Pour des raisons d’éthiques évidentes, je ne commenterai pas la prochaine campagne électorale fédérale. Malgré la mauvaise réputation des gens qui ont fait ou qui font de la politique, l’immense majorité d’entre eux ont des principes, et j’ai adhéré totalement au code d’éthique de mon nouveau travail. Je me permettrai toutefois deux brèves remarques:
1) le seul vrai pouvoir du citoyen, c’est de voter, et je suis inquiète du taux de participation en baisse à chaque élection. J’en ai ras le bol des gérants d’estrade, des chialeux patentés qui feraient donc mieux que les politiciens en place. Mettez-vous la face sur un poteau pendant 6 semaines, et on en reparlera…
2) je trouve dommage qu’on ait forcé le prêtre/député Raymond Gravel à choisir. Je ne partage pas nécessairement ses convictions, mais je respecte l’homme qui a, à sa façon, poursuivi son sacerdoce jusqu’en politique. C’est une perte pour le Bloc, mais surtout pour la crédibilité de la fonction de député.
Ceci étant dit, ce sera le silence radio, comme dit mon ami l’ivrogne, sur le sujet des élections canadiennes. On va se rabattre sur la politique américaine qui est, ma foi, fort réjouissante ces jours-ci.
Personne n’avait jamais entendu parlé de Sarah Palin, qui est en train de devenir elle-même un ouragan. L’ouragan Sarah. Je ne suis pas une experte en politique américaine, mais en terme de gestion de crise politique, ça me semble être assez désastreux. Remarquez que si ça prend ce genre de feuilleton rocambolesque pour intéresser les citoyens, ça doit avoir du bon… Compétitionner la place de choix qu’occupe Obama dans l’espace médiatique américain et même canadien ne doit pas être évident. Sarah réussit. Pas nécessairement pour les bonnes raisons, mais y’a un vieil adage qui dit « parlez-en en bien, parlez-en en mal, mais parlez-en! ». La convention républicaine, qui menaçait d’être reléguée au second rang derrière les dommages appréhendés de Gustav, est soudainement redevenue excitante. Peut-être pas pour les bonnes raisons, j’en conviens. Mais encore là, l’idée est d’intéresser un peu l’électeur moyen. Il se fera ensuite une idée basée sur des impressions fugitives.
Ce qui est fascinant, ce sont les analyses que tous et chacun en font. A-t-elle été choisie parce qu’elle était une femme, pour faire le contrepoids au fait qu’Obama n’a pas choisie Hilary comme colistière? Sur cette base uniquement, ce serait une très mauvaise raison. La potiche féminine n’a jamais été payante en politique. Pour ses convictions d’extrême-droite? Il ne faut pas sous-estimer le fond religieux de l’Amérique profonde. Et si elle était une potiche religieuse?
Sur le fond, sommes-nous si différents des américains? Le Québec voterait Obama, et le reste du Canada McCain? Vraiment? Hum…