Une politique nataliste?

J’avais le goût d’écrire un long billet, mais comme je ne parle pas de politique, ou si peu… C’est aussi qu’en avançant en âge, on avance en sagesse, et qu’on apprend à réfléchir avant de parler, et encore plus d’écrire, puisque les écrits, particulièrement sur la blogosphère, demeurent, voyagent et peuvent se retrouver God knows where. Je me mords donc les lèvres, les joues, la langue et les dents.

Puis m’est venue l’idée de faire une Léger & Léger de moi-même et de « sonder » mon (é)lectorat. Alors voilà, je vous consulte:

Compte tenu que la blogosphère déborde de mamans enceintes de leur troisième, quatrième et même cinquième enfant, et qu’à vous lire, vous n’êtes pas toutes millionnaires ou riches héritières;

Compte tenu que bon nombre de femmes ne souhaitent pas être mère;

Compte tenu que même celles qui le souhaitent ne le peuvent pas toujours;

Compte tenu que les études sur l’impact des bébés-bonus du gouvernement libéral *sous Robert Bourassa*,ont démontré que bien qu’apprécié, le coût de pouce financier n’était pas un incitatif décisif pour faire ou non un troisième enfant;

Compte tenu que déjà, avec la légère hausse de natalité observée en 2007, on manque d’obstétriciens et/ou de médecins pour faire les suivis de grossesse, que les maisons de naissances débordent et que les sages-femmes ne suffisent plus à la tâche;

Croyez-vous qu’une politique nataliste s’impose au Québec et RÉALISTEMENT, que devrait-elle contenir (lâchez-moi les voeux pieux d’avoir plus de médecins d’ici 15 mois!)?

Et je vous le jure, je le fais à des fins personnelles seulement!

Femmes du Québec, mettez-vous à l’ouvrage! (been there, done that, still waiting for the t-shirt!).

9 réponses sur “Une politique nataliste?”

  1. Mpfft! mouffftttt! Mpfffffffffft! de dire l’ivrogne tentant tant bien que mal de respirer sous les mains qui lui pincent les lèvres et le nez au cas où l’envie lui prenait!

  2. 5000$… me demande si c’est rétroactif… Je dis ce matin en écoutant RHR à ma grande qui prend son petit frère (#3): « Attention, prends en soin il vaut 5000$ ». Regard « complètement folle la vieille mère » « Bien voyons il vaut pas 5000$, ça n’a pas de prix les enfants maman ». Que dire de plus? La sagesse déjà à 9 ans… Je dirais donc « ça n’a pas de prix les enfants ». 😉

    Sérieusement… si on me donnait 5000$ pour #3 et #4 je les prendrais (pas folle quand même), mais je n’en ferais pas un 5e pour un autre tit 5000$. Si le gouvernement voulait vraiment faire un gros cadeau incitatif, je dirais d’offrir une prolongation du congé parental. Remarque j’en ferais pas un 5e non plus 🙂

  3. «C’est aussi qu’en avançant en âge, on avance en sagesse, et qu’on apprend à réfléchir avant de parler» … ah oui? ça arrive à quel âge ça?

    Pour répondre à ta question: je n’en sais rien, ça dépendrait de ce que la politique en question implique. Une chose est certaine, en ce qui me concerne (en ce qui NOUS concerne, faut que j’apprenes à inclure l’Élu) l’argent est un gros facteur dans notre prise de décision. Je fais retirer mon stérilet le 31 mars pour idéalement concevoir un petit d’ici la fin mai. J’avoue que, pour le moment, je me concentre sur le premier, mais une amie m’a récemment demandé quel écart je voulais entre mes enfants. Je lui ai répondu : deux ans. Et je me suis mise à réfléchir. Parce que je veux beaucoup d’enfants. Je sais, je sais, tout le monde dis ça et s’écoeure après deux. Mais justement. Pourquoi les gens s’écoeurent après deux?

    Je sais je dis plein d’affaires mais je vais résumer ma réponse: je pense que la société actuelle n’incite pas à faire des enfants. Les coûts s’empilent et pas seulement pour les jeunes enfants. Parce que, ne nous leurrons pas, un parent responsable va soutenir son enfant jusqu’à ce qu’il soit autonome financièrement, dans la mesure de ses moyens. Et aujourd’hui, ça veut souvent dire entre 18 et 25 ans, selon la durée des études (qui s’enlignent pour coûter de plus en plus cher…). Puis il y a toute la question du réseau de soutien. Avant, quand t’avait 16 enfants, ta mère habitait avec toi anyway, ta plus vieille (ne nous leurrons pas, c’était la job des filles) donnait un coup de main, tes soeurs/belles-soeurs vieilles filles aidaient aussi. T’étais à la maison à 100%.

    Je dis pas que c’était le modèle idéal. Je dis que la société a changé. Et la société de consommation, d’immédiat, de loisir où il faut se réaliser individuellement, etc. ça encourage pas à avoir des enfants. Parce qu’avoir des enfants, ça implique de passer en deuxième. Et dans une société où on manufacture à la chaîne les bébés gâtés individualistes, c’est pas une idée qui risque de gagner en popularité…

  4. Ce n’est pas une question facile ça! J’ai fait mon premier alors que les garderies nous coûtaient les yeux de la tête (plus cher que mon loyer en tout cas). Est-ce que j’aurais fait un deuxième en sachant que j’allais payer les deux en même temps à ce prix-là? Probablement pas. J’ai presque forcé mon conjoint pour le premier (il était un célibataire endurci de 37 ans à ce moment-là). Je lui ait dit que le deuxième était SA décision. Il a dit je veux. Donc j’ai fait. Le troisième pas question. Je lui ai dit c’est à ton tour de prendre tes responsabilités et de te faire…Maintenant, la question ne se pose plus et même si j’adore les enfants des autres, rien ne me fera recommencer. Même pas 5 000$ Même pas la certitude d’avoir une fille. La seule chose qui pourrait changer la donne est d’avoir de l’aide à domicile. Une deuxième moi qui aimerait mes enfants comme moi et qui aurait les mêmes valeurs de moi et qui s’en occuperait comme moi. Est-ce qu’un gouvernement peut me donner cela?

  5. pffff ! quelle question ! Est-tu parente avec Pandore ?

    oui, évidemment, l’argent entre en ligne de compte. Mais je suis aussi d’accord avec La Marsouine, la société ne nous encourage pas à faire des enfants – et pourtant on entend de plus en plus de gens dirent qu’ils en veulent plusieurs (plus que 2).

    La société encourage la dépense, l’éternelle jeunesse, les divertissements avant tout et la facilité. Aucune de ces choses-là sont compatibles avec des enfants. Les enfants, c’est des responsabilités, montrer le bon exemple, penser à eux avant toi-même, un travail constant jusqu’à…. bon, je pense que c’est clair.

    Aussi, et on l’oublie souvent, on encourage beaucoup les études (et je ne suis pas contre ça, je serais bien mal placée), mais en même temps, ça fait que beaucoup de femmes ont leurs enfants plus tard. Ça, ça limite les familles. Quand t’as 33 ans à ton premier, soit tu en fais un par an / 2 ans ou tu te limites à 2, parce que les risques pour la santé de la mère augmentent avec l’âge, sans parler du fait qu’il faut se lever la nuit (etc) et qu’à 40 ans on récupère moins bien d’une nuit blanche qu’à 20 ans mettons. (Je mentionne ceci juste parce que ça fait partie de l’équation)

    Donc, pour revenir à ta question – politique de natalité ? Je crois que le régime actuel (RQAP) fait beaucoup pour encourager la natalité. Plus que ça ? Des places en garderie, des médecins, oui, ça serait bien. Mais surtout ça prendrait un changement de mentalité – ça prend un village, qu’ils disent…

  6. ô question cruelle et traitre entre toutes! Écoute, ils me donneraient un million que je n’en ferais pas un autre. Et en même temps, j’ai tellement un beau rapport avec mon fils que ça me manquerait de ne pas l’avoir eu, forcément.

    C’est une question d’énergie je crois, d’âge, de désir. On ne fait certainement pas des enfants parce qu’il y a une politique nataliste (quelle expression épouvantable).

    Je crois que c’est le co-auteur des Bougons, pas Avard, l’autre, qui disait; « pourquoi faire des enfants ici alors qu’il y en a tant ailleurs qui n’osent plus espérer être sauvés »?

  7. Je vais avoir 40 ans cette année, mon p’tit dernier aura 8 ans en octobre, penses-tu vraiment que j’ai le goût de me remettre aux couches et aux nuits blanches ? Pas pentoute, même si j’avais la certitude d’avoir une fille. Et un enfant, cela n’a pas de prix. Moi aussi quand j’ai eu mon premier, les garderies subventionnées n’existaient pas, ça me coûtait beaucoup de sous pour le faire garder. Au deuxième, j’ai dû faire 50 appels pour lui trouver une place en garderie, prolonger mon congé de maternité à mes frais parce que je ne trouvais pas et finalement, c’est en jasant avec une voisine qui avait une garderie que j’ai eu une place. Y’a de quoi décourager quelqu’un… Aujourd’hui, j’ai deux beaux garçons en pleine santé, intelligents et heureux et j’en suis satisfaite.

    Et c’est vrai que la société n’est pas faite pour les enfants. Avant de nous faire la leçon, on devrait plutôt faire en sorte d’avoir une société plus « accueillante » pour les touts petits.

  8. C’est certain que des places en garderie serait utiles, des mécedins spécialistes, une facilitation du retour au travail pour le parent qui a pris le congé parental, mais selon moi, il pourrait y avoir n’importe quoi dans une politique favorisant la natalité que ça ne changerait pas grand’chose au fond. À mon avis, on fait un ou des enfants généralement quand on a une impression de sécurité de stabilité pas seulement monétaire, mais également et surtout affective. On cultive de manière boulimique les amitiés insignifiantes (Facebook en étant le porte étendard) et les relations jetables. Les « p’tits couples rangés » sont souvent tournés en dérision, loins d’être des modèles à atteindre. Même notre aîné (9 ans) nous trouve ringards d’être encore ensemble son père et moi. Évidemment, il ne voudrait pas qu’on se sépare, mais à ses yeux, on n’est vraiment pas très cools. (!!!) Bref, c’est pas dans des relations incertaines qu’on a envie de faire des enfants mais bien plutôt dans un couple stable et comme il y en a de moins en moins, il y a de moins en moins d’enfants. CQFD. Quelle politique pourrait améliorer notre vie de couple ? Ça je serais curieuse de voir ça.

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