17

Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous, disait Éluard. Heureux ou pas, qui changent le cours de notre existence. Qui nous ramène à l’essentiel.

Ce matin, pour le boulot, je rencontrais des femmes passionnées associées à un magnifique projet de Maison des naissances. Comme pour me rappeler qu’il y a 17 ans aujourd’hui, j’étais en attente de mon plus beau rendez-vous. Toi, ma merveilleuse merveille, ma toute belle rebelle.

Que de chemin parcouru depuis ce temps hein! Cette dernière année, qui t’a vu fermer la porte de ton secondaire pour ouvrir celle de Cégep, a été pleine de rebondissements et d’émotions. De rires et de larmes. De cris et de chuchotements. Les « passages » ont toujours été difficiles pour toi. Je t’ai revue, entre la maternelle et le primaire, puis entre le primaire et le secondaire. Cette même fronde, ce même « j’ai même pas peur » plein d’anxiété.

Et pourtant. Tu as tellement tout pour réussir. Je sais, tu doutes. De ta beauté, de tes charmes, de ton intelligence, de toi. Parfois de nous. Et j’aurai beau me tuer à te le répéter, tu ne me crois pas quand je te dis que tu es magnifique, de dehors comme de dedans. Ton père n’a pas plus de succès que moi.  Alors tu testes, avec toute l’arrogance de tes 17 ans. Tes limites, nos limites.

Je regarde la photo de ton bal des finissants. Une beauté à couper le souffle. Tu as osé le rouge, femme fatale style. Et tu l’as assuré, parfaitement, insolemment.

Parfois, j’ai peur. Je voudrais tant t’éviter le chagrin, les larmes, la colère. Mais je ne peux pas. Je ne peux que te rassurer sur le fait que tu seras toujours ma fille, celle que j’aime inconditionnellement, même quand je n’approuve pas tes comportements ou tes choix.

Cette année, tu as commencé à travailler. Et tu travailles beaucoup. Tu apprends à gérer ta vie et ton fric, même quand ce n’est pas évident. Je suis si fière de toi, ma merveilleuse merveille. Ma toute belle rebelle.

Tu entreras, dans quelques jours, dans une nouvelle étape. Où tu devras apprendre à gérer encore plus tes priorités et ton temps. Bien sûr, nous serons derrière toi pour te guider, si tu en as besoin. N’y vois pas une intrusion dans ta sacro-sainte liberté. Tu sais, parfois, « father/mother knows best ». Même si ça fait suer – et je sais que ça fait suer: been there, done that, got the t-shirt. Un jour, quand tu seras aussi vieille que moi, tu te diras peut-être que des fois, nous avions raison…

Entre-temps, vis ta vie, mon bel amour. Amuses-toi. Les années de Cégep sont les plus belles, malgré la pression que vous vous mettez sur la fameuse côte R. Tu ouvriras tes horizons encore plus, tu rencontreras des gens avec qui tu tisseras des liens d’amitié qui dureront peut-être toute ta vie, sans négliger tes amies de toujours. Tu t’y découvriras peut-être une passion pour l’archéologie, qui sait? Ou la politique… mais de ça, on en parle jamais, ou si peu!

Ce soir, en cette nuit des perséides qui se sont penchées sur ta naissance, je ferai un vœu: que tu sois heureuse, peu importe le chemin que tu choisiras. Sans compromis avec la femme magnifique que tu deviens, qui apprendra à encore mieux canaliser ta fougue et ton désir d’aller encore plus vite.

Ceci dit, es-tu vraiment obligée d’avoir 18 ans l’an prochain?????

 

 

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