Vivement que le soleil revienne!

On s’est déjà parlé de ça, vous et moi. D’écologie, d’environnement, de développement durable. De beaux buzzwords. Bon, on fait des efforts. De recyclage surtout. Chaque jour, nous mettons dans le bac nos contenants vides, les papiers, le journal, etc. On est pas encore rendu au compost, mais ça viendra. Un jour.

On recycle aussi nos politiciens. En vedettes de télé, en commentateurs, en chroniqueurs. Depuis lundi, y’a un moyen paquet de politiciens à recycler. Certains se recycleront à Québec, sans doute, à la faveur de la prochaine élection provinciale. Mais vous me connaissez, je ne parle jamais politique. Ou si peu.

Évidemment, on m’a beaucoup demandé ce que je pensais du résultat. Mes commentaires, je les garde pour moi. Mais j’ai indiqué à mon équipe que, peu importe qu’on soit d’accord ou non avec les résultats, c’est la démocratie qui s’est exprimée. On ne s’est pas levé en Afghanistan mardi matin et jusqu’à preuve du contraire, le 19 octobre 2015, on aura l’occasion de valider ou d’invalider nos choix individuels et collectifs. Et que pour le reste, on a une job à faire, et on va la faire au meilleur de nos connaissances, de nos capacités et de notre neutralité.

Et y’a l’affaire Turcotte. Un immense malaise. Je ne veux pas lire, ni regarder les nouvelles. Mais c’est là. Je regarde quand même un peu. Je lis surtout, sur les blogues, plein de commentaires et ce qui me frappe, c’est le manque de recul. Je n’excuse pas le geste, horrible. Et je ne sais honnêtement pas comment fait la mère pour garder, malgré tout, sa santé mentale. Parce que c’est de ça dont il est question, de santé mentale.

Ce qui m’effraie, au-delà de tout, c’est que « snapper », ça peut arriver à n’importe qui. Pas au point de poignarder ses enfants, sans doute, mais nommez-moi un parent qui, en manque de sommeil, n’a pas serré un peu fort un bras, ou levé la main, prêt à taper une foufoune? Je sais, on ne parle pas de la même chose, mais personne d’entre nous ne devient parent en se disant qu’il fera volontairement du mal à son enfant.

Quand on franchit la ligne, qu’on disjoncte complètement au point de penser que nos enfants sont mieux morts que vivants, il se passe quoi, dans le cerveau? Quand la douleur, la rage, la rancoeur nous fait voir « noir », comment se fait-il que tous les mécanismes de retenue ne fonctionnent pas? La petite lumière dans notre tête que crie « red alert », on ne l’entend plus?

Turcotte est un cas extrême, mais la mère qui s’est noyée, amenant avec elle ses enfants dans l’eau froide de la Rivière-des-Prairies? Les crimes des pères sont souvent plus violents, mais ceux des mères se traduisent par le même résultat: la mort de son enfant.

Je ne comprends pas. Mais jamais je ne prétendrai que je suis à l’abri de cela. Non, n’appelez pas la DPJ! Pas plus que de la dépression, du burn-out ou de tout autre maladie mentale, personne n’est vraiment à l’abri. Et honnêtement, j’ai encore plus peur des gens qui ne savent pas qu’ils sont fragiles que de ceux qui l’admettent…

Ouais, vivement que le soleil revienne… On a tous besoin d’une bonne dose de lumière, de rosé et de rires.

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3 réponses à Vivement que le soleil revienne!

  1. Hoedic dit :

    Il parait même que certains politiciens pourraient être recyclés à Montréal, comme si on n’est pas déjà assez de déchets!

    Pour l’histoire Turcotte, je ne peux absolument pas commenter le fond car je boycotte les articles sur le sujet. Les journaux (La Presse en tous cas) se délectent de cette histoire de manière bien trop morbide. Même en parcourant le journal ou Cyberpresse, au gré des titres « aguicheurs », il est difficile de ne pas apprendre un détail glauque que j’aurais préféré ne pas connaître.

  2. Sophie L. dit :

    Comme c’est bien dit! Moi aussi l’histoire du Dr. Turcotte me vire à l’envers et me rappelle constamment, que moi ni personne ne sommes à l’abri du moment où on « snappe ». C’est pour ça que j’ai beaucoup de peine à voir juger cette homme qui, j’en suis convaincue, porte déjà en lui une sentence à vie, et ce, bien avant que la Justice décide de son sort.
    PS:merci de m’avoir ajoutée à ta liste de blogues!

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