La guerre, yes sir!

Je suis une junkie de l’information. Mammouth aussi. Notre fille est née pendant la deuxième guerre du Golf (celle de Bush fils). Toute petite, à quelques semaines, elle réagissait au jingle des émissions spéciales à RDI. Je me plais à dire que le premier mot qu’elle a balbutié a été Bagdad et non maman… Et que chez-nous, Bernard Derome a longtemps concurrencé Caillou.
Je me souviens de la première nuit oû les obus ont commencé à tomber sur l’Irak. J’allaitais ma fille, dans le noir, en pleurant. En me disant qu’à Bagdad, il y avait une mère terrorisée par le bruits des bombes qui, comme moi, donnait le sein à son enfant, l’angoisse chevillée au corps. Je me demandais si, à sa place, j’aurais la force de continuer, ou si alors le fait d’avoir donné la vie était plus fort que tout. Je me disais qu’au moins, j’avais une fille, et que les probabilités qu’elle soit « appelée sous les drapeaux » était faible. Je pensais aussi à ces mères américaines qui voyaient leurs petits (parce que nos enfants sont toujours nos petits, même à 30 ans) partir au front, et qui devaient sans doute, comme je le ferais, monnayer leur retour avec Dieu. « 3 « je vous salue Marie » et plus de viande le vendredi, Seigneur? Ca ferait-y votre affaire pour protéger mon p’tit Dan? »

Aujourd’hui, c’est avec les mamans du Liban que mon coeur s’affole. Y’a quelqu’un qui va finir par leur dire que de régler à coups de bombes, d’obus et de AK-47 des différends dont plus personne ne connait l’origine, c’est malade? Que c’est une affaire de gars? Jouez donc à qui pisse le plus loin, au moins vous ferez pas d’innocentes victimes… J’enrage, pis je me trouve tellement démunie. On fait quoi, là?

The Show!

C’est ce qu’on peut lire dans le journal de Québec ce matin à propos du spectacle « Retour au centre de la terre » hier soir sur les Plaines d’Abraham. Et bien j’y étais…. et je n’ai qu’un mot pour le décrire : déplorable!

 En bonne mère de famille, je suis arrivée 1 heure avant le grand spectacle annoncé, histoire de me faire une place ni trop près ni trop loin. J’ai discuté avec mes wézins d’un soir sur la scène, les écrans géants, l’orchestre symphonique et de la formidable aventure qui nous attendait. Les gens de Québec, les touristes du jour, les jeunes, les vieux, les baby-boomers… tout le monde y était. La narrateur a commencé son conte, les images ont défilé, belles et immenses… et nos amis de Yes ont voulu chanter. Je dis bien voulu car ils avaient l’air de s’éclater mais le son, lui, a oublié de s’amener. Inaudible, incompréhensible. Heureusement qu’on a pu voir les choeurs sur l’écran géant car sinon on ne se serait même pas douter qu’ils étaient venus. Ah oui, la pyrotechnie! Grandiose qu’ils avaient dit et bien les trois pétards qui se sont battus en duel n’ont rien à envier au feu d’artifice de la St-Jean sur la plage de Grande-Rivière en Gaspésie. En plus, mes wézins et moi on a dû évacuer le lieu si amoureusement trouvé d’où l’on essayait de capter quelque chose car un des pétards au lieu de s’envoler dans la nuit étoilée nous a littéralement enfumés et nous sommes tous partis suffoqués ailleurs!

C’est drôle mais dans le journal, on ne parle pas des sifflets des spectacteurs… Mais où ai-je la tête? Ils ont dû prendre cela pour des sifflets de joie!

Mieux valait être à la Place d’Youville vers 16 h où Konono nous a ravis, eux qui ont appris à jouer sur des enjoliveurs, comme quoi même moi, je peux préférer les chars. Même l’orage ne nous a pas délogés et c’est trempés, mais heureux, que nous avons dansé au son de la musique congolaise.

P.S. Joyeux anniversaire maman! Même si je suis loin, tu ne me quittes pas un instant.