La routine habituelle, quoi!

Petite, un personnage d’émission pour enfants, un perroquet, avait comme phrase fétiche « la routine habituelle, quoi! » – en roulant démesurément le r de routine.

En reprenant le chemin du bureau, ce matin, cette phrase m’est revenue. En boucle. Refaire la route, retrouver malgré le mauvais temps mes détours, stationner la voiture, saluer le gardien de sécurité à l’entrée, chercher ma carte d’accès dans ma sacoche trop pleine, monter dans l’ascenseur. La routine.

Saluer les collègues, s’informer du temps des fêtes, échanger des vœux pour cette nouvelle année. Rire avec un, reprendre un argument laissé en plan au départ avec l’autre.

2017 sera une année de défis professionnels. Elle me sortira de ma zone de confort. J’y connais quoi, moi, en course automobile et en électrification des transports? Et pourtant, malgré l’angoisse et le stress, c’est un défi qui me stimule.

En revenant, ce soir, je me suis dit qu’au final, la routine habituelle ne serait pas si tant une routine habituelle.  Et j’ai besoin de cette mise en abîme. En mars, j’aurai 55 ans. 40 et 50 ne m’ont pas affecté. 55 m’effraie, et j’ignore pourquoi. J’ai donc besoin de sentir que je peux encore faire une différence, que je peux mettre toute mon expérience professionnelle, toute mon intelligence et toute mon énergie (enfin, ce qu’il en reste…) à faire des projets qui me font tripper.

Et comme la vie est bien faite, elle m’a fait un petit plaisir ce soir: la découverte, sur Télé-Québec, d’une émission fort bien faite, « Microphone », qui met en vedette des gens que j’aime beaucoup. Louis-Jean Cormier, Patrice Michaud, Daniel Lavoie et Fanny Bloom (que je découvre), et qui ont refait des chansons aimées.

La routine habituelle? Que nenni. Ou si peu :-)

Ce café qui n’est jamais arrivé

Paraît que le blogue va vivre sa renaissance, en 2017. C’est pas moi qui le dit, c’est mon ami Clément. Et comme je rêve de devenir une « influenceuse », je me suis dit que si je bloguais en 2016, je devancerais la tendance, voire même que je l’influencerais. Ouais. Genre.

Une fois cela dit, j’écris quoi, là? Le bilan de 2016? Parce que j’avais en tête, en déjeunant tout à l’heure au resto de l’hôtel ou nous avons fait escale, que 2016 a vraiment été une année de merde. Des morts célèbres – Bowie, Cohen, l’inventeur de l’œuf Kinder – qu’on pleure. Des attentats terroristes, l’horreur d’Alep, l’élection de Trump. La mort de l’innocence.

Plus près de nous, la maladie qui frappe notre belle Véro. Le mammouth qui se lance en politique et qui en fait l’apprentissage à la dure. Des projets professionnels qui demandent une énergie folle, avec des périodes de stress intenses et de doutes profonds.

Ouais, 2016 a été une année merdique. Quoique…  Je suis d’un naturel plutôt optimiste qui veut voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Et 2016 a eu son lot de bons moments, avec des amis, des collègues, mais surtout en famille. Une semaine de vacances près d’une rivière saumoneuse, des soupers de discussions joyeuses et animées, de belles surprises, de nouvelles amitiés. Et on finit ou on a commencé, en famille à l’Anse-St-Jean. En famille, en douceur, avec les touts-petits, la neige qui enjolive le village et le temps qui passe lentement.

2017 ne sera peut-être pas plus facile. Ma génération vieillit, et nos idoles, dont tout ceux qui sont partis cette année, vieillissent également. À quelques exceptions près, les gens qui sont partis cette année étaient à l’âge ou l’éventualité d’un décès devient probabilité. L’immortalité n’existe pas.  Il y aura élection, avec ce que ça comporte des nuits écourtées et de jours qui  s’étirent.

2017 sera aussi l’année du retour à la santé pour notre belle Véro, l’année des festivités du 375e, l’année des premiers émois amoureux de Merveilleuse merveille.

Je nous souhaite que 2017 nous donne un peu de recul pour éviter de dramatiser ce qui ne doit pas l’être et de prioriser ce qui doit l’être.  À quelques heures de traverser vers cette nouvelle année, je me souhaite de conserver la sérénité qui vient avec l’âge, la capacité de m’indigner pour ce doit changer, et de rester ouverte à ces nouvelles amitiés qui croiseront ma route et qui enrichiront ma vie sans oublier le dernier café…

Je vous souhaite, en plus du traditionnel santé bonheur et amour, de rester fidèle à vos valeurs et surtout, surtout, de voir votre verre à moitié plein.

 

Message à toi qui aura 40 ans

Oui oui, toi. Tu ne me lis pas, mais sache que pour cette fois, tu aurais intérêt. Question de savoir dans quoi tu t’embarques.

On aura beau dire que 40, c’est le nouveau 30, c’est de la bullshit. Yup, on a l’air moins vieux que dans le temps de nos parents, on a commencé plus tard qu’eux à vivre notre vie d’adulte, on a déjà quelques relations de couples et/ou quelques enfants dans notre biographie officielle, mais reste que 40 ans d’usure, c’est 40 ans d’usure.

40 ans, c’est la moitié de sa vie. C’est souvent la période des remises en question, personnelles et professionnelles, voulues ou subies. C’est la réalisation ultime que les choix faits à 20 ans doivent être assumés, ou qu’il est temps de s’inscrire à un programme de protection des témoins.

Plus facile pour un gars, tu me dis? Pfffttt… pantoute. Sauf qu’inconscient, tu ne réalises pas. En couple, tu commences à te demander si les 40 prochaines années de ta vie, tu veux les passer avec elle. Célibataire, t’es dans un endroit inconfortable: trop vieux pour les cougars (pourquoi s’embarrasser d’un quadragénaire qui se cherche quand y’a plein de beaux jeunes hommes dans leur vingtaine?), il te reste la trentenaire dont le big ben intérieur résonne à fond pour le dernier bébé, ou la fille de vingt ans, bien roulée, qui te regarde, amusée, te flatte dans le sens du poil mais te trouve ben vieux quand même, surtout si tu n’as pas le chèque de paye pour compenser. Je suis cynique, tu crois? 20 minutes dans une salle de bain d’un bar de centreville te convaincra aisément que je te ménage, tiens! Monoparental? Tu pognes sûrement à l’épicerie, mais la quadra qui te regarde évalue d’abord ton potentiel à devenir un gardien pour ses propres enfants!

Pas facile la quarantaine pour le mec moderne. Tu sais plus si tu dois être métro ou über, caquiste ou khaderiste, tu t’inquiètes pour ta performance au bureau et pour ton régime de pension. T’es plus un ti-cul, mais tu refuses d’être un monsieur. Tu peux jouer au hockey le samedi avec tes chums, mais l’odeur de l’antiflo commence à remplacer ton eau de toilette de plus en plus souvent le dimanche. Tu l’admettras pas, mais la deuxième bouteille de vin est maintenant de trop. Tu t’inquiètes pour ta prostate et tu surveilles discrètement les étiquettes sur les aliments pas trop trop bio que tu achètes.

Pas jojo, hein? Ben non! Tu vis les meilleures années de ta vie! Crois-moi: j’en sors, de cette quarantaine, et pour rien au monde je ne l’aurais échangée contre ma vingtaine. Mais bon, c’est probablement parce que je suis une fille. Tu sais ce que tu vas découvrir, dans cette nouvelle décenie? L’auto-dérision. Yup. Le drame d’hier n’aura plus d’importance. Tu réaliseras le chemin parcouru et tu en seras fier. Discrètement fier. Tu accueilleras tes premiers cheveux blancs comme autant de signes que la vie ne te maltraite pas trop, et tu aimeras ces rides au coin des yeux qui font craquer les filles. Et sans t’en rendre compte, tu auras franchi le cap délicat et tu redeviendras cet homme qu’on veut tous et toutes avoir comme ami, comme amoureux ou comme collègue.

Pas fine, tu dis? Dans 2 mois, tu pourras te venger et me rebalancer toutes les vacheries sur les femmes de 50 ans. Mais souviens-toi: 50, c’est le nouveau 40!

Entre-temps, je te souhaite un très joyeux anniversaire. Tiens, même, je t’embrasse. Mais juste parce que tu as 40 ans.

Ajout: mine de rien, c’est mon 500e billet sur ce blogue. Champagne!  

Ajout 2: Ce texte ne s’adresse à personne en particulier, mais plusieurs tipits de mon entourage franchiront le cap cette année. Considérez-le personnel!

Ouais (bis)

Dans toutes les inquiétudes qui vous minent quand vous devenez mère, il a celle de voir votre enfant ostracisé par ses pairs. Pas que je souhaite que ma fille soit la future « prom queen » du village, nenon. Mais ce qui m’a le plus fait mal, au cours des dernières années, était de la sentir si seule, si vulnérable et si maladroite dans ses amitiés.

Un des bienfaits de la médication est d’avoir amoindri les aspérités qui rendaient les relations sociales plus difficiles. Depuis, le téléphone sonne presque aussi souvent pour Merveilleuse merveille que pour nous. Et depuis samedi, je gère une autre angoisse: ma fille fait partie d’un gang de rue. Ouais.

En fait, pour être précise, elle fait partie d’une gang de boulevard. Le boulevard sur lequel donne son école. Et sa gang s’appelle le « club de la cabane », en l’honneur de la cabane qu’elles vont construire chez l’une d’entre elles. Elles s’échangent des plans, se font des listes de « to-do », d’autres listes de ce qu’elles devront apporter, des listes encore du matériel que les parents devront généreusement fournir. De gré ou de force.

Samedi matin, 10h00. Le téléphone sonne. « bonjour, c’est MP. Est-ce que Merveilleuse merveille va mieux? Pourrais-je lui parler? Nous avons une réunion du Club de la cabane à 11h00 chez C, va-t-elle venir? » Et voilà merveilleuse partie pour la journée.

Lundi matin, 9h00. Le téléphone sonne. « Bonjour, c’est C. Est-ce que Merveilleuse merveille est là? Nous avons une réunion du Club de la cabane à 11h00. Chez-vous.  »

Alors que je pensais prendre cette journée un peu plus relax, me voilà à nourrir le club de la cabane. Et croyez-moi, ça mange, une gang de rue! Pas hâte de voir ça à l’adolescence!

Au fond, je suis super heureuse. Merveilleuse merveille gère de mieux en mieux ses relations amicales, et tant pis pour le reste. La balayeuse peut attendre, juste d’entendre leurs rires et leurs cris de petites filles qui profitent d’un congé, c’est de la musique à mes oreilles.

Une p’tite fraîche

Faut se faire à l’idée. L’été est bel et bien fini. Pis que j’en vois pas un se plaindre: nous avons eu un été extraordinaire!

Le retour de journées pluvieuses et des soirées fraîches, c’est aussi le retour de la bouffe longuement mijotée, celle qui sent si bon et qui vous fait saliver dès l’entrée de la maison.

Dimanche, donc, c’est le goût d’un boeuf aux légumes qui m’a allumée. Je le fais rarement, mais il était tellement bon que j’ai envie de partager ma recette. Pas que je veuille concurrencer ma voisine préférée qui a lancé ces jours-ci son magnifique livre de cuisine. Et si vous chercher des indications précises, sachez que j’ai appris à l’école de grand-maman Hélène, qui était plus du genre « gros comme un oeuf », « une pincée de… », « goûte pis rajoute du »… Chez-nous, les cuillères à mesurer servent à donner le sirop pour la grippe…

Boeuf aux légumes

  • 2 livres de boeuf en cubes (vendus sous l’appellation boeuf à ragoût)
  • 2 gros oignons hachés grossièrement
  • 4 à 6 gousses d’ail
  • huile d’olive + beurre
  • 1 litre de bouillon de boeuf
  • 3 bonnes grosses c à soupe de sauce Worcestershire
  • sel et poivre au goût

Dans une casserole à fond épais (idéalement un creuset, m’enfin…), faites d’abord revenir l’oignon et l’ail. Retirer et incorporer les cubes de boeuf, en plusieurs fois, afin de bien les dorer et d’éviter l’effet « nage dans l’eau ». Remettre les oignons et l’ail, ajouter le bouillon, la sauce W, le sel et le poivre. Laissez mijoter à feu très doux au moins 3 heures, jusqu’à ce que les cubes se défassent juste à les regarder…

Ajouter ensuite:

  • Pommes de terres coupées en gros morceaux
  • Carottes
  • Navet
  • Rabioles
  • Topinambour

Combien? Au goût, mais surtout selon le nombre de vos convives. C’est fou combien 3 patates de plus servent plusieurs personnes.

Laisser cuire jusqu’à ce que les légumes soient tendres. Au besoin, rajouter du bouillon ou de l’eau. Ou du vin rouge, tiens.

Dans une autre casserole, à la marguerite, faites cuire de jolis bouquets de brocoli et des fèves, vertes ou jaunes, selon ce qui reste dans le frigo. Vous les déposerez délicatement dans l’assiette sur votre boeuf aux légumes. Pourquoi faire cuire à part? Les fèves et le brocoli ont tendance à devenir « smoucheux » s’ils cuisent trop longtemps, et le petit côté al dente de la cuisson à la marguerite ajoute une texture de plus à votre repas.

Rectifier l’assaisonnement avant de servir. Au besoin, vous pouvez épaissir le bouillon avec un peu de fécule de mais délayée dans un peu de bouillon chaud. Vous pourriez, pour les amateurs de « piquant », rajouter quelques gouttes de tabasco dans votre bouillon ou du poivre de cayenne. Ou alors quelques cuillères de pâte de tomates (ou de sauce Chili, pourquoi pas?).

Avec un bon pain croûté, un verre de rouge et des amis, ça vous part un automne du bon pied, madeleine, du pied mariton, madelon!

 

Quand la ville, que dis-je le Québec, est hockey… ou une fois n’est pas coutume

Je n’en suis pas à une confession près sur ce blogue. Et ce soir, dans un grand geste de transparence, je vais enfin confesser ce que peu de gens, qui pourtant me connaissent bien, savent.

Bon, je vous vois déjà saliver, prêts à me vendre au journal des écrapous en échange de quelques $$$. Z’allez être déçus… Je ne vous ai pas caché grand chose de mon passé politique, ce qui, par les temps qui courent, est plus que suspect. Hélas, pas d’enveloppe, ni brune ni autrement, dans ma vie. Vous savez aussi que Mammouth est le père de Merveilleuse merveille, et avec le caractère qu’elle a, nul besoin de test d’ADN pour prouver sa paternité. Donc, c’est pas du côté d’une vie sentimentale et/ou sexuelle débridée qu’il faut chercher. Vous ai-je déjà dit que il fût un temps ou j’étais sportive? Non? Mais c’est pourtant pas ce que j’ai réussi à cacher aussi longtemps… quoiqu’on pourrait toujours dire qu’avec ma silhouette, j’ai trouvé le camouflage parfait! Je vous ai aussi confié que je suis hyponcondriaque au dernier degré, voire même celui d’après. Donc, quel est donc ce grand secret que je camoufle depuis si longtemps?

Ouais. Z’aurez deviné. J’HAIS le hockey. Profondément. Viscéralement. Encore plus quand on parle du CH. En fait, j’aimais le hockey quand je l’écoutais avec mon père, du temps ou il n’y avait que 6 clubs dans la ligue. Du temps ou les joueurs étaient des vrais, avec des noms qu’on pouvait prononcer. Ha! La subtilité langagière d’un Yvon – j’ai mal à la laine – Lambert! Et puis, tant qu’à s’enfoncer dans l’opprobe générale… je suis une fidèle des bruns. Ouais, les bruns de Boston.

Je disais donc que j’hais le hockey. Mais je reconnais ses mérites: pendant que la ville, que dis-je la nation québécoise s’enflamme pour Halak, on oublie nos scandales politiques, on se formalise un peu des propos rétrogrades du Mgr, et on se dépêche de souper en famille pour se « gorrocher » devant le téléviseur.

Et puis, parlant de souper, et même si je ne suis pas une « vraie fan », je réponds à l’invitation lancée par deux blogueuses que j’aime beaucoup, Annie et Madeleine, et vous livre en exclusivité ma recette secrète pour endormir le partisan du CH.

Poulet au miel

Belles grosses poitrines de poulet (les « santés » les prendront sans la peau)
1/4 tasse de beurre non salé
1/4 tasse de miel
1 oignon haché mince
1/4 tasse de vin blanc, de bouillon de poulet ou d’eau
1 c à soupe de cari (en fait, au goût)
sel et poivre

Dans une casserole allant au four, faire fondre le beurre et y faire dorer les poitrines de poulet. Retirer les poitrines et réserver. Ajouter l’oignon, le miel et le cari et faire cuire une minute. Déglacer au vin blanc (ou autre liquide), remettre les poitrines, saler et poivrer et enfourner à 325, pendant 2 heures, en retournant les poitrines à mi-cuisson.

Servir avec du riz basmati aromatisé aux épices (Philippe de Vienne a « ze » recette parfaite: faire tremper votre riz 30 minutes à l’eau froide, puis faire cuire à grande eau en ajoutant un baton de canelle, quelques gousses de cardamome, quelques clous de girofle, une pincée de sel jusqu’à ce que le riz soit cuit, soit moins de 10 minutes. Égoutter et servir)., une salade verte et un légume de saison. Ça, c’est la version sage.

La version amateur de hockey se sert avec des frites bien grasses, et des mayonnaises aromatisées (cari, ail, ketchup, miel, etc…).

Dure, dure la critique

J’aime la télé. Je l’ai déjà écrit. Et je suis hypocondriaque. Légèrement genre. Bon ok, pas légèrement. Affreusement.

Tout ça pour dire que depuis toujours, je suis une junkie des émissions « médicales ». Je me rappelle avec délices St-Elsewhere, puis Chicago Hope et ER. J’adorais les intrigues, je rêvais de me faire soigner par Mandy Patinkin, j’avais l’impression de faire du voyeurisme dans l’univers mystérieux des salles d’urgence.

J’avais donc des attentes élevées pour Trauma. Un cast impressionnant, un réalisateur de métier, une scénariste qui m’avait fait tripper avec Fortier. Probablement que mes attentes étaient trop élevées: je n’ai pas aimé. J’aurais voulu, tellement voulu aimer! Deux choses m’ont refroidies: d’abord les dialogues, trop « verbeux », et la propreté de tout ça. Je disais à Mammouth que je voulais être malade dans un hôpital aussi clean, parce que tous ceux que j’ai fréquenté, même les plus neufs, n’ont rien à voir avec ça. Pas que je tienne à ce que ça pisse le sang et que ça suinte la crasse, mais ce qui faisait la force des émissions américaines, c’était l’impression que c’était la même chose qu’au CHUM, genre. Des détails? Probablement. Et j’écouterai quand même les prochains épisodes, parce que de la bonne télé faite ici, ça mérite qu’on s’y attarde.

À l’opposé, mes attentes étaient très basses pour Mirador. C’est un milieu que je connais plus, et malgré de très bons comédiens, c’est le genre d’histoire qui peut vite tomber dans la dérape. Et pourtant, je suis restée scotchée devant mon écran. Bon, Patrick Labbé restera toujours pour moi le Simon de La vie, la vie. Une des premières séquences, où il s’examine longtemps dans le miroir, était presqu’un copie/coller d’une scène de mon émission fétiche. Mais ceci étant, j’ai quand même cru en son personnage de gars torturé.

En lisant rapidement mes « twits » ce matin, je tombe sur une réflexion d’une copine scénariste: Vous lire re: #Mirador me fait me rendre compte à quel point on se fait rapidement une opinion sur une série. Ça fait peur aux auteurs!

Elle a raison: on a la critique dure et rapide. On se fait une tête sur un seul épisode et on tranche. C’est comme pour le reste: quand on a 500 canaux et une possibilité infinie d’émissions à regarder, quand on peut voir en direct des junkies s’injecter leur dope, quand t’as l’impression que la madame qui accouche va crever ses eaux dans ton salon, la première émission d’une nouvelle série télé doit t’accrocher, sinon tu zappes. C’est profondément injuste pour les scénaristes, pour les réalisateurs et pour tous les artisans de la télé. Mais c’est la réalité, tout comme FB et Twitter modifient nos habitudes de communication. Sommes-nous devenus trop exigeants ou juste plus paresseux, en ne laissant plus le temps aux personnages et aux histoires de s’installer sur 2 ou 3 épisodes?

J’aime la télé. J’ai adoré Bunker (nous devions être 4 à avoir suivi la série jusqu’à la fin!), je voues un culte à La vie la vie,  j’ai été accro à Aveux. Dans le cas de la première, parce que je m’y reconnaissais parfaitement, même au sixième niveau. Dans le cas de la seconde, parce que ça révolutionnait ce qui c’était fait jusque là au Québec. La troisième pour son intelligence et le jeu des comédiens, en particulier Guy Nadon.

Aurai-je le même attachement à Trauma et Mirador? Je ne crois pas. Mais c’est un zillion de fois mieux que Occupation Story ou Loft Double!

Écrire pour vivre, écrire pour ne pas tuer?

Depuis vendredi, je repasse dans ma tête le texte de Marie-Claude Lortie. Particulièrement ces paragraphes:

Ce qu’il faut, c’est que les parents qui ont peur d’eux-mêmes se confient pour régler ce problème essentiellement d’anxiété. Qu’ils n’aient pas peur d’être jugés et soient prêts à accepter qu’il y a de l’aide et que cette aide est prête à les recevoir, tels quels.

Le Dr Saint-André n’a pas étudié en détail la présence sur le web d’un nombre impressionnant de blogues tenus par des mères en congé de maternité célébrant leurs imperfections – qui vont de Mère indigne en passant par Les (Z) imparfaites, Joa sur la 9e et Mamamiiia.com -, mais l’idée qu’un grand nombre de mères ventilent ainsi leurs sentiments pas toujours enthousiastes et positifs par rapport à la maternité lui semble à la fois intéressante et de bon augure.

Ce n’est pas suffisant, dit-il, pour répondre aux difficultés d’une mère en dépression post-partum, qui devrait être suivie médicalement. Mais ce n’est pas une mauvaise idée, souligne le médecin, d’apprendre à apprivoiser et à démystifier la culpabilité que l’on peut ressentir face à nos sentiments négatifs de parents.

«J’imagine qu’il y a quelque chose de salutaire là-dedans», dit-il au sujet de ces blogues. «Parce qu’on a droit à l’imperfection.»

Personnellement, j’ai toujours cru à l’écriture comme outil thérapeutique. Une fois nommées, écrites, les choses sont plus claires. Pas moins épeurantes: il faut avoir fait, ne serait-ce qu’une fois, un exercice d’écriture automatique en période de stress, ou de deuil, ou de peine intense, pour voir à quel point nous recelons tous des zones sombres, voire noires. Des choses qui ne remontent pas consciemment, mais qui dans ce contexte, éclatent sur le papier.

L’écriture comme thérapie donc. Pour évacuer le trop plein, j’en suis. Pour dédramatiser, j’en suis itou. Mais dans le cas des récents infanticides, je me suis demandée si le fait de coucher noir sur blanc ces émotions, cette impuissance, ces sentiments de haine ou de désespoir aurait changé le cours des choses.

L’humour ne guérit pas tout, non plus. Le clown est triste, mais continue de faire rire. Sans rien enlever du talent des unes et des autres, j’ai peur qu’on banalise. Comprenons nous bien: il était plus que temps qu’on déboulonne la perfection maternelle, qu’on se dise que parfois, on a en ras le pompon, que nos enfants ne sont pas parfaits et qu’il n’y a aucune raison pour que nous le soyions!  Mais j’ai peur que cette nouvelle tendance du « maman blogue pour évacuer » finisse par masquer une réelle détresse. Ou qu’on ne perçoive pas, sous l’humour ou le ton badin, les signaux d’alarme qu’on devrait y voir.

Entretemps, c’est dimanche. Il neige. Rien pour écrire un billet, hein?

En vrac… réflexions d’une fille fatiguée

Vous me connaissez, je ne parle jamais politique. Ou si peu. Mais là, vous me permettrez un billet sur le sujet. Ou plutôt, sur l’envers de la médaille.
On s’indigne de l’augmentation de la masse salariale du personnel politique. On s’étouffe d’indignation. On crie au scandale.
Vous ai-je déjà dit que faire de la politique, c’est comme entrer en religion? Qu’il faut faire voeu de pauvreté, de chasteté et d’obéissance? Vous pensez que j’exagère?
Connaissez-vous beaucoup d’emplois ou vous savez à quelle heure vous commencer le matin, mais ignorez si vous aurez toujours un emploi le soir? Et ça, tous les jours, récession ou pas? Connaissez-vous beaucoup d’emplois ou les heures supplémentaires ne sont pas rémunérées, et ou vous vous étouffer de rire (parce que l’indignation, c’est interdit) en lisant sur votre talon de chèque de paye que vous avez supposément travailler 37.5 heures? Ou vos moindres gestes sont scrutés? Ou vous faites plus que votre part en bénévolat les weekends, les soirs de semaine?
Bien sûr, personne ne versera de larmes sur le sort du personnel politique. On choisit cette vie, en toute connaissance de cause. C’est un métier ou vos bons coups sont infiniment privés – ou sont crédités au ministre, mais ou vos erreurs, mêmes minimes, sont publiques.
Est-ce à dire qu’il n’y a pas d’abus? Non. Abus il y a. Quelque soit la couleur du parti au pouvoir. Mais personne ne va en politique, active ou dans les coulisses, pour s’en mettre plein les poches. Parce que la déception est vive. Les heures sont longues, la reconnaissance inexistante et la paye somme toute ordinaire. Alors lâchez-moi l’indignation!

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C’était mon anniversaire il y a quelques jours. Un chiffre platte, une journée grise. Avant Internet, avant Fessedebouque, on prenait le téléphone pour faire nos voeux et dire à une personne qu’elle nous était chère. Plus maintenant. J’ai eu plein de voeux sur FB, quelques courriels à la maison et au bureau, et 2 téléphones. Et des tonnes de bizoux de Mammouth et merveilleuse merveille! J’étais contente, bien sûr, mais songeuse: c’est moins long écrire une ligne ou deux, il est vrai, et je me suis moi-même coupable de l’avoir fait. Mais honnêtement, entendre la voix d’une amie, ça fait plaisir et ça permet de partager les nouvelles. C’est bien beau, la techno, mais est-ce en train de tuer la communication, la vraie, celle du coeur?

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Hier et aujourd’hui, j’étais à Zottawa. À l’hôtel, pas de cable, pas d’internet. Donc, pas de nouvelles. Sur la route, avec mes collègues, discussions animées, pas de radio. Je n’ai vu que ce soir le nouveau drame familial qui a secoué Laval. Que se passe-t-il? Et honnêtement, j’ai envie de fermer la télé plus souvent, de ne plus lire les journaux, de ne plus écouter la radio. Jusqu’à 19h45, j’étais de bonne humeur. Là, je me sens écrasée par le poids de toute cette tristesse, toute cette folie. Encore une fois, il faudra expliquer l’inexplicable.

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Pis les soeurs se mettent sur pose. Pause. Peau ze. Une p’tite tristesse supplémentaire. Vivement que l’été revienne, hein!

Plaisir solitaire

On se calme, les pervers  attirés ici par ce titre équivoque! Ici, c’est un blogue familial, on ne parle pas de cul, on a pas d’opinion sur les niaiseries épiscopales (duh!) on préfère le port du condom au port de la tuque à -3000. C’est dit. Alors ouste! Dehors les pervers! Ici on cause amour, sentiments et Twilight!

Je ne tiens plus en place: ce dimanche, j’irai voir mes deux grands amours secrets, Kent Nagano et René Homier-Roy. En concert. Une vraie sortie, malheureusement sans mon Mammouth. Une sortie dans une vraie salle de spectacle. Une obligation de m’habiller propre, de me peigner et de me maquiller, chose rarissime le dimanche. Mais bon, une fois n’est coutume.

Mardi, j’ai un souper officiel. Mais je me pousserai aussitôt que la décence, la politesse et l’étiquette me le permettront pour me joindre au souper d’anniversaire du Matou japonais. Ça risque d’être beaucoup plus amusant, et puis j’aime bien le matou japonais mouâ!

Le printemps, c’est aussi ça: une certaine légèreté qui s’installe, une envie folle de jupe courte – même quand on a plus le body pour! Des sons, des oiseaux de retour, des amis de retour. On secoue la poussière, on range le dernier ornement de Nowel oublié. Pour le reste, on écoute en famille Twilight (dvd pour lequel je me suis battue avec une horde d’adoes au centre d’achats).

Et puis… depuis que Merveilleuse merveille sait lire, y’a des choses que je ne peux plus vous raconter. Un jour, quand elle sera plus grande, je vous reparlerai de la fée des dents qui a dû, à court de liquidité (yup! la récession touche aussi la fée des dents!) emprunter 2$ dans la banque de merveille pour honorer sa promesse. C’était ça ou 20$ pris dans ma sacoche. 20$!!! Je comprends qu’une palette, c’est significatif, mais bordel, à 20$ la palette, la molaire du fond coûtera bien un chèque de paye au complet!!! Bref, une chance que j’ai aperçu la snoroune de fée! J’ai pu remettre le 2$ sans que merveille ne s’en aperçoive! Fiou!!!!!!!!!!!