je pourrais tout à fait me stimuler en me formant davantage, en visant plus haut, etc. Je sais aussi que ce n’est que passager, enfin j’espère. Mais là, tout de suite, si vous me donniez le choix, j’échangerais ma carrière professionnelle pour autre chose. Si seulement je savais quoi…

Entretemps, je vais essayer de ranger le fromage dans le tiroir du frigo.

**Ratés du comportement dévoilant un conflit inconscient.
Oublier de se rendre à un examen, perdre ses clefs de voiture le jour du départ, multiplier les lapsus lors d’un discours : exemples classiques de l’acte manqué. La volonté consciente de faire quelque chose se trouve alors perturbée par un désir, à demi inconscient, de faire autre chose. Et l’on en arrive à cette excuse, maintes fois formulée :  » Je ne sais pas comment j’ai pu oublier notre rendez-vous ?  » Nous commettons tous des actes manqués. Seule leur répétition, traduisant une conduite d’échec, doit amener à s’interroger.

Le jour de la Terre

« On dit que la religion du XXIe siècle, c’est l’environnement, dit Daniel Breton, de la Coalition Vert-Kyoto. Autrefois, les gens allaient à la messe et, une fois rendus à la maison, baisaient, sacraient et buvaient. J’ai l’impression qu’on fait la même chose avec l’environnement. » La Presse, 22 avril 2007

C’est ça. C’est exactement ça. Le malaise que je ressens depuis des mois à entendre tous et chacun faire de l’environnement SA priorité. Cette semaine, en dévoilant son étude sur l’application des cibles de Kyoto, John Baird a dressé un portrait si sombre qu’il n’y manquait que la menace de la peste bulbonique. D’autre part, Stéphane Dion et Élizabeth McKay ont fait de Kyoto un symbole de vertu, rien de moins. Hors de Kyoto, hors de l’Église, point de salut!

Collectivement, on se drape vertueusement dans nos principes écolo. Individuellement? Hum… Oui, je recycle le plus possible. Oui, je lave à l’eau froide. Oui, je pense parfois à fermer le robinet quand je brosse mes dents. Oui, lors de l’achat de la prochaine voiture, nous penserons à un modèle moins énergivore et oui, je continuerai à prendre le train de banlieue. Par principe? Évidemment! Si si, je vous le jure. Quoique…

Si on gratte, je recycle parce qu’on m’a fourni les outils pour le faire. Sinon, quand le mégabac est plein, je jette. Je lave à l’eau froide parce que j’économise. Je ferme le robinet parce que je vois les gros yeux de ma merveilleuse merveille, gavée de principes écolo à la garderie. On achètera un modèle de voiture qui nous permettra d’avoir une économie d’impôt et je prend le train parce que j’hais être prise dans le trafic de la 15!

Vous me direz que c’est le résultat qui compte. Peut-être. Mais je me verrais mal faire la morale à mon voisin qui lave son entrée à grande eau.

Cet après-midi, des milliers de gens participeront à des marches en faveur de la journée de la terre. Ils le font tous par principe, mais une fois à la maison, baiseront-ils en sacrant?

Le poids du pouvoir

J’aurais voulu écrire un texte sur l’angoisse qui m’habite depuis que j’ai vu le regard fou du tueur aux nouvelles. Ou sur la tristesse immense qui m’a envahie à regarder le reportage de RDI sur ces fillettes anorexiques. J’ai commencé plusieurs textes, mais les mots n’arrivent pas à exprimer mes sentiments. J’ai besoin de décanter un peu. Alors allons-y pour un sujet plus léger, presque printanier, et j’ai nommé la politique!

J’ignore comment l’histoire jugera de ce nouveau cabinet Charest, pour paraphraser Bernard Derome, avec qui il vaincra ou il périra. Des idées intéressantes, du sang neuf, de la continuité, mais des dangers certains.

Oui, c’est agréable de voir qu’on a pensé à nommer autant de femmes que d’hommes. Après tout, nous sommes 52% de la population, non? Et on ne les a pas confinées au rôle de potiche ou de plante décorative, dans des ministères gnangnan. Et c’est justement ça qui me turlupine…

Certaines d’entre elles ont des méga-ministères. Monique Jérôme-Forget a non seulement les cordons de la bourse, elle a la sacoche au complet, que dis-je, le magasin de sacoches à elle seule. Michelle Courchesne hérite de deux ministères qui vivront des chambardements majeurs dans les prochains mois: pas facile de dégeler les frais de scolarité, vache sacrée s’il en est une, et de gérer la grogne sur notre système de garderies. Line Beauchamp devra faire contrepoids à John Baird, démagogue comme pas un et garder le cap sur la volonté populaire d’être plus vert sans avoir à en payer le prix. Julie Boulet devra se débrouiller avec la patate chaude que deviendra inévitablement la Commission Johnson et gérer les attentes que génèrent un ministère disposant de moins d’argent et d’entrepreneurs avides de contrats. Christine St-Pierre fera son apprentissage du milieu politique en même temps que celui du milieu artistique, tout en réinventant le féminisme moderne. Yolande James devra quant à elle manoeuvrer dans le débat de société le plus tordu de l’heure, celui des accomodements raisonnables.

Je veux être claire: je ne doute aucunement des compétences de ces ministres. Même qu’elles feront probablement un meilleur travail que les hommes, conscientes qu’elles seront du regard que posent maintenant sur elles tous les observateurs. Mais elles ne sont pas infaillibles – y’a que le pape qui l’est, et encore! Je ne veux pas non plus insinuer qu’il y ait un complot anti-féministe dans l’entourage du PM. Et je ne peux m’empêcher de me questionner.

Qu’arrivera-t-il si, au lendemain de la prochaine élection, le gouvernement Charest mange une raclée? Entendra-t-on, tout bas pour ne pas être politically incorrect, chuchoter que des hommes auraient géré autrement et que le résultat aurait été différent? Leur fera-t-on porter le blâme?

Le plafond de verre existe en politique pour les femmes au Québec. Pauline Marois n’aurait jamais pu être chef du PQ, pas plus que Lise Bacon ne pouvait prendre le PLQ suite au départ de Bourassa. Les grands financiers ne sont pas derrière elles. On peut prétendre le contraire, mais c’est encore, en 2007, la réalité.

Pour fracasser ce plafond de verre, nos ministres ont maintenant le poids du pouvoir. Je souhaite qu’on leur donne les moyens d’être bien entourées, pour partager ce poids. Je souhaite que nous, femmes de tous horizons, ne les jugions pas à l’aulne du « deux poids deux mesures » traditionnel. Le vrai test de l’évolution de notre société, il se fera beaucoup sur comment nous évaluerons ce nouveau conseil des ministres. Sans égard pour le sexe du porteur de ballon.

Encore une fois

32 morts. 32 morts inutiles. 31 vies fauchées par un fou furieux armé. Peu importe les raisons, peu importe la psychologie du tueur, peu importe. La facilité avec laquelle on peut se procurer des armes me tue. Et que la première réflexion du président américain soit qu’un tel drame ne remette pas en cause la liberté de posséder des armes à feu me tue encore plus. Faut dire que quand on est prêt à sacrifier plusieurs milliers de soldats au nom dont ne sais trop quoi, on doit pas être très ému par 31 innocentes victimes. Comment on fait pour se regarder dans le miroir le matin, quand on met la liberté de posséder des armes à feu en priorité devant la vie humaine? Comment on se sent? Puissant? On top of the world?

Je sais, vous me direz que le registre canadien des armes à feu n’a pas empêché Dawson. Mais peut-être que si le registre n’existait pas, ce n’est pas qu’un seul événement comme celui-là que nous regretterions. Ou peut-être que dans les faits, ça ne changerait rien. Mais quand des événements comme celui d’aujourd’hui arrivent, j’ai besoin de croire que nous sommes différents des américains. J’ai besoin de croire que nous avons une petite, toute petite protection contre la folie humaine. Pour l’instant, nous sommes différents. Mais pour combien de temps?

Comme dit le gars du 450, « c’est bien difficile de tuer 31 personnes avec un tire-pois ».

Ce soir, je chanterai une chanson de plus à ma merveilleuse merveille. Parce qu’un jour, une mère a chanté une chanson à son enfant, et que ce soir, cette mère ne comprend pas pourquoi son monde a éclaté en milliards de morceaux ce matin…

La vraie beauté

Est-ce le fait d’avoir eu 45 ans? Parce que 40, moi, j’ai rien vu: j’étais enceinte jusqu’aux coudes, je flottais sur mon petit nuage amoureux et familial, et j’ai même pris un verre de champagne pour fêter ça! *bon, je sais, on ne doit pas boire enceinte, et croyez-moi, j’en fais pas la promo; mais entre les « on devrait pas » et la santé mentale nécessaire dans la vraie vie, ben j’opte pour la seconde!* Depuis, j’ai vécu: l’apprentissage de la maternité et de la vie de couple en simultané, un long congé de maternité, un retour au travail qui a supposé un déménagement et un éloignement des deux amours de ma vie pendant 3 interminables mois, et l’adaptation à une vie professionnelle plus « pépère » que l’ancienne.

Quand je regarde le chemin parcouru depuis 5 ans, je suis assez fière de moi. Bien des couples pètent au frette lors de la naissance d’un enfant, mais malgré nos différences, nous sommes toujours là, unis et amoureux. Ma merveilleuse merveille devient une jeune mademoiselle qui a hâte d’aller à l’école comme les grands et qui s’avère pleine de talents artistiques. Une tête de cochon rare dans un corps de ballerine, si vous voyez le genre… Le boulot, c’est l’enfer, mais comme le reste, ça va passer.

Oui, je suis fière. Et fatiguée. Très fatiguée. Comme si mon corps me disait que oui, j’ai beau avoir l’énergie du p’tit lapin Energizer, mon capital s’épuise peu à peu. Et quand j’y regarde de plus près, mes petites ridules se sont transformées en ride d’expression. C’est joli, mais ça fait suer parfois.

Pourtant, je ne changerais rien. Si, je veux continuer ma progression dans ma perte de poids, mais ce n’est pas une question d’esthétique uniquement. Oui, je veux que mon chum continue de trouver que je suis la plus belle pour aller danser, et que ma merveilleuse merveille continue de me dire que je suis la plus belle des mamans. Mais je veux surtout être là pour l’entendre…

Un long message pour vous dire que ces jours-ci, je réfléchi profondément à mon rapport au corps. Et que je trippe sur les pubs de Dove, celles qui sont pro-âge. Je les trouve belles, ces femmes un peu rondes, la peau plissée, mais l’oeil bien plus allumé que ces top-modèles rachitiques qu’on voit partout. Je veux être une belle vieille, et c’est maintenant que ça commence. Pas avec des p’tites crèmes chères et de la chirurgie. Je ne veux même pas me dire qu’il faut accepter, j’accepte déjà de vieillir. Surtout si c’est pour ressembler à ces femmes magnifiques.

Et je veux surtout donner un modèle positif à mes filles: je suis toute remuée de voir la pub pour l’émission des Grands reportages de RDI sur les fillettes anorexiques. Je ne pourrai jamais les protéger contre toutes les influences extérieures, mais peut-être qu’en dégageant moi-même un confort total par rapport à ce corps qui est le mien, j’arriverai à leur donner une base solide.

Entretemps, je vous invite à visionner cette pub du « Fonds de l’estime de soi » de Dove, destinée aux pré-adolescentes. Et dites à vos filles qu’elles sont belles, surtout si vous êtes un papa. Non, on ne devient pas prétentieuse à se le faire dire. On prend juste un peu plus confiance en soi.

on s’rait dû!

Blogueuses de la Rive-Nord, on s’rait dû pour une soirée mémérage, vous trouvez pas? Comme la grande majorité d’entre vous portez bédaines (la mienne étant plutôt constituée d’une masse molle, m’enfin c’est une autre histoire), on va oublier les pubs et autres endroits de perdition. Mais un petit repas vite fait, un jeudi soir? Ou un autre soir? Alors? J’attends vos suggestions…

On exclu pas les blogueurs, on est pas sexistes quand même! Mais vous demanderez à David, faut être fait fort pour passer la soirée avec 6 médames qui placottent couches, biberons vs allaitement, et maudizhommes…:-)