J’ai 12 ans, maman

Jeune adulte, un album de Diane Dufresne a tourné en boucle pendant des mois dans mon appartement. Et au coeur de cette album, une chanson qui parlait d’une enfant qui avait peur de manquer sa vie, du temps qui passe et de la bombe à neutrons.

Aujourd’hui, c’est toi ma poussinnette qui a 12 ans. Cette dernière année où je n’ai pas écrit sur ce blogue a été fertile en changements de toutes sortes pour toi comme pour nous. Mais surtout, surtout, tu as 12 ans et tu t’apprêtes à passer à une étape qui, je l’avoue, me fait un peu peur.

Dans quelques jours, tu commenceras le secondaire. Pour l’instant, tu crânes, tu te la joues facile. Mais je te connais… en dedans, y’a une petite angoisse. Normale, cette peur de l’inconnu. Un jour, je te raconterai comment j’étais terrorisée à cette étape de ma vie.

Entre-temps, ma belle rebelle, tu changes. Tu es une jeune fille magnifique – et ce ne sont pas que mes yeux de mère tout à fait partiale qui le remarquent. Ton corps a changé, et tu fais déjà tourner les têtes. Toi, superbe inconsciente, tu minaudes, tu te « selfises-moues-de-truite » et tu demandes si tu es jolie. Jolie? Mieux que ça. Belle. Du genre intimidante.

Et brillante. Comme un singe. Avec un humour décapant. L’autre jour, alors que je te racontais que le fils d’une amie souhaite, quand il sera grand, fréquenter la même école que toi parce que tu y seras, tu m’as regardé du coin de l’oeil en me disant: « M’man, tu le sais bien… je suis une cougar! ».

Une combinaison parfaite, donc, pour être une ado qui nous en fera baver. Ma job est loin d’être finie, mais Mammouth et moi sommes fiers de ce que tu deviens. Tu as encore à apprendre qu’il te faudra assumer tes choix, les bons comme les mauvais, et à en gérer les conséquences. C’est cela, l’adolescence. Ce ne sera pas facile ni pour toi, ni pour nous. Il me faudra te laisser tester mes limites, et j’aurai à apprendre à gérer mes peurs pour te permettre de grandir. Je ne pourrai t’éviter ni les peines, ni les angoisses, ni les erreurs. Je devrai me mordre le dedans des joues pour ne pas te répéter « je te l’avais bien dit » et autres phrases de maman plate que j’ai tant reprochées à la mienne et que je comprends maintenant.

Tu m’as demandé, dernièrement, si je serais déçue que tu n’ailles pas à l’université. Je t’ai répondu que ma job à moi, c’était de te donner la possibilité de faire tes choix, mais qu’ensuite, il t’appartiendrait de les faire et de les assumer. Et que peu importe, je t’aimerais en doctorante comme en éboueuse, en autant que tu sois heureuse. Ai-je tort? Devrais-je essayer d’influencer tes choix? Suis-je une mère qui démissionne de son rôle de guide? Tu vois, moi aussi je doute. Souvent. Parce que tu me forces à me remettre en question constamment.

Je t’aime, ma belle rebelle. Cette nouvelle étape, nous la vivrons ensemble. Je me suis promis, devant ces perséides qui te représentent si bien, que le plaisir et le bonheur seront au rendez-vous pour les prochaines années. Souviens-t’en. Même quand je serai la mère qui ne comprends rien, qui te gosse et qui ne veut rien savoir. Je me donne le droit d’être imparfaite et de continuer à apprendre, à tes côtés, comment devenir une meilleure femme et une meilleure mère.

Une réflexion au sujet de « J’ai 12 ans, maman »

  1. Sachant combien tu as désiré cette Merveilleuse Merveille, je lis toujours avec émotion tes billets la concernant. Elle grandit en beauté cette petite et elle devient maintenant une jeune adulte. Je ne doute pas une nano-seconde que tu es un guide et un phare pour elle xx

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