Rituels et autres considérations pascales

Hier soir, nous étions invités à une soirée. En compagnie de gens bien (non non, je ne nommerai personne!). Mais surtout, nous avons été invités à partager le rituel de Pessah, la Pâque juive. Entre nourriture traditionnelle, lecture et chants, la soirée a été fort agréable.  Et s’y sont mélangés des chants irlandais, des conversations qui allaient dans tous les sens et des rires qui ont augmenté au fil du vin versé dans les coupes.

Aujourd’hui, c’est Pâques. À part l’orgie de chocolat, que me reste-t-il des rituels catholiques? Rien. Enfant, je me souviens qu’il aurait été hors de question de ne pas assister aux cérémonies religieuses du jeudi (là où le prêtre lavait les pieds de 12 « choisis »), du vendredi saint – à cette époque, les magasins fermaient à 14h00 – et du dimanche, qui commençait avec la course à l’eau de Pâques, et où les cocos ne se mangeaient qu’après la grande messe. Celle où on étrennait chapeau, manteau et souliers neufs et où c’était officiellement le début du printemps. Sans parler de faire maigre jeûne le vendredi et de mettre fin au carême avec le jambon à l’ananas. C’était aussi le temps du gâteau en forme de lapin, avec le modèle découpé dans « Perspectives » que ma mère faisait, année après année, entouré de paille de couleur et de cocos au sucre. Gâteau qu’elle a fait pour ma fille, poursuivant ainsi la tradition.

J’aime les rituels, j’aime qu’on y porte attention. Ils marquent le temps, l’année. Ils sont un repère, tout comme Noël et la dernière journée d’école. Ils nous aident à perpétuer les traditions familiales. Ils ont un sens, celui qu’on leur donne.

Parce qu’on peut reprocher un tas de choses à la religion catholique, on a jeté le bébé avec l’eau du bain. On tente, parfois maladroitement, de recréer des rituels. J’ai assisté à une cérémonie funéraire, il y a quelques mois. J’écris cérémonie, mais ce n’est pas le bon mot. Dans une salle, un vidéo du « disparu » qui tournait en boucle. Des gens qui jasaient, comme dans une soirée mondaine. Rien, pas un mot, sur la peine et la douleur des gens qui lui survivaient. Pas de place pour ça. On occulte la mort, on vous regarde de travers quand après trois jours, on ose dire qu’on a de la peine. Pourtant, les rituels anciens de la mort avaient pour but d’apprivoiser l’absence et de faire savoir à tous qu’on était plus fragile.

À force de tout vouloir réinventer, passe-t-on à côté de quelque chose? Que vais-je laisser à ma fille qu’elle aura envie de passer à ses propres enfants? Qu’elle refera en ayant une pensée, si petite soit-elle, pour sa propre mère qui faisait les mêmes gestes que sa mère à elle? Matière à réflexion…

Joyeuses Pâques!

 

 

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