A vous, mes amis d’ailleurs

J’ai hésité avant d’écrire, de peur de ne pas trouver les mots. Je ne voulais pas écrire à chaud, sous le coup de l’émotion. Mais depuis dimanche, l’émotion ne s’est pas atténuée. Elle me noue la gorge. Elle me remplie les yeux d’eau. Mais surtout, surtout, je pense à vous.

Je t’ai lu, Houssein. Sur la complexité d’expliquer à des enfants que leur croyance peut être un motif de haine. Sur l’impuissance du parent qui veut protéger. Et j’aurais voulu prendre ton angoisse,

Je t’ai lu, Sonia. Ta colère sourde, justifiée. Elle est mienne, cette colère. Elle est faite d’incompréhension, de peine, mais surtout d’un sentiment d’injustice qui prend toute la place. Et tu as raison: il n’y a rien de juste dans le fait d’abattre froidement des gens qui ne partagent pas notre religion, ou notre couleur, ou nos coutumes.

Je vous ai lu. Et j’ai eu envie de vous dire merci. Même si je suis une « de souche », vous m’avez toujours accueillie parmi vous, sans me juger. Nous avons eu des discussions parfois sérieuses, parfois ludiques, autour de ces bbq au parc, ou chez-nous, ou chez-vous. Jamais vous ne m’avez fait sentir que je venais d’un autre monde.  Nous sommes d’une même famille, celle des humains.

Je comprends l’inquiétude, et l’envie manifestée par certains de partir ailleurs. Mais j’espère, sincèrement, que vous choisirez de demeurer parmi nous. Parce que votre amitié m’est précieuse, parce qu’elle m’enrichit et parce que vous faites partie de ma vie.

Suis-je naive de penser que l’immense majorité des gens pensent que tous, nous pouvons cohabiter harmonieusement? Je sais que des tragédies- parce que c’est une tragédie et un attentat terroriste – arrivent, et que ça arrive ici ne m’étonne pas. Nous étions peut-être un peu trop confiant que ces affaires-là, ça arrive juste ailleurs, aux autres. Comme le disait mon patron hier, il nous faut garder ce fragile équilibre entre ouverture et vigilance.

L’heure de distribuer les blâmes viendra probablement trop tôt. Nous avons tous une réflexion à faire sur nos mots, derrière l’anonymat des écrans, nos gestes, nos paroles, nos blagues parfois déplacées.

Je mise sur nos enfants. J’ai confiance qu’ils sauront être plus inclusifs que nous. Mais pour ça, il faut leur expliquer, comme tu l’as fait Houssein, que ce sont des fous.

 

On avance par en arrière!

Hier soir, soirée au cinoche avec le Mammouth. J’ai adoré « Hidden figures », l’histoire de ces femmes noires qui ont joué un rôle déterminant dans le programme spatial américain. Un beau film, émouvant, inspirant mais qui, dans le contexte de l’investiture de Trump, amène une autre réflexion.

Particulièrement en cette journée où des millions de femmes, partout dans le monde, on manifesté contre lui.

En revenant, le Mammouth a partagé la rage qui l’a habité tout au long du film. Comment une société, il y a à peine 60 ans, pouvait discriminer les noirs et les femmes à ce point. Et comment c’est, malgré tout les acquis, si fragile? Comment, après avoir élu un président noir, les américains ont-ils pu élire quelqu’un qui remet tout cela en question? Le suprématisme blanc, riche, a pris le pouvoir à Washington et les quatre prochaines années risquent de n’être qu’un long affrontement entre les gens qui ne veulent pas perdre leurs acquis et la réalité. Et j’ai peur que les affrontements ne soient pas toujours qu’au plan des mots.

En revenant, j’ai écouté, incrédule, le porte-parole de la maison blanche, manifestement en service commandé, mentir. Oui, mentir. Quand on déforme à ce point la réalité, c’est qu’on ment. Et mentir, en politique, c’est le pire péché. Omettre peut s’expliquer, mais mentir?

Je suis inquiète ce matin. Je n’ai jamais eu peur que Trump actionne le fameux bouton rouge. Mais ce matin, j’ai peur pour toutes ces fillettes américaines, particulièrement celles issues des communautés culturelles. J’espère que la mobilisation d’hier ne s’essoufflera pas et que dans 3 ans et demie, les américains remettront les clés de la Maison Blanche à quelqu’un qui n’aura pas comme ambition de faire reculer la société, les droits des uns et des autres et la décence humaine.

Parce que c’est de ça dont on parle. De décence humaine.

D’amour, d’amitié, de loyauté et autres…

Il faut être parent, je crois, pour bien comprendre que deux sentiments à l’opposé l’un de l’autre peuvent cohabiter: la colère et l’amour par exemple. Je me souviens d’avoir eu, avec merveilleuse merveille encore toute petite, une conversation où je lui expliquais que même si son comportement m’avait mise en colère, je l’aimais toujours autant. Je désapprouvais son comportement, mais ça n’altérait en rien l’amour inconditionnel que j’éprouvais pour elle.

La vie nous met parfois devant ce genre de situation. Particulièrement en politique je dirais. J’ai toujours fait attention à dissocier les idées des gens. J’ai des amis dans tous les partis, et je crois profondément que le fait de ne pas partager les mêmes orientations n’est pas en soi un obstacle à l’amitié. En autant que la réciproque soit vrai, et que le respect soit au rendez-vous.

Et puis, il y a les loyautés. Amicales, professionnelles, personnelles. Qui sont parfois en contradictions. Mais j’ai toujours refusé de choisir entre mes loyautés. Je pense, au risque de me tromper, que je sais faire la part des choses. Que je suis capable d’être loyale à une amitié personnelle même si je ne suis pas en accord avec ce que cet ami pense. Parfois, le conflit de loyauté passe par une étape qui s’appelle le silence. Pas par manque de courage, mais plutôt parce que le temps doit faire son oeuvre.

J’ai probablement encore, à quelque part, une belle naïveté. On me dira qu’en 2017, il faut choisir son camp. Alors je choisis le mien: celui du juste milieu.

À part ça, chez-vous vont bien?

« And I hope I’ve made you proud »…..

J’écoutais, émue, le dernier discours officielle de Michelle Obama. S’adressant aux jeunes, elle a terminé son allocution en disant qu’elle espérait avoir rendu les américains fiers. Fiers d’elle mais surtout d’eux-mêmes.

Que d’espoir, en 2008, quand Obama a été élu. Tant d’espoir. Sur les épaules d’un seul homme. Évidemment, on ne pouvait qu’être déçu: personne ne pouvait répondre aux attentes du monde à son égard. Les attentes étaient trop grandes pour un seul homme, dans un monde qui change à la vitesse grand V.

8 ans plus tard, l’impression que le monde est encore pire qu’en 2008 est tangible. Je ne suis pas une spécialiste de la politique américaine – je laisse ça à mon ami John Parisella – mais le seul fait que Trump ait été élu pour succéder à Obama me porte à croire que les désillusions l’ont emporté sur l’espoir. Je sais, beaucoup d’autres facteurs sont en cause: Hilary elle-même, le fameux plafond de verre, le cynisme ambiant, etc.

Et pourtant, les Obama laissent derrière eux un héritage dont ils peuvent être fiers. Qu’en restera-t-il concrètement après Trump? Probablement bien peu. Mais la dignité, la décence, la grâce, ça ne s’estompera pas et c’est ce qui restera dans la mémoire des gens.

Ma mère avait gardé toute une collection de revues mettant en vedette Jackie Kennedy, de son mariage aux tragiques événements de Dallas. Je me souviens, petite, de les avoir feuilletés, fascinée par la grâce et l’élégance de cette américaine qui nous ressemblait un peu.

2017 commence un peu comme 2016 a terminé: un fou qui tire dans une foule, une personnalité qui meure subitement. Et dans quelques jours, Trump prendra les rênes, et ce qu’on a vu à date de ses décisions ne semble pas rassurant.

Pourtant, j’ai envie de croire que 2017 nous amènera ailleurs. Que le cynisme, la méchanceté, la peur feront place à autre chose. Quelque chose qui pourrait nous faire dire, dans 355 jours, que ce fût une belle année.

J’ai envie – non, j’ai besoin – de focusser sur le positif. Et peut-être que si on est une méchante grosse gang à focusser sur le positif, on pourra être heureux de lever notre verre de bulles à l’aube de 2018.

La routine habituelle, quoi!

Petite, un personnage d’émission pour enfants, un perroquet, avait comme phrase fétiche « la routine habituelle, quoi! » – en roulant démesurément le r de routine.

En reprenant le chemin du bureau, ce matin, cette phrase m’est revenue. En boucle. Refaire la route, retrouver malgré le mauvais temps mes détours, stationner la voiture, saluer le gardien de sécurité à l’entrée, chercher ma carte d’accès dans ma sacoche trop pleine, monter dans l’ascenseur. La routine.

Saluer les collègues, s’informer du temps des fêtes, échanger des vœux pour cette nouvelle année. Rire avec un, reprendre un argument laissé en plan au départ avec l’autre.

2017 sera une année de défis professionnels. Elle me sortira de ma zone de confort. J’y connais quoi, moi, en course automobile et en électrification des transports? Et pourtant, malgré l’angoisse et le stress, c’est un défi qui me stimule.

En revenant, ce soir, je me suis dit qu’au final, la routine habituelle ne serait pas si tant une routine habituelle.  Et j’ai besoin de cette mise en abîme. En mars, j’aurai 55 ans. 40 et 50 ne m’ont pas affecté. 55 m’effraie, et j’ignore pourquoi. J’ai donc besoin de sentir que je peux encore faire une différence, que je peux mettre toute mon expérience professionnelle, toute mon intelligence et toute mon énergie (enfin, ce qu’il en reste…) à faire des projets qui me font tripper.

Et comme la vie est bien faite, elle m’a fait un petit plaisir ce soir: la découverte, sur Télé-Québec, d’une émission fort bien faite, « Microphone », qui met en vedette des gens que j’aime beaucoup. Louis-Jean Cormier, Patrice Michaud, Daniel Lavoie et Fanny Bloom (que je découvre), et qui ont refait des chansons aimées.

La routine habituelle? Que nenni. Ou si peu :-)

Quoi de neuf chez-vous?

Bon. Maintenant que Clément l’a annoncé et que plusieurs blogues ont été réanimés (coucou CFD et Martine!), il me faudra bien revenir à une discipline d’écriture. Ce qui pourrait s’avérer plus facile à dire (ou plutôt à écrire!) qu’à faire…

Vous me connaissez. Je ne parle jamais politique. Ou si peu. Et 2017 ne fera pas exception. Notamment parce que j’ai une obligation de réserve. Et que mes opinions, voire mes prédictions de soirs de scotch, je le garde pour moi et de très proches amis. Et qu’on ne sait jamais qui viendra lire ici hein…

Je vais me garder également une petite gêne sur les exploits et finesses de Merveilleuse merveille. Notamment parce qu’elle n’a plus 5 ans, et qu’elle aussi sait lire et fouiller sur les zinterwebs.

Ma vie de couple? Elle va très bien et ne regarde que nous. Les gens heureux n’ont pas d’histoire, alors je vois mal ce que je pourrais vous raconter.

Mon xième régime? Les dernières séries écoutées? La météo??? La sacré météo???? Des recettes? De sport?

Et puis, quand on a pris l’habitude d’écrire 140 caractères ou un peu plus si on préfère Facebook, faire de longs textes (ie plus de 2 paragraphes!) faisant sens, c’est difficillllllllle, comme disait Paillasson.

Bref, on parle de quoi, en 2017, quand on veut bloguer?

J’ai lu quelque part qu’une bonne habitude se créer en 21 jours. Alors je me donne ce délai pour que bloguer redevienne une habitude. Entre-temps, je réfléchis.

À demain!