Parfois, juste parfois

J’ai peur. Alors je chante, je fais du ménage de manière boulimique. Je travaille. Mais j’ai peur.

Tant de neige, tant d’eau: y aurait-il un fond de vérité dans l’apocalypse que nous prédisent les environnementalistes? David Suzuki a-t-il raison de vouloir me vendre des ampoules fluocompactes?

Et puis des meurtres sordides, inexpliqués parce qu’inexplicables. De quoi avoir envie de mettre les enfants sous clé pour les 40 prochaines années.

J’ai parfois l’impression que les événements se téléscopent pour créer un climat d’insécurité. Ou est-ce parce que l’information est plus largement accessible, circule plus vite et parfois ad nauseam sur les chaines d’information continue? Mais les choses sont-elles pires qu’avant? Juste plus médiatisées? Parce que de la pluie, des inondations, il y en a toujours eu, non? Des meurtres sordides aussi, non? Ou alors, ai-je la peau moins épaisse?

Parfois, juste parfois, j’aimerais être capable de mettre tout ceux que j’aime sous une bulle de verre, pour les protéger. De quoi? De qui? De la vie? Des méchants? De mon incapacité à tout contrôler? En même temps, je crois profondément qu’on devient qui on est à force de se confronter à la réalité, même quand la réalisté est désagréable.

Alors plutôt que d’angoisser, on fait quoi? On va ramasser l’eau dans le sous-sol, on va préparer des crêpes pour la maisonnée qui va se lever tout à l’heure et on écoute Mammouth à la radio…

10 réponses sur “Parfois, juste parfois”

  1. Il y a toujours un fond de vérité…mais il y avait aussi la polio, la grippe espagnole et les noirs qui ne pouvaient pas monter dans les autobus aux USA. Tout est mouvance, rien n’est stagnant. L’évolution ne se fait pas sans adaptation. Parfois on ne voit que le danger, ce qui est, d’après moi, ce qui finit par être le plus dangeureux. J’ai souvent ces creux d’angoisse moi aussi. Dans ces moments là, rien à faire qu’attendre que ça passe. Et crois-moi, ça passe.
    Ah! Tu as oublié le cellulaire qui donne le cancer.

  2. En ce moment, plus que les « étrangers » ou les catastrophes naturelles, c’est d’elle même que je dois protéger la Puce. Si si, pas de blague. Tiens juste tantôt, en vélo, elle descend la pente, celle qui a un STOP au bas, au coin du boulevard… ben elle descend pis vite à part ça, lâche le guidon, lève les bras dans les airs et gueule OUIIIIIIIIIIII je suis capableeeeeeeeeeee !!!! et moi je suis derrière à me dire que je suis pas du tout prête à voir de l’écrapout de Puce.

    Je sais pas si ça vaut la peine que je m’inquiète des autres !!

  3. Bonjour Marie-José

    Très bon texte. Il n’y a malheureusement pas de recette miracle, si ce n’est de faire de temps en temps une pause nouvelle.
    Toujours aussi intérressant de vous lire.

    Bonne nuit.

  4. @ Curieux Georges: contente de vous revoir! Vous vous faites rare! J’espère que la vie vous est douce 🙂
    @Madame Untelle: ouais. On essaie. Ou on prend une autre tite penule!

  5. Merci Marie-José. Effectivement la vie est très douce pour moi.
    Après un déménagement, beaucoup de ménage et de peinture, la place est maintenant fort agréable. De plus la préparation d’un voyage en France pour octobre et la joie que nous apporte nos deux petites filles. Oui, la vie est douce.

    Bonne nuit.

  6. Marie-José, j’étais en train de me repasser, là dans mon cellier… la porte ouverte sur la terrasse à écouter le vent balayer les feuilles, à me demander si l’orage va arriver… Avant j’avais pas peur des orages… vraiment pas… c’est une peur que l’on quitte à l’âge adulte… enfin je le croyais…
    Ce midi, j’ai regardé les infos avec mon aînée, Julie. Je voulais voir si on avait enfin une médaille d’or… Puis le JT est rentré dans le vif de l’actualité, la vraie. La Géorgie et la Russie. Et j’ai tenté d’expliquer à Julie pourquoi. Si seulement je le savais moi-même, pourquoi… puis ils ont reparlé du petit garçon de onze ans poignardé par un illuminé y a 1O jours, dans le village de sa mamie, au coin d’une église…. Julie m’a encore demandé un truc auquel j’ai pas su répondre. A savoir si elle risquait de rencontrer le même type de malade en tournant au coin de la rue, ici. Chez nous….
    J’avais envie de lui jurer que non, si tu savais…
    Moi aussi j’ai peur…. je me sens moins seule de t’avoir lue.
    Gros bisous

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