C’était un p’tit bonheur…

Avec l’âge, vient l’apaisement, on dirait. À 20 ans, le bonheur, c’est nécessairement gros: une bonne job, un amour infini, un char de l’année, des sous, des voyages, bref, tout, tout de suite. Le bonheur, il commence nécessairement par une majuscule. Le Bonheur. Autrement, ce n’est pas le bonheur. C’est autre chose, comme le plaisir, ou l’attente, ou l’expectative.

À l’aube de la cinquantaine, le bonheur se conjugue au pluriel. J’ai plusieurs bonheurs. Un amoureux qui se bonifie avec le temps, comme le bon vin. Une famille qui connaît, comme toutes les familles, des hauts et des bas, mais qui reste unie. Une job, malgré son degré de difficulté élevé ces temps-ci, plutôt que le chômage. Des ami(e)s précieux qui ont traversé le temps avec moi et avec qui les liens demeurent toujours très fort. Et du temps, et la sagesse pour apprécier tout ça.

Évidemment, pour apprécier le bonheur, ça prend quelques malheurs. Mais comme pour le bonheur, le malheur prend des proportions plus réalistes en vieillissant. Se faire voler son porte-feuille dans le métro? C’est plate, mais il y a pire, comme enterrer son enfant ou apprendre qu’on souffre d’un cancer. Alors on se retrousse les manches, on va faire sa déposition au poste de police (ou aucun policier ne ressemble à Claude Legault, soit dit en passant!), on fait refaire ses cartes et on passe à autre chose.

Vendredi, je me suis permise une petite escapade à Québec, seule. J’y ai été accueillie par mon amie Johanne, son amoureux et mon amie Marie-Claude. Un souper comme dans le temps, comme si le dernier avait eu lieu la semaine précédente. C’est ce que j’aime de ma relation avec elles: nous nous connaissons depuis plus de 25 ans, nous pouvons être des mois sans nous voir, mais nous gardons contact via quelques courriels par année et ces rencontres sporadiques. Et depuis peu, par FB.  Et à chaque fois, je m’émerveille que notre relation soit à ce point intemporelle.

Puis hier, j’ai récupéré ma merveilleuse merveille après son séjour chez sa grand-mère, et nous sommes revenues en bus. 3 heures à placoter, à faire des devinettes, des charades. 3 heures à m’émerveiller de l’étendue de ses connaissances et de sa personnalité pétillante. À voir la différence. À mesurer ma chance d’avoir cette enfant dans ma vie.

J’ai plein de copines qui traversent la crise de la quarantaine: séparations, remises en question professionnelles et personnelles, réorientations de carrière, etc. Elles souffrent, mais elles s’en sortiront. Avec le recul, je réalise que je n’ai pas vécu de crise de la quarantaine: j’étais trop occupée à m’ajuster à ma nouvelle vie de conjointe, de belle-mère et de maman. J’avoue, j’avais un peu peur de vivre ma crise à la cinquantaine. On ne peut jurer de rien, évidemment, mais à un peu plus d’un an de l’échéance (!), si crise il doit y avoir, elle n’a pas encore pointé le bout de son nez. Et je ne la souhaite pas. Je veux continuer à jouir de mes p’tits bonheurs. Longtemps.

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2 réponses à C’était un p’tit bonheur…

  1. temps dit :

    J’adore le contenu de « À propos de Marie-José » belle présentation. Pour le reste je pense que l’ame n’a pas d’age, chaque instant peut-être une éternité, le coup de foudre dure deux dixième de seconde et est un moment très profond. Chaque instant peut apporter une nouvelle expérience, chaque instant peut apporter une nouvelle vie.
    Cordialement

  2. Johanne dit :

    Ce petit bonheur était partagé par les hôtes… Le temps n’a tellement pas de prise sur nous, sauf le lendemain matin !!! Il faisait bon de se retrouver même si le séjour fut trop bref.

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