Je suis une junkie de l’information. Mammouth aussi. Notre fille est née pendant la deuxième guerre du Golf (celle de Bush fils). Toute petite, à quelques semaines, elle réagissait au jingle des émissions spéciales à RDI. Je me plais à dire que le premier mot qu’elle a balbutié a été Bagdad et non maman… Et que chez-nous, Bernard Derome a longtemps concurrencé Caillou.
Je me souviens de la première nuit oû les obus ont commencé à tomber sur l’Irak. J’allaitais ma fille, dans le noir, en pleurant. En me disant qu’à Bagdad, il y avait une mère terrorisée par le bruits des bombes qui, comme moi, donnait le sein à son enfant, l’angoisse chevillée au corps. Je me demandais si, à sa place, j’aurais la force de continuer, ou si alors le fait d’avoir donné la vie était plus fort que tout. Je me disais qu’au moins, j’avais une fille, et que les probabilités qu’elle soit « appelée sous les drapeaux » était faible. Je pensais aussi à ces mères américaines qui voyaient leurs petits (parce que nos enfants sont toujours nos petits, même à 30 ans) partir au front, et qui devaient sans doute, comme je le ferais, monnayer leur retour avec Dieu. « 3 « je vous salue Marie » et plus de viande le vendredi, Seigneur? Ca ferait-y votre affaire pour protéger mon p’tit Dan? »
Aujourd’hui, c’est avec les mamans du Liban que mon coeur s’affole. Y’a quelqu’un qui va finir par leur dire que de régler à coups de bombes, d’obus et de AK-47 des différends dont plus personne ne connait l’origine, c’est malade? Que c’est une affaire de gars? Jouez donc à qui pisse le plus loin, au moins vous ferez pas d’innocentes victimes… J’enrage, pis je me trouve tellement démunie. On fait quoi, là?