La fragilité des choses et de la vie

Dans l’effervescence des séries du hockey, de cette légère amertume de la défaite, de l’espoir vacillant de voir la Coupe revenir à Montréal, du printemps qui tarde à s’installer et de la grisaille qui chasse vite le soleil, une nouvelle comme un coup de massue. Le décès de Claude Lemieux, lui qui portait fièrement le flambeau il y a 3 jours.

60 ans, c’est jeune en bibitte pour mourir. Même si les joueurs de cette époque se sont usés prématurément, ç’est jeune. Cet automne, on a perdu Matoue, la cinquantaine tout juste assumée, d’un vilain cancer. Ça aussi, ça m’a donné un coup.

Claude Lemieux, c’est ma jeunesse. C’est le temps où écouter les séries n’était pas seulement un plaisir, mais un rendez-vous d’amis, de familles, d’ennemis presque jurés (toi pis tes maudits Bruins! Tes Nordique, sont même pas capables de compter, sauf dans leur but! Pis parlant de but, celui d’Alain Côté, y’était bon!) rassemblés autour d’une bière pis d’un gros sac de chips.

Ce coup de tonnerre, c’est comme un rappel, brutal, qui tout peut changer du jour au lendemain. Qu’on ne peut pas prendre pour acquis que demain sera pareil à aujourd’hui. J’ai toujours été reconnaissante de ce que j’ai, et je me considère privilégiée. J’ai une retraite enviable, pas de souci de santé majeur, un amoureux et une famille que j’aime et qui m’aiment. Assez de sous pour avoir une vie culturelle, un frigo plein et parfois, du bon vin. Mais je suis aussi consciente que ça peut – et qu’éventuellement – se terminer brutalement. D’où l’obligation d’être dans la gratitude et d’en profiter pleinement.

Bien sûr, j’aurais pu écrire sur cette semaine politique un brin erratique, où j’ai l’impression qu’on me prend pour une débile de première. J’aurais pu vous dire à quel point je suis impressionnée par Steven Guilbault, son discours zéro revanchard et sa foi inébranlable qu’on peut, si on veut, changer le cours des choses. J’aurais pu vous dire à quel point les points de presse de Martin St-Louis m’enchantent.

Ce ne sont pas les sujets qui manquent. Et le goût d’écrire revient, peu à peu.

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