Polytechnique

Je ne sais pas si j’irai. J’aime en général ce que fait Denis Villeneuve. Je ne doute pas une seule seconde que le film a été fait avec toute la délicatesse nécessaire pour un sujet aussi lourd. Même si je me souviens parfaitement ce que je faisais ce soir là, des émotions contradictoires qui se sont bousculées dans ma tête, les jours d’après sont flous. Bien sûr, je me souviens du débat, je me souviens de l’horreur, de la culpabilité des gars qui soudain, étaient tous coupables. Mais je ne me souviens pas d’avoir eu peur pour moi.

Polytechnique, pour moi, c’était l’oeuvre d’un fou. Pas nécessairement d’un homme qui détestait les femmes. J’avais de la difficulté avec le discours sur les hommes, ces lâches, qui n’avaient pas défendu leurs compagnes étudiantes. Facile de juger après. Je me souviens d’avoir été vaguement agacée par la récupération de l’événement, dans un sens ou dans l’autre. D’avoir pensé qu’on voulait donner un sens à un événement qui n’en avait pas. Jamais je ne me suis sentie personnellement « menacée » parce que femme, parce que dans un milieu traditionnellement masculin. J’ai rencontré des machos, j’ai travaillé avec des machos, mais jamais dans un climat de violence.

Et d’autres drames, d’autres gestes insensés ont ponctué l’actualité. Avec, pourtant, chaque année le 6 décembre, un petit pincement au coeur à la pensée de ces filles injustement fauchées.

En voyant la bande annonce, j’ai eu peur. Pas pour moi. Pour ma fille. Ce que le drame n’avait pas réussi à écorcher de ma féminité, il vient de le faire dans ma maternité. Tout à coup, j’ai peur que merveilleuse merveille soit la victime d’un fou qui considérera qu’elle n’a pas sa place dans ses plates-bandes. Tout à coup, j’ai peur que notre façon d’élever nos garçons en fasse des frustrés qui ne verront qu’une seule issue, celle de la violence, de l’agressivité, de la mort, la leur ou celle des autres. Tout à coup, j’ai peur que merveilleuse merveille, qui a la vie devant elle, soit confrontée à des portes qui se ferment. Ou pire, qui s’ouvre sur un canon de fusil.

Je ne sais pas si j’irai voir Polytechnique. C’est sûrement un film nécessaire. Je ne suis juste pas sûre d’être capable d’avoir peur, capable de rajouter une angoisse de plus.

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Thank God, janvier est over!

Mettons qu’on a déjà vu mieux comme mois. Rien de grave, juste une succession d’affaires plates, ben plates. Particulièrement pour Mammouth. Rien pour bloguer, rien pour écrire à sa mère. Juste pas d’humeur.Quelques bons moments tout de même: se faire dire par mon idole René Homier-Roy que la lettre envoyée pour souligner l’anniversaire de Mammouth est une jolie lettre, ça vous met un peu de beaume sur l’égo…

Dieu merci, janvier est fini. Passé.

Pour souligner l’arrivée de février, merveilleuse merveille et moi sommes allés à la Fête des neiges. Que du plaisir, de bon air frais et des rires. Sans parler de la queue de castor choco/noisettes… Et je ne suis pas peu fière de moi: j’ai pris la troisième place d’une course en « godasses », en poussant une chaise sur laquelle était assise merveille. Nous sommes revenues les joues rouges, brûlées, juste à temps pour la pizza et les « wings » du Superbowl. Le feu crépite dans la cheminée, le vin est délicieux.

Thank God, janvier est over. Février ne pourra être que meilleur: dans quelques semaines, merveilleuse merveille, ma mère et moi irons fréquenter les princesses sur leur bateau de croisière. Un vrai voyage de filles!

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Veaux, vache, cochon?

Sur le fond, le dossier est important. Peu importe le jugement, y’aura des gagnants et des perdants qui n’ont strictrement rien à voir avec la vie des gens riches et célèbres. D’un côté les droits individuels versus les responsabilités individuelles. De l’autre, la responsabilité de l’état de protéger les plus faibles. Mais peut-on considérer que toutes les femmes qui décident de partager leur vie hors lien du mariage sont de faibles créatures, trop nounounes pour s’occuper de leurs affaires? Jusqu’ou l’état doit-il légiférer? Je ne porte pas de jugements, mais je me questionne. Je ne sais même pas si c’est une question d’égalité des droits, mais je me souviens des discussions épiques lors de la loi sur le partage du patrimoine familiale. À l’époque, et on semble l’oublier, l’état voulait surtout protéger une génération de femmes qui n’avaient pas eu d’autres choix que de se marier, de demeurer à la maison et d’élever les enfants. Depuis, les femmes ont d’autres choix, qu’elles assument. Ou pas. Mais il me semble que le contexte est fort différent et qu’à quelque part, on compare des pommes et des oranges.

Sur la forme, c’est complètement ridicule. Les sommes en jeu, les détails dignes d’un feuilleton télévisé ou d’un p’tit magazine à potins, le côté exhibitionniste, le côté voyeur, les murmures… On ne peut pas avoir pitié de Lola, et de la voir poser en victime, alors que les gens « ordinaires » ont de plus en plus de misère à joindre les deux bouts, a quelque chose proche de l’indécence. En même temps, j’imagine sans peine qu’envisager une carrière chez Tim Hortons, après une vie de jet-set, ça doit être déprimant.

Mais là ou je hurle, c’est quand j’entends l’avocate, au demeurant fort efficace semble-t-il, parler de vache ayant pondu des veaux… Ça fait donc du géniteur un cochon?

La beauté de toute cette histoire, c’est qu’elle aura supplanté le psychodrame annuel du Bye Bye.

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God is an american

Je suis entrée tard, hier. Trop tard pour voir Merveilleuse merveille avant son dodo. Et comme j’ai couru toute la journée d’une rencontre à l’autre, je n’ai pas vu l’assermentation d’Obama. Quelques bribes aux nouvelles, et une image qui s’est imposée: celle d’un homme seul face à l’humanité.  Seul devant les espoirs qu’il a suscités, les attentes dont il assume désormais le poids sur ses épaules. Seul mais confiant. Seul mais avec nous.

Ce matin, Merveille s’est levée tôt et nous avons déjeuné ensemble. Elle m’a raconté qu’hier, au service de garde, les éducatrices ont ouvert la télé pour leur permettre de regarder ce moment « historique maman » tout en dînant. Chouette, me suis-je dit. Nous avons toujours ouvertement parlé politique devant elle, elle connaît les premiers ministres par leurs noms et pour une choupette de 6 ans, elle en sait déjà pas mal. J’étais donc plutôt contente qu’elle ait eu l’occasion de voir la cérémonie, même si elle n’en saisit pas toute la portée. J’étais loin de me douter, cependant, de la conversation que cela entraînerait.

« Maman, c’était quoi le livre sur lequel B-A-R-A-C-K O-B-A-M-A (elle prononce son nom lentement, comme pour être sûre de bien le dire ) a mis sa main en parlant? »

« La bible, ma chérie » que je lui répond, avant de réaliser que ce genre de conversation avant le café…

« Maman, est-ce que le Premier ministre canadien a mis sa main sur un livre aussi? »

« Oui, ma choupinette, il a aussi mis la main sur la Bible »

« Maman, la Bible, c’est le livre de Dieu, hein maman? »

« Oui, ma choupinette, c’est le livre de Dieu », dis-je, avalant ma deuxième gorgée de café et peu encline à expliquer la nuance de l’ancien et du nouveau testaments, des évangélistes, etc.

« Maman, la bible c’est un livre américain? »

« … »

« Maman! La bible, c’est un livre américain??? »

La tête dans le frigo, à la recherche du petit plat de crudités pour le lunch, j’ai dû répondre, sans m’en rendre compte, quelque chose comme « Hahum… »

« Maman, Dieu alors, c’est un américain? »

À 6h30, avec une température à vous faire friser les orteils, la nationalité de Dieu, ou plutôt l’absence de nationalité de Dieu, c’était trop me demander. J’ai fait dévier la conversation sur le concours de mathématiques.

Dans le métro, j’ai repensé à cette conversation et j’ai trouvé la réponse.

« Oui, ma choupinette. Dieu est américain. Depuis 8 ans, il a plongé le monde dans les abîmes et nous a fait entrevoir l’enfer. Hier, il a entrouvert la porte du paradis…et nous l’a promis à la fin de nos jours si nous nous conduisons bien. C’est à nous, maintenant, d’ouvrir la porte plus grande. C’est ça l’espoir ma choupinette. Ton copain Barack, il nous montre la voie. Mais il ne pourra ouvrir la porte sans nous. Nous toutes races, toutes couleurs et toutes croyances confondues. Nous, solidaires mais réalistes. Nous. »

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Deux excellents textes à lire (et oui, je n’ai aucune objectivité, mais j’assume. Totalement!)

http://www.micheldumais.com/2009/01/20/mon-hros-le-premier/

http://www.ledevoir.com/2009/01/21/228578.html

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Un faux sentiment de sécurité

On ne se fera pas de cachette, vous et moi. Pas après tous ces textes partagés, ces commentaires délicatement déposés ici comme autant de signes d’amitié.

J’ai eu peur. Très peur. Ça a commencé par les commentaires qui avaient disparus. Et le reste a suivi. Disparu comme dans fini, pu jamais, tant pis, ciao, byebye! Plus de traces de ces 3 années à décrire mes états d’âme, à noter « pour la postérité » des événements tout à fait insignifiants pour la majorité des ours, mais qui sont pour moi comme autant de petits marqueurs du temps que je souhaite laisser en héritage à merveilleuse merveille (avec évidemment le crockpot, le secret de la caramilk et le set de vaisselle bordé d’or de ma grand-mère!). Parce qu’au fond, même si j’aime bien être lue, ma première motivation demeure de laisser une trace de mon passage sur cette foutue terre à ma fille.

Mammouth a travaillé comme un malade pour récupèrer mes textes et vos commentaires. Juste pour me consoler. Si j’avais besoin d’une preuve d’amour…Et il m’a tout redonné avec en prime un nouveau décor que j’adore.

Mais cela a également généré une réflexion. Parce qu’on écrit, parce qu’on laisse une trace, on développe un faux sentiment de sécurité. Grâce à la technologie, on garde tout sur nos ordi: photos, textes, courriels importants, etc. Je me disais que même si la comparaison est boîteuse, quand on perd ses données, c’est comme passer au feu. On garde le souvenir du souvenir, mais pas le souvenir lui-même. Mammouth me chicane fréquemment pour les mises à jour et les backup. Et il a raison. Pas que mon oeuvre littéraire soit extraordinaire, mais elle est mienne et elle me ramène à des souvenirs précieux.

Je n’ai perdu qu’un seul texte, le dernier, somme toute pas très intéressant. Mais j’ai aussi perdu une certaine naiveté et un sentiment de sécurité. La technologie, c’est comme l’électricité, l’eau courante et la température au dessus de 0. C’est quand on y a plus accès qu’on réalise à quel point c’est important…

Pour le reste, on va survivre à la vague de froid. Mais honnêtement, j’aimerais bien savoir pour quel péché on expie à cette température???

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De retour à la normale

Veuillez nous excuser des récents inconvénients causés par une base de données endommagée. De retour à notre programmation régulière avec un nouveau «look» qui, nous l’espérons, vous plaira.

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Au revoir, Valérie

Elle a été la voix de 275-allô. La grande complice de Chef et des enfants qu’elle savait si bien écouter. Elle a quitté, tout doucement, victime elle aussi de la maladie maudite.

Je ne la connaissais pas personnellement. Elle est la dernière d’une longue liste de gens connus ou non, importants ou non, qui feront la liste des « disparus 2008 ». Mais son départ me touche. Comme celui d’Hélène Pedneault. Comme celui de gens dont le nom ne vous dirait rien. Mais qui ont fait une différence dans ma vie pour leur amitié, leurs écrits, leurs voix.

Chaque jour est du temps de gagner sur l’inéluctable issue. Alors malgré la fatigue, la nervosité, la déception parfois, l’énervement, profitons de ces instants précieux.

Allez, on se revoit en 2009!

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C’est la belle nuit de Noël

La neige (la pluie, le verglas, le grésil, whatever!) étend son manteau blanc

Et les yeux levés vers le ciel, à genoux les petits enfants (à genoux? Comme à genoux dans le coin???)

Avant de fermer les paupières (vont s’endormir à genoux? La tête sur la douillette? Peuvent ben se réveiller tôt!)

Font une dernière prière …

L’avantage de faire ses emplettes le 24 décembre en après-midi, c’est que les magasins sont à toutes fins pratiques vides. Presque déserts. Et le boxing day est devancé, question de narguer la récession. Bref, après un ième épisode de la maladie qui commence par un g et finit par un o, je suis finalement retournée au bureau et Mammouth et moi avons « clenché » l’opération Père Nowel en 3 heures. Un record.

Depuis la naissance de Merveilleuse merveille, nous avons abandonné l’idée du réveillon le 24 au soir. Nous préférons les petits matins de Noël, suivis des soupers avec la famille élargie. Demain, nous serons 10 à table. Le menu reste inchangé, ce sont les traditions et des traditions, ici, c’est sacré.

Les enfants sont évidemment surexcités. Ils auront le droit de se coucher plus tard. Et je pourrai enfin compléter la job.

La seule chose qui me manque vraiment de ma vie d’avant, c’est la messe de minuit. Ce soir, je racontais à ma mère qu’avec une collègue de bureau saguenéenne comme moi, nous nous sommes remémorées les messes d’antan, ou toutes les madames abordaient la même coupe de cheveux, le même gel luisant, les mêmes paillettes, sous le manteau de fourrure trop chaud qu’il était indispensable de montrer à la messe de minuit. Je me rappelais la voix chaude de mon père, chanteur émérite de chants grégoriens, qui entonnait le Minuit chrétien avec beaucoup d’émotions.  Les voeux de « joyeux noël et joyeuses fêtes » échangés avec les voisins, les amis et les connaissances sur le parvis de l’église, malgré le froid qui mordait les joues et l’impatience de retrouver les cadeaux le sapin, le pain sandwich et les pâtisseries maison de ma mère.

Ce sentiment d’appartenir à une communauté, d’en connaître les membres, le laisse-t-on au pays de son enfance? Évidemment, j’ai ma propre famille, j’ai refait mon propre réseau amical et social. Mais il me manque cette certitude que l’an prochain à la même date, les choses seront restées intactes ou presque. Mais au fond, c’est peut-être ça, vieillir. Perdre ses certitudes mais recommencer à croire. Au Père Noël, au p’tit Jésus ou à soi-même.

À vous tous, ma communauté « virtuelle », je vous offre mes meilleurs voeux. Puisse ce temps des fêtes être agréable, rempli de joies grandes et petites et d’amour. Ou de sérénité. Surtout de sérénité.

Petit papa Noël

Quand tu descendras du ciel

Avec tes jouets par milliers

N’oublie pas mon petit soulier

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Blogodépendance

La vie est parfois drôlement faite, et je crois fermement qu’il n’y a pas de hasard, que des rendez-vous qu’on accepte ou qu’on refuse.

En début de semaine, je croise sur MSN une copine virtuelle de longue date. Nous ne nous sommes jamais rencontrées, mais périodiquement, nous prenons de nos nouvelles via une brève conversation. Pas d’exception cette semaine: on se croise, nous sommes toutes les deux attendues quelque part, pas le temps de jaser. Je lui refile l’adresse des chroniques, en lui disant: tiens, tu sauras tout de moi.

Ça a fait des petits. Satine a désormais son blogue, et passe ses journées à faire du « blogjumping »… Je l’ai rassurée: la blogodépendance n’est pas encore reconnue comme une maladie mentale. Mais j’y travaille!

Bienvenue dans la blogosphère, Satine!

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Merci

Il y a des journées ou malgré la shnout, la seule chose que j’ai envie de faire, c’est remercier la vie. Dans l’ordre ou dans le désordre:

– merci pour la santé qui revient et qui me rend encore plus précieux les moments passés avec les miens;

– merci pour la laveuse qui fonctionne, le réparateur chez Sears et Mammouth et son « sens de la persuasion »;

– merci pour une merveilleuse merveille qui bravement, malgré la nuit d’enfer, voulait aller à l’école et qui est finalement revenue passé la journée avec moi;

– merci aux soeurs qui ensoleillent mes vendredis de leur 5 à 7;

– merci à Télé-Québec qui présente année après année mes grands classiques de Noël, me donnant ainsi une raison supplémentaire de me coller sur ma puce;

– merci pour le travail qui, même s’il me fait parfois suer, ne risque pas de me glisser sous les pieds.

J’écoute les nouvelles, je vois tous ces gens qui perdent leur emploi à quelques jours de Noël, qui passeront des fêtes difficiles. Et je me trouve chanceuse. J’ai un toit sur la tête, ma banque m’a même offert un renouvellement d’hypothèque à un taux moindre que ce que je paye maintenant, le congélo sera plein, ma mère vient passer les fêtes avec nous et gâter les enfants, Mammouth m’aime et j’aime Mammouth. Les enfants ne nous causent pas de gros soucis, tout le monde est en santé, tout le monde est heureux. Un gros toutou s’est joint à la famille – une petite chose délicate de 125 livres qui prend la moitié de la cuisine quand il décide de s’y coucher. Parfois, je me dis que c’est presqu’indécent.

Je ne peux pas soulager la misère du monde. Je ne peux qu’aider un peu. Je peux surtout réaliser à quel point la vie, ma vie, est douce. Et dire merci.

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