Pour toi, c’est madame!

Depuis que je suis mère, la femme en moi s’était presque éclipsée. Concilier travail et famille, banlieue et centre-ville m’ont rapidement fait oublier tous les petits gestes nécessaires à l’entretien de la beauté. Des ongles impeccables? Des talons soyeux? In your dreams, babe! On a le cheveu long pas pour séduire (quoique mammouth le préfère ainsi!), mais plutôt parce que la queue de cheval est la coiffure la plus pratique qui soit. Et que dire des petits pots de crème et des jolies couleurs qui déssèchent littéralement au fond de ce qui a déjà été jadis il y a longtemps un baise-en-ville? Et puis, avec un bon surplus de poids comme le mien, pourquoi mettre de l’énergie à se pomponner, alors qu’un baume pour les lèvres et une rapide couche de mascara font l’affaire, hein! Vous me direz qu’il y aurait matière à diversion du regard de l’autre si je me faisais de jolis yeux de biche, au lieu d’attirer le regard vers l’immense popotin dont je suis la propriétaire… je sais, je sais. Mais quand on a une demie-heure le matin pour se préparer, et passer quelques minutes de qualité avec sa progéniture, ben les jolis yeux de biche, on repassera! Tout ça pour dire que quand on ne supporte pas son propre regard sur soi, on supporte pas ceux des autres, fussent-ils aimants…

Or, depuis que j’ai entrepris de reprendre mon corps en main et que j’ai amorcé ma perte de poids, je me regarde plus. Et hier, il m’est arrivé une histoire qui ce matin encore me fait sourire:

Picture this, comme disait Sofia. 20h00. Un dépanneur de métro, comme il y en a partout. Un jeune homme, tanné de sa journée, derrière la caisse. Un plus vieux (son père?) accoté sur le comptoir, sirotant un coke qui n’a plus l’air très pétillant. La dame, brûlée de sa journée mais flottant sur son petit nuage parce-que-c’est-les-vacances-qui-commencent, qui s’achète une bouteille d’eau, tend son billet de 6-49 de mercredi en sortant sa phrase habituelle « annoncez-moi doucement que je suis millionnaire, svp ». L’annonce attendue n’étant pas venue, la dame dit avec son plus beau sourire « J’imagine que tu me réservais le numéro gagnant pour demain soir? Oui, avec extra! »
Et c’est là que le jeune homme, tout en tendant le nouveau billet à la dame, lui a fait un sourire d’enfer, a légèrement effleuré sa main et lui a dit, presque dans un murmure: « moi, c’est Patrick »…Pendant un instant, un très très court instant, la dame s’est rappelé qu’il y a longtemps, jadis, une éternité, ce genre de phrases était le prélude à des conversations légères, pétillantes, ou le jeu de la séduction prenait toute la place… Pendant un instant, un très très court instant, elle s’est rappelé qu’un jour, elle avait été une belle jeune femme, pas juste une maman, qui n’était pas insensible aux compliments, même s’ils étaient maladroits. Pleine de ce sentiment délicieux – un mélange de légèreté dû aux vacances et à la pression retombée après son entrevue, et de se savoir peut-être encore non pas désirable, mais plus que juste-une-mère – elle a a son tour fait son plus beau sourire et a répondu au charmant jeune homme:

« moi, c’est madame »

Le monsieur accoté sur le comptoir a recraché sa gorgée de coke. Et mammouth m’a regardé d’un drôle d’air quand je lui ai raconté l’histoire… Oh! well… Tempus fugit, comme disait l’autre…

3 réponses sur “Pour toi, c’est madame!”

  1. Que j’aurais aimé être un p’tit oiseau pour voir la mine déconfite du beau Patrick… Hon!!!!!!!!!!!!

    Mais avoue que ça fait un méchant v’lours…:)

    Bonnes Vacances ma chère Marie-José XXXX

  2. Pour moi aussi ce sera madame, surtout maintenant que je suis dans vos copines 😉 Allez, je vous remercie du lien, je poursuis ma lecture de vos billets, dont le très charmant sur la merveille de 4 ans!

  3. En fait, la catégorie s’appelle des copines, des z’amis et des ménages à deux… mais la technonouille que je suis n’a pas encore figuré comment changé la chose… Linusxienne depuis peu, je lutte avant l’abandon! 😉

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