La vie de banlieue

Par où commencer? Ah! oui, puisque vous le demandez… la soirée de jeudi dernier…

Je pourrais vous pondre un long papier sur ma déception de voir que TRÈS PEU de gens se sont présentés à ce premier rendez-vous, alors qu’entre ici et chez Martine, au moins une vingtaine de personnes avaient manifesté un intérêt. Mais vous savez quoi? J’ai passé l’âge d’être déçue. Et honnêtement, très honnêtement, j’ai eu beaucoup trop de plaisir pour me plaindre de quoi que ce soit. Et bibitte a fait un très joli résumé de la soirée juste ici. Que je partage entièrement, quoique mon degré d’intimité avec la quintessence des banlieusardises n’en soit pas au même point… Et j’assume: si ce n’était de sa maison Rona, on la jalouserait, la belle Julie… :-)

Ceci étant dit, j’en tire quelques leçons:

– Pour le prochain, car prochain il y aura, un endroit plus « calme » s’impose, question que la discussion soit agréable et conviviale.

– On ne fera aucune réservation, et tant pis si on manque de places!

– Peut-être que contrairement aux « mourialeux/ses », les banlieusard(e)s se couchent tôt, ou finissent de souper tard, ou…. bref, on ajustera l’heure en conséquence

– Et je suis définitivement passé à une autre étape de ma vie: je l’avoues, je suis vieille. Sinon, comment expliquer qu’après 3 misérables verres de vin, et un dodo à 22h30, j’ai filé « lendemain de brosse » vendredi toute la journée?

Enfin, bref, voyons la chose comme une répétion avant la générale.

Et quoi d’autre, dans ma banlieue? Rien. De la pluie. De la flotte. Du temps frette et moche qui finit par jouer sur le moral. Mais au moins, les microbes se tiennent loin…

 

De tradition et autres rites

Pour moi, l’année est jalonnée de rites et de traditions, certains me provenant de ma mère, certains que nous nous sommes crées nous-mêmes. Et qui, à mes yeux, sont importants parce que sécurisants: dans un monde en perpétuel changement, ils sont un ancrage pour moi et ma famille.

Un jour de l’An sans dinde? Impossible! Pâques sans le gâteau en forme de lapin? Impensable! La St-Valentin sans p’tits coeurs? Nah! Pas chez-moi!

Des traditions, et des liens. Des amis qui se greffent à la famille, qui en deviennent des membres choisis et aimés. Je pense à Isa et à ses loupiots, qui sont en quelque sorte les cousins que ma merveilleuse n’a pas. Je pense à Marc, qui est devenu un « tonton » de plus. Je pense à « monton Luc », fidèle ami depuis plus de 24 ans, qui a accueilli mammouth et ma merveilleuse merveille comme sa propre famille. Je pense également à Anne, Louis et bébé Maude, qu’on aimerait voir plus souvent. Sans eux, les fêtes et autres occasions spéciales n’auraient pas la même couleur et la même saveur. J’aime en particulier la période des fêtes, le feu de foyer, la grande tablée, les joues rougies par le froid dehors et le chien fou qui court après les mitaines. L’apéro qu’on prend à 2h00 de l’après-midi *après tout, il est toujours 4h00 kek part dans le monde, disait un vieil haissable de ma connaissance!*.

J’aime le Père Noel. Ou plutôt, j’aime que ma fille aime le Père Noel, même si elle en a une peur bleue et que jusqu’à maintenant, elle a refusé de s’asseoir sur ses genoux. J’aime qu’elle lui écrive une lettre pour lui faire part de ses désirs; j’aime voir briller ses yeux quand la lettre du Père Noel arrive. J’aime la voir remonter du bureau de sa grand-mère, ou mammouth établit ses quartiers à chacune de nos visites en sol Saguenéen, pour nous parler de la progression du Père Noel la journée du 24. (En passant, si vous avez des enfants, je vous suggère de visiter le site de NORAD le 24 décembre. Une pure merveille pour les grands et les petits!)

J’aime la voir préparer l’assiette du sympatique monsieur, le 24 au soir. Et plus elle vieillit, plus l’assiette se raffine: en plus du traditionnel biscuit et du verre de lait, il a eu droit, l’an passé, à des noix, un bout de camembert, quelques crudités à partager avec les rennes, et un petit four. Manquait que le verre de rouge, finalement!

J’aime la voir, au matin du 25, regarder, toute surprise, l’assiette vide et les traces d’eau sur le plancher près du foyer *ce qu’une grand-mère ne ferait pas pour ses petits enfants, hein! Y compris mettre elle-même de la neige fondue sur ses beaux planchers de bois!* Et j’aime son air ébahi, puis complètement excité, quand elle voit enfin le sapin, ou plutôt l’avalanche de cadeaux sous le sapin.

Cette année, j’inaugure une autre tradition: le calendrier de l’avant. J’ai vu des modèles délirants à faire soi-même dans quelques revues, et j’ai envie, même si je n’ai aucun talent dans le bricolage, de m’essayer. Et nous ferons des décos en pâte de sel, je l’ai promis!

Hier, le ramoneur est venu nettoyer la cheminée. J’étais absente, mais ce matin, à son réveil, elle m’a raconté ce qu’il avait fait. Alors, j’ai eu l’idée d’inventer un nouveau personnage: l’espion du Père Noel. Je lui ai raconté que comme cette année, nous serons ici à Noel, le Père Noel a envoyé son espion prendre les mesures de notre cheminée, juste pour être sûr qu’il pourrait venir déposer ses cadeaux. Elle m’a regardée, méfiante, se demandant si je lui racontais la vérité. J’avoues, j’ai eu peur un peu d’être allée trop loin. Mais non… Il revient samedi: faudra que je lui demande de « jouer » à l’espion…
Dommage qu’elle ne croit plus au Lapin de Päques qui passe par le tuyau de la sécheuse…Ça a l’air qu’il passe par la porte, celui-là, qu’elle m’a dit, ce matin. Ben coudonc, on peut pas toutes les gagner, faut croire.

Je sais pas vous autres, mais moi, ça me fait mourir de rire

Suis-je cynique? Probablement. Enfin, un peu. Non, beaucoup! Mais parfois la nature humaine me fait mourir de rire.

Le dernier exemple: le traficant de drogue qui se bat contre Revenu Québec qui lui a envoyé un avis de cotisation de 361,000$ pour taxes non payées sur la vente de dope. Je ne sais pas qui, du traficant ou de Revenu Québec, est le plus fou. Il doit y avoir une connection qui ne se fait pas dans mon cerveau, mais ce genre de truc, c’est de l’humour absurde, pour moi… Je ne connais rien au monde de la dope, mais je sais pas, j’imagine mal le traficant en train de remplir son rapport trimestriel de TSP/TVQ et de faire son chèque à l’ordre des gouvernements. Bon, je comprends qu’on peut peut-être assimiler le traficant à un travailleur autonome, mais quand même.

Et vous? Y’a des trucs comme ça qui vous font sourire, rire, hausser les sourcils? Racontez, ça brisera la grisaille de ce matin moche de novembre!

 

Dernier appel…

Pour le YMXbanlieue450nordblog.

Quand: ce jeudi, le 9 novembre, à compter de 19h30

Où: au Irish Pub de Rosemère, 283, Grande-Côte

Qui: Celles et ceux qui ont envie de partager leurs meilleures adresses de IGA, un verre de vin, une bière, fous rires et le reste.

Je vous y attends?

 

Et si jamais…

je ne me réveillais pas?

Bien sûr, vous allez croire que je suis devenue paranoïaque depuis que Québec est sous la neige (2 heures environ) mais bon je vous jure que je l’ai cette sacrée trouille.

Je fais partie de ces gens dont on dit que rien ne peut les arrêter. « Elle est forte, Isa, et rien ne peut lui résister » dit-on de moi. Et pourtant, je vais bientôt me faire endormir pour une de ces nombreuses chirurgies qui m’artèlent ma vie. J’ai eu ma part d’opérations chirurgicales (5 syllabes pour un mot qui vous donnent des frissons dans le dos car vous savez pertinemment que vous allez vous faire charcuter un petit bout de votre personne). Donc disais-je, j’ai eu ma part et jusqu’à il y a quelques années, moi la robuste, cela ne me faisait ni chaud, ni froid.

Et puis voilà, j’ai mes enfants et depuis je panique à chaque fois que je dois me faire endormir. Et si jamais… Bien sûr, la technique a évolué, bien sûr, on est en 2006, bien sûr, mon docteur est compétent (juste 3 fois qu’il m’opère celui-là)… Non pas que je craigne la mort car après tout s’endormir pour de bon c’est une bonne façon de s’en aller… Non je panique à l’idée de ne pas revoir mes enfants, de ne pas les voir grandir, du fait qu’éventuellement, ils ne garderont de moi que ce foutu accent dont ma fille se moque régulièrement. « Écoute maman je paaaaarle comme toiaaaaaaaa ».

Et si jamais, ils l’oubliaient aussi mon accent…

Dans un ministère près de chez-vous

NDRL: L’histoire que vous allez lire est vraie. Seul le nom de l’innocente a été changé, justement pour préserver son innocence. Les détails également ont été modifiés, question d’éviter toute poursuite légale. Enfin presque…

Picture this, comme disait Sofia: Un vendredi soir, au terme d’une longue semaine. 4 individus, dans un meeting qui commence à 16h30. Mettons 2 boss, 2 sous-fifres. Une de ces sous-fifres n’a qu’une envie, retourner à la maison pour se mettre au lit. Dans sa tête, ça fait blingblingbling… Ça discute ferme, de dossiers tous plus ennuyants les uns que les autres. L’atmosphère est sombre, comme la nuit noire et froide qui s’abat sur Montréal. La sous-fifre écoute à moitié, dans sa tête elle voit une ile grecque, des olives, des corps étendus sur une plage de sable…

Tout à coup, un dossier d’une importance capitale se pointe dans la discussion: pourquoi ne pas utiliser le précieux argent gracieusement donné par les contribuables du Kanadéa pour financer un service 811? Ce service, pour vous situer, est un genre de ligne d’urgence sociale, un 911 non médical. Vous êtes en train de faire une crise cardiaque? Signalez 911. Vous êtes sur le point de péter les plombs après une madame qui paye avec toutes les cennes noires de son p’tit porte-monnaie de cuir à la caisse express alors que vos enfants hurlent de faim, faites le 811. Vous vous faites frapper par une van en essayant de traverser à pied le boulevard des Laurentides, faites le 911. Vous pensez à enjamber le pont de la Rivière-des-Praires, faites le 811. Z’êtes mêlés? Faites le 0!

Bon, vous voyez le topo. La future ligne 811 servirait à désengorger le 911 des urgences non-médicales. L’idée est correcte en soi. Après tout, ça fera une autre bébélle à taxer éventuellement. Sauf que, dans votre ministère, vous avez une vocation économique. Pas sociale. Vous n’investissez que dans les naffaires à caractère économique. Pas dans le communautaire. Pas dans la prévention du suicide, dit un des boss.

Et c’est là que la sous-fifre innocente disjoncte. Carrémment. Blingblingbling dans sa caboche douloureuse. Et qu’elle s’étouffe de rire. Parce qu’elle se souvient qu’il n’y a pas si longtemps, le ministère a investi dans la confection de cercueils à valeur ajoutée *non, ne me demandez pas ce qu’est un cercueil à valeur ajoutée!* et dans le gossage d’urnes individuelles et portatives en granit que vous pouvez offrir à ceux qui restent, avec vos restes, à votre « grand départ »…

Et elle se dit que c’est typiquement gouvernemental: la main gauche qui ignore ce que fait la main droite. Pendant que la gauche subventionne le cercueil, la droite subventionne la prévention du suicide. Bref, la droite bousille la ressource première de la gauche… Et la sous-fifre devient carrément hystérique, essayant d’expliquer entre deux quintes de toux, la logique implacable de son raisonnement. On ne financera pas par souci de cohérence! Et la sous-fifre se dit que plus elle continue, plus elle se cale, mais que ça fait des semaines qu’elle n’a pas ri autant au bureau, alors tant pis!

Et après ça, vous direz que la vie de fonctionnaire est plate!

La rançon de la gloire

Maintenant que Mère indigne et la quintessance de la banlieue m’ont fait de la pub sur leur site respectif, me voilà fréquentée par plein de nouveaux lecteurs/nouvelles lectrices *André Boisclair, sors de ce corps!* que je salue amicalement. Bienvenue sur mon humble patio, qu’on mettra sous peu, neige à venir aidant, en d’sous de l’abri tempo.

D’abord excitée comme une puce *d’ailleurs, ça vient d’où, cette expression? Z’avez déjà vu une puce d’assez près pour remarquer sur son faciès de puce une émotion d’excitation quelconque, vous???*, voilà que mon mammouth, d’une phrase bien sentie, me ramène sur terre:

– Ben là, va falloir que tu produises! Tu te dois à tes lecteurs/trices *André Boisclair, sors de ce corps, j’ai dit! » Pas question d’être plusieurs jours sans bloguer.

– Mais, mais, mammouth chéri, que je réponds, papillotant de la paupière, mon fidèle lectorat comprend sans doute que bloguer n’est qu’une infime partie de ma vie palpitante de fonctionnaire fonctionnelle à la mi-quarantaire assumée, banlieusarde par surcroît?

– Que nenni, ma chérie, qu’il me répond, sourire sarcastique aux lèvres…

L’angoisse, je vous dis pas! L’angoisse! Va falloir que à partir de désormais *je sais, les politiciens s’arrachent ce slogan (prononcez slogannnnn)* je trouve  quotidiennement un sujet inspirant et les mots pour le dire? Flûte! Vous croyez que je peux engager quelqu’un pour écrire à ma place???

Stu moi, oubedon le monde est fou?????

OK, j’ai le rhume! Pas une grippe d’homme, rassurez-vous! Un rhube de maman qui dure 24 heures. Le nez un peu congestionné. La tête un peu douloureuse. L’énergie d’une amibe.

Juste ce qu’il faut pour justifier une absence du bureau, pour demeurer dans le confort douillet de son chez-soi et surfer, un peu ici et là.

Mais là, j’avoues, je me pose une question existentielle: Stu moi, ou bedon le monde est fou???? Une garderie pour adultes?  

Je dois être d’une naiveté sans bornes…ou alors j’ai abusé du tylénol sinus…