On va se dire les vraies affaires, ok?

J’ai repris du café et ai recommencé la lecture de l’article de Fabien Deglise dans Le Devoir. Fasçinant. En gros (résumé grossièrement, j’en conviens), monsieur Deglise explique que pour certains corps de métiers, le risque d’être célibataire est plus élevé que pour d’autres. Au banc du couple risqué, les athlètes , les préposés de station-service, les commis d’épicerie, les officiels du sport. Les gagnants de la loterie amoureuse: les opérateurs de centrale électrique, les chefs de chantiers de forage, les chefs de police… et les politiciens (81,9% de ceux-ci sont en couple et heureux, semble-t-il).

Je ne suis pas sociologue. Ni psychologue. Mais j’ai cotoyé pendant 20 ans des politiciens, tous partis confondus. J’ai repris une gorgée de café. Et je me suis demandé pourquoi les politiciens appartiennent à la seconde catégorie, alors que le contraire appararaît, à première vue, plus évident.

Faire de la politique, c’est comme entrer en religion. Chasteté (les journées sont tellement longues que lorsque tu finis par t’allonger, c’est pour dormir!), pauvreté (je sais que dans l’imaginaire collectif, les politiciens sont payés des fortunes, mais quand on le calcule au taux horaire, on frise parfois le salaire minimum… et puis, si on payait mieux nos politiciens, on attirerait probablement de meilleures candidatures!) et obéissance (si le chef dit gauche, tu tournes à gauche, sous peine d’être excommunié de ton propre parti!). Ça laisse peu de place à l’amour, ça.

Et puis on le sait, le pouvoir est un puissant aphrodisiaque: j’ai vu des ministres pâlots, maigrichons, chauves et somme toute inintéressants tant physiquement qu’intellectuellement, avoir pour maîtresse de méchants pétards. Pas de la bimbo sans cervelle là, non, de belles femmes vibrantes et intelligentes. Un brin carriéristes, peut-être, mais dans ce milieu comme dans d’autres, le qui couche avec qui sert souvent de tremplin à une belle carrière.

Par ailleurs, l’image du politicien traditionnel de carte de Nowel est souvent celle d’un homme, de sa charmante épouse, des enfants et du chien. Aucun politicien, et même aucune politicienne, ne peut survivre au rythme imposé par la fonction s’il n’est pas solidement appuyé à la maison par un(e) conjoint(e). Ou, à défaut, une gouvernante. Et qui sait si bobonne n’apprécie pas toute la liberté de mener sa vie à sa guise, quand bonbon est au Parlement?

Dans le fond, la longévité des couples où l’un des deux membres est en politique tiendrait-elle au fait qu’ils sont rarement ensemble et qu’il s’agit d’un genre d’accomodement raisonnable? Je te fous la paix 3 jours semaines, tu fermes les yeux sur mes aventures dans la capitale (la nationale et l’autre…), et nous posons, l’air heureux et amoureux pour la carte de Nowel?

Ceci étant dit, c’est peut-être vrai pour les élus. Le personnel politique, lui, affiche un taux record de célibataires/divorcés, toute orientation sexuelle confondue. Et je lève particulièrement mon chapeau à celles qui arrivent à concilier travail et maternité dans ce milieu. Moi, j’en aurais été bien incapable…

 

2 réflexions au sujet de « On va se dire les vraies affaires, ok? »

  1. C’est drôle de lire ceci, quand je viens tout juste de quitter un homme qui s’était lancé dans le merveilleux monde de la politique. Oh, remarque, il n’était que dans l’équipe des communications, un employé -plus-bénévole-qu’autre-chose, mais les heures que ça lui demandait, et toute l’implication au sein de ce parti, ont eu raison de notre couple. Pareillement, tous ses amis avec qui il s’était impliqué ont aussi eu un taux record de « brisage » de couple. Je peux dire qu’ils sont tous(tes) célibataires. Un peu triste de voir que ce domaine demande une très très grande implication et un énorme sacrifice personnel, je trouve, pour finalement sortir de ce monde très blasé.

  2. Oh que c’est trop vrai ce que tu dis… et tellement triste. On n’aime pas nos politiciens, on les traite de tous les noms, et en même temps on a besoin de bonnes personnes pour nous représenter, dire ce qu’on a à dire, pour faire bouger les affaires dans le bon sens…. Et les heures, l’énergie, les sacrifices que ce type de boulot exige. C’est pas humain. Heureusement qu’il y en a encore des assez fous pour s’y lancer, sinon je donne pas cher de nous autres…

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