Ça vous arrive? Nah, je ne parle pas de cet état comateux qui suit l’orgasme, ni même de cet état désespérant qu’est le rhume de cerveau. Nah. Rien de tout ça. Juste l’impression désagréable d’avoir du jell-o à la place du cerveau.
Je dois l’avouer: je suis une procastinatrice (teuse??) de première. Tant que je ne sens pas la pression me souffler dans le cou, j’étire le temps. Comme si pour fonctionner, mes neurones avaient besoin de sentir que c’est leur dernière chance. Comme si j’avais besoin de me sentir au bord du précipice: ce n’est qu’à cette condition que le magma informe qui me sert de cerveau consent à sortir de sa léthargie pour pondre le document promis.
Ça, c’est ce que j’ai pensé pendant des années. Probablement parce que la nature de mon travail – dans mon ancienne vie comme dans celle plus récente, faisait en sorte que j’étais toujours, ou presque, dans l’urgence et dans la réponse immédiate. Normal que j’aies appris à travailler ainsi, que je me disais. Mais, pour être tout à fait honnête, je dois admettre que même au secondaire, j’attendais à la toute dernière minute pour me mettre au travail. Et puisque ça me réussissait, je n’ai jamais vu la nécessité d’établir un autre mode de fonctionnement. Je pouvais compter sur deux atouts: une facilité à écrire (un prof de français m’a déjà dit que j’avais un don pour ne rien dire joliment!), et une mémoire exceptionnelle. Alors pourquoi m’en faire, hein?
En vieillissant, je dois reconnaître que ma mémoire n’est plus tout à fait exceptionnelle (vive les post-it et les listes d’épicerie!). Mais je crois être encore capable de ne rien écrire avec de jolis mots… La preuve, ce blog!
Mais j’ai aussi compris que mes neurones avaient besoin d’une période de latence pour produire. L’information s’organise dans mon subconscient, et quand la cloche sonne, bang! Elle sort! Souvent, à mon grand étonnement même.
Je dois produire un document dans le cadre de mes nouvelles fonctions. Depuis 2 jours, je brette, je tergiverse, je me demande si je serai capable d’en venir à bout. Ce n’est pourtant pas sorcier, mais je doute. De moi. De mes capacités. Et je me suis moi-même prise au piège en indiquant qu’il serait prêt pour lundi midi… Dieu merci, mon « boss » est absent aujourd’hui et ne se pointera pas dans ma porte de bureau pour s’enquérir de l’état d’avancement de mon dossier. Je me vois bien mal lui expliquer que mes neurones sont en période de latence et que mon cerveau se prend pour une platée de jell-o à la lime…