Technonouille

J’avoue, je suis nulle en matière de technologie. Moi, en autant que mon ordinateur s’allume quand je pèse sur le piton, mon bonheur est complet. J’ai apprivoisé les forums de discussion, le « chat », puis le blogue et je considère que je possède tout ce qu’il faut pour COMMUNIQUER. Je ne me prétends pas experte en rien, et la plupart du temps, faut que Mammouth m’explique longtemps pour que je comprenne. Je n’ai aucune envie de twitter, je pratique facebook en dilettante, et pour moi, tous ça, ce sont des outils.

Je lis donc avec intérêt la conversation entre Mammouth et ami Gilles, de même que les réactions provoquées un peu partout par ce qui m’apparaît être une simple question: un blogueur peut-il être un journaliste? Un journaliste devrait-il bloguer? Y a-t-il une réelle différence entre les deux? Et qui suis-je pour me prononcer?

Je suis une blogueuse. Ce qui ne veut pas dire que le contenu de mon blogue soit dépourvu d’intérêt, ou que les opinions que j’y exprime soient intéressantes. J’aurais pu être journaliste: au strict plan de l’écriture, j’aurais eu le même style. Au plan des sources, de la rigueur, de l’éthique? Même chose. Avec une plus grande obligation de pertinence et de cohérence. Pour moi, blogue ou journal sur support informatique, c’est la même chose. C’est le support qui change. Que je lise Michel C. Auger sur son carnet, que je le vois à la télé, pour moi, c’est la même personne qui s’exprime. Que je lise Patrick Lagacé sur cyberpresse ou dans la grosse presse du samedi, même regard critique. Chroniques blondes version blogue ou chroniques blondes version Journal de Montréal? Même combat. Alors le débat me laisse un peu perplexe.

En fait, pour moi, ça se résume à la pertinence du propos et à l’honnêteté intellectuelle de la personne qui écrit. Sommes-nous dans une guéguerre de chasse gardée? Peut-être. En même temps, je comprends les journalistes d’être inquiets. Qui vérifie les sources des blogueurs qui soudain, deviennent des sources officielles? Je l’ai dit souvent, l’arrivée de ces nouveaux outils a changé radicalement la manière de communiquer, particulièrement en politique. La campagne qui devrait commencer demain sera intéressante à regarder, surtout que le DGE a été un brin échaudé en 2007. Et non, je ne commenterai pas cette campagne. Je vais me garder une tite gêne.

Avons-nous pour autant une meilleure qualité d’information? Pas sûre. Lors d’une conférence, Chantal Hébert indiquait que les journalistes sont maintenant dans un monde de réaction à la réaction de la réaction. L’instantanéité. Pas ou plus grand place pour l’analyse, la réflexion, le recul. À l’autre bout de l’écran ou du journal papier, y’a nous, consommateurs d’information, toujours plus pressés, toujours plus avides de « savoir ». Pas de comprendre. Deschamps disait: on veut le woir, pas le sawoir. C’est ça. Exactement ça.

Alors… à part les journalistes, vrais ou faux, et les blogueurs, vrais ou faux, ça intéresse qui, le débat du qui dit quoi?

4 réflexions au sujet de « Technonouille »

  1. Comme d’habitude, je te trouve pleine de bon sens « sensible »!

    Ce qu’il y a de comique, c’est qu’il y a une couple d’année, à notre association d’auteurs, on a eu une vague de « journalistes aspirants scénaristes ».

    Il y a eu un choc corporatif, surtout de la part du « noyau dur » je dois dire… Quoi? Qui sont-ils ces maudits journalistes pour prétendre « inventer » la fiction du jour au lendemain? Sans AUCUNE expérience?!

    Les meilleurs se sont adaptés. Ils ont appris. Ils ont fait des bonnes séries. Et surtout, ils font la différence entre leur deux métiers.

    Fondamentalement, on le fait bien, ou on le fait pas bien.

    Contrairement à Alain Gravel par exemple, je ne crains pas la « dérive » dans le mélange des genres. Je crains beaucoup plus les conditions de travail des uns et des autres, toujours plus difficiles et exigues, qui nous poussent à presser tous les citrons en même temps.

    Il est là, le danger.

    Pas dans les talents qui s’expriment sur plusieurs tribunes.

  2. Mais justement c’est ce qui fait la beauté d’un blogue: le fait que les gens ne sont pas ‘officiellement’ des journalistes. Ca permet aux gens qui n’ont pas étudié dans le domaine de tout de même faire valoir leur opinion… Ca permet un dialogue, des discussions parfois enflammées!
    Je regarde de moins en moins les médias télévisés… Il me semble parfois que les journalistes ne cherchent plus que LA grosse nouvelle, LE gros choc qui va faire trembler le publique, peu importe s’il faut montrer des images dégeulasses… pas important d’abord que le journaliste est en première page. La morale prend le bord.
    Je pense que le blogue va prendre de plus en plus d’ampleur et ce sera fantastique!
    Rachel

  3. C’est vrai que les journalistes traditionnels ont de la misère avec la nouvelle technologie comme le blogue. Je me rappelle que l’an dernier sur Cyberpresse, il y avait eu un boycot des blogues par plusieurs journalistes.

    J’aime bien les blogues d’actualités et on est assez grand pour faire la part des choses. 😉

  4. C’est quasiment normal que les journalistes des « autres » médias cherchent tellement la grosse nouvelle… ils cherchent une façon de garder à tout prix leurs cotes d’écoute ou de lectorat. Je les comprends.

    Mais je trouve aussi que c’est tellement important de distinguer les informations des opinions ! Ça prend de la place des deux, c’est clair, mais peut-être que comme dans toute cohabitation, ça commence par se tirailler, remettre en question ? En tout cas, je l’espère.

    Parce que j’imagine qu’après avoir été si avide d’information, les gens vont apprendre à nuancer, à connaître mieux leurs sources et à partager le vrai de la fiction… ok, je rêve en couleurs ! 😉

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