Ça sent la Coupe

Parfois, je prends mon train à la gare. La gare Lucien-L’allier. Pour les gens qui ne sont pas de Montréal, ou qui ne connaissent pas le circuit des transports en commun, la gare Lucien-L’allier, c’est situé au Centre Bell. Centre Bell comme dans « Go Habs Go »!

Ce soir, j’ai marché sur Ste-Catherine, en direction de la gare. Le beau temps des derniers jours y est sans doute pour beaucoup, mais il y régnait une atmosphère de party incroyable. Les gens souriants, énervés, les fanions à l’effigie de nos Glorieux, tout y était. Et, dans la cour menant à la gare, sous un chapiteau, Ron lui-même-en-personne, m’a te l’dire comme j’le pense, micro à la main, donnant dès 16h30 ses commentaires avant match, en table ronde avec d’autres « amateurs de sport bonsoir ». On m’a même sollicitée pour une entrevue en direct. En anglais, pour un réseau inconnu.

Au début, ça m’a irritée. Ce soir, je ne pouvais pas manquer mon train. Et comme j’étais juste, j’avais envie de pester. Puis, à mon corps défendant, je me suis laissée gagner par la magie du moment. Dans une ville qui a souffert de ce trop long hiver, qui a le printemps sale et difficile, qui lit à chaque jour dans ses quotidiens que tous les malheurs du monde s’abattent sur elle, le sentiment incroyable de solidarité autour de NOS canadiens, c’est comme du beaume sur nos plaies vives. OK, j’exagère. Mais si peu.

En chemin, je me suis rappelé ces soirées printanières qui sont intimement liées, pour le meilleur ou pour le pire, à l’histoire du hockey. Comme cette soirée, en 71, un match de série Montréal-Boston: le glissement de terrain de St-Jean-Vianney, ou 41 personnes ont péri. Ou ce vendredi saint, Montréal-Québec, ce match saignant et sanglant qui n’en finissait plus pendant que ma grande amie accouchait, ou essayait d’accoucher, son médecin « schotché » à la télé. Des soirées de bbq sous le « carport » des parents d’un ami, la radio au fond mon léon sur la finale Montréal-Calgary. Des soirées entrecoupées d’appels longue distance à mon père, à commenter le dernier arrêt de Casseau, et à se dire que dans le temps ou il n’y avait que 6 équipes dans la Ligue, la qualité du jeu était meilleure. A se challenger mutuellement sur les statistiques d’Yvon Lambert et de Cournoyer, sans oser avouer que mon « amour » pour Larry Robinson n’avait rien à voir avec ses qualités de patineur, mais tout avec son air viril de vrâ gars de hockey: après tout, ses premiers émois, c’est pas à son père qu’on les raconte!

Ce soir, je suis assise avec Mammouth. C’est 3 à 1 pour Montréal. Je m’ennuies de René Lecavalier. Et de mon père.

Mais Montréal a, depuis cet après-midi, retrouvé une grande partie de son âme. Parce que ça sent la Coupe!

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7 réponses à Ça sent la Coupe

  1. Intellex dit :

    Ah. Larry. Et tous ces souvenirs d’adolescence…
    C’est fou comme un évènement sportif peut devenir un élément d’une telle fierté collective ! Fou, et à la fois très réjouissant.

  2. Marie-José dit :

    @Intellex: j’espère juste que mes prévisions sportives seront plus justes que mes prévisions météo…;-)

  3. Johanne dit :

    Aucun commentaire à faire sur le hockey mais je voulais quand même souligner le nouveau look !!! Vive le printemps !

  4. lafelee dit :

    C’est un peu ce qu’on se disait tantot, apres ce long hiver qui n’en finissait plus de finir, le party poigne facilement. Moi j’ai pas la fibre hockey. Tantôt dans mon salon y a mon homme qui a gueulé un Ouiiii de cromagnon sur fond de sirenes de Centre Bell. J’ai trouvé ça cute. Mais j’ai rien ressenti, sauf peut-être le plaisir de l’entendre se réjouir.

  5. Caroline dit :

    Wow! Nouveau look printanier! J’aime tes fleurs et ton vert.

    Les choses sérieuses, maintenant: le hockey. lol Tu n’exagères pas beaucoup en effet, quant à moi, quand tu dis que le hockey est notre salut en ce printemps qui s’est trop fait désirer. C’est rendu que j’écoute les « match express » toute seule le matin dans mon salon… C’est rendu que je sautille dans la cuisine quand les Kostitsyn comptent un but… J’assume mal ma conversion, mais elle est plaisante en crime!

    Et je trouve qu’il y en a encore aujourd’hui, des airs virils dans l’équipe… C’est le printemps pour mes hormones aussi. Ahh.

  6. bibitte dit :

    arghh! Je croyais que j’hallucinais! les fleurs, le vert Oui oui! le fonds noir j’me sens par contre très très dépaysée. C’est peut-être le but!

  7. Tania dit :

    Aaaaah le hockey….j’ai toujours été un peu partisane, mais avant, c’était seulement en série. Mais en série, je pouvais être debout à côté de la télé, à hurler à un joueur-dont-je-ne-connaissais-pas-le-nom de la mettre dans le but, ET PIS ÇA PRESSE!!! Et depuis que je suis avec mon copain-fanatique-à-l’os, ça y est, j’ai étiré mon fanatisme jusqu’en saison régulière. Je me tiens au courant, je lis les articles dans La Presse, je connais le nom de la plupart des joueurs…mais là, d’où je suis (d’où on est, mon copain et moi), à Londres, c’est souffrant au max de voir le Canadien performer aussi bien (bon on se croise les doigts pour ce soir, samedi!), et de ne pas être baignés dans la fièvre du hockey…mais, merci à RDS, on voit maintenant toute la game, en direct!! De minuit à 2h30 du mat, on est suspendu à notre ordi… Au diable le boulot le lendemain matin, les Canadiens font les séries!!! Alors s’il vous plaît, profitez-en tous pour nous ;o) Quel beau sport national, quand il rallie tant de gens comme ça!!

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