Ne me tirez pas de roches, mais…

C’est rare, rarissime même que je sois sur la même longueur d’ondes que lui. Même que la plupart du temps, quand je tombe sur un article ou sur une entrevue de Richard Martineau, je suis en total désaccord ou avec le propos, ou avec le ton.

Mais il faut bien une exception à la règle, hein! Et ce matin, en lisant l’extrait suivant dans le journal qu’on me met de force ou presque entre les mains sur le quai de la gare de mon train de banlieue, je me suis surprise à penser que pour une fois, nous partagions le même malaise.

« Le p’tit Jeremy va faire deux soirs à la Place des Arts. Pincez-moi, c’est moi qui rêve…
Y a-t-il quelqu’un qui va dire qu’il chante comme un pied, et que si ce n’était de son handicap, le p’tit Jeremy n’aurait PAS de carrière?
On ne va pas applaudir un artiste de talent, quand on va voir le p’tit Jeremy en spectacle. On applaudit notre propre compassion, notre grandeur d’âme. On se fait un standing ovation à nous-mêmes…
C’est dur, comme propos, mais c’est la vérité… » Extrait du blogue de Richard Martineau

Mon but n’est pas de provoquer une discussion sur le talent, ou l’absence de talent du petit Jérémy. J’en ai contre l’utilisation « commerciale » du handicap et du courage de cet enfant. Trop c’est comme pas assez, je trouve. Depuis le début de l’histoire de cet enfant, j’ai un malaise persistant et je m’interroge sur mon incapacité à m’en émouvoir. J’aime la générosité anonyme, le geste gratuit. Là, je n’arrive à voir ni l’un ni l’autre…

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6 réponses à Ne me tirez pas de roches, mais…

  1. Damia dit :

    C’est plate à dire, mais ce que tu viens de citer est ce que je dis depuis des semaines! C’est rassurant de savoir qu’il n’y a pas que soi qui pense ça!

    Le petit Jérémie a un handicap comme des milliers d’enfants, malheureusement. Le québecois moyen aime ce qui fait pitié, qui est malheureux, handicapé… etc. Faut juste tenir compte de qui gagne à star académie. Ce ne sont pas ceux qui ont du talents, non ce sont ceux qui ont fait pleurer le spectateur!

    S’il n’était pas malade, le petit jérémie serait entrain de finir son année scolaire avec les autres enfants et on lui dirait d’attendre d’être à la puberté avant de chanter. et, est ce qu’il y a juste moi, mais le fait que les journalistes l’appelle le Petit Jérémie… n’est ce pas dénigrant? Ce serait comme d’appeler une personne agée : La ptite madame ou le ptit monsieur. Oui, il est petit, mais avant tout… c’est Jérémie.

  2. La copine du Nord dit :

    Je suis 100% d’accord avec toi. Je suis pour la générosité anonyme, de celle qui nous fait donner au bénévole qui passe à notre porte pour les maladies du coeur, le cancer ou la fondation hospitalière. Cette histoire, c’est un coup de cote d’écoute, malheureusement…

  3. Mireille dit :

    Le p’tit Jérémie, il vient de ma ville… Lors de sa visite à Rome, y’a pas une journée où il n’a pas fait le « front » du journal… J’en étais tout simplement outrée ! Trop, c’est comme pas assez et Martineau a bien raison, c’est notre propre compassion qu’on applaudit en allant voir ce petit garçon chanter.

    Et que dire de Monseigneur Ouellet qui le promenait comme un trophée? Peut-être espère-t-il le recruter pour mettre du monde dans son Église…

  4. Renée-Claude dit :

    Même sentiment par chez nous… Mon impression c’est que c’est la mère qui pousse beaucoup. C’est elle qui a besoin de reconnaissance !
    Quand cette famille a passé à « Donnez au suivant », j’avais très mal réagi d’entendre la mère dire que Jérémie était « le soleil de sa vie », ou quelque chose comme ça.
    Mon questionnement portait alors sur le vécu du reste de la marmaille…
    En tout cas, moi, enfant, ça m’aurait fait très mal d’entendre ma mère dire ça de mon frère mais pas de moi…

  5. Chosebinouche dit :

    Totalement de ton avis de de celui de Martineau… pire que pire… vous voulez savoir? Je me demandais bien à quoi il pensait le Pape quand il le regardait chanter, sourire en coin…

  6. Le Bourrel dit :

    Moi ce qui me rend fou c’est qu’on persiste à vouloir donner de l’attention à un provocateur de métier.

    Je comprend qu’on puisse vouloir participer à des débats, ou des discussions par pur plaisir d’argumentation… c’est un sport comme un autre. Mais je ne comprend pas que des gens s’entêtent à vouloir éduquer R.Martineau de sa manière de « ne pas lire » certains articles… voyons donc! C’est voulu! Il vous cherche… et il vous trouve!

    Anyway, entre pousser une puck à 3 millions ou faire grimper le monde par des propos provocateur à 60 milles piasses, je sais pas où est la plus grande absurdité…

    > ahahaha !

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