Les chroniques du patio Là où fleurent bon la résine de synthèse et le p'tit rosé estival

5 avril 2011

On fait dur. Ben dur.

Filed under: tranches de vie — Marie-Jose @ 21:51

NDLR: J’aurais pu intituler ce billet « À soir, on pète une coche », mais c’est tellement dans l’air du temps de péter sa coche… pis ménopause oblige, chu trop fatiguée pour péter ma coche. Je vais juste faire une mini montée de lait, ok?

On fait dur, les Québécois. Ben dur, je trouve. Depuis hier, je lis avec stupeur les twits, les blogues, les textes d’opinion sur l’affaire « Cantat ». Savez, ce chanteur de Noir Désir, reconnu coupable d’avoir tué sa conjointe, l’actrice Marie Trintignant, meurtre crapuleux d’une rare violence, et qui pourrait participer à un spectacle ici, à Montréal, écrit par Wadji Mouawad.

Stupeur, parce qu’à quelque part, on disjoncte entre nos discours. Vrai, le gars est un criminel, un assassin, un écoeurant. Vrai aussi qu’il a été condamné, qu’il a purgé la peine et qu’il a été libéré. Techniquement, le gars est en réinsertion sociale.

Pourquoi on fait dur? On s’insurge. On le blâme de vouloir exercer son métier et on lève le nez sur ceux qui l’ont engagé. Des inconscients, des complices, des dégénérés, et j’en passe et des meilleurs.

Joblo a écrit un texte là-dessus. Je la cite:

Aller applaudir l’idole, c’est banaliser un geste irréparable au sens humain et au sens spirituel. Je pardonne à Martha Stewart, elle a payé sa dette, n’a tué personne, a fait une folle d’elle et a mangé du pain blanc tranché trois fois par jour dans une prison. Mais je ne pardonnerai JAMAIS à Cantat. Sa liberté est déjà un cadeau immense. Il aurait dû avoir la délicatesse (hum!) de se teindre en blonde, de changer de nom et de pays. Guy Cloutier, ça vous dit encore quelque chose? Et ce médecin à St-Jérome qui a commis l’infanticide sur ses deux jeunes enfants il y a deux ans? Aucun pardon pour moi. Et une réinsertion exige du doigté, de l’humilité, pas une parade d’ego sur une scène dans le rôle du héros repenti et du mâle purifié. Un rappel avec ça?

Pourtant, ceux qui hurlent ainsi sont aussi ceux qui crient haut et fort quand le gouvernement Harper veut augmenter les peines des jeunes criminels, qu’il renforce le côté « law and ordre », qu’il veut abolir le registre des armes à feu.

Vous me connaissez, je ne parle pas politique. Ou si peu. Et là n’est pas mon propos ce soir. Mais je me questionne. Peut-on être pour la réinsertion à deux vitesses? Bref, tu peux être réinséré si tu as fait un crime politiquement correct? Autrement, et comme on peut plus te pendre haut et court, prend ton trou et crève? Suis-je la seule à penser qu’à quelque part, c’est tordu?

Irais-je applaudir Cantat sur scène? Non. Pas à cause de son crime, mais parce que le propos ne m’intéresse pas. Mais j’ai de la misère à m’expliquer notre irritation « collective » et « épidermique » à des sujets qui, somme toute, relève de la saveur du jour twitesque.

Madamisation des médias, indignation cantatesque, même combat. On s’échange des twits, des statuts facebook, on cherche un blogue sur lequel on peut cracher son venin dans les commentaires. Pendant ce temps, y’a une campagne électorale avec de vrais enjeux, qui auront des répercussions sur notre avenir, et s’il pleut le 2 mai, on aura de la misère à aller voter, parce que « ça change rien anyway, man« .

Ouais, on fait dur. On s’en va à droite, mais on se réconforte en pensant qu’on est toujours à gauche. Mais c’est vrai que rendu au bout de la droite, t’es à gauche. Téka…

Merveilleuse merveille, maman va te raconter une histoire… Une fois, c’est une société qui voulait le beurre, l’argent du beurre, la vache dans la cour, la crémière et le cul de la crémière…

30 commentaires »

  1. Et si on se confrontait à Cantat, parce qu’il est un des nôtres, plutôt que de trancher ? http://wp.me/pFoXu-9P

    Commentaire by Savignac — 5 avril 2011 @ 22:54

  2. […] AccueilRenart, en vracDépotoir éphémèreAh: c'est Pascal ton nom?La campagne contre l’Iran : le lobby sioniste et l’opinion juiveBlogolisteVisuelPoésieRenart Léveillé » culture, Justice, musique, opinions » Mouawad et Cantat : la tornade du dilemmeMouawad et Cantat : la tornade du dilemme2011/04/04 | 30 commentaires Peut-être que je parle à travers mon chapeau, mais je ne crois pas pouvoir arriver à une opinion tranchée à la fin de ce billet.Pour une version d’une pièce de théâtre du tragédien grec Sophocle, Wadji Mouawad travaille avec Bertrand Cantat, l’ex-chanteur du groupe Noir désir, qui a fait de la prison pour avoir « été reconnu coupable de la mort de la comédienne Marie Trintignant en 2003 ». Selon Lorraine Pintal, « ils sont devenus des amis ».Nous sommes bien sûr dans le registre de la tragédie. Et, à la base, il faut prendre en ligne de compte que le chanteur n’a pas été condamné à la peine de mort pour son crime. Alors, on en vient à se demander si la condamnation, par plusieurs, de sa vie artistique, n’est pas un moyen de pallier une Justice qui lui aurait été trop clémente…Là est toute la question de la réhabilitation. Est-ce qu’un menuisier reconnu coupable de meurtre pourra refaire et vendre des meubles à sa sortie de prison? Sûrement que oui, étant donné le caractère beaucoup plus anonyme de son travail, comparé à un chanteur ou tout autre « métier » public.Mais d’un autre côté, quand on sait, on ne peut pas faire comme si on ne savait pas. Moi, en tant que DJ, j’ai encore de la difficulté à jouer « Le vent nous portera » de Noir désir, même si c’est une pièce que j’adore. Je ne peux pas l’écouter non plus pour mon bon plaisir, puisque je ne fais que penser à son crime. Mais bon, l’émotion et la musique sont tellement liées, ça ne doit pas tellement aider.Cependant, je me demande, est-ce qu’on voudra revoir Jean-François Harrisson à la télé s’il est reconnu coupable? Dans le fond, quel que soit le verdict, j’en doute fortement.Mais peut-être que je fais une erreur en tombant ainsi dans la généralité. Tuer sa femme ou posséder/distribuer de la pornographie infantile n’est pas la même chose, et pour la Justice, et pour les gens. J’en suis moi-même la preuve : je ne suis vraiment pas certain que je serais contre la peine de mort pour les pédophiles actifs. Et pour un gars comme Jean-François Harrisson trouvé coupable, je serais très fâché qu’il récolte une sentence bonbon (ce n’est même pas une tentative de jeu de mots…).Par contre, pour ce qui est de Bertrand Cantat, on peut toujours classer son crime dans la catégorie « passionnelle », même si ça ne pardonne rien. Pour la plupart, il sera toujours plus un tueur qu’un artiste. Il continuera donc de payer de sa vie. Sa dernière chance est que la mémoire collective s’efface avec le temps. Ajout :  Pour continuer votre lecture : http://remycharest.com/wordpress/2011/04/05/a-lenvers-a-lendroit-quelques-mots-sur-wajdi-mouawad-et-bertrand-cantat/http://www.cheznadia.com/archives/2011/04/cantat-a-tout-a-fait-le-droit-de-vivre-oui-mais-nous-avons-le-droit-de-ne-pas-etre-menes-en-bateau.htmlhttp://www.cvoyerleger.com/2011/04/cantat-1.htmlhttp://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/marc-cassivi/201104/04/01-4386493-le-droit-de-vivre.phphttp://blogue.martinpetit.com/2011/04/05/quand-tas-tue/http://www.patrickdion.ca/2011/04/pour-en-finir-avec-cantat.htmlhttp://www.labarbe.ca/podbarbe-le-faux-scandale/http://www.chroniquesdupatio.ca/2011/04/05/on-fait-dur-ben-dur/ Votre adresse mail :  Tweet Auteur : Renart LéveilléVisit Renart Léveillé's WebsiteSuivre Renart Léveillé sur TwitterCatégorie(s): culture, Justice, musique, opinions · Mots-clés: amis, anonyme, Artiste, artistique, Bertrand Cantat, billet, bonbon, caractère, catégorie, Chanteur, classer, clémence, collective, comédienne, condamnation, condamné, Coupable, crime, difficulté, dimanche matin, distribuer, doute, écouter, effacer, émotion, erreur, ex-chanteur, Femme, généralité, grec, groupe, infantile, Jean-François Harrisson, jouer, Justice, Le vent nous portera, Lorraine Pintal, Marie Trintignant, Mémoire, métier, meurtre, Mort, musique, Noir désir, opinion, passionnelle, payer, pédophiles, peine de mort, pièce, plaisir, pornographie, posséder, preuve, Prison, Public, registre, réhabilitation, sentence, Sophocle, Temps, théâtre, tragédie, tragédien, tranchée, travailler, tuer, tueur, verdict, version, Wadji Mouawad30 commentaires sur "Mouawad et Cantat : la tornade du dilemme" David Gendron dit : 2011/04/04 à 14 h 42 minDali était un sale enfoiré fasciste, et pourtant ça ne l’a pas empêché d’être un artiste génial. Des militaires tuent volontairement à tous les jours et on les considère comme des héros… Les CONservateurs sont en faveur de la peine et on risque de les aider à devenir majoritaires…Cantat a certes commis un voix de faits contre son ex-compagne, mais ce n’était pas un meurtre prémédité ni désiré au moment où il l’a commis…Je suis contre la peine de mort, car il s’agit d’un crime. Il faut étudier le comportement humain, pas juste le réprimer… David Gendron dit : 2011/04/04 à 14 h 44 minProudhon était un sale trouduc puritain et anti-sémite, et pourtant il est un des meilleurs penseurs anarchistes qu’on ait connus… Patate dit : 2011/04/04 à 15 h 23 minC’est une « échelle » difficile à baliser.Polanski, est-ce qu’on arrête de voir ses films?Tsé l’année dernière lors d’un party, on a appris après la soirée que le traiteur avait déjà été reconnu coupable d’attouchements envers ses employées: l’avoir su avant, on ne l’aurait pas choisi. Ça se rapproche de ton menuisier, tsé.Je crois que, au final, tout appartient à chacun de faire le lien entre le « métier » et les gestes commis, et c’est au « client » de choisir de ne pas consommer, que ça soit de l’art ou un filet de porc.« Institutionnaliser » ça, ça serait à mon avis une erreur puisque comme tu dis, il ne faut pas faire fi de la réhabilitation et que « théoriquement » et légalement, Cantat a payé sa dette (alors que Polanski non, mettons.) David Gendron dit : 2011/04/04 à 15 h 45 minPolanski un pédophile reconnu, un bon exemple… (même si je suis contre l’acharnement judiciaire contre lui en raison des délais et surtout de la volonté des victimes…)Mouawad et Cantat : la tornade du dilemme dit : 2011/04/04 à 16 h 21 min[…] Lire le texte original sur le blogue de Renart Léveillé Mots-clés : […] gillac dit : 2011/04/04 à 17 h 16 minVous avez bien analysé tout le dilemme que posent les gestes de pardon. Si je n’aime pas le théâtre et encore moins Sophocle, la décision est facile à prendre. Mais si je suis un passionné de théâtre et un inconditionnel de Mouawad, la réponse est moins évidente. Ce n’est pas vrai que la vie est facile… gillac dit : 2011/04/04 à 17 h 41 minVous avez fort bien analysé le dilemne que pose la question du pardon ou de la rédemption. Si je n’aime pas le théâtre et encore moins Sophocle, la décision est facile à prendre. Mais si je suis passionné par le théâtre et un fan inconditionnel de Mouawad. les choses se corsent. Comme quoi la vie n’est pas toujours facile et pouvant se résumer entre le blanc et le noir absolus. Un moment donné, on se retrouve seul avec sa propre conscience. Darwin dit : 2011/04/04 à 18 h 17 min@ David«Dali était un sale enfoiré fasciste, et pourtant ça ne l’a pas empêché d’être un artiste génial.»D’ailleurs, je me suis toujours refusé d’acheter ses toiles… Lucia Gauthier dit : 2011/04/04 à 20 h 41 minCrime passionnel ou non, cela n’enlève rien à la gravité de l’acte. Il a tué sa conjointe. Point à la ligne. Je ne pourrais pas applaudir sa prestation. C’est pour moi viscéral. Et je ne comprends pas l’attitude de Lorraine Pintal d’avoir accepté pareille chose. Inadmissible. Renart Léveillé dit : 2011/04/04 à 23 h 25 minDavid,pour ce qui est de la peine de mort, je pense comme toi, sauf pour les pédophiles…Patate,mais la différence entre Cantat et le traiteur, c’est qu’il est certain que les gens sont au courant pour Cantat.« il ne faut pas faire fi de la réhabilitation et que « théoriquement » et légalement, Cantat a payé sa dette »mais à voir la réaction de beaucoup de gens, il a encore une grosse dette et il ne pourra jamais la payer totalement.Gillac,non, y’a rien de simple, sauf pour Martineau :http://martineau.blogue.canoe.ca/2011/04/04/felicitations_au_tnmLucia Gauthier,« Je ne pourrais pas applaudir sa prestation. »c’est tout à fait compréhensible.Et sûrement que Lorraine Pintal a pesé le pour et le contre. Elle va peut-être s’en mordre les doigts. Ou ce sera un grand succès. Je ne pourrais pas gager sur un ou l’autre. Renart Léveillé dit : 2011/04/05 à 1 h 17 minPour continuer votre lecture :http://remycharest.com/wordpress/2011/04/05/a-lenvers-a-lendroit-quelques-mots-sur-wajdi-mouawad-et-bertrand-cantat/ Renart Léveillé dit : 2011/04/05 à 1 h 20 minQuelques tweets en lien avec ce sujet :Martineau a vraiment le tour de subjectiver le débat Mouawad-Cantat : http://bit.ly/hwjneJJ’en viens à me dire que le débat Mouawad-Cantat pourrait se régler par cette question : avons-nous confiance ou non en la Justice?Dur constat pour la Justice : Bertrand Cantat a encore une très grosse dette à payer et il ne pourra jamais en venir à bout. Jean-Luc Proulx dit : 2011/04/05 à 1 h 43 minJamais ça aurait passé en France!!! Là-bas, les Trintignant ont le bras long!!!Il n’y a qu’au Québec où un artiste-meurtrier peut se voir réserver un tel traitement royal!!! Le Québec appuyait les pédophiles Roman Polanski et André Brassard, juste parce qu’ils sont des artistes!!! Jean-Luc Proulx dit : 2011/04/05 à 1 h 50 min«est-ce qu’on voudra revoir Jean-François Harrisson à la télé s’il est reconnu coupable?»Non, sa carrière, telle qu’il l’a connue, est finie!!! En plus, ce type a des araignées dans le plafond!!!Mais, ça ne me surprendrait pas que l’on essait de lui redonner sa place, dans le showbiz québécois, parce que…c’est un artiste, «un havre de liberté», pour citer Marc-André Lussier, le même qui défendait Polanski, en 2009!!! sylvie dit : 2011/04/05 à 8 h 30 minEt quand on est fan de noir dez depuis vingt ans, et que le droit à la réhabilitation est une notion à laquelle on est très attachée, la décision semble facile…Quoique…C’est grace à Noir Désir que je me suis intéressée au travail du metteur en scène….Et c’est Sophocle qui me freine… David Gendron dit : 2011/04/05 à 10 h 17 minLorsque la pédophilie sera vraiment traitée et que les récidivistes seront castrés volontairement, la peine de mort (qui est un crime) n’aura aucune justification… David Gendron dit : 2011/04/05 à 10 h 32 minEn ce qui concerne Cantat, je n’ai aucun problème à ce qu’il séjourne ici. Ce sont aux clients de décider s’ils veulent l’encourager ou pas… Sylvain L dit : 2011/04/05 à 10 h 50 minSoit on est pour la réhabilitation, soit on est contre, et alors il ne subsiste que la prison à vie (je ne vois pas la peine de mort comme une option). Or, comment se réhabiliter sinon en faisant ce qu’on fait le mieux? Si on est pour la réhabilitation, je ne vois pas comment on peut refuser un marteau à un ouvrier, un micro à un animateur, un ampli à un musicien… Il n’en reste pas moins que la réhabilitation publique d’un personnage public n’est possible que si… le public suit. On a bien laissé un micro à Robert Gilet à la radio de Québec, mais le public n’a pas suivi comme en font foi ses cotes d’écoute faméliques. Alors on verra bien avec Cantat. Mais je n’ai pas beaucoup de doute dans ce cas: dans le contexte, la pièce de théâtre sera sans aucun doute un succès, puisqu’il ne faudra que quelques milliers de spectateurs pour qu’il en soit ainsi.Pour ce qui est de la comparaison avec des personnages odieux qui n’ont pas été condamnés pour des crimes punissables ou qui n’ont toujours pas payé des crimes commis, elle est bancale et non pertinente. MP dit : 2011/04/05 à 11 h 00 minC’est vrai qu’on peut difficilement trancher sur le réel degré de culpabilité de Cantat et, donc, sur ce que serait la sentence la plus «juste», à moins de connaître les détails les plus intimes, et même là… Mais je m’étonne quand même, en lisant les commentaires ici et ailleurs, de voir à quel point on amalgame aisément les travers plus ou moins criminels d’artistes ou de personnages publics pour justifier sa «tolérance» à l’idée d’applaudir sur scène un gars qui a battu à mort sa conjointe – actrice remarquable dans ce cas (je le mentionne parce que, tristement, la conjointe anonyme devient facilement une abstraction qui amoindrit la capacité de certains à mesurer l’horreur de l’acte tout en stimulant les plus douteuses «rationalisations»).Votre réflexion sur l’exercice de son métier après une condamnation est intéressante. Il me semble, pour ma part, que la distinction mérite qu’on s’y attarde lorsque, comme c’est le cas ici, le métier en question repose justement sur l’adulation. À la limite, Cantat serait écrivain et on estimerait, malgré ce qu’il a fait, que son écriture reste porteuse d’un certain enseignement, je pourrais comprendre. Mais l’applaudir sur scène???Et, très franchement, quelle que soit l’ouverture qu’on peut avoir à l’égard de la réhabilitation des assassins involontaires, je vois mal comment on peut blairer quelqu’un qui, ayant commis un tel acte (encore effroyablement présent dans la mémoire de tous ceux qui ont un minimum de sensibilité – et je ne dis rien de ceux pour qui Marie Trintignant n’est pas qu’un simple nom sur une affiche), a encore l’outrecuidance de remonter sur scène. Que ce type ne se garde pas une petite gêne, qu’il n’ait pas la décence élémentaire de se faire un peu oublier, là vraiment, comment ne pas y voir de l’arrogance ou du déni ou une incapacité viscérale d’assumer ses actes? Vince dit : 2011/04/05 à 14 h 39 min@MP:On ne peut pas nier le droit à un individu, criminel ou pas, de faire ce qu’il veut de sa vie. C’est vraiment au public à suivre ou pas. Au pire, le gars sera seul sur la scène.Pour comprendre un artiste, il faut penser en artiste.L’artiste est vaniteux. Il a besoin de l’amour du public pour s’aimer. Dans le cas de Cantat, c’est encore pire. Il a perdu une grande partie de cet amour, il le cherche encore plus. Penser qu’il pourrait « se garder une gène » est irréaliste. C’est pour ça qu’on voit des artistes « has been » comme Claude Dubois faire des pitreries… Ils recherchent coûte que coûte un peu d’amour du public, peu importe leur ridicule. Renart Léveillé dit : 2011/04/05 à 15 h 31 minJean-Luc,je crois que tu fais fausse route en amalgamant ainsi ce débat et celui, anti-artistes, si cher aux droitistes.Le problème, c’est qu’il a à exercer son « métier » en public, et qu’il est connu du public.Je me demande où tu vois un traitement royal… Il semble qu’il n’y a que Mouawad et Pintal pour l’accueillir à bars ouvert. Majoritairement, les gens sont mal à l’aise avec ça.Pour ce qui est de JF Harrisson, j’aurais presque le goût de gager avec toi qu’il est brûlé pour la vie…David Gendron,« En ce qui concerne Cantat, je n’ai aucun problème à ce qu’il séjourne ici. »http://twitter.com/#!/LeDeenoe/status/55319805305159680Sylvain L,pour Cantat, le vrai test sera quand il sortira un album solo ou avec un groupe (si un groupe ose…). reblochon dit : 2011/04/05 à 16 h 24 minJean-François Harrisson est un malade … puisque la pédophilie est une déviance qu’on peut soigner il parait. Donc ce n’est pas comparable à deux alcoolo-drogués qui se sont tapés sur la gueule avec la fin tragique que l’on connait.Bien sur qu’on ne voudra pas revoir un mec aimant les petits-enfants dans des émissions pour enfants, pas plus qu’on voudra voir Cantat animer un atelier pour les femmes battues.Mais personnellement, une fois sa peine purgée et tout risque de récidive écarté, Harrisson comme présentateur télé, je m’en fous.Et je ne vais pas arrêter d’écouter la musique ou regarder les films et tableaux de tous les artistes qui ont été violents ! Sinon tu te prives d’un paquet de chef d’oeuvres. D’ailleurs je doute que tu connais la moitié des histoires sordides de certains artistes à une époque où les médias ne faisaient pas la couverture du moindre drame mondain. Jean-Luc Proulx dit : 2011/04/05 à 16 h 47 min@ Renart.Cantat doit travailler, c’est vrai et je n’ai pas dit le contraire!!! Alors qu’il se trouve une job, dans une shop, et qu’il se la ferme, en gardant l’image de Marie Trintignant baignant dans son sang, pendant que monsieur cuvait son vin, confortablement, dans son lit douillet!!!Je ne suis pas anti-artiste!!! Pour moi, un artiste n’est pas plus important que n’importe quel autre travailleur!!! Je veux juste que l’on arrête de me prendre pour une valise, en me faisant accroire que les artistes ont le droit de tout faire, juste parce qu’ils représenteraient «un havre de liberté»!!!Je m’excuse, mais les lois sont faites, pour tout le monde, y compris pour les artistes!!! Tu n’as pas le droit de battre ta femme et de la tuer ou de saôuler et d’agresser sexuellement un enfant!!!J’aurais eu la même réaction, si ça avait été Joe Blow de l’autre côté de la rue qui aurait tué sa femme et qui se serait trouvé cette «rédemption»!!!Qu’un criminel s’appelle Bertrand Cantat ou Roman Polanski ou André Brassard ou Joe Blow ou Quidam Lambda (pour paraphraser Pierre JC Allard), je m’en fous!!! Moi, je regarde le crime et les trois premiers personnages que j’ai nommé (les deux n’existant pas) n’ont pas payé leur dette à la société, quant à moi!!!Pour ce qui est de Harrisson, je tiens le pari!!! Jean-Luc Proulx dit : 2011/04/05 à 16 h 49 minOups: «…les deux derniers n’existant pas…» Jean-Luc Proulx dit : 2011/04/05 à 16 h 59 min@ reblochon.La pédophilie ne se traite pas, ce n’est pas vrai, ça!!! Ça, c’est une vue de l’esprit!!! Camil Girard a, clairement, dit, à ce journaliste français, que les thérapies qu’il a suivies en prison n’ont rien donné, car la pédophilie est dans sa nature!!! Donc, c’est dans sa nature, c’est en lui, c’est dans ses culottes, bon!!! Ce problème-là ne se passe pas dans la tête, mais bien entre les deux jambes!!!http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/justice-et-faits-divers/201004/08/01-4268405-la-therapie-ca-na-rien-donne-un-pedophile-quebecois-filme-a-son-insu.phpPar contre, la pédophilie, même si elle ne se traite pas, peut, quand même, se contrôler, si les pédophiles, peu importe leur statut social, sont castrés et si ils sont menregistrés, dans un Registre national des pédophiles!!!Dès que l’on abjure la société, celle-ci, en retour, ne nous doit plus rien!!! David Gendron dit : 2011/04/05 à 17 h 03 minPeut-être que ça viole la loi sur l’immigration, en effet. Curieusement, elle est appliquée plus vigoureusement chez les non-occidentaux… David Gendron dit : 2011/04/05 à 17 h 04 min« L’artiste est vaniteux. »Pas tous… MP dit : 2011/04/05 à 17 h 43 min@ Vince Mouais… malheureusement, ce que tu avances est trop souvent vrai. Mais bon, idéaliste que je suis peut-être, je conçois tout de même que des artistes puissent se révéler intègres et capables de courage à l’occasion…D’ailleurs, j’avoue ne pas vraiment savoir quoi penser de la démarche de Mouawad dans cette histoire. Mais, en tout cas, si la rédemption et le pardon en forment vraiment le cœur, alors je crois que cela exige aussi l’abnégation. Et dans ce cas précis, à mon sens, si Cantat est un véritable artiste, cela implique qu’il trouve une motivation à créer qui ne s’alimente plus au besoin d’être acclamé. Darwin dit : 2011/04/05 à 19 h 37 minQue Cantat travaille en présentant des spectacles ou en sortant des albums, je n’ai rien contre.Qu’on l’invite à participer à une pièce de théâtre au Québec, j’ai en beaucoup contre. Surtout pour cette pièce là… reblochon dit : 2011/04/05 à 21 h 30 minDarwin, tu n’as qu’à pas y aller pour ne pas cautionner cela. On ne va pas établir un tribunal du bon goût qui décidera qui aura le droit de se produire et sous quelle condition. Un tribunal qui te dit dans quoi tu peux jouer ou ce que tu peux jouer ?*********************Discuter du choix d’un créateur en soulevant l’argument de la moralité … c’est bien conservateur comme esprit. Il n’y a ni appel à la haine, ni propos sexiste, raciste, etc.Laissez un commentaire Cliquez ici pour annuler la réponse. Nom (requis) Courriel (ne sera pas publié) (requis) Blogue ou site […]

    Ping by Mouawad et Cantat : la tornade du dilemme | Renart Léveillé — 5 avril 2011 @ 22:57

  3. Je ne qualifierai pas cette sordide histoire, une dispute de couple aviné, entre une brute et une hystérique pour être un peu cru, qui a mal tourné comme on le sait, de « meurtre crapuleux, » car cela n’a rien d’un meurtre, « crime d’une personne qui a tué volontairement un être humain », et est encore moins de crapuleux, teinté de « mœurs dissolues ».

    Rappelons que la justice a décidé qu’il s’agissait d’un homicide involontaire. Et juqu’à preuve du contraire, toute le laisse accroire.

    Cela dit, je partage entièrement ton irritation. Heureusement qu’il y a des chroniqueurs de la société au Québec comme Marie-France Bazzo pour compenser les éructations de pitous réactionnaires et castrés comme Martineau et Lagacé, les deux derniers contribuant plus à la « madamisation » que la première de mon point de vue.

    Commentaire by Laurent — 5 avril 2011 @ 23:00

  4. Laurent, tu vois, tu prouves mon point. La majorité des gens qui commente cette histoire ne connait pas les faits. Parce qu’il a battu sa femme, c’est nécessairement un crime crapuleux – peu importe les circonstances. La nuance ne fait plus partie des « considérant » de nos réflexions instantanées en 140 caractères :-)

    Commentaire by Marie-José — 6 avril 2011 @ 00:23

  5. Cantat dans la « Triologie des femmes ». Voyons donc! Vincent Lacroix au Banquier ou Guy Cloutier au téléthon Opération Enfant-Soleil tant qu’à y être. Pousse mais pousse égal!

    Commentaire by Jonathan B — 6 avril 2011 @ 00:33

  6. Là, je crois que vous êtes en plein délire de « bien-pensant »! Comparé Martha Stewart à Cantat, wow. Pourquoi pas Pee-wee Herman et Mario Pelchat!! Mais franchement. Homicide involontaire ou pas, il l’a tué!!

    Ce qui m’irrite le plus c’est ce discours « bien-pensant », juste pour avoir l’air cool, différente, compréhensive, qui frise la condescendance. La réinsertion ne veut pas dire que vous pouvez faire comme si rien n’était arrivé, il y a des conséquences.

    Vincent Lacroix, Earl Jones, Carole Morinville et tous ces autres fraudeurs qui ont été condamnés ne pourront plus JAMAIS s’occuper de l’argent des autres. Banni à VIE.

    J’imagine que s’il ne peut pas entrer au Canada à cause de son dossier criminel vous allez demander au gouvernement de lui faire un passe-droit pour sa réinsertion.

    « L’autopsie réalisée en France indique que l’actrice a été violemment frappée et secouée à plusieurs reprises et écarte implicitement la thèse d’une chute accidentelle. L’examen du corps relève de multiples traumatismes du visage, un oedème général du cerveau et une fracture des os du nez. »

    Oui, à la réinsertion mais qu’il fasse comme les Lacrois, Jones et Morinville qu’il se trouve un autre boulot!

    Commentaire by Sylvain Plourde — 6 avril 2011 @ 00:43

  7. @Jonathan et Sylvain: mon point n’est pas d’excuser Cantat. Mon irritation vient plutôt du double discours que nous tenons comme société. Être pour la réinsertion, mais au cas par cas selon une échelle de valeurs qui nous est propre, c’est comme à être à moitié enceinte, selon moi: impossible. Non, je ne banalise pas le geste, et pour être claire, Sylvain, la comparaison avec Martha Stewart n’est pas de moi, mais de Joblo. Mon point était plutôt de souligner que, comme Québécois, on tient un double discours, et pas seulement sur le sujet. Cette affaire n’est qu’un exemple.
    Mon point est également de dire qu’on s’énerve pour des tas de choses sur les médias sociaux, on se « spin » et se « surspin » sans aucun recul, sans réflexion aucune. Du commentaire gratuit. Je m’avoue coupable, puisque je blogue sur le sujet.

    Commentaire by Marie-José — 6 avril 2011 @ 00:59

  8. Ce qu’il y a de commun entre les « indignés », c’est la perte de confiance dans les institutions (justice…entre autres). 4 ans de prison, c’est trop peu pour un homicide. Comparaison tordue: certain de nos compositeurs prennent 8ans entre 2 albums!
    La vie est comme un pendule…qui est allé trop à gauche. La réinsertion, je veux bien mais APRÈS la détention.

    Commentaire by jcfortin — 6 avril 2011 @ 06:32

  9. Laurent: vous avez une manière un peu désinvolte de banaliser la violence contre les femmes. Il l’a frappée et elle est morte. Involontaire ou non, il a été condamné et on ne peut dire que c’est une banale dispute de couple.

    Aucun rapport avec ce que je pense du sujet.

    Commentaire by Cecile Gladel — 6 avril 2011 @ 08:13

  10. Bravo pour essayer de ramener un peu de raison et de réflexion mais à lire les commentaires, je crois qu’il faudra attendre la prochaine saveur du jour…

    Commentaire by Benoit — 6 avril 2011 @ 09:10

  11. @jcfortin: vous soulevez un point tout à fait valide. Mais que les sentences soient appropriées ou non est un tout autre débat, à mon point de vue. Le fait est que l’homme a été condamné, qu’il a purgé la peine imposée selon le système en place et qu’il doit maintenant vivre. On s’indignerait doublement si en plus, faute de pouvoir exercer son métier, il vivait aux crochets de la société. Le public le jugera encore plus sévèrement s’il ne peut plus vendre d’album et s’il boude ses spectacles.

    Commentaire by Marie-José — 6 avril 2011 @ 09:16

  12. «Pourquoi on fait dur? On s’insurge. On le blâme de vouloir exercer son métier»

    On ne s’insurge pas parce qu’on est québécois….vous vous souvenez du film Aurore l’enfant martyr? L’actrice qui a joué ce rôle n’a pratiquement plus eu de contrat pour gagner sa vie après l’avoir joué.

    Le méchant enfant blond dans Harry Potter, quelle est sa visibilité médiatique par rapport à Harry, Hermione et le rouquin?

    Pourtant ce ne sont que des rôles…..Cantat a tué pour vrai.

    J’ai un penchant pour la réhabilitation comme premier choix de réinsertion sociale…..quand cela est possible. Je ne connais pas son cas à Cantat. Mais il ne l’aura pas facile….et c’est normal. Il devra vivre avec son passé et faire face à la musique. (sans jeu de mot)

    Commentaire by Danièle Bourassa — 6 avril 2011 @ 09:22

  13. @Benoit: ouaip. Si seulement le CH pouvait gagner la première ronde éliminatoire, ça aiderait…:-)
    @Danièle: Cantat vit déjà avec son passé, vous avez raison. Et au fond, qu’il vienne ou non ne change pas le fait qu’on est pas toujours cohérents dans nos indignations. Nous ne faisons plus de vrais débats de société, on twit notre pensée profonde en 140 caractères.

    Commentaire by Marie-José — 6 avril 2011 @ 09:34

  14. Je ne comprend pas ce lynchage collectif de quelqu’un qui a purgé sa peine, s’est maintes fois excusé et surtout les gens qui « JAMAIS ne pardonnerons à Bertrand ».

    de un, le pardon, ça se passe entre une victime, l’entourage de la victime et l’intimé et son entourage.
    de deux, la justice, pour qu’elle s’exerce doit fonctionner dans les deux sens. On ne peut pas d’un côté, demander des peines plus sévères, et de l’autre, lorsqu’elles sont infligées, continuer à lyncher les personnes inculpés.
    de trois, des gens comme Bertrand Cantat, il en sort chaque jour de prison. On s’acharne sur une figure médiatique et je trouve ça très injuste envers lui.
    de quatre, si c’était votre père ou votre frère, vous trouveriez la force de lui pardonner, et surtout, d’excuser son geste malheureux.
    de cinq. tout ça vous regarde pas. il a un talent, et il a le droit de l’exercer.

    arrêtons l’hypocrisie et le faux politiquement correct. un député du gouvernement Harper est un ex-criminel… Personne ne s’est jamais insurgé de la sorte pourtant.

    Commentaire by edouard — 6 avril 2011 @ 12:51

  15. Je n’aime pas Bernard Cantat et je n’irai certainement pas l’applaudir. Je ressens un malaise à imaginer sa présence sur scène au TNM. Au delà de toutes les considérations de réhabilitation ou autres, la question à laquelle je dois répondre est sur un plan éthique. Est-ce que la société peut exercer une censure sur une démarche artistique? Si l’objectif ne vise pas à nuire ou à susciter la haine d’autrui, ma réponse est non. L’art doit être un révélateur des contradictions d’une société et restreindre ce droit est nier le rôle de l’artiste. Que cela me plaise ou non.

    Commentaire by René LeSage — 6 avril 2011 @ 13:05

  16. Le pardon! Vertu phare des grandes religions mais un concept assez mal assimilé par les populations vertueuses.
    Le pardon! Chemin semé d’embûches, nécessitant pour y aboutir, son lot de réflexions et d’ expériences. C’est un pensez-y-bien.
    Le pardon! État de conscience rare.

    Commentaire by Marie Gobeille — 6 avril 2011 @ 14:15

  17. […] AccueilRenart, en vracDépotoir éphémèreAh: c'est Pascal ton nom?La campagne contre l’Iran : le lobby sioniste et l’opinion juiveBlogolisteVisuelPoésieRenart Léveillé » humanisme, Justice, opinions, philosophie, société » Mouawad et Cantat : après le dilemme…Mouawad et Cantat : après le dilemme…2011/04/06 | Ajouter un commentaire Hier, j’ai passé presque toute ma journée tétanisé, devant mon écran, par le débat Cantat-Mouawad :Le soleil serait bienvenu, cette histoire Cantat-Mouawad est un gros nuage gris scotché à mon cerveau.J’expose dans mon billet précédent une position en déséquilibre et c’est ce déséquilibre qui m’a fait balancer d’un côté et de l’autre tout au long de mes lectures*, jusqu’à pencher finalement de plus en plus du côté de Cantat-Mouawad. Et ce n’est pas du tout par approbation du crime commis, s’il faut le spécifier (oui, il le faut, puisque je me doute bien que cela sera une avenue trop facile à emprunter pour ceux qui liront mon texte et qui penchent de l’autre côté). C’est bien plutôt la pauvreté argumentaire du clan contre qui m’a fait cheminer vers une acceptation de la possibilité que Bertrand Cantat puisse un jour retrouver les planches. Dans un avenir proche? Non, les cendres sont encore trop chaudes, même pour beaucoup de ceux qui sont capables de regarder tout ça froidement.En vrac, cette pauvreté argumentaire, avec commentaires. Total refus de voir ce crime dans son contexte. Se servir de cette décontextualisation pour bâtir un argumentaire, qui sera alors tout simplement bancal, logiquement. Toujours mettre de l’avant le côté scabreux du crime, comme si ce n’était pas déjà assez évident pour tout le monde et que le système de Justice ne s’y était pas assez penché (qui peut douter que l’avocat chargé de l’accusation ne s’en soit pas servi à satiété pour convaincre le jury?). Comparer ce crime avec d’autres alors qu’il est visiblement inédit, donc, difficilement comparable. Remettre en doute, pour des raisons souvent obscures, et le jugement qui a été rendu, et la capacité de la société à réhabiliter. Pointer le fait que Bertrand Cantat est un artiste, a une notoriété, et donc présumer qu’il aurait des privilèges que les autres criminels n’ont pas. En faire une affaire de guerre des sexes, comme si un Bertrand Cantat homosexuel ayant tué un homme au lieu d’une femme avait été plus passible de rédemption aux yeux de la société. Et surtout, remettre en question la moralité de ceux qui veulent aider le chanteur.Donc, aveuglement volontaire, sensationnalisme, gros doute personnel sur un retour possible de la peine de mort, encore la croisade anti-artiste et un lien avec le féminisme qui est tout sauf clair. Justement, parlant féminisme, j’écrivais dernièrement : le féminisme est un humanisme. En en lisant certains, pour ne pas dire certaines, c’est bien le contraire qui est prouvé. Le féminisme n’est pas un humanisme pour tout le monde. Le crime de Cantat n’est pas un drame humain, mais bien plutôt seulement un crime contre les femmes. Donc, le pardon est impossible.Sans pour autant cautionner la violence faite aux femmes, je me questionne quant à cette prise de position sans appel, comme si on devait mettre à ce point une hiérarchie sur les drames. Je suis bien d’accord que chaque drame n’est pas équivalent, mais bon, je ne suis pas certain que regarder trop ce débat sous la loupe féministe est une si bonne chose.Autrement, je n’aime pas trop non plus ceux qui moussent trop ce débat en faveur de Cantat et Mouawad en y insufflant son caractère artistico-philosophique. C’est déjà immensément philosophique comme débat. Le côté artistique me semble plus un dommage collatéral, ce qu’en serait le côté menuiserie si le criminel avait été un menuisier (bien sûr, nous n’en parlerions sûrement pas si ce n’avait été un artiste). Le côté artistique ne se trouve pas dans le crime, ce n’est pas Cantat le chanteur qui a tué avec un chant, ni dans le débat autrement que dans une hypothétique participation du chanteur à un spectacle de théâtre qui n’est encore qu’à l’étape de projet.Et pour clore le tout, il n’est vraiment, mais vraiment pas certain que Bertrand Cantat pourra se rendre jusqu’ici. Quoi qu’il en soit, ce débat aura au moins été instructif… ******* *J’ajoute ici une partie de mes lectures : http://remycharest.com/wordpress/2011/04/05/a-lenvers-a-lendroit-quelques-mots-sur-wajdi-mouawad-et-bertrand-cantat/http://www.cheznadia.com/archives/2011/04/cantat-a-tout-a-fait-le-droit-de-vivre-oui-mais-nous-avons-le-droit-de-ne-pas-etre-menes-en-bateau.htmlhttp://www.cvoyerleger.com/2011/04/cantat-1.htmlhttp://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/marc-cassivi/201104/04/01-4386493-le-droit-de-vivre.phphttp://blogue.martinpetit.com/2011/04/05/quand-tas-tue/http://www.patrickdion.ca/2011/04/pour-en-finir-avec-cantat.htmlhttp://www.labarbe.ca/podbarbe-le-faux-scandale/http://www.chroniquesdupatio.ca/2011/04/05/on-fait-dur-ben-dur/http://savignac.wordpress.com/2011/04/05/quand-bertrand-cantat-me-confronte/http://www.voir.ca/blogs/tristan_malavoy-racine/archive/2011/04/06/vade-retro-bertrand-cantat.aspxhttp://anarchopragmatisme.wordpress.com/2011/04/06/sur-laffaire-bertrand-cantat-ou-pourquoi-je-ne-me-presenterai-jamais-en-politique/ Votre adresse mail :  Tweet Auteur : Renart LéveilléVisit Renart Léveillé's WebsiteSuivre Renart Léveillé sur TwitterCatégorie(s): humanisme, Justice, opinions, philosophie, société · Mots-clés: acceptation, accusation, anti-artiste, argumentaire, Artiste, artistico-philosophique, artistique, aveuglement volontaire, avocat, bancal, Bertrand Cantat, Cantat, cautionner, Cerveau, chant, Chanteur, charge, commentaires, contexte, convaincre, crime, criminel, croisade, débat, décontextualisation, déséquilibre, dommage collatéral, doute, drame, Féminisme, féministe, Femme, Femmes, guerre des sexes, hiérarchie, Homme, homosexuel, Humain, humanisme, hypothétique, impossible, instructif, jugement, jury, Justice, logiquement, moralité, Mouawad, notoriété, pardon, participation, Pauvreté, peine de mort, philosophique, Position, possibilité, présumer, privilège, projet, question, rédemption, refus, réhabiliter, sans appel, scabreux, Sensationnalisme, société, Spectacle, système, tétanisé, théâtre, ViolenceLaissez un commentaire Cliquez ici pour annuler la réponse. 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    Ping by Mouawad et Cantat : après le dilemme… | Renart Léveillé — 6 avril 2011 @ 16:42

  18. Il est où le bouton «like»? Je partage aussi ces réflexions: http://www.voir.ca/blogs/tristan_malavoy-racine/archive/2011/04/06/vade-retro-bertrand-cantat.aspx

    Commentaire by Marie-Julie — 6 avril 2011 @ 21:48

  19. Eh bien, eh bien… T’attendais-tu à de telles réponses ?

    En fait je m’explique difficilement pourquoi tout ce bruit. Ça va surement paraître très simpliste comme position mais il me semble qu’il serait possible que chacun se fasse un avis sur la question sans que cela devienne une affaire nationale…

    Commentaire by Hoedic — 6 avril 2011 @ 21:49

  20. J ‘ai, comme d’autres à ce que je vois et entends ces derniers jours, mon opinion bien personnelle sur la question mais, une chose est certaine cependant… L’expression « Parlez en bien, parlez en mal » n’aura jamais été aussi vraie!

    Commentaire by Johanne — 7 avril 2011 @ 21:27

  21. « Mon irritation vient plutôt du double discours que nous tenons comme société. Être pour la réinsertion, mais au cas par cas selon une échelle de valeurs qui nous est propre, c’est comme à être à moitié enceinte, selon moi: impossible.  »

    http://jeanneemard.wordpress.com/2011/04/09/quand-cantat-et-ses-ti-namis-me-font-la-morale/

    Je pourrais invoquer la même chose, on ne peut pas être à moitié contre la violence conjugale. On condamne totalement ou pas cette violence. Moi, je n’ai pas un double discours là-dessus…et vous?

    Commentaire by koval — 10 avril 2011 @ 10:03

  22. @koval… On peut condamner la violence conjugale totalement, mais déplorer que nous tenons quand même un double discours. C’était le but de mon propos. Notre « politiquement correct » et notre réalité. Patrick Roy a aussi été pris en flagrant délit de violence conjugale. Et il est de retour derrière le banc d’une équipe de hockey, a été accueilli en héros au Centre Bell… Et je pourrais vous retourner la question: le fait de condamner la violence conjugale fait-il en sorte qu’on devrait rétablir la peine de mort?

    Commentaire by Marie-José — 10 avril 2011 @ 10:57

  23. L’exagération est de nous dire qu’on n’accepte pas la réhabilitation parce qu’on trouve l’idée sordide. C’est ma position c’est tout.

    La peine de mort est une grave exagération….c’est charrier et désolant comme manque de nuance….il me semble qu’on peut être contre la venue de Cantat qui a tué sa femme dans une pièce où dénonce la violence faite au femme parce que cela constitue un affront pour plusieurs femmes.

    M’enfin c’est ce que je tente d’expliquer dans mon billet.

    Les sorties nous traitant de réactionnaires pour une prise de position assez normale m’énervent…ça me semble un jugement un peu rapide…

    Roy n’a pas tué, et je ne sais même pas s’il a été trouvé coupable….anyway, ça ne se compare pas du tout.

    Commentaire by koval — 10 avril 2011 @ 12:47

  24. M’enfin, je n’ai pas un double discours, pas plus que les pro-Cantat!

    Commentaire by koval — 10 avril 2011 @ 12:48

  25. Ce que je déplore le plus dans ce genre de débat, ce sont les accusations entre les partisans des deux camps.

    Quand deux valeurs comme la réhabilitation et la lutte contre la banalisation de la violence conjugale s’affrontent, la décision n’est jamais simple. Je n’ai rien contre ceux qui n’arrivent pas à la même conclusion que moi, tant qu’il ne m’abreuvent pas d’injures et ne me prêtent pas des intentions que je n’ai pas. J’en veux autant à ceux de mon camp qui agissent de même.

    De la récupération, il y en a dans les deux camps. Récupération politique d’un côté et récupération masculiniste ou anti-féministe de l’autre. Et, peu importe de quel côté on penche, je crois qu’on pourrait s’entendre pour dénoncer les récupérateurs !

    Commentaire by Darwin — 10 avril 2011 @ 13:23

  26. @Koval: je ne vous ai pas accusé de double discours, je me questionne. C’est donc qu’il y a une gradation dans la violence conjugale? Parce que dans ma tête, une baffe, c’est une baffe… la différence entre Cantat et Roy résiderait dans la gravité du geste? Pour moi, il n’y a pas de différence dans le geste ou même dans l’intention, mais dans l’aboutissement, et c’est pour ça que les tribunaux existent. On peut être en accord ou pas avec la sentence, mais c’est un tout autre débat.
    Mon point n’est pas de créer une polémique sur la non-venue de Cantat. Mon point est plutôt de dire que dans toute l’exagération et la récupération @Darwin, je vous donne raison là-dessus!, on a souvent parler des deux côtés de la bouche, comme disait ma grand-mère :-)

    Commentaire by Marie-José — 10 avril 2011 @ 16:37

  27. Marie-José

    Je répète, je peux trouver ce choix grotesque et insultant pour plusieurs tout en étant très pro réhabilitation. Je vous invite à lire Bombardier que Darwin m’a pointée, si ça vous tente, elle invoque un point de vue très intéressant et nuancé, le concept de la traversée du miroir en art….un pari hautement risqué!

    http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/320748/au-nom-de-l-art

    Commentaire by koval — 10 avril 2011 @ 19:45

  28. « Pour moi, il n’y a pas de différence dans le geste ou même dans l’intention, mais dans l’aboutissement »

    Soyons pratiques et convenons que l’aboutissement réside complètement dans la force du geste! 😉

    Commentaire by koval — 10 avril 2011 @ 19:48

  29. « Laurent: vous avez une manière un peu désinvolte de banaliser la violence contre les femmes »…

    Hey, misère… Je ne banalise rien et votre observation est au cœur du débat, vouloir faire de cette affaire un symbole qui la dépasse. Un peu comme certains on fait de l’exploitation du drame à Polytechnique (personne ne fait le lien ?). Voilà Cantat qui fait concurrence à Lépine, dans une représentation archétype de la violence envers les femmes (mais pas encore de l’homme opprimé, dieu nous en préserve jusqu’alors).

    Rappeler que la justice a conclu à un homicide involontaire et non à un meurtre, ce qui est un fait, ne revient en rien à banaliser quoique ce soit et à porter un jugement d’ordre général.

    Commentaire by Laurent — 17 avril 2011 @ 11:52

  30. […] http://www.chroniquesdupatio.ca/2011/04/05/on-fait-dur-ben-dur/ […]

    Ping by Mouawad et Cantat : la tornade du dilemme — 26 mai 2011 @ 12:21

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