Perdre

Déjà presque la fin de juillet. Dire que j’avais de si bonnes résolutions en janvier…. Mais bon, la vie nous amène là où elle le veut bien, avec ses détours, nos résistances bien vaines, le quotidien….

Aujourd’hui, ma vieille chatte est morte. De quoi? Je l’ignore. Je l’ai retrouvée, intacte, comme lorsqu’elle dormait dans notre lit, au fond de la margelle près de la maison. J’en ai eu le coeur chaviré.

Ce n’est qu’un animal. Je sais. Mais depuis un an, les pertes de toute nature s’accumulent dans ma vie. Il y a eu le gros Gaston, en août dernier. Une vilaine torsion de l’estomac ou un cancer. Ou tout simplement était-il rendu à bout d’âge. Un dernier câlin, un dernier au-revoir.

Puis, la perte d’une certaine tranquillité d’esprit alors que la plus vieille a dû lutter contre un vilain lymphome. À 21 ans, c’est d’une injustice profonde. Qu’on ne peut pas rationnaliser, même si la mère en moi essaie de le faire pour préserver sa toute petite. On se bat, bien maladroitement parfois, mais on ne peut pas prendre toute la douleur, tout le chagrin,  toute l’angoisse. Nous ne sommes pas les premiers  côtoyer cette maudite maladie, mon père en est décédé, des amis autour de moi aussi. Mais à chaque fois, c’est LE combat le plus dur.

Des ennuis de santé, pas graves mais juste assez pour réaliser que la machine a besoin d’être entretenue. Et que la ménaupose n’est pas qu’une vue de l’esprit ou un excellent monologue de Clémence.

Des revers au boulot, aussi, accompagnés d’une certaine désillusion. Je me suis surpris à rêver du temps où faire de la politique était plus simple. Enfin, peut-être parce que j’étais plus jeune, que j’avais plus d’énergie ou que les réseaux sociaux n’existaient pas et n’avaient pas tout perverti.

Une année de marde, me suis-je surpris à dire à une collègue cet après-midi. Moi pour qui la reconnaissance est un moteur, qui suis ordinairement optimiste et qui ai tendance à voir le verre plus plein que vide, mon ressort est-il juste trop étiré? Suis-je à bout d’inquiétude pour les miens?

Et puis, après le deuxième rosé, alors que le Mammouth s’active en cuisine, que le soleil descend doucement sur la terrasse et que le bruit des enfants qui jouent chez le voisin m’arrive aux oreilles, je me dis que je ne suis pas à plaindre. Que j’ai un amoureux qui prend soin de moi même quand je suis plate, une adolescente qui comprend tout et qui est une soie, un gros idiot de chien qui a succédé à Gaston et qui finira bien par comprendre que les écureuils ne sont pas ses ennemis jurés, des amis qui m’enveloppent de leur sollicitude et une job qui me nourrit.  D’autres sont beaucoup plus mal pris que moi. Des gens esseulés souffrent dans les hôpitaux, des enfants dont les parents ne s’occupent pas d’eux, des parents qui s’inquiètent pour des enfants qui ont disparu.

N’empêche. Les vacances, cette année, seront nécessaires. Plus, elles seront essentielles si je veux retrouver mon « spring ». Et je me promets d’inscrire l’écriture au menu quotidien, question de permettre à mon hamster mental de prendre l’air.

Vivement août.

 

 

3 réflexions au sujet de « Perdre »

  1. Vu de Paris, avec un soupçon de distance au coeur des vacances, je te dis oui vivement qu’elles arrives, et que ce que tu fais es immense. Tu finiras par le savoir, peut être au même moment où le successeur de Gaston se sera réconcilié avec les écureuils. 😉

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