Aux (l)armes, citoyens!

Vous me connaissez, je ne parle jamais politique. Ou si peu.

Ce matin, je fais une petite exception. À peine si j’ose commenter. Mais bon, faut ce que faut.

Petite mise en garde, toutefois: je ne m’en suis jamais cachée, j’ai un passé « politique ». Mais depuis la naissance de merveilleuse merveille, je n’ai pas fait de politique partisane. Je n’ai assisté à aucun rassemblement, je n’ai pas participé à des activités partisanes, je n’ai jamais versé ne serait-ce qu’un dollar à aucun parti. Dans le cadre de mon travail, j’observe la plus stricte neutralité, puisque je suis fonctionnaire.

Cependant, je n’en pense pas moins. Mes valeurs n’ont pas changé, et je vote. Selon ma conscience. Pas aveuglément. Pas nécessairement toujours pour le même parti. Parfois pour l’homme, parfois stratégique.

Et je regarde les nouvelles. Je lis avec attention les analystes, commentateurs et autres « wannabe » de la chose. Avec Mammouth et les enfants, nous en discutons. Pour moi, la démocratie est importante, et il m’apparait fondamental que mes enfants exercent leurs choix politiques, quels qu’ils soient, en toute connaissance de cause. On est jamais trop jeune pour comprendre, à mon sens, l’impact sur notre vie quotidienne de nos choix, et celui de nos gouvernements l’est tout autant qu’un autre. Quand ils seront en âge de voter, peu m’importe le parti qu’ils choisiront. Je ne leur demanderai qu’une seule chose, c’est d’être logique et cohérent, et de savoir pourquoi ils votent ainsi. Comme dit Mammouth, on peut bien être marxiste, à condition d’être de tendance Groucho!

Ce matin, à la lumière des manifestations d’hier, je m’interroge. Ça fait  des mois maintenant que  l’odeur de collusion, de corruption et les allégations de toutes sortes polluent l’atmosphère au Québec. Depuis la sortie du rapport Duchesneau, je lis et j’entends que la grogne « citoyenne » est palpable. Que la colère gronde. Que le « peuple » en a assez!

Ce matin, 24 000 coureurs ont pris le départ du Marathon de Montréal. Hier, à la manifestation du 24 septembre, à peine 1 millier de personnes se sont déplacées. Du pain et des jeux, hein… Québec s’est mobilisé pour un amphithéâtre avec sa marche bleue, mais pas pour revendiquer une commission d’enquête sur ce qui pourrait faire en sorte que ce dernier coûte 8 fois le prix estimé.

Alors, le peuple en colère, il était ou hier? Occupé à choisir le vin qui accompagnerait le souper? Occupé à ramasser les premières feuilles qui commencent à garnir nos terrains? À lire le peuple qui commente à qui mieux mieux sur les blogues populo-populistes, le peuple est en beau calvaire. Mais il l’est juste sur papier. Ou dans les médias sociaux. À force de vouloir être amis avec les « védettes », on finit par ne dire que ce qu’on espère sera repris, retwitté, référencé. Cette manif d’hier en est l’exemple parfait. Les média traditionnels ont beaucoup parlé de cette manif, parce qu’elle partait d’un mouvement citoyen, né sur FB et repris sur Twitter. Hélas, on est loin, au Québec, d’un printemps arabe!

Ne me dites pas que le peuple a parlé en élisant le NPD au fédéral. Le grand vent de « changement »? Peut-être. Mais au Québec, ça va se traduire comment, à la prochaine élection? Ouste Charest, mais bienvenue qui? Le PQ s’en va dans toutes les directions, et les Caquistes semblent vouloir être tout pour tous. J’allais oublier l’ADQ. Comme l’ensemble du peuple, semble-t-il.

Découragée? Oui. Mais j’ai surtout perdu tous mes repères. Je ne sais plus en qui croire, mais je sais en quoi je crois. Je crois en l’honnêteté, en l’intégrité, au bien collectif et aux possibilités d’épanouissement personnel. Je ne me reconnais plus dans le parti qui a toujours représenté cela pour moi, je me sens orpheline. Et je n’ai pas de solution, juste un immense sentiment de vide. Et ce n’est pas une commission d’enquête qui va y changer quoi que ce soit.

Le Québec a de nouveaux mentras: « commission d’enquête » et « … citoyen » (remplacez le … par le mot que vous voulez, tout est maintenant citoyen anyway!). Mais, pour paraphraser le Cid, à la question: « Québec, as-tu du coeur? »,  j’ai bien peur que la réponse soit « genre »….

Allez, on referme la parenthèse et on retourne à notre programmation régulière. Vous me connaissez, je ne parle jamais politique. Ou si peu.

4 réflexions au sujet de « Aux (l)armes, citoyens! »

  1. Moi aussi, le manque d’engagement des gens au plus haut point. Ça me rappelle malheureusement l’attitude des gens dans certains pays que j’ai visité, comme le Mexique, où la corruption atteint des niveaux record et où les gens ne font plus rien parce qu’ils croient que « c’est comme ça » et que la révolte ne changera rien. À partir du moment où les gens sont trop blasés pour réagir, on risque de sombrer dans l’acceptation de la corruption, et c’est très inquiétant.
    Mais bon, facile pour moi d’être choquée devant mon ordi. Je n’étais pas à la manifestation de samedi matin, ni au marathon d’ailleurs.

  2. Je n’y étais pas non plus, parce que j’étais persuadée que ça deviendrait une vaste récupération politique au profit d’autres partis, d’autres groupes militants. Or, ce qu’on voit dépasse les partis politiques.
    Et puis pour le Marathon… heu… déjà que je me réaligne les chakras, je suis pas pour risquer de les désenligner avec une chute hein? 😉

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