P’tite mémoire

C’est fou comme la mémoire peut être activée par des choses anodines: une odeur qui vous rappelle l’after-shave de votre papa, de votre amoureux ou de ce grand brun croisé dans le métro, un son qui vous ramène au camion de crème glacée ambulant, une image qui vous renvoie à vos 20 ans, un tissu qui ravive l’horreur du pantalon patte d’éléphant carreauté que votre mère vous forçait à porter.

J’ai toujours pensé que dans mon cas, la mémoire olfactive était la plus puissante. L’odeur du pain, du gâteau au lait chaud ou des fraises fraîches, c’est grand-maman Hélène en condensé. Le Chanel numéro 5, c’est maman. À chaque fois que je vais à La Baie, j’en respire un échantillon, et instantanément, je la revoie dans sa belle robe de velours violet, les cheveux impeccablement coiffés, souriant à mon père. Lui, c’est le Chanel pour Homme. Même à l’hôpital, même malade, mon père a toujours eu cette odeur réconfortante, chaude et épicée.  Et Fahrenheit, c’est un ancien collègue de travail qui le rapportait de France, avant qu’il soit disponible ici, et qui me faisait perdre le fil de la discussion…

Ce soir, en écoutant distraitement l’excellent reportage sur la crise d’octobre, dans le cadre de « tout le monde en parlait », c’est pourtant le son d’une voix qui m’a ramenée 40 ans en arrière. Non, pas celle de Gaétan Montreuil, mais celle de Claude Jean Devirieux. Soudain, les images sont revenues, avec en surimpression la même sensation de ne pas comprendre. J’avais 8 ans à l’époque, je vous ai déjà raconté comment cela a marqué ma vie. Je ne m’attendais pas, toutefois, à ce qu’une voix me propulse à ce point dans une émotion. Weird.

À part ça, chez-vous sont bien? 🙂

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