La simplicité de l’enfance

Depuis le début de l’année scolaire, merveilleuse merveille est heureuse. Elle adore l’école, a pris un coup de maturité et fonctionne comme une grande. Toutes les difficultés rencontrées à la gardo se sont envolées, du moins pour l’instant. Elle était prête à passer à cette autre étape, je crois. Elle aime apprendre, elle est curieuse et d’être ainsi stimulée la nourrit. Pas de crises, elle se couche même plus tôt pour « être en forme »…

L’annonce du décès d’Oyé lui a bien sûr causé du chagrin. Depuis, le soir, elle lui envoie un bisou et un « je t’aime » avant de s’endormir. Une sorte de prière. Hier, nous avons eu une conversation à ce sujet.

« Maman, Oyé il est au ciel? Dans une grande maison? »

« Si on veut, oui. Le Paradis est comme une grande maison ».

« Elle doit être grande, la maison, maman. Il y a beaucoup de monde. Est-ce que j’irai un jour dans cette grande maison? »

« Oui, ma poulette. Mais pas tout de suite »

 » Toi aussi, maman? Et papa? Et Wiki?* »

 » Je ne sais pas pour Wiki, mais nous aussi. Mais pas tout de suite »

 » Maman… est-ce que grand-papa Charles est aussi dans la grande maison? »

 » Bien sûr, mon lapin. »

 » Maman… est-ce que grand-papa Charles savait que Oyé restait avec grand-maman? »

 » … » (repli stratégique de la couverture ici. On ne commentera pas sur la jalousie d’outre-tombe, non!)

 » Maman, qui va rester avec grand-maman, maintenant? »

 » Personne ma crevette, grand-maman est capable de rester toute seule ».

 » Demain matin, maman, je vais appeler parrain et lui dire qu’il doit aller demeurer avec grand-maman! Bonne nuit, maman. Je t’aime… »

 » Moi aussi je t’aime, mon poussinot »

Je pense que je devrais avertir mon frère que sa filleule est sur le point de lui ordonner de déménager avec sa mouman…

Parfois, j’aimerais que les choses soient aussi simples.

Merci à vous tous et toutes pour vos paroles réconfortantes. De savoir que des gens pensent à nous me fait du bien.

* Wiki est l’idiote sympathique de la famille, notre grosse labrador qu’un jour, je finirai bien par aimer…

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Le grand départ

Ça y est. L’appel attendu et redouté est arrivé. Il nous a quitté il y a quelques minutes. Va vers cette nouvelle vie sans douleur. Promis, une fois les larmes séchées, ce sont les souvenirs heureux qui referont surface.

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La magie de l’Ile

Rien ne bouge. Il s’accroche à ce qui lui reste de vie. Il attend et nous aussi. Alors, pour tromper l’attente un peu, nous sommes allés passer le long weekend à l’Ile aux grues, au pays de Riopel . Parce que Mammouth et merveilleuse merveille ont aussi droit à des moments heureux malgré la lourdeur de ce qui se passe depuis un mois.

Nous sommes donc allé « squatter » chez des gens que Mammouth connait, et qui sont d’une générosité et d’une gentillesse peu communes. Gilles et Loulou, deux coeurs d’or, nous ont reçu comme des membres de la famille, des amis très chers. Merveille a fait connaissance avec le potager – je ne peux pas qualifier mon plant de tomate et mon plant de concombre de potager!, a récolté des légumes avec Loulou, a caressé les chevaux du voisin, a appris comment le lait « sort » des vaches – « des vraies vaches, maman! ».

Nous avons marché en forêt, Mammouth a pris des milliers de photos, nous avons bouffé de bon appétit – le Riopel, fromage local mais de réputation nationale, les bons légumes frais. Sans oublier le p’tit rosé et le pernod. Nous avons fait le plein d’amitié, de beauté et de grand air.

Et l’ïle a opéré sa magie: depuis que j’ai sevré merveille, je ne me souviens pas d’avoir été capable de dormir l’après-midi. Dimanche, après le lunch, je me suis étendue pour quelques minutes, et me suis réveillée 3 heures plus tard! J’ai l’impression d’avoir levé le poids que je sens sur mes épaules depuis des mois. J’ai eu une pointe de culpabilité, je l’avoues. Mais en même temps, je ne peux rien faire de plus, que je sois proche ou loin. Et j’ai aussi une obligation de participer au bonheur de mon Mammouth et de ma fille. Et ce weekend, si ce n’était pas le bonheur, ça y ressemblait à s’y méprendre!

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La rentrée scolaire – bis

Ça y est. Fini officiellement la garderie et autres trucs de « bébés ». Je suis dorénavant la maman d’une grande de maternelle.

Matin émouvant que celui ou on coupe encore une fois le cordon ombilical. Blondinette sautillante, merveilleuse merveille avait très hâte à son premier jour d’école. Quoiqu’en la réveillant ce matin, elle m’a dit: « Je suis trop fatiguée, je prends congé »…

Heureusement, dans la cour d’école, elle a retrouvé son ami M. C’était d’ailleurs tellement mignon de la voir se précipiter vers lui et de le prendre dans ses bras en lui disant qu’elle était contente de le voir! Et lui, rougissant, de lui montrer ses nouveaux vêtements et sa nouvelle casquette, assortie à sa boîte à lunch. C’est bien les gars, ça! On leur parle sentiments, ils répondent char et calotte!

Ce que je trouve le plus dur, c’est d’atteindre le délicat équilibre entre laisser aller et surveiller, protéger. Elle doit faire ses apprentissages, je sais. Ce matin, les enfants devaient apporter un bricolage et/ou un dessin. J’ai vu des trucs pas possibles, des bricolages ou il était évident que le parent avait beaucoup « contribué ». Même au niveau des dessins, certains avaient reçus l’aide « bienveillante » de maman ou papa. Ici, merveilleuse merveille avait décidé de colorier son Benjamin de manière plutôt « psychadélique »… Aurais-je dû m’en mêler? Aurais-je dû lui donner les bonnes couleurs et vérifier par-desssus son épaule qu’elle coloriait bien en dedans des lignes? Ma fille sera-t-elle tout de suite étiquetée « rebelle », « anti-conformiste », ou pire encore? J’ai choisi de lui laiser exprimer sa créativité, elle aura bien le temps de se conformer aux règles. Mais j’avoues que j’ai eu un petit pincement de coeur en voyant son professeur féliciter une autre petite sur la beauté de son Benjamin, alors qu’elle n’a pas dit un mot sur le nôtre…

Et oui, Mammouth a aussi été ému. Même si pour lui, c’est la troisième fois, c’est toujours émouvant me dit-il de voir votre progéniture pénétrer dans l’école, sans se retourner.

Dans quelques heures, je retourne la chercher. Demain, elle fera une journée complète. Je m’étais promis de profiter de mon avant-midi pour faire un peu de ménage. Mais je tourne en rond, et les aiguilles sur l’horloge n’avancent pas assez vite à mon goût.

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Le capteur de rêve

Encore une fois, mon amie bibcocotte a eu une image très juste pour décrire le phénomène: Internet peut parfois agir comme un « capteur de rêve », cet objet amérindien paré de vertus qui aident à passer à travers les nuits peuplées de cauchemars.

Depuis quelques mois, enfin depuis que je vous raconte des trucs plus personnel (ma fille en juin, la maladie du conjoint de ma mère, etc…), je sens autour de ce blogue comme une grande toile de gens connus et inconnus qui partagent ma peine, et qui me permettent aussi d’exprimer mes joies, mes folies, parce que la vie ne peut pas être que drame 24 heures par jour.

Au début, je me disais que le seul fait d’écrire me suffisait à adoucir les chagrins, à ventiler, à relativiser. Comme disait Mario, mettre des mots et nommer la réalité aident à se comprendre, et à comprendre les autres. C’est vrai: écrire est un puissant outil thérapeutique pour moi. Mais au fil des jours, j’ai réalisé que c’était plus que cela. De se savoir lue, et de recevoir tous ces mots d’encouragements ou de partages d’expériences, est devenu tout aussi important. Vous êtes, muets ou non, mon capteur de mauvais rêves.

Mammouth et ma famille immédiate m’aident à rester saine et « groundée » sur ma réalité, et ils sont essentiels à ma survie mentale. C’est leur amour et leur support qui me portent. Et dieu sait qu’ils sont patients! Mais vous êtes également et largement partie du processus de guérison.

Et la vie est bien faite: alors que le 23 août était une date triste pour moi, elle est devenue une date à fêter, puisque la petite Judith est enfin venue au monde. Preuve que la vie est une roue qui tourne: dorénavant, j’aurai aussi des raisons de me réjouir le 23 août, et c’est très bien ainsi!

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Dire adieu

Hier soir, je lui ai fait mes adieux. Nous savions, tous les deux, que c’était la dernière fois que nous nous verrions. J’y suis allée avec Mammouth et la tribu. Il a eu un bon mot pour chacun, et a enfin eu droit à son gros câlin de merveilleuse merveille.

Je suis ensuite restée seule avec lui quelques minutes. Nous avons pleuré, nous avons ri. Je l’ai remercié, du fonds du coeur, de tout ce qu’il a fait pour ma mère, pour mon frère, pour ma famille et pour moi. Il a toujours considéré merveille comme sa petite-fille, même si les liens du sang n’y sont pas. Le reste de notre discussion ne regarde que nous, mais j’ai vu, dans son regard intense, une grande sérénité. Pas encore de la résignation, mais une grande sérénité.

Avant de partir, il a tenu à se lever. J’ai serré dans mes bras son corps maintenant si frêle, en retenant mes sanglots. C’est à la fois l’horreur et la beauté de mourir de cette saloperie: l’horreur de voir la déchéance d’un humain qui, il n’y a pas si longtemps, était grand et fort comme un chêne. La beauté d’avoir le temps de se dire qu’on s’aime, et de se faire des adieux tristes certes, mais d’une réelle intensité. Un moment vrai. Pas de frime, pas de faux-semblants, pas de fausse pudeur.

Par deux fois, avec mon père et avec cet homme qui a aussi tellement aimé ma mère, j’ai eu le privilège de pouvoir dire adieu. Et j’ai une pensée, aujourd’hui, pour la famille de la mairesse Boucher. Quand la mort frappe aussi subitement, on doit rester avec un sentiment d’inachevé terrible.

Au revoir Oyé. Et bon voyage! Une fois dans l’avion, fais la bise aux miens. Et amusez-vous! Ici, une fois qu’on aura pleuré, c’est en riant que je me souviendrai de toi et de ton humour, et ce sont les souvenirs heureux que je raconterai à merveille. Je te l’ai promis, et je tiens toujours mes promesses…

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Le mauvais sort

L’atmosphère est lourde, le temps moche. Merveilleuse merveille est à la limite du supportable, à ne pas pouvoir jouer dehors ou avec des amies de son âge. Et sa maman n’a plus grand patience, alors elle laisse passer beaucoup trop de Télétoon (pourquoi diable ai-je oublié les DVD???). Nous sommes en attente, et je déteste attendre.

Et puis, comme pour prouver que quand ça va mal, ça peut toujours aller plus mal, voilà que Mammouth, parti ce matin tôt pour venir nous rejoindre avec les grands, est arrêté en plein milieu du Parc des Laurentides, par un accident de la route majeur. Lui aussi attend, et lui aussi déteste attendre. Heureusement, eux ils ont pensé aux DVD!

Alors que je tentais de prendre les nouvelles pour voir si la situation s’améliorait, je suis tombée quasi en direct sur l’annonce de la mort de la mairesse Boucher. Annonce qui me peine beaucoup. On pouvait aimer ou non le personnage, mais elle aura fait beaucoup pour les femmes en politique, en cassant le moule du jeu de la séduction, pour se battre à armes égales au plan des idées. Et il faut reconnaitre que sa victoire à la mairie de Québec, en 2005, avec un budget ridicule (+ ou – 5,000$ !) avait quelque chose de David contre Goliath!

Depuis, j’écoute les témoignages qu’on lui rend, en me répétant qu’on est toujours tellement plus fin mort que vivant! Tiens, on vient même de vanter son style vestimentaire…

Et encore une fois, je vais chialer contre les médias: est-ce bien nécessaire de nous remontrer, ad nauseam, le trajet de l’ambulance entre la résidence de la mairesse et l’hôpital Laval? Ça apporte quoi, à l’information ça? Si c’est juste pour faire du « filling », je préfère son image de cowgirl à Calgary!

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Moi je l’ai! Moi je l’ai! Moi je l’ai!

Parce que magasiner peut également être thérapeutique, et qu’en cette journée grise, il n’y a pas moyen d’aller au parc, j’ai amené merveilleuse merveille faire les dernières courses en prévision de la rentrée scolaire. Au centre d’achats, nous sommes arrêtées à la librairie où j’ai fouiné pour acheter LE livre que je m’étais promis d’acheter dès sa sortie. Nulle part. Rien en  vue. J’avais expliqué à merveille que je cherchais le livre d’une copine.

Nous avons donc demandé à la gentille dame de nous indiquer où il se trouvait. Après vérifications, elle nous a dit qu’ils l’avaient bien reçu, mais qu’ils déballaient les nouveaux arrivages seulement le vendredi matin, donc qu’il était quelque part dans le stock room. Le petit doigt en l’air, merveille m’a alors dit: « On reviendra chercher le livre de ton amie demain, maman ». « Vous connaissez l’auteur? » m’a demandé la gentille dame. Je n’ai pas eu le temps de répondre que merveille disait oui à ma place. « Une amie » a-t-elle précisé. Bon, peut-être pas une amie, mais une connaissance. Plus qu’une connaissance, à vrai dire. Suer ensemble, ça crée des liens. Et puis, à force de la lire presque quotidiennement, j’ai l’impression de beaucoup la connaître.

Bref, la gentille dame est allé ouvrir les boîtes, m’en a apporté un et m’a promis de lui donner une bonne place en vitrine dès demain matin, dans la section « nouveaux arrivages ».

Là, j’ai presqu’envie de dire à merveille qu’il est l’heure d’aller au lit pour pouvoir lire!

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23 août

Demain, cela fera 14 ans que mon père est décédé. La douleur est moins vive, mais les évènements des derniers jours me replongent à plein dans ce qui fut la période la plus difficile de mon existance.

L’odeur de l’hôpital, la chaleur moite, tout revient. Pourtant, depuis le décès de mon père, je ne suis jamais allée au colombarium me recueillir sur ses cendres. Même au salon funéraire, où le cercueil était fermé, cette longue boîte de bois était vide pour moi. Dès sa mort, son corps terreste n’existait plus, mais son âme flottait tout près. Elle flotte encore parfois à l’occasion, quand j’ai du chagrin ou quand il m’arrive quelque chose d’extraordinaire. Son âme était avec moi quand j’ai eu merveilleuse merveille. Pas pendant l’accouchement, non, mais une fois à ma chambre, alors que Mammouth était reparti se reposer à la maison et qu’on me l’a ramenée pour son boire en plein milieu de la nuit. La petite lumière de la veilleuse éclairant faiblement, je me suis mise à lui chanter la chanson qu’il me chantait toujours quand j’étais petite – Souvenir d’un vieillard. Et alors que pendant toute ma grossesse, je ne pouvais écouter cette chanson sans pleurer comme une madeleine, cette nuit-là, c’est avec sérénité que je lui ai chanté, et que je lui chante toujours d’ailleurs.

Merveilleuse merveille a toujours su qu’elle avait un grand-papa Charles. Petite, elle faisait des cauchemars, et je me suis mise à lui dire de demander à grand-papa Charles de les apporter avec lui. Pour elle, les morts sont dans un avion, je ne sais pas pourquoi. Et d’après ce qu’elle raconte, ils se font un méchant party dans leur jet stellaire! Il y a mon père, bien sûr, et ma grand-mère, Grand-maman Hélène, qui donne des recettes de galettes.

Cet après-midi, il a reçu le dernier verdict. Le cancer s’est généralisé, et c’est vraiment une question de temps. Ma mère a beaucoup pleuré après lui avoir parlé au téléphone. Merveilleuse merveille s’est alors approché doucement, a pris sa grand-maman dans ses bras et l’a consolée du mieux qu’elle pouvait. Puis, pendant que maman se préparait à partir pour l’hôpital, elle m’a demandée, droit dans les yeux, si il allait mourir. Je ne pouvais pas lui mentir, alors j’ai dit oui. Merveilleuse merveille s’est mise à pleurer, en disant qu’elle n’aurait plus de grand-père et qu’elle avait peur que grand-maman parte aussi, parce qu’elle aussi était vieille. Un gros chagrin d’enfant, inconsolable. Une première vraie peine. Je l’ai rassurée du mieux que j’ai pu, mais quand on a soi-même le coeur brisé, c’est difficile. Partager des larmes, parfois, ça peut aussi consoler. Et j’ai demandé à Grand-papa Charles, dans le secret de mon coeur, de faire en sorte que tout se passe bien. Pour lui, pour ma mère, et pour nous tous. Et je lui ai aussi demandé de consoler sa petite-fille qu’il aurait tant aimé.

À 5 ans, on oublie vite. Mais ce soir, elle m’a dit qu’elle savait que son Oyé irait rejoindre grand-papa Charles dans l’avion, et qu’ils auraient beaucoup de plaisir ensemble. Non, je n’ai pas une nature ésotérique, je ne sais pas vraiment si je crois à la vie après la mort, mais je ne crois pas aux esprits malfaisants. Mais cette toute petite phrase m’a apaisée. Demain, j’irai à l’hôpital avec elle. Il est encore assez bien, et quand nous y sommes allées, plus tôt cette semaine, elle a eu un peu peur, parce qu’il était intubé. Les tubes ont été retirés, et elle pourra lui faire un câlin. Nous en avons tous besoin, je crois.

Et puis j’irai au colombarium, seule. Pour la première fois, je ressens le besoin de poser ma main sur la plaque qui identifie mon père et son passage sur la terre. Question d’aller puiser une dose de courage supplémentaire.

Merci à tous ceux qui me laissent des mots d’encouragements. Ils sont appréciés, croyez-moi. Merci aussi à ceux qui me lisent, sans laisser de trace. J’écris d’abord pour évacuer le trop-plein, et je comprends que la pudeur s’exprime aussi dans le silence.

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La rentrée scolaire

En fait, c’est probablement la maman qui fait le plus dur des apprentissages: acheter les fournitures scolaires, le sac à dos chic, de bon goût, confortable, sécuritaire et fait pour durer quelques années et sa boîte à lunch assortie, tout ça en moins de deux heures, merveilleuse merveille pendue à son bras, à qui je m’attendais de répéter mille fois que le sac à dos de Barbie/Bratz/Bob l’éponge/Dora/et j’en passe et des meilleurs c’est de la scrap, sans perdre le sourire.

Mission réussie. Et je suis particulièrement fière de ma fille: elle a accepté sans discuter le sac à dos Louis Garneau (tellllllllllllllllllllllllllement mignon!), n’a pas fait de chichi pour rien, a accepté de laisser le thermos orné d’une barbie boostée aux hormones (en tout cas le prix était boosté: 14,95$!!!) sur la tablette au profit d’un autre plus joli (et surtout plus dans mon budget!!).

Le seul hic, c’est que ce n’est peut-être pas génial de faire ses achats munie d’une liste d’une commission scolaire qui n’est pas de la même région. Surtout quand ladite liste vous indique qu’il faut 16 gros marqueurs, sans indiquer la marque (Crayola? Laurentien? Sans nom?), mais uniquement un numéro qui ne dit rien à personne. Et mon amie Isa m’avait bien avertie: l’item le plus ch*** à trouver, ce sont les ciseaux. Merveilleuse merveille a besoin de ciseaux de 6 pouces à bouts semi-pointus. On a tout vu: des 5 pouces, des 7 pouces, des bouts ronds, des bouts pointus, des ciseaux pour gaucher, pour droitier, pour ambidextre. Mais pas de simonac de ciseaux de 6 pouces à bout semi-pointus!

Même chose pour l’indication duo-tang. Veut-on les duos-tangs à pochettes ou ceux avec des pinces? Et c’est quoi une pochette transparente qui ferme avec un bouton pression? Rien de tel ici, semble-t-il.

On en sera quitte pour compléter notre liste à la librairie suggérée à notre retour. Cependant, je me dois de souligner la modestie de ce qui nous a été demandé. Comparé à ce que j’ai vu pour d’autres écoles, je n’ai pas l’impression de me faire arnaquer. Je m’en tire pour moins de 70$, incluant le sac à dos pour lequel j’ai volontairement choisi de mettre un peu plus cher pour de la qualité.En fait, je dis « je », mais c’est la grand-maman qu’il faut remercier, parce qu’elle a insisté pour prendre la facture!  Évidemment, je sais que je devrai débourser pour le matériel pédagogique (on reviendra sur la gratuité scolaire une autre fois, hein!) mais tout compte fait, c’est relativement raisonnable.

N’empêche que s’il n’en tenait qu’à moi, on reviendrait au bon vieux système de la procure scolaire, ou chaque lundi matin, nous pouvions aller faire nos achats pour ce qui nous manquait et en même temps déposer à la caisse scolaire. Et comme je suis vieille, allons-y pour une confidence: on pouvait même y acheter nos petits chinois…

Tiens, comme je veux m’impliquer sur le conseil d’établissement, vous pensez que je peux proposer le retour de la procure?

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