Vous me connaissez, je ne parle jamais politique. Ou si peu. Mais là, vous me permettrez un billet sur le sujet. Ou plutôt, sur l’envers de la médaille.
On s’indigne de l’augmentation de la masse salariale du personnel politique. On s’étouffe d’indignation. On crie au scandale.
Vous ai-je déjà dit que faire de la politique, c’est comme entrer en religion? Qu’il faut faire voeu de pauvreté, de chasteté et d’obéissance? Vous pensez que j’exagère?
Connaissez-vous beaucoup d’emplois ou vous savez à quelle heure vous commencer le matin, mais ignorez si vous aurez toujours un emploi le soir? Et ça, tous les jours, récession ou pas? Connaissez-vous beaucoup d’emplois ou les heures supplémentaires ne sont pas rémunérées, et ou vous vous étouffer de rire (parce que l’indignation, c’est interdit) en lisant sur votre talon de chèque de paye que vous avez supposément travailler 37.5 heures? Ou vos moindres gestes sont scrutés? Ou vous faites plus que votre part en bénévolat les weekends, les soirs de semaine?
Bien sûr, personne ne versera de larmes sur le sort du personnel politique. On choisit cette vie, en toute connaissance de cause. C’est un métier ou vos bons coups sont infiniment privés – ou sont crédités au ministre, mais ou vos erreurs, mêmes minimes, sont publiques.
Est-ce à dire qu’il n’y a pas d’abus? Non. Abus il y a. Quelque soit la couleur du parti au pouvoir. Mais personne ne va en politique, active ou dans les coulisses, pour s’en mettre plein les poches. Parce que la déception est vive. Les heures sont longues, la reconnaissance inexistante et la paye somme toute ordinaire. Alors lâchez-moi l’indignation!
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C’était mon anniversaire il y a quelques jours. Un chiffre platte, une journée grise. Avant Internet, avant Fessedebouque, on prenait le téléphone pour faire nos voeux et dire à une personne qu’elle nous était chère. Plus maintenant. J’ai eu plein de voeux sur FB, quelques courriels à la maison et au bureau, et 2 téléphones. Et des tonnes de bizoux de Mammouth et merveilleuse merveille! J’étais contente, bien sûr, mais songeuse: c’est moins long écrire une ligne ou deux, il est vrai, et je me suis moi-même coupable de l’avoir fait. Mais honnêtement, entendre la voix d’une amie, ça fait plaisir et ça permet de partager les nouvelles. C’est bien beau, la techno, mais est-ce en train de tuer la communication, la vraie, celle du coeur?
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Hier et aujourd’hui, j’étais à Zottawa. À l’hôtel, pas de cable, pas d’internet. Donc, pas de nouvelles. Sur la route, avec mes collègues, discussions animées, pas de radio. Je n’ai vu que ce soir le nouveau drame familial qui a secoué Laval. Que se passe-t-il? Et honnêtement, j’ai envie de fermer la télé plus souvent, de ne plus lire les journaux, de ne plus écouter la radio. Jusqu’à 19h45, j’étais de bonne humeur. Là, je me sens écrasée par le poids de toute cette tristesse, toute cette folie. Encore une fois, il faudra expliquer l’inexplicable.
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Pis les soeurs se mettent sur pose. Pause. Peau ze. Une p’tite tristesse supplémentaire. Vivement que l’été revienne, hein!