Parfois, juste parfois

J’ai peur. Alors je chante, je fais du ménage de manière boulimique. Je travaille. Mais j’ai peur.

Tant de neige, tant d’eau: y aurait-il un fond de vérité dans l’apocalypse que nous prédisent les environnementalistes? David Suzuki a-t-il raison de vouloir me vendre des ampoules fluocompactes?

Et puis des meurtres sordides, inexpliqués parce qu’inexplicables. De quoi avoir envie de mettre les enfants sous clé pour les 40 prochaines années.

J’ai parfois l’impression que les événements se téléscopent pour créer un climat d’insécurité. Ou est-ce parce que l’information est plus largement accessible, circule plus vite et parfois ad nauseam sur les chaines d’information continue? Mais les choses sont-elles pires qu’avant? Juste plus médiatisées? Parce que de la pluie, des inondations, il y en a toujours eu, non? Des meurtres sordides aussi, non? Ou alors, ai-je la peau moins épaisse?

Parfois, juste parfois, j’aimerais être capable de mettre tout ceux que j’aime sous une bulle de verre, pour les protéger. De quoi? De qui? De la vie? Des méchants? De mon incapacité à tout contrôler? En même temps, je crois profondément qu’on devient qui on est à force de se confronter à la réalité, même quand la réalisté est désagréable.

Alors plutôt que d’angoisser, on fait quoi? On va ramasser l’eau dans le sous-sol, on va préparer des crêpes pour la maisonnée qui va se lever tout à l’heure et on écoute Mammouth à la radio…