Fin d’année

Merveilleuse merveille est partie ce matin chargée comme un mulet. Dernière journée d’école rime avec présents témoignant notre reconnaissance pour le prof, l’éducatrice, la responsable du service de garde, et j’en passe.

J’ai crée un monstre lorsque MM a commencé l’école. Plutôt que de donner une tasse, une bouteille de vin ou un bain moussant, j’ai offert, le premier Noël, des pâtisseries maison dans de jolies boîtes. Puis, à la fin de la maternelle, des confitures maison dans de jolis pots. Depuis, le mot s’est passé et on me demande, dès le mois de mai, quelles seront les « gâteries » de fin d’année.

Malgré la fatigue hier,  je n’ai pas failli à la tâche et j’espère avoir été à la hauteur de ma réputation. Après tout, donner quelques heures pour faire plaisir à ces femmes qui ont vraiment fait une différence dans la vie de ma fille cette année, c’est bien peu comparé au boulot qu’elles font quotidiennement. Et au fond, je me contente de faire des choses toutes simples. Z’avez envie que je partage mes recettes, qui n’en sont pas vraiment?

Sauce caramel à la fleur de sel

2 tasses de cassonade foncée, bien compactées

6 c. à table de farine

2 tasses de lait (ou un mélange crème-lait)

4 jaunes d’oeuf

1 c. à table de fleur de sel

1 c à table de beurre salé

Dans un chaudron à fond épais, mélanger la cassonade et la farine. Ajouter le lait graduellement, et faire cuire à feu moyen/vif en brassant jusqu’à ébullition. Laisser bouillir une minute et retirer du feu. Dans un bol, bien battre les jaunes d’oeufs. Y ajouter la moitié du mélange chaud de caramel et brasser vigoureusement, pour éviter la formation de grumeaux. Remettre dans la casserole et ramener à ébullition. Laisser cuire une autre minute. Retirer du feu, ajouter le sel et le beurre et mélanger légèrement. Mettre en pots et garder au frigo.

Framboises à la vanille

Dans une casserole à fond épais, mélanger des quantités égales d’eau et de sucre (sirop simple). Y mettre une ou deux gousses de vanille fendues et grattées. Amener à ébullition et laisser cuire doucement 10 minutes.

Dans un gros pot, compacter le plus de framboises possible. Y ajouter le sirop bouillant, les gousses de vanille et fermer. Laisser refroidir au comptoir et garder ensuite au froid. Une fois le pot vide – et chez-nous, ça se passe assez vite!  – vous pouvez conserver le sirop vanillé/framboisé pour aromatiser une salade de fruits, par exemple. Et vous servir des gousses de vanille pour préparer ma prochaine recette…

Essence de vanille maison

2 à 3 gousses de vanille fendues

2 tasses d’alcool – vodka ou rhum ou cognac ou brandy. (L’alcool utilisé modifiera le goût de votre essence)

Mettre l’alcool dans un pot de type Mason et y jeter les gousses de vanille. Laisser macérer à la noirceur pendant au moins 2 mois et transvider ensuite dans un joli contenant. 

Mon pot Mason est toujours au fond de mon armoire. J’y rajoute les gousses utilisées pour d’autres usages et de l’alcool lorsque la réserve baisse.

Confitures de fraises sans cuisson au balsamic

 6 casseaux de fraises nettoyées et équeutées

1 tasse de sucre fin

2 c à soupe de vinaigre de vin balsamic (le meilleur possible)

Écraser les fraises au pile-patates, en laissant de beaux morceaux. Incorporer le sucre et le vinaigre balsamic. Mettre en pots et conserver au frigo.

Toutes ces petites douceurs sont excellentes sur de la glace vanille, un morceau de gâteau quatre-quart ou carrément à la cuillère! Et que dire du plaisir matinal, sur une toast bien beurrée, avec un café chaud?

À tous les professeurs, merci pour cette année. On vous critique, on vous bardasse, mais on sait le rôle primordial que vous jouez auprès de nos enfants, la patience qu’il vous faut et la passion que vous avez encore malgré tout pour ce beau métier!

À ma merveilleuse merveille, nous sommes fiers de toi. Non seulement tu rapportes un bulletin extraordinaire, mais tu as pris de la maturité et de l’assurance. Tu n’es pas encore tout à fait un  ange, mais le démon s’est éloigné. Tu es toujours ma belle rebelle…

 

 

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Ouais (bis)

Dans toutes les inquiétudes qui vous minent quand vous devenez mère, il a celle de voir votre enfant ostracisé par ses pairs. Pas que je souhaite que ma fille soit la future « prom queen » du village, nenon. Mais ce qui m’a le plus fait mal, au cours des dernières années, était de la sentir si seule, si vulnérable et si maladroite dans ses amitiés.

Un des bienfaits de la médication est d’avoir amoindri les aspérités qui rendaient les relations sociales plus difficiles. Depuis, le téléphone sonne presque aussi souvent pour Merveilleuse merveille que pour nous. Et depuis samedi, je gère une autre angoisse: ma fille fait partie d’un gang de rue. Ouais.

En fait, pour être précise, elle fait partie d’une gang de boulevard. Le boulevard sur lequel donne son école. Et sa gang s’appelle le « club de la cabane », en l’honneur de la cabane qu’elles vont construire chez l’une d’entre elles. Elles s’échangent des plans, se font des listes de « to-do », d’autres listes de ce qu’elles devront apporter, des listes encore du matériel que les parents devront généreusement fournir. De gré ou de force.

Samedi matin, 10h00. Le téléphone sonne. « bonjour, c’est MP. Est-ce que Merveilleuse merveille va mieux? Pourrais-je lui parler? Nous avons une réunion du Club de la cabane à 11h00 chez C, va-t-elle venir? » Et voilà merveilleuse partie pour la journée.

Lundi matin, 9h00. Le téléphone sonne. « Bonjour, c’est C. Est-ce que Merveilleuse merveille est là? Nous avons une réunion du Club de la cabane à 11h00. Chez-vous.  »

Alors que je pensais prendre cette journée un peu plus relax, me voilà à nourrir le club de la cabane. Et croyez-moi, ça mange, une gang de rue! Pas hâte de voir ça à l’adolescence!

Au fond, je suis super heureuse. Merveilleuse merveille gère de mieux en mieux ses relations amicales, et tant pis pour le reste. La balayeuse peut attendre, juste d’entendre leurs rires et leurs cris de petites filles qui profitent d’un congé, c’est de la musique à mes oreilles.

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Prélude à l’adolescence

Merveilleuse merveille n’est jamais malade. Ou si peu: quelques rhumes, quelques maladies infantiles communes. Tous les jours, je remercie le ciel pour cette chance, parce que c’en est une.

Ce midi, le téléphone sonne: Mammouth, que l’école a appelé, parce que Merveilleuse merveille fait une réaction allergique. Et l’école, ne sachant que faire, aimerait bien qu’on récupère notre fille. Il ira la chercher, mais pourrais-je revenir plus tôt? J’appelle donc à l’école, question de vérifier le niveau d’urgence de cette réaction allergique. La secrétaire, celle qui remplace notre fidèle madame F. partie en congé prolongé, me dit que merveilleuse merveille a des boutons, que ça lui pique et qu’ils ne peuvent rien lui donner. Tout ça dans la même respiration. Calmement, je lui demande si merveilleuse merveille fait de la fièvre, si elle a de la difficulté à respirer…. « Non, non. Mais on ne peut pas la garder, ça lui pique ». Je veux bien, que ça lui pique, mais on parle de quoi, au juste? Doit-on viser l’urgence, semble-t-elle souffrir? « Non. Mais elle dit que ça lui pique et on ne peut pas la garder »… *soupir*. Avant qu’ils ne mettent ma fille en quarantaine, pour cause de démangeaison, je rappelle Mammouth pour lui dire que je m’en viens et qu’entre-temps, il devra passer récupérer notre gratouille.

Si ça se trouve, merveilleuse merveille a la varicelle. Elle a quelques boutons, plus que cet après-midi, sur lesquels nous avons étendu consciencieusement de la calamine, et elle a avalé quelques cuillères à thé du liquide qui empêche de piquer. Demain, si les boutons sont toujours présents, nous irons valider à la clinique si c’est bel et bien une maladie contagieuse, puisque l’école préfèrerait que nous la gardions ici si c’est le cas.

En se regardant dans la glace, ce soir, elle a vu un bouton sur son joli visage. UN. Un peu effrayée, elle m’a demandé si ça la dévisageait. « Meunon, ma poussinette, mais gratte pas, sinon tu resteras avec une cicatrice », que je lui ai répondu en souriant.

Me reste juste à prier pour que Merveilleuse merveille ne fasse pas d’acné quand elle sera ado. Sinon, j’ai pas fini de la rassurer sur sa beauté intérieure et extérieure…

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Petits bonheurs ordinaires

Sylvain Lelièvre, dont je m’ennuie grandement, a écrit une très belle chanson, « Les choses inutiles », qui commence par « Moi, j’aime les choses inutiles, les bonheurs tranquilles, qui ne coûtent rien »…

C’est ça. Comme ce weekend. Un peu de ménage, question de faire de la place dans la maison et dans ma tête, un souper aux homards avec des amis chers, du plaisir pour pas cher.

Rien pour écrire. Et pourtant si. Juste pour dire que les p’tits bonheurs ordinaires, tranquilles, sont souvent ceux qui nous font le plus de bien à l’âme. Je vous en souhaite. Tout plein.

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Vivement que le soleil revienne!

On s’est déjà parlé de ça, vous et moi. D’écologie, d’environnement, de développement durable. De beaux buzzwords. Bon, on fait des efforts. De recyclage surtout. Chaque jour, nous mettons dans le bac nos contenants vides, les papiers, le journal, etc. On est pas encore rendu au compost, mais ça viendra. Un jour.

On recycle aussi nos politiciens. En vedettes de télé, en commentateurs, en chroniqueurs. Depuis lundi, y’a un moyen paquet de politiciens à recycler. Certains se recycleront à Québec, sans doute, à la faveur de la prochaine élection provinciale. Mais vous me connaissez, je ne parle jamais politique. Ou si peu.

Évidemment, on m’a beaucoup demandé ce que je pensais du résultat. Mes commentaires, je les garde pour moi. Mais j’ai indiqué à mon équipe que, peu importe qu’on soit d’accord ou non avec les résultats, c’est la démocratie qui s’est exprimée. On ne s’est pas levé en Afghanistan mardi matin et jusqu’à preuve du contraire, le 19 octobre 2015, on aura l’occasion de valider ou d’invalider nos choix individuels et collectifs. Et que pour le reste, on a une job à faire, et on va la faire au meilleur de nos connaissances, de nos capacités et de notre neutralité.

Et y’a l’affaire Turcotte. Un immense malaise. Je ne veux pas lire, ni regarder les nouvelles. Mais c’est là. Je regarde quand même un peu. Je lis surtout, sur les blogues, plein de commentaires et ce qui me frappe, c’est le manque de recul. Je n’excuse pas le geste, horrible. Et je ne sais honnêtement pas comment fait la mère pour garder, malgré tout, sa santé mentale. Parce que c’est de ça dont il est question, de santé mentale.

Ce qui m’effraie, au-delà de tout, c’est que « snapper », ça peut arriver à n’importe qui. Pas au point de poignarder ses enfants, sans doute, mais nommez-moi un parent qui, en manque de sommeil, n’a pas serré un peu fort un bras, ou levé la main, prêt à taper une foufoune? Je sais, on ne parle pas de la même chose, mais personne d’entre nous ne devient parent en se disant qu’il fera volontairement du mal à son enfant.

Quand on franchit la ligne, qu’on disjoncte complètement au point de penser que nos enfants sont mieux morts que vivants, il se passe quoi, dans le cerveau? Quand la douleur, la rage, la rancoeur nous fait voir « noir », comment se fait-il que tous les mécanismes de retenue ne fonctionnent pas? La petite lumière dans notre tête que crie « red alert », on ne l’entend plus?

Turcotte est un cas extrême, mais la mère qui s’est noyée, amenant avec elle ses enfants dans l’eau froide de la Rivière-des-Prairies? Les crimes des pères sont souvent plus violents, mais ceux des mères se traduisent par le même résultat: la mort de son enfant.

Je ne comprends pas. Mais jamais je ne prétendrai que je suis à l’abri de cela. Non, n’appelez pas la DPJ! Pas plus que de la dépression, du burn-out ou de tout autre maladie mentale, personne n’est vraiment à l’abri. Et honnêtement, j’ai encore plus peur des gens qui ne savent pas qu’ils sont fragiles que de ceux qui l’admettent…

Ouais, vivement que le soleil revienne… On a tous besoin d’une bonne dose de lumière, de rosé et de rires.

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ouais…

Vous souvenez-vous du 11 septembre 2001? Très clairement: dans une salle de réunion, en train de négocier pour ne pas finir avec une loi de retour au travail, jusqu’à ce que mon adjointe vienne me chercher pour me dire qu’un avion avait percuté une des tours jumelles. J’ai vu en direct l’autre avion percuter l’autre tour et, horrifiée, j’ai compris que le monde, mon monde, ne serait plus jamais pareil. Les heures et les jours qui ont suivi ont été complètement fous, tant au plan professionnel que personnel. Un nom, inconnu jusque là, est venu incarner le « mal ». Oussama. Bin. Laden. Bush le voulait, dead or alive. Ironique que ce soit Obama qui annonce sa mort, non?

Va-t-on se rappeler aussi clairement, dans 10 ans, ce que nous faisions le soir ou nous avons appris son décès? Peut-être pas. Mais ce soir, ce n’est pas la fin de l’attente. Ce soir, j’ai peur, encore plus qu’en 2001. On aurait tort de penser que c’est la fin du terrorisme. Ce soir, nos voisins américains se sentent probablement vengés. Moi, je pense à Merveilleuse merveille, endormie, qui ignore ce qui est en train de se passer. On tourne une page, c’est vrai, mais j’aimerais avoir l’assurance tranquille que tout va redevenir comme avant 2001.

Les bons gagnent tout le temps. Vraiment? Je veux y croire. Mais y’a une petite voix qui me dit qu’avant qu’on écrive FIN à cette histoire, il nous reste quelques chapitres à vivre, et qu’ils n’auront peut-être rien du conte de Disney…

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15 secondes de gloire

C’est fou, parfois, la vie. Un texte, écrit à chaud, sans recul. Presque confidentiel, parce qu’écrit sur ce blog que je délaisse à moitié. Suffit d’un tweet… pfttt… tout à coup, ce texte part à tous vents, ramenant ici des gens qui laissent des commentaires gentils, ou agressifs, ou lisant dans mes mots des choses qui n’y sont pas. Fou, je vous dit. Hier soir, dans un bar, quelqu’un me dit: « Content de te rencontrer, j’ai beaucoup aimé ton texte »… Fou.

Tiens, c’est comme Muguette, ça. Du gros bon sens, 30 secondes pour poser une question de la « vraie vie », et bang! Sa vie bascule. Twitter, encore une fois. Je trouve ça épeurant. Pas que ça n’existait pas avant, non. Mais twitter accélère le processus. Et moi, quand les choses vont trop vite, j’ai tendance à vouloir mettre les freins.

C’est pour ça que j’ai arrêté de répondre aux commentaires. Pas envie de nourrir la bête, pas besoin de publicité. Par nécessité, d’abord, mon emploi exigeant la plus stricte neutralité. Mais aussi par ma nature profonde. Le devant de la scène, très peu pour moi. J’aime mieux les jeux de coulisse… le vrai fun, il est là 🙂

À part ça, la vie coule. J’ai hâte à la vraie chaleur, au vrai printemps. De ma fenêtre, ce soir, je vois tomber une pluie épaisse, presqu’une neige mouilleuse. Je sais, en avril ne te découvre pas d’un fil. Mais j’en peux plus des mitaines, des foulards, du froid, du gris. Heureusement, mes crocus ont encore une fois bravé le temps et fleurissent, indécents, à travers la boue de mes plate-bandes.

On a fini notre année financière hier, et pour les prochaines semaines, on va gérer l’attente et l’angoisse des employés quant à leur avenir. Pauline a pété un « score historique », le CH a passé au travers le premier match contre les méchants Bruns et s’apprête à répéter l’exploit ce soir, MM va de mieux en mieux à l’école, et Mammouth tente tant bien que mal de soigner une mauvaise grippe. Après Pâques, on prendra quelques jours pour se reposer et commencer à mettre la maison sur son air d’été. Ou pour dormir.

Pour le reste, et sans vouloir repartir la polémique, ce magnifique texte qui dit tout.

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On fait dur. Ben dur.

NDLR: J’aurais pu intituler ce billet « À soir, on pète une coche », mais c’est tellement dans l’air du temps de péter sa coche… pis ménopause oblige, chu trop fatiguée pour péter ma coche. Je vais juste faire une mini montée de lait, ok?

On fait dur, les Québécois. Ben dur, je trouve. Depuis hier, je lis avec stupeur les twits, les blogues, les textes d’opinion sur l’affaire « Cantat ». Savez, ce chanteur de Noir Désir, reconnu coupable d’avoir tué sa conjointe, l’actrice Marie Trintignant, meurtre crapuleux d’une rare violence, et qui pourrait participer à un spectacle ici, à Montréal, écrit par Wadji Mouawad.

Stupeur, parce qu’à quelque part, on disjoncte entre nos discours. Vrai, le gars est un criminel, un assassin, un écoeurant. Vrai aussi qu’il a été condamné, qu’il a purgé la peine et qu’il a été libéré. Techniquement, le gars est en réinsertion sociale.

Pourquoi on fait dur? On s’insurge. On le blâme de vouloir exercer son métier et on lève le nez sur ceux qui l’ont engagé. Des inconscients, des complices, des dégénérés, et j’en passe et des meilleurs.

Joblo a écrit un texte là-dessus. Je la cite:

Aller applaudir l’idole, c’est banaliser un geste irréparable au sens humain et au sens spirituel. Je pardonne à Martha Stewart, elle a payé sa dette, n’a tué personne, a fait une folle d’elle et a mangé du pain blanc tranché trois fois par jour dans une prison. Mais je ne pardonnerai JAMAIS à Cantat. Sa liberté est déjà un cadeau immense. Il aurait dû avoir la délicatesse (hum!) de se teindre en blonde, de changer de nom et de pays. Guy Cloutier, ça vous dit encore quelque chose? Et ce médecin à St-Jérome qui a commis l’infanticide sur ses deux jeunes enfants il y a deux ans? Aucun pardon pour moi. Et une réinsertion exige du doigté, de l’humilité, pas une parade d’ego sur une scène dans le rôle du héros repenti et du mâle purifié. Un rappel avec ça?

Pourtant, ceux qui hurlent ainsi sont aussi ceux qui crient haut et fort quand le gouvernement Harper veut augmenter les peines des jeunes criminels, qu’il renforce le côté « law and ordre », qu’il veut abolir le registre des armes à feu.

Vous me connaissez, je ne parle pas politique. Ou si peu. Et là n’est pas mon propos ce soir. Mais je me questionne. Peut-on être pour la réinsertion à deux vitesses? Bref, tu peux être réinséré si tu as fait un crime politiquement correct? Autrement, et comme on peut plus te pendre haut et court, prend ton trou et crève? Suis-je la seule à penser qu’à quelque part, c’est tordu?

Irais-je applaudir Cantat sur scène? Non. Pas à cause de son crime, mais parce que le propos ne m’intéresse pas. Mais j’ai de la misère à m’expliquer notre irritation « collective » et « épidermique » à des sujets qui, somme toute, relève de la saveur du jour twitesque.

Madamisation des médias, indignation cantatesque, même combat. On s’échange des twits, des statuts facebook, on cherche un blogue sur lequel on peut cracher son venin dans les commentaires. Pendant ce temps, y’a une campagne électorale avec de vrais enjeux, qui auront des répercussions sur notre avenir, et s’il pleut le 2 mai, on aura de la misère à aller voter, parce que « ça change rien anyway, man« .

Ouais, on fait dur. On s’en va à droite, mais on se réconforte en pensant qu’on est toujours à gauche. Mais c’est vrai que rendu au bout de la droite, t’es à gauche. Téka…

Merveilleuse merveille, maman va te raconter une histoire… Une fois, c’est une société qui voulait le beurre, l’argent du beurre, la vache dans la cour, la crémière et le cul de la crémière…

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Maudites zhormones!

Boys, passez votre tour pour la lecture de ce billet. On va parler d’affaires de femmes, d’hormones, de médecine naturelle et de tampax. Ouais. Et de m-é-n-o-p-a-u-s-e.

Dans 6 mois, je fêterai mon 40e anniversaire de féminité. 40 ans. À tous les mois. 40 X 12. 480 mois. Moins la grossesse et l’allaitement, ce qui fait tout de même 462 mois. 462 occasions d’avoir le p’tit maudit bouton qui te sort sur le menton. 462 occasions de combattre les crampes. 462 rages de sucre, de chips, de cochonneries qui font que t’as l’air du bonhomme Michelin. 462 spm. 462 occasions de donner sa démission, de chialer comme un bébé, de « snaper » pour rien. 462 boîtes de tampons, de toutes les couleurs.

On pourrait croire qu’à l’idée de mettre un terme à cela, on ne peut que se réjouir. N’est-ce pas?… N’est-ce pas?…. Non? Youhou? Y’a quelqu’un????

Depuis quelques mois, et malgré que me gynéco me dise que je suis encore comme une poulette du printemps, y’a des symptômes qui ne trompent pas. La fatigue. Les « moodswings ». Les règles abondantes et fréquentes. L’insomnie.Les trous de mémoire. La difficulté de concentration.

Mammouth sourit. Et dit aux enfants de ne pas s’en faire, que je suis en m-é-n-o-p-a-u-s-e. Et j’enrage, évidemment.Ce qui le fait rire encore plus.

Hier, en allant au Jean Coutu, je me suis retrouvée dans l’allée des tests de grossesse. Et là, sans crier gare, le moton. Le moton du « plus jamais ». Comprenons-nous bien: j’adore les enfants, mais j’ai donné. C’est pas l’idée de ne plus avoir d’enfants. C’est l’idée du « c’est déjà derrière toi, mémée ». L’idée de passer à une autre étape. Je suis zen, je n’ai pas peur de vieillir. C’est le passage qui me trouble. Je voudrais déjà que ce soit fini, qu’on en parle plus. J’ai pas envie de me taper les bouffées de chaleur. Les hormones de synthèse ou les phyto-eostrogènes . Et les sourires narquois de Mammouth.

Mais bon, comme pour le reste, on y échappera pas. On va donc le prendre avec humour. Oui madame. Avec humour. Et on ira lire les soeurs, en prenant un thé à la réglisse…

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De mère en fille

Vous l’ai-je déjà dit? Je suis fière de ma merveilleuse merveille. Fière de son intelligence, de sa débrouillardise. Fière itou de son caractère de cochon. Je ne serai jamais inquiète qu’on abuse d’elle ou qu’on l’exploite. Mais je plains le pauvre homme qui tombera amoureux d’elle…

Ce matin, comme tous les matins, c’est avec René Homier-Roy et son équipe que nous déjeunions. À un commentaire de Philippe Marcoux, Merveille m’a demandé pourquoi on parlait du printemps arabe. Je lui ai expliqué, entre deux gorgées de café, que c’était une image pour parler de tous les événements qui se passent dans ce coin du monde, et que cela faisait référence au fameux printemps de Pragues. On a  parlé de dictateurs, d’émeutes, de soulèvements populaires. Elle m’a alors demandé si les femmes faisaient des émeutes. Je lui ai dit que oui, parfois, mais pour des raisons différentes: souvent, quand nos enfants ne peuvent plus manger, ne peuvent plus aller à l’école, c’est le déclencheur pour ne plus accepter ce qui nous semblait acceptable pour nous. Elle a alors eu cette réflexion, du haut de ses 8 ans:

« Maman, les femmes elles se révoltent pour leurs enfants. Les hommes, pour le plaisir de faire la guerre! ».

En racontant cette anecdote ce matin, un collègue masculin m’a repris, me disant que j’aurais dû indiquer à ma fille que les hommes ne font pas la guerre pour le plaisir, mais par principe. Ouais. Par principe. On tue des populations, on viole des femmes, mais on a des principes, nous madame!

Ça m’a fait réfléchir, en cette journée de la Femme. Journée avec laquelle j’ai toujours un certain malaise, je l’avoues.

Merveille, je nous souhaite de continuer à avoir ces conversations matinales sur des sujets pas tout à fait légers. Je te souhaite de continuer à te questionner sur le monde qui t’entoure, à défendre bec et ongles ce en quoi tu crois et qui tu es. Et je me souhaite d’être ta mère encore longtemps… bonne journée de la femme, mon amour de poussinette à pois!

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