La pensée magique

« J’y vois une occasion pour le PQ de refaire ses devoirs« …. cré André!

Et j’imagine très bien Chantal, tôt ce matin, en route pour le nettoyeur, les habits de PM de son Bernard sous le bras. Après la multiplication des entrevues de son homme – qui, contrairement à Pat Lagacé ne s’est manifestement pas imposé de devoir de réserve!- on se dit qu’il n’attend que l’appel du peuple pour sauver le Québec!

Et puis, voulez-vous bien me dire ce qu’il y a dans l’eau de la région de Québec? Misère!

Fait longtemps, non?

Que c’était le temps des fêtes? Qu’on avait quelques jours pour souffler, pour se retrouver en famille, entre amis? Me semble que depuis le retour, je cours après ma queue. Enfin, façon de parler…

Alors petit texte décousu. Comme ma tête ces jours-ci.

Si jamais Mammouth se décidait à me lapider, pas de problème, je me réfugie à Hérouxville! Non, je ne me farcirai pas une étude socio-politico-politicocorecto! Ma seule réflexion, c’est que si Hérouxville a passé à l’action, je soupçonne que plusieurs municipalités, et pas nécessairement uniquement les petites, y ont sérieusement songé. Sortie de la « grande ville », la tolérance s’exprime autrement et l’accommodement devient moins raisonné, faut croire. Tiens, ça me fait penser qu’aux prochaines élections provinciales – je désespère d’en avoir au fédéral avant l’an prochain, faudra me faire à l’idée *soupir* – on pourra mesurer la tolérance de nos concitoyens sur le passé de Boisclair ou l’intransigeance de Dumont. De bien beaux débats en perspective…

Autre petit commentaire: je sais pas pour vous, mais je balance encore entre le rire et les larmes sur la p’tite recrue vedette du Lac, le doc Bolduc. Naïveté? Fraîcheur? Innocence? Misère, encore un qu’on sacrifiera sur l’autel du sauveur. Et en faisant le saut en politique, c’est l’hôpital d’Alma qui risque de souffrir du départ de celui qui l’a remis sur ses tracks.

Bon, on prend un autre appel. Docteur, c’est grave? Diabète, vous dites? Je sais… j’en ai fait enceinte. Votre confrère m’avait pourtant averti, au test de contrôle post-allaitement, que cette petite intolérance au glucose pouvait se transformer en méchant diabète si je ne faisait pas attention à mon alimentation. Je sais. Mauvaise fille. Mais comment résister au chant de la crème glacée chocolat et cerises? Et puis, Mammouth fait le meilleur carbonara au monde! Ah! on est pas encore sûr? Vous voulez me revoir? Hum… Dans la vraie vie, c’est un appel de la secrétaire m’indiquant qu’une légère irrégularité au niveau de mes glycémies me valait un rendez-vous spécial avec mon doc préféré. Auparavant, je m’étais tapée la réceptionniste qui, à mon cri de désespoir de devoir attendre jusqu’au lundi suivant pour parler à la secrétaire, m’a répondu d’un encourageant « Ben oui, c’est platte, hein! Bon weekend »... Encore une chance que je ne suis pas violente… Entretemps, j’essaies de garder en laisse le petit hamster dans mon cerveau, sinon d’ici le rendez-vous, je me serai auto-diagnostiqué 3 cancers, 2 maladies dégénératives et probablement un problème de santé mentale.

Et puis non, j’ai pas trippé sur Pat Lagacé hier. Ni sur le psy Corneau. Entre les deux, j’en ai dormi un bout, et j’ai fait mon vidéo d’exercices. Fesses d’enfer, here I come!

Sur ce, c’est pas que je vous aime pas, mais être au bureau à 19h30, alors que Mammouth et ma merveilleuse merveille sont bien au chaud à la maison, ça me fait suer un brin. Alors tourlou!

Le hasard. Le destin. La vie. Tout simplement.

Il y a toujours, dans la vie, des hasards. Des rendez-vous manqués. La fois ou à cause de la xième panne du métro, vous arrivez en retard à un rendez-vous qui aurait pu changer votre vie. La fois ou vous n’avez pas été assez vite pour ouvrir la porte, alors que le téléphone sonnait dans un appartement désespérement vide, et que vous passez 5 minutes à dire « Allo, allo! » comme si la personne aimée au bout du fil allait vous entendre. Ou encore, que l’employeur de rêve n’a pas laissé de message et a engagé quelqu’un d’autre… En contrepartie, y’a aussi des instants magiques.Des instants importants, parfaits. Le moment, par exemple, ou vous plongez, pour la première fois, votre regard dans celui de votre enfant.

Y’a des personnes qui, sans le savoir, croisent votre route et y laissent une trace. Qui, sans même en être conscients, vous réconfortent. Quand, plusieurs années plus tard, vous les rencontrer dans la vraie vie, la question de savoir s’ils seront à la hauteur de ce que vous aviez imaginé est angoissante.

C’est avec cette angoisse que j’allais rencontrer celle qui, sans s’en douter, a assisté à mon accouchement. Qui, toujours sans s’en douter, m’a réconfortée par un texte sur le « char familial ». Bon, ça mérite quelques explications, parce qu’à vous gratter la tête comme ça à essayer de me suivre, vous allez décorer votre clavier de desquamations pas toujours jolies…

Quand j’ai accouchée de ma merveilleuse merveille (encore une coincidence, c’était le sujet de son papier d’aujourd’hui), c’est sa doc qui était présente. Entre deux contractions, la doc et Mammouth s’en donnaient à coeur joie dans le placotage mondain et les anecdotes partagées, ou il fut abondemment question d’eux. Au point ou je devais, l’air de rien, m’excuser de gâcher leur fun parce que là, selon le moniteur, j’avais une contraction et que j’allais pousser un peu… Vous essayerez de suivre une conversation, les jambes élégamment écartées, le souffle un peu court, la face toute plissée d’efforts… Sans compter qu’entre deux « pousse, baby, pousse », vous devez dire au père de l’être à naître d’enlever son pied de sur votre tuyau d’oxygène parce que là, vous manquez d’air un peu… Bref, grâce à l’épidurale , j’aurai pu participer un peu à la conversation en hurlant mes réponses.

Plus tard, alors que je désespérais de l’allure de la voiture familiale – devrais-je écrire de la dump familiale??? – c’est encore son papier sur ce qu’est un char de mère qui m’a réconciliée avec la vie. Elle y écrivait qu’un char de maman, ça pue, c’est désordre et que c’est NORMAL.

Bref, Renée Laurin faisait partie de ma vie sans savoir qu’elle faisait partie de ma vie. Et me voilà rassurée: c’est même mieux en vraie! Un petit bout de femme, une dynamo, une maman, une musicienne. Une vraie personne avec qui je me promets bien d’aller prendre un café de bonnes femmes, sans les enfants, sans les chums.

Ce sont des rencontres comme celles-là qui me font apprécier ma vie. La vie. Tout simplement.

Pire que la gastro!

Si si… je vous jure! Y’a un virus encore plus insidieux, plus ravageur et plus virulent que le virus de la gastro. Et j’ai nommé: le virus de la tag! Je croyais en être épargnée, mais non, je m’y suis fait prendre. Cette fois-ci, c’est Renée Laurin, dont je vous reparlerai, qui m’a refilé la bibitte. Écrire 5 choses qu’on ne connaît pas sur moi? Comme ça? Au vu et au su de tout le monde? On se garde pas une p’tite gêne? Et v’lan dans le mystère? Mon couple survivra-t-il à une telle exposition de mon intimité personnelle? Pas évident. Pas du tout, même même.

Mais comme je suis une bonne fille (tiens, ça pourrait passer pour une vérité inédite, ça???), je me plie volontiers au jeu. Alors allons-y…

1) Je suis atteinte du syndrome de l’imposteur. Un jour, quelqu’un va finir par se rendre compte que je n’ai ni l’intelligence, ni les compétences pour occuper le poste que j’occupe.

2) J’aurais aimé être chanteuse. J’ai pas le look de Carolyne Néron (si on cherche absolument une comparaison, j’ai plutôt le look Ginette Reno sans la voix), mais je chante juste, j’ai le sens du rythme et surtout, je rêve de faire les back vocals de Blue Rodeo.

3) Je suis convaincue que dans une ancienne vie, j’étais une serviette de plage. Passer la journée couchée au soleil, c’est tout à fait mon genre d’activité. En fait, je suis une paresseuse née, mais j’ai beaucoup de misère à assumer mon identité profonde, donc je m’agite en tout sens.

4) Je trouve que l’odeur du Lestoil est tout à fait insupportable. Ca sent le désinfectant pour les pieds. Par contre, le « puishpuish » pommes et canelle a un petit côté aphrodisiaque, vous trouvez pas?

5) Je suis « addict » au coke diet. Et il n’y a aucun groupe de soutien pour moi. Dans le fond, je suis une Ovide Plouffe du Coke Diet. Et j’ai une légère, très légère tendance à l’exagération.

Sur ce, je pitche le virus à:

Bibitte, à qui j’envie son italien de mari! (meunon, Mammouth, je ne t’échangerais pas contre personne! );

Madame Unetelle, pour qu’elle occupe sa grossesse avec d’autres interrogations métaphysiques;

Dr Papillon, parce que cette fille m’impressionne par sa gentillesse et sa simplicité, sa grande intelligence. Elle sera un médecin formidable, de quoi vous donner, presque, le goût d’être malade!;

A Nadia, qui a toujours le don de me faire sourire avec ses histoires de Cornus;

et à M for Maman, qui partage mon amour pour Jim Cuddy!

 

Sur ce, vous permettrez que je rentre dans ma carapace. Non mais, a-t-on idée de se mettre à nu comme ça en plein mois de janvier!

 

 

Pas indigne, mais pas loin!

Meunon, je ne parle pas de la vraie, là! Je n’ai ni son talent, ni son lectorat. Et c’est très bien comme ça. Mais dans l’indignité, je m’en viens très très bien.

Picture this, comme disait Sofia: heure du lunch. Nous sommes allés souper chez des copains, hier, nous sommes rentrés tard et la panse pleine *des cailles farcies au foie gras, accompagnées d’excellents vins – le copain est un connaisseur…*. Ce soir, souper de fête pour la plus grande, qui a demandé expressément l’extraordinaire lasagne de Dr. Papillon *merci encore pour la recette*. Donc, pas question de gastronomie ce midi. Des sandwiches jambon/fromage et, oh! indigne, des frites…  Sans aucune once de culpabilité.

Soudain, la plus grande demande: « Dis, y’a encore de la sauce andalouse? »… Horreur! Mon petit hamster perso s’agite dans ce qui me reste de fonctionnel dans le cerveau. Dire la vérité? Mentir? Faire comme si je n’avais pas entendu? Feindre l’évanouissement? Crier au feu?

Ce que vous ignorez, lectorat peu nombreux mais fidèle, c’est que la sauce Andalouse, on en trouve pas au Canada, et que c’est Mère indigne elle-même, ou plutôt Père indigne, qui sacrifie sa réserve perso de cette sauce merveilleuse, faite tout exprès pour les frites, en échange de mon silence. Yup! De mon silence! Ou serait-ce plutôt en échange de mon abandon des droits d’auteur? Mauzus de mémoire, hein! Anyway…

Donc, comme ma capacité de faire chanter Père et Mère indigne est plutôt limitée, c’est avec parcimonie que je distribue MA sauce.  J’en suis à mon dernier pot et oui, j’avoues: j’ai failli mentir pour me le réserver. Si c’est pas totalement indigne, ça, je sais pas ce que c’est!

Engagez-vous qu’ils disaient

Lorsque je suis arrivée au Québec, je me suis rendue compte de la ferveur de ses habitants envers le bénévolat. À mon tour, j’ai choisi mes causes mais depuis 8 ans déjà, j’ai aussi décidé d’aider Bonhomme et son carnaval.

Ce soir, fatiguée de ma longue semaine de mère de famille, éreintée de mes 22 dossiers à mener de front dans mon travail et après toutes mes soirées consacrées à Bonhomme jusqu’à 1 heure du matin, je me demande si je ne suis pas née sous l’étoile de la folie.

Mais quelle belle folie! C’est au sein de la merveilleuse exposition à ciel ouvert réalisée par quelque 138 sculpteurs et grâce à une centaine de bénévoles que j’ai le bonheur de « bénévoler ».

Rappelez-vous votre premier bonhomme de neige. Voir naître une sculpture, la découvrir, la regarder prendre vie est un pur émerveillement. L’International de sculpture sur neige respire la passion : la passion des façonneurs de neige qui nous font vibrer chaque jour davantage jusqu’à l’apogée de leur création; la passion des bénévoles dont l’énergie, l’ingéniosité et le dévouement sont sans limites et la passion des visiteurs qui, amateurs ou connaisseurs, viennent chaque année admirer ces chefs d’oeuvre gigantesques aussi uniques qu’éphémères.

Tous ensemble, ils oeuvrent avec enthousiasme à ériger une culture sans frontières et à faire de cet événement celui de l’art du Carnaval de Québec.

La fatigue est là c’est vrai mais dans quelques jours lorsque les sculpteurs arriveront de partout dans le monde, Bonhomme pourra être fier de ses bénévoles car de leur temps naîtra l’événement.

Venez nous rencontrer du 26 janvier au 4 février. Je serai là sur le site de Place Desjardins et si une visite vous intéresse, écrivez car on ne sait jamais, je pourrais avoir le temps de vous guider !

Je sors du placard

Voui. Drette là.

J’aime René Homier-Roy. D’un amour pur. Depuis longtemps. Je ne suis pas jeune, alors je l’aime depuis longtemps. Je l’écoutais à la télé dans la « Bande des six » et lorsqu’il coanimait, avec Chantal Joly, une émission sur le cinéma. Je le lisais dans « Nous ». Mon plus grand bonheur, en venant vivre dans la région montréalaise, était d’enfin pouvoir l’écouter tous les matins. J’aime son intelligence, sa vivacité, le fait qu’il n’est jamais « gnangnan », ni complaisant (enfin presque, mais bon… quand on aime, on voit rien, hein!). Je ne suis pas dupe: il doit être détestable, vieux garçon, à la limite du supportable dans la vraie vie. Pas grave: je caresse secrètement le rêve de l’avoir comme convive à souper, même si j’en perdrais probablement tous mes moyens.

Un de mes petits plaisirs, c’est d’écouter « Viens voir les comédiens » sur ARTV. De quoi me donner envie (brièvement, on s’entend) d’être comédienne, juste pour pouvoir lui raconter ma vie…

Un autre de mes petits plaisirs, c’est depuis peu, grâce à mon Mammouth, pouvoir continuer d’écouter l’amour platonique de ma vie tout le long du trajet jusqu’à Mourial. Et ce matin, à la gare en attendant le train, j’ai dû avoir l’air, encore une fois, d’une folle finie. Écouteurs aux oreilles, j’ai éclaté de rire. Si vous avez manqué, cette semaine, la série « des bêtes histoires des pays d’en haut », co-écrite par Pierre Légaré et sa fille Catherine et jouée par l’équipe de « C’est bien meilleur le matin », à laquelle se sont greffés quelques animateurs de Radio-Tralala, je vous plains. Sincèrement. Juste pour la réplique, ce matin de « Curé Lebeau, curé Labelle »… Même RBO n’accote pas ça…

Fiou! On se sent mieux une fois confessée, non? Je l’aime. C’est tout.

Ben parlons-en!

Martineau en parle dans sa chronique d’aujourd’hui. La copine bibitte en parlait récemment sur son blog. Et avec l’odeur d’élections dans les airs, le sujet sera sûrement à l’ordre du jour d’ici peu.

Ouais. Parlons-en. Les fameuses garderies à 7$. Martineau soulève la question de pourquoi étendre un programme destiné à permettre aux personnes démunies de la société d’avoir accès à des services de garde à faible coût à tout le monde, même ceux qui gagnent très bien leur vie? Bibitte la soulève dans l’autre sens: pourquoi permettre à ceux qui ne travaillent pas d’avoir accès à ce service, alors que des milliers de parents doivent s’en remettrent au privé, faute de places?

Mon point de vue personnel? Évidemment, utilisatrice de services de garde subventionnés, je parle pour ma paroisse. So bare with me!

Oui, je fais partie des privilégiées qui ont un bon revenu familial. Oui, je paye le même prix que quelqu’un qui fait le tiers de mon salaire. Sauf que la personne qui fait le tiers de mon salaire ne paie pas d’impôts, alors que je vois mon revenu amputé de 54%. Je n’ai qu’une allocation ridicule (ça coûte probablement plus cher imprimer le chèque que ce qu’il représente – 11,29$ mensuel), je ne reçois aucun remboursement de TPS/TVQ, je n’ai droit à aucune déduction fiscale pour enfants, etc… Et sur le magnifique chèque de 100$ que m’envoie chaque mois monsieur Harpeur, j’en retournerai le trois-quart, parce que je suis « riche »….En bout de piste, et ma comptable pourrait le confirmer, je ne suis pas plus « riche » que la personne qui fait le tiers de mon salaire.

Oui, nous avons une maison. Pas luxueuse, mais confortable. Notre voiture a de l’âge et du millage. Je n’ai pas à calculer pour faire l’épicerie, mais y’a des fins de mois plus difficiles que d’autres. Nous n’allons pas en voyage. Nous ne nous payons pas de sorties luxueuses. Nous n’en avons pas les moyens. Je ne me plains pas, comprenons-nous bien. J’énonce un fait.

Je serai prête à débourser davantage quand on baissera mes tables d’impôts. En fait, si le gouvernement a choisi d’en faire un programme universel, je ne vois pas pourquoi mon revenu aurait une incidence sur le prix à payer. C’est comme en santé. Comme en éducation. A une exception près, que je trouve ridicule: en éducation, le gouvernement ne m’empêche pas d’envoyer mes enfants à l’école privée et d’en payer le prix. Or, ma garderie subventionnée sera bientôt mise à l’amende parce qu’elle charge plus que le 7$ étatique. C’est mon choix de payer plus. C’est le choix de l’ensemble des parents d’enfants qui fréquentent cette gardo.

Le véritable problème des garderies subventionnées, c’est que le réseau n’arrive pas à fournir le nombre de places nécessaires. Et ça ne s’améliorera pas: on assiste, selon les spécialistes, à un mini bébéboum depuis l’introduction du nouveau congé de maternité/paternité… Le taux de fécondité des femmes québécoises surpasse même celui des femmes du reste du Canada…