Je twitte, tu fessebouques, il youtube, nous disons n’importe quoi…

 

Je ne connais rien en technologie. Rien de rien. J’ai la chance d’avoir un Mammouth expert en cette matière, alors je me tais. Mais en ce début de nouvelle année,  j’ai envie de partager quelques réflexions.

Tout le « débat » qui fait rage entre les journalistes et les blogueurs me laisse plutôt froide. Journalisme citoyen? Réseaux sociaux? N’importe quoi 2.0? Dans la vraie vie de madame Toulemonde (pas Odette,  mais plutôt celle des nouvelles), ce sont là des débats aussi oiseux et inutiles que le sexe des anges. Pourtant, il y a un réel danger de dérapage.

Ce weekend, les rumeurs niées, démenties, confirmées, sur le décès présumé de la chanteuse Lhasa de Sela a mis en lumière le potentiel de dangerosité des zinternets, comme dit Mammouth. Au-delà de questions aussi fondamentales que celle du droit à l’information, mais aussi du droit au respect de la vie privée, concepts qui peuvent s’affronter dans ce genre de circonstance, c’est  le procès d’intention des uns et des autres qui m’a fascinée et apeurée.

C’était tout à fait dans la lignée des articles parus dans la Presse ce weekend. Comme si le fait d’écrire, de twitter, de fessebouquer, de bloguer, permettait tout, sans contraintes, sans limites, sans décence. Ouais, c’est ça je crois qui me heurte: l’indécence et le manque de savoir-vivre qu’on retrouve de plus en plus sur la toile. L’immunité totale du derrière l’écran.

La démocratisation des outils d’information, ça peut être aussi violent et imprévisible qu’un gun « loadé » entre les mains d’un enfant.

Je ne suis pas en train de dire qu’il faut retourner à un contrôle stricte de l’information. Je suis une junkie des réseaux de nouvelles en continue et je crois que l’information permet de faire des choix éclairés. Pour moi, les chasse-gardées des uns et des autres sont un faux-débat. Ce qui l’est moins, par contre, c’est l’impact de la nature humaine sur l’information et sur ce qui circule publiquement. Des carrières, des réputations sont en jeux et on s’étonne de l’absence de leaders forts et crédibles… D’un simple twitt, sur la base de  « on-dit », on peut créer une tornade qui ne pourra s’arrêter d’elle-même. Ce n’est pas différent du mémérage du parvis d’église, au fond. Mais la vitesse avec laquelle la moindre information circule, est reprise et dissiminée partout fait que ce qui pouvait se rattraper autrefois ne peut plus l’être maintenant. Peu importe que Joe Bloe ou Pat Lagacé ou Yves Boisvert signent un article, si les faits sont inexacts, le dommage est le même. Parce que le twitt de Joe Bloe sera peut-être repris par quelqu’un qui le refilera à quelqu’un qui le refilera à Pat Lagacé.

Je nous souhaite juste qu’en 2010, nous puissions faire un débat serein là-dessus. Pas sur le contenant, sur le contenu.

Je nous souhaite que 2010 soit une année où nous réfléchirons, individuellement et collectivement à notre rapport aux autres et à notre comportement sur les zinternets. 

Et je vous souhaite, amis lecteurs, que 2010 soit une bonne année: qu’elle vous permette d’aller au bout de vos rêves!

Une réflexion au sujet de « Je twitte, tu fessebouques, il youtube, nous disons n’importe quoi… »

  1. Intéressant, le débat que tu lances !

    C’est tellement important comme question… et trop souvent on ne vérifie pas trop la source des informations, on ne sait plus trop ce qui est vrai ou exagéré. Tout le monde veut des nouvelles, mais c’est pas une raison pour leur donner n’importe quoi – ou peut-être que oui.

    Bonne année toi aussi!

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