À droite, toute!

Ça y est, je suis inquiète. Je m’inquiète de mon moi-même.

La semaine dernière, j’avais écrit un long billet suite à l’article de Jacques Lanctôt paru dans le journal de Mourial, dans lequel il racontait son histoire de pâté chinois servi à James Richard Cross, enlevé par la cellule felquiste de Lanctôt. J’y décrivais mon malaise profond devant ce que je considère comme une impudeur totale. Après tout, en sommes-nous à glorifier ce qui est un acte criminel et à le banaliser en le ramenant à une expérience culinaire?

J’ai probablement un rapport particulier avec la crise d’octobre 70. J’en ai parlé ici. C’est octobre 70 qui m’a donné le goût de faire de la politique, ou à tout le moins de m’intéresser de près à la chose publique. J’ai horreur de la violence et pour moi, un enlèvement et un meurtre, ce sont des gestes de violence, que rien, même pas un idéal politique, ne justifient. J’avais 8 ans, peut-être que je ne mesure pas bien l’ampleur de l’aliénation réelle ou présumée des Québécois à cette époque, mais je n’en démords pas: un meurtre est un meurtre, un enlèvement est un enlèvement, et leurs auteurs, des criminels.

J’avais donc écrit un long billet, que j’ai choisi d’effacer. Pour ne pas créer de polémique. Et je n’ai pas écouté Lanctôt à Christiane Charette, occupée que je suis à « dégérer » (un dégé, ça dégère, ai-je décrété!). Or, ce matin, coup sur coup, Martineau et Denise Bombardier reprennent le même argument sur l’impudeur de cette histoire.

Je m’inquiète: depuis quand suis-je devenue un croisement de Martineau et Bombardier, que je considère à droite?