Je twitte, tu fessebouques, il youtube, nous disons n’importe quoi…

 

Je ne connais rien en technologie. Rien de rien. J’ai la chance d’avoir un Mammouth expert en cette matière, alors je me tais. Mais en ce début de nouvelle année,  j’ai envie de partager quelques réflexions.

Tout le « débat » qui fait rage entre les journalistes et les blogueurs me laisse plutôt froide. Journalisme citoyen? Réseaux sociaux? N’importe quoi 2.0? Dans la vraie vie de madame Toulemonde (pas Odette,  mais plutôt celle des nouvelles), ce sont là des débats aussi oiseux et inutiles que le sexe des anges. Pourtant, il y a un réel danger de dérapage.

Ce weekend, les rumeurs niées, démenties, confirmées, sur le décès présumé de la chanteuse Lhasa de Sela a mis en lumière le potentiel de dangerosité des zinternets, comme dit Mammouth. Au-delà de questions aussi fondamentales que celle du droit à l’information, mais aussi du droit au respect de la vie privée, concepts qui peuvent s’affronter dans ce genre de circonstance, c’est  le procès d’intention des uns et des autres qui m’a fascinée et apeurée.

C’était tout à fait dans la lignée des articles parus dans la Presse ce weekend. Comme si le fait d’écrire, de twitter, de fessebouquer, de bloguer, permettait tout, sans contraintes, sans limites, sans décence. Ouais, c’est ça je crois qui me heurte: l’indécence et le manque de savoir-vivre qu’on retrouve de plus en plus sur la toile. L’immunité totale du derrière l’écran.

La démocratisation des outils d’information, ça peut être aussi violent et imprévisible qu’un gun « loadé » entre les mains d’un enfant.

Je ne suis pas en train de dire qu’il faut retourner à un contrôle stricte de l’information. Je suis une junkie des réseaux de nouvelles en continue et je crois que l’information permet de faire des choix éclairés. Pour moi, les chasse-gardées des uns et des autres sont un faux-débat. Ce qui l’est moins, par contre, c’est l’impact de la nature humaine sur l’information et sur ce qui circule publiquement. Des carrières, des réputations sont en jeux et on s’étonne de l’absence de leaders forts et crédibles… D’un simple twitt, sur la base de  « on-dit », on peut créer une tornade qui ne pourra s’arrêter d’elle-même. Ce n’est pas différent du mémérage du parvis d’église, au fond. Mais la vitesse avec laquelle la moindre information circule, est reprise et dissiminée partout fait que ce qui pouvait se rattraper autrefois ne peut plus l’être maintenant. Peu importe que Joe Bloe ou Pat Lagacé ou Yves Boisvert signent un article, si les faits sont inexacts, le dommage est le même. Parce que le twitt de Joe Bloe sera peut-être repris par quelqu’un qui le refilera à quelqu’un qui le refilera à Pat Lagacé.

Je nous souhaite juste qu’en 2010, nous puissions faire un débat serein là-dessus. Pas sur le contenant, sur le contenu.

Je nous souhaite que 2010 soit une année où nous réfléchirons, individuellement et collectivement à notre rapport aux autres et à notre comportement sur les zinternets. 

Et je vous souhaite, amis lecteurs, que 2010 soit une bonne année: qu’elle vous permette d’aller au bout de vos rêves!

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Montée de lait

Vous avez passé un bon Noël? Ici, c’était plutôt formidable. Comme à l’habitude, on a acheté les cadeaux et les provisions à la dernière minute (vive l’adrénaline!), le Père Nowel est passé dans la nuit et a vidé son assiette, laissant des miettes de biscuits et de carottes, mais cette année, comme les grands n’étaient pas avec nous, l’arbre n’était pas enseveli sous les cadeaux. Les cadeaux, ils y seront au Jour de l’An, quand toute la famille sera réunie, incluant les grands-mamans.

Hier, nous avons reçu à souper. Des gens qui, pour toutes sortes de raisons, n’avaient rien à faire en ce 25 décembre au soir. Des gens de tous horizons, qui ne se connaissaient pas entre eux. Des enfants fatigués qui ont tenu le coup. Des adultes qui se sont retrouvés autour de conversations tantôt artistiques, tantôt politiques, tantôt technologiques. Et comme le veut la tradition, c’est à la tourtière, la vrâ, celle du Saguenay, que nous avons initiés et/ou régalés nos amis. Une bien belle soirée, remplie de chaleur humaine et d’amitié. Une soirée comme je les aime.

Alors pourquoi ce titre?

Ce matin, en lisant ma Presse, je tombe sur cet article:

http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/education/200912/26/01-934165-adieu-semaine-de-quatre-jours-a-lecole.php

Et plus je lis, plus la moutarde me monte au nez. Mettons d’abord quelque chose au clair: non, je ne suis pas objective. Mes parents ont tous les deux enseigné,  je suis issue du monde de l’enseignement. Pour moi, être prof, c’est une vocation, pas une job. J’admire ces gens qui ont le mandat d’apprendre à nos enfants à lire, écrire, compter. Qui leur donne 100 fois plus que la matière obligatoire. Je reconnais la lourdeur de la tâche, et je n’ignore pas qu’elle est de plus en plus difficile.

Mais bâtinsse! Nommez-moi un femme qui ne rêve pas de faire du 4 jours semaine????? Nous courrons toutes après notre temps, en essayant de conjuguer vie professionnelle et vie familiale. Mais combien d’entre nous avons la possibilité de le faire? Non, je ne tomberai pas dans la démagogie de bas étage, mais combien d’entre nous avons plusieurs semaines l’été, finissons à une heure raisonnable? Je sais, vous m’argumenterez qu’elles sont de la correction à faire, qu’elles préparent la journée du lendemain, que… que… Je sais. Je peux également vous nommer un certain nombre de mes collègues fonctionnaires et gestionnaires qui apportent du travail à la maison. Régulièrement. Et pas parce qu’elles ne sont pas organisées. Parce que la tâche augmente partout.

Au fond, deux choses me troublent: je veux bien qu’aucune étude n’évalue les impacts sur les enfants qui se retrouvent une journée par semaine avec une autre enseignante, mais je suis loin de penser, comme le psy de l’Université Laval, que c’est la même chose que les soins infirmiers. C’est tourner les coins un peu rond dans la comparaison, me semble.

L’autre point, c’est que je me demande si le travail a encore une valeur dans notre société. Ou si c’est plutôt un outil pour nous permettre de vivre, point. Le cas des enseignants a des aspects particuliers, mais c’est la même chose partout. Alors quand on me sort l’argument que de ne pas permettre le travail 4 jours par semaine va décourager les jeunes d’envisager cette profession, je me demande quel signal on envoie.

Sur ce, je retourne à mes fournaux. Joyeux temps des fêtes à vous tous, lecteurs et lectrices encore fidèles! Je reviens, promis, vous faire mes voeux de nouvel an!

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Good enough

Nanon, je suis pas morte. Pas désintéressée de la blogosphère non plus, et pas monopolisée par Twitter ou Facebook. Juste occupée à vivre à gérer, à recentrer et à (ap)prendre du temps pour moi.

Cet après-midi, par exemple, alors que Mammouth est parti avec la tribu au cinoche, me suis fais quelques plaisirs solitaires. Nah! je vois dans votre oeil, lecteur, une lueur coquine… Pantoute! Je me suis fait un thé à la menthe horriblement sucré (diabète welcome!), j’ai passé la balayeuse et j’ai écouté la télé.

J’ai écouté une reprise de Bazzo.tv. Surtout une discussion passionnante sur les « mères indignes ». À laquelle j’ai envie de réagir.

Comprenons-nous bien: je n’ai rien contre les mères indignes. Et surtout pas contre l’originale, Caroline Allard, une fille bourrée de talents qui mérite tout ce qui lui arrive. À cette mère indigne, qui nous a toutes permis de sortir du placard de la perfection, se sont succédées une série de mères toutes plus imparfaites les unes que les autres. Au point de créer un phénomène dont on discute à la télé, à la radio, sur les blogues, dans les magazines sérieux et les ceusses à potins et qu’on doit bien, dans le sérieux de nos facultés universitaires, analyser et décortiquer en moultes maîtrises.

Or, comme tous les phénomènes, y’a toujours quelque chose qui me titille. J’écoutais le bon docteur Chicoine dire que les bébés n’ont pas besoin d’une mère parfaite, Marie-Claude Barette parler de l’aspect « sacrifice » consenti de la maternité. Tout vrai. Mais un bébé a besoin d’une mère adéquate, et le sacrifice est proportionnel à ce qu’on perçoit devoir abandonner de sa vie d’avant.

Je les écoutais parler du besoin de sortir de la checklist de la perception maternelle – l’accouchement naturel, l’allaitement à perpetuité, les purées maisons, et j’en passe et des meilleures. Et je me suis demandée si, avec le phénomène des mères indignes, on n’avait pas remplacé une checklist par une autre – la dérision, le martini défendu, le besoin de crier au monde entier son imperfection? Remplacer une dépendance par une autre, est-ce une solution? On fait quoi, quand on est pas assez indignes?

Être mère, c’est difficile. On est jamais à la hauteur des attentes, et encore moins à la hauteur de ses propres attentes. C’est accepter, ou essayer d’accepter, que peu importe, on aura jamais tout compris, tout appris, tout perfectionné, tout rendu parfaitement. C’est vivre dans l’angoisse perpetuelle que quelqu’un, quelque part, pense qu’on a pas bien « élevé » ses enfants, c’est vivre dans l’inquiétude constante du devoir faire plus etou mieux.

Et c’est les regarder dormir, confiants. C’est aussi les regarder tracer leur propre chemin, pas toujours comme on l’aurait souhaité, mais bravement, armé de tout ce qu’on aura pu leur donner, malgré…

Bref, c’est juste accepter d’être une « good enough » mother, une « good enough » blonde, une « good enough » boss.

Ouais. I’ll drink to that!

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Gestion de crises

Ces jours-ci, tout est urgent. Tout est exacerbé. Tout est… trop. Ouais, juste trop.

Test ultime hier: nous sommes en réunion – communément appelée journée organisationnelle. Après 4 mois dans mon nouvel emploi, il était temps de faire le point en équipe, de revoir nos priorités et d’établir des règles du jeu claires. À l’ordre du jour, notamment, le plan de gestion de crise en cas de pandémie de la grippe du code postal.

Comme nous étions à parler de ce dossier en équipe, j’ai commencé par dire que ma position en était une de risque minimum: tu fais de la fièvre, tu te sens grippé, tu as des enfants qui sont malades? Tu restes à la maison. On va équiper tout le monde avec le système de gestion de dossiers à distance. Tu peux travailler de la maison? Tu le fais. Et je n’irai pas vérifier personnellement si tu mouches vraiment et si tu te tousses les poumons hors de la cage thoracique. Bref, on ne met pas les collègues ou les clients en danger. Oui, j’ai fait provision de Purell. En cas de pandémie, on aura aussi des masques disponibles.  Mais pour l’instant, pas de mouvement de panique.

Mes gens sont des professionnels. Ils ne profiteront pas d’une pandémie pour se pousser au soleil, prétextant qu’ils sont malades. J’ai donc eu une discussion avec la grande boîte: dans la vraie vie, s’il y a effectivement une pandémie, personne ne sera en mesure de tester tous les malades. Alors exiger un papier médical relève du wishfull thinking, à mon avis. Tout autant que d’exiger un certificat de retour au travail… Les médecins ne s’entendent pas sur la durée de la contagiosité de la maladie… Et puis, entre vous et moi, la H1N1 ou une grippe ordinaire, who cares? T’es malade, tu restes à la maison!

En plein milieu de l’avant-midi, un coup de fil: une employée, malade, arrive de chez le doc. Elle est en pleurs, paniquée. Le médecin lui a parlé de potentielle H1N1. Elle était au bureau, mercredi. Fièvreuse. Elle a peur d’avoir contaminée tout le monde. Hum. Je serai donc la bêta testeuse du plan de contingence…

D’abord, la rassurer elle. Elle est dans le stationnement de la clinique, incapable de rejoindre son conjoint, inquiète pour ses enfants, inquiète pour elle, inquiète pour ses collègues.

Ensuite, voir avec la grande boite: avons-nous enfin des directives? Mouvement de panique à babord… Heu.. on est prêt. Enfin, on pense qu’on est prêt. Heu… c’est toi la gestionnaire, tu prends tes décisions de gestion. Tu assumes et tu nous tiens au courant. Heu… non, tu exiges un certificat. Heu… de maladie ou de bonne santé? Heu… Ouais. Je gestionne.

J’ai la totale: une employée enceinte, une autre dont le conjoint est en chimiothérapie, une dont la mère de plus de 90 ans a une santé plus que fragile, d’autres qui ont de jeunes bébés. Et pas de diagnostique clair: potentiellement, mais pas testé. Je fais quoi? Je me tais? Je parle, au risque de provoquer une panique? Gestionne, ma fille. Gestionne.

Nous aurons une position corporative, bien sûr. Mais en attendant, je gestionne. Avant d’aviser ma gang, j’ai pris le temps de réfléchir. J’ai d’abord géré ma propre panique: après ma double pneumonie de l’hiver dernier, j’ai pas envie de me taper une grippe. Deux grandes respirations plus tard, je me dis que les risques sont minimes, mais que même en prenant toutes les précautions du monde, si le virus décide de m’attaquer, je n’y pourrai rien. Fake…

J’ai ensuite indiquer à ma gang que leur collègue serait absente pour la semaine, et que son médecin lui avait dit qu’elle avait des symptômes s’apparentant à. Que pour le moment, il n’y avait pas de diagnostique, et que si je leur en parlais, c’est que je voulais qu’ils soient attentifs aux symptômes. Quant à l’employée enceinte, on lui a suggéré de contacter sa gynéco. Je leur ai transmis les liens internet des ministères de la Santé. Et nous avons en choeur pratiquer la chanson du lavage de main! C’est d’ailleurs devenu un running gag pour le reste de la journée: au moindre éternuement, c’était pause lavabo! Pas de panique, tout le monde a réagi en adulte.

En l’absence de diagnostique, aurais-je dû me taire? J’ai jonglé avec l’idée, mais je ne me serais pas sentie en paix avec moi-même si je l’avais fait. Tout est dans la manière d’aborder les choses. Au fond, c’était une bonne pratique…

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L’autre

Il était affalé sur la boîte du téléphone. Savez, ces boîtes laides de Bell qui ont l’air de pousser sur les murs des stations de métro, ou dans les halls d’hôtel? Drôle d’endroit pour s’affaler. Debout dans le wagon du métro arrêté encore une fois à l’heure de pointe, je regardais distraitement les gens qui venaient de sortir à la station Rosemont, pressés de retourner à la maison, retrouver un amoureux, des enfants, un chat, un chien. À la limite, un poisson rouge.

Pas lui. Il était affalé sur la boîte téléphonique. Était-il sorti en même temps que les autres? Était-il déjà là quand nous étions arrivés? Et le métro, portes grandes ouvertes, ne repartait toujours pas. Je le regardais, incapable de détacher mon regard de cet homme d’âge mur, affalé. Quelque chose ne cliquait pas. Je ne savais pas quoi, mais un détail accrochait.

Puis j’ai compris. Ce léger mouvement d’épaule, c’est le mouvement qu’on fait quand on retient à grand peine ses larmes. Quand on étouffe par en dedans pour ne pas hurler. Il a relevé la tête, a essuyé ses yeux, puis a pris son front dans sa main. Toute la douleur du monde était dans ce geste.

Instinctivement, je suis sortie. Pour aller vers lui. Quelque chose dans son attitude criait à l’aide. J’ai fait quelques pas, il a levé les yeux, et a secoué la tête. Pour me dire de ne pas approcher. J’ai laissé partir le métro, en me disant que j’attraperais le suivant, que j’avais du temps. J’ai continué à le regarder, sans un mot.

J’ai pris le métro suivant. Il n’avait pas bougé. J’ai continué mon chemin, la tête pleine de questions. Pas par curiosité, non. Je me suis demandé quelle mauvaise nouvelle avait pu réduire cet homme à étaler pudiquement sa douleur, comme si elle l’empêchait d’avancer, de sortir de cette station bondée à l’heure de pointe.

Son amoureuse venait-elle de lui dire que tout était fini? Venait-il d’apprendre le décès d’un proche?

Dans un très mauvais scénario de film, ça commencerait ainsi:  » Terrassé par la nouvelle, il était incapable de bouger, peinant à reprendre son souffle… »

Sauf que ce n’était pas un mauvais scénario de film. Juste une « scène de la vie quotidienne » dans le métro. Et son regard me suit encore…

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Hé! C’est dimanche!

…. ouais, pis?

Depuis mon retour au boulot, je cours après mon temps. Je suis en réunion non-stop, je me justifie par écrit pour me conformer aux règles, je dote et je radote. Les activités ont repris également à la maison, mais difficile de se mettre dans le mood automnal quand il fait un temps estival. Les arbres commencent à peine à rougir, l’eau de la piscine est cristalline, et si ce n’était de la pluie qui tombe aujourd’hui, j’aurais pensé à aller m’étendre sur ma chaise longue pour lire au soleil quelques heures.

Mais il pleut. Et l’humeur est sombre. Trop de morts* ces jours-ci. Des morts publiques, et des morts personnelles. Des petites morts, des illusions mortes, des feuilles mortes. Mais quand même l’impression d’avancer.

Professionnellement, les choses se placent. J’ai commencé à trouver « mes » marques. À élaguer l’héritage, à séparer le bon grain de l’ivraie. À faire tourner le bateau. Vendredi, en réunion d’équipe, j’ai commencé à voir les gens sourire. J’ai livré ce que je m’étais engagée à livrer, et le lien de confiance est établi. Enfin je crois. Je sais à quel point ces liens sont fragiles, mais je crois avoir manoeuvré correctement. Du moins, je l’ai fait en toute transparence.

J’ai douté. Beaucoup. C’est sain, le doute. Ça vous force à remettre en question pas mal d’absolus, ça épuise, mais ça produit toujours des résultats dans mon cas. Je doute encore un peu, mais les certitudes se réinstallent.

Et puis j’ai réalisé que quinquagénaire et quinquaillerie, c’est lié. À 50 ans, vous commencez à avoir besoin de pièces de rechange. Là, c’est mon genou, tanné de supporter un excès de poids, qui se rebelle. D’ici quelques années, aurai-je droit à une articulation en titane? En aluminium léger, garanti 30 ans?

C’est dimanche. Cet après-midi, pour rester dans le ton, nous irons voir « Il pleut des hamburgers »…

Comme dirait l’autre « Bonne semaine »!

* Le décès de Pierre Falardeau me désole. J’aimais m’énerver quand il s’énarvait. Celui de Nelly me désole aussi. Mais pas pour les mêmes raisons.

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Avoir peur des mots

Vous me connaissez. Je ne parle jamais politique. Ou si peu.

Mais la controverse entourant le Moulin à paroles me laisse songeuse. Pas sur le caractère partisan de l’événement: chacun y trouvera sa chacune, comme disait ma grand-mère. Non, ce qui m’interpelle, c’est notre rapport à l’histoire.

Je vous l’ai déjà raconté: la crise d’octobre a joué un rôle déterminant dans ma vie. Le fait qu’on veuille relire des extraits du manifeste du FLQ ne me gêne pas. Octobre 70 fait partie de notre histoire, tout comme la révolution tranquille, les jeux olympiques ou les élections à répétitions… Avons-nous si peur des mots? Avons-nous si peur de notre histoire? Pensons-nous qu’édulcorer le passé le rend plus acceptable? Moins dangereux?

Nous avons, comme société, nos côtés sombres. Nous avons eu nos histoires pas belles, pas jolies, nos moments moins glorieux. Tout comme nous avons eu nos moments forts, ces moments ou on se sent fiers d’appartenir à cette société qu’est la nôtre. Dans notre histoire collective comme dans nos histoires personnelles, y’a des événements qu’on souhaiterait peut-être oublier, mais qui ont exister. On peut toujours nier, mais la réalité demeure.

Au fond, qu’est-ce qui est le plus subversif? De lire un texte comme le manifeste, ou de l’ignorer? Et pour qu’on se comprenne bien,  je ne prends pas position ni pour un camp, ni pour l’autre. Il y a des dérapages de chaque côté, à mon avis. Bien des mots inutiles.

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Grippe du code postal – Prise 2

Belle initiative, pour ceux et celles que ça intéresse: une conférence en direct sur le sujet, en provenance de l’Hôpital de Montréal pour enfants.

http://www.hopitalpourenfants.com/fr/nouvelles/pointdemire.aspx?id=739
On a jamais trop d’informations pour prendre une décision, quelque qu’elle soit.

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La grippe du code postal…

… a fait sa première victime: une classe de 2e année d’une école primaire de quartier. Yup. Et selon merveilleuse merveille, c’est la faute du premier ministre. Son premier apprentissage  de la rentrée : c’est la faute du gouvernement. Mais vous et moi, on le sait hein, que c’est toujours la faute du gouvernement!

En fait, je suis un peu en maudine – le stade avant être en maudit. Semblerait que la commission scolaire s’est décidée hier à retirer des écoles les enseignantes enceintes. Z’auraient pas pu y penser avant la rentrée? Bref, les petits ont commencé lundi avec une enseignante qui les avaient déjà avisé qu’elle quitterait en novembre. Hier, elle les a informé qu’elle quittait en fin de journée. Et Merveilleuse, peinée, de m’expliquer que c’était le premier ministre qui avait décidé ça, et que le gouvernement savait toujours qui était enceinte. Big brother, rien de moins.

C’est ce même gouvernement qui nous a également envoyé hier une belle note sur la grippe du code postal, nous assurant que les mesures nécessaires seraient mises en place le cas échéant. Tout comme la ministre nous a personnellement écrit qu’elle avait à coeur la réussite scolaire de mon  enfant. Non pas que je doute de ses bonnes intentions, loin de là. Y’a deux postes de ministres dans un gouvernement ou tu n’es jamais gagnant: la santé et l’éducation. Et la ministre ne s’en tire pas plus mal que d’autres. Mais honnêtement, je doute que beaucoup de parents prennent le temps de lire sa missive. C’est plus facile de dire que c’est de la faute du gouvernement…

Et pour ceux et celles qui sont déçus que ce billet ne parle pas du débat entourant le vaccin… Voyez-vous, je prends pour acquis que mes lecteurs/trices *André Boislair, sors de ce corps!* sont des gens matures, responsables, qui prennent des décisions éclairées. Et qu’ils assument les conséquences de leurs décisions. À lire et à écouter les débats, je me demande seulement si les gens qui sont si farouchement contre ne seront pas les premiers à revendiquer à grands cris leur vaccin si la situation devient réellement grave. Mais bon, là encore, ce sera la faute du gouvernement, hein! Y’avait juste à nous le dire, hein!

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Quoi? Déjà septembre?

J’ai changé le calendrier sur le frigo, ce matin. Déjà septembre? Prise par la vraie vie, et par une crise existantielle d’écriture, j’ai délaissé ce blog cet été. Écrire, quand ça vous force, quand vous avez le sentiment de n’avoir rien à dire, c’est difficile. J’ai jonglé avec l’idée de fermer les chroniques du patio, et j’ai oublié.

J’y suis venue quelque fois, parce que c’est quand même ici que j’ai envie de déposer mes textes, de laisser aller mon imaginaire, de jouer avec les mots, de laisser ma trace pour ma fille. Et j’ai oublié.

L’impression d’avoir déjà tout raconté. De me « réécrire », de radoter.

Je réalise aussi que je m’auto-censure. Beaucoup. Avec la nouvelle job viennent les nouvelles responsabilités, et même si j’aurais abondamment de matériel pour raconter des histoires « vraies »,  je n’ose le faire. Les nouvelles responsabilités viennent également avec un devoir de réserve.

Et vous me connaissez. Je ne parle jamais politique. Ou si peu. Pourtant, il y aurait tant à dire…

Y’a aussi qu’on devra établir une nouvelle routine de vie. Mammouth a décroché un contrat qui l’oblige à se lever bien avant l’aube, et cette année, je devrai laisser merveilleuse merveille au service de garde plus tôt, puisqu’il ne pourra plus l’amener à l’école. Nouvelle routine donc pour elle et moi le matin, plus tôt. Nouvelle routine également pour le soir, afin d’alléger celle du lendemain matin. Pour l’instant, nous avons survécu à la rentrée. Merveilleuse est ravie: elle a échappé au prof qu’elle ne souhaitait pas avoir. Moi, je le suis moins: le prof qu’elle a, bien que probablement fort douée, quittera en novembre pour son congé de maternité. Quand on sait à quel point merveilleuse est réfractaire au changement, et comment elle réagit quand sa routine est déstabilisée, j’avoue que ça m’angoisse un peu. Par contre, je sais que cette nouvelle prof était en charge des groupes de troubles de comportement les dernières années, et qu’en lui en parlant, elle saura préparer ma fille à ce changement. Et puis, même si j’angoisse, il n’arrivera que ce qui est dû pour arriver, alors …

Ce fût d’ailleurs une rentrée rock and roll: 30 heures sans électricité, de dimanche matin  à lundi pm, ça donne un sujet de conversation aux parents qui, comme soi, ont la couette de travers (pas d’électricité = pas d’eau chaude = pas de douche!), sont en manque grave de caféine, et se sentent coupables d’avoir hâte de laisser les enfants dans une école aussi sans électricité mais soulagés que quelqu’un d’autres les occupent pendant quelques heures!

Entretemps, je suis toujours en vacances, bien que le p’tit hamster dans mon cerveau n’arrête pas de préparer sa « rentrée » au bureau. De gros changements à l’horizon. J’ai pris l’été pour observer, consulter, discuter. J’ai commencé à mettre en place une nouvelle structure, qui se concrétisera au retour. Tout comme avec merveilleuse merveille, je sens que certains de ces changements perturberont ma nouvelle équipe. À moi de voir comment je les ferai accepter en douceur. Stressant? Un peu. Mais c’est pour ça qu’on me paye, non?

Mon père avait l’habitude de dire: « t’as pas voulu faire une soeur? Ben travaille! »…J’aurais bien voulu être religieuse, à condition qu’on me promette d’être pape… P’tit boss des bécosses, dit Mammouth. Nah! Nah???? Nah!!!! C’est pas tout, y’a du lavage qui m’appelle (et que j’étendrai sur ma nouvelle et illégale corde à linge!), de la vaisselle à ranger, une balayeuse à passer et une sortie de filles qui m’attend ce midi.

Pour une fille qui n’avait plus rien à dire, hein…

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